Serge Thion

Vérité historique ou vérité politique ?


Un text capital de M. Georges Wellers

Lettre au Monde, publiée le 21 février 1979

« Un roman inspiré »

Depuis quelques semaines, s'est rallumée la discussion concernant les chambres à gaz dans les camps de concentration nazis, dont l'existence est niée par certains.

Pour oser le faire, il faut obéir à quelques règles de travail historique inventées dans les années cinquante par un certain P. Rassinier. Il s'agit des problèmes se rapportant aux aspects particulièrement odieux et dramatiques du régime national-socialiste, notamment au « goulag » hitlérien, couverts par un épais secret de rigueur toujours et partout où les goulags existent. Ce qu'on en sait vient des témoignages des victimes ou des bourreaux, et de documents officiels souvent écrits dans un langage où des termes apparemment anodins couvrent les réalités les plus révoltantes et inavouables. Pour retrouver cette réalité, il faut accomplir un travail minutieux de vérifications, de recoupements, de confrontations.

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Rassinier et ses imitateurs appliquent des règles de travail très simples et très pratiques. La première règle consiste à écarter tous les témoignages plus ou moins gênants, sous deux prétextes : si les témoignages sont concordants, ils sont déclarés sans valeur, soit parce que provenant de connivences nées des intérêts communs des témoins, soit parce qu'ils ont été obtenus sous la torture ou grâce à des promesses. Si les témoignages sont contradictoires, leurs auteurs sont de toute évidence des menteurs. La seconde règle consiste à prendre à la lettre les euphémismes du langage officiel, inventés pour cacher la vérité.

On se demandera peut-être : que peut-on écrire de cohérent dans ces conditions ? La réponse est simple : un roman, dont l'auteur affirme catégoriquement comme vérité ce qui lui plaît. S'il le fait avec « autorité » et habileté, le « truc » risque de réussir.

Voici une illustration concrète du procédé tel qu'il a été employé récemment par un élève de Rassinier.

Depuis 1940, le médecin S.S. Kremer a tenu un journal intime où il a noté différents événements de sa vie, et qui s'est terminé le 11 août 1945, jour de son arrestation par les Anglais, dans la zone de leur occupation en Allemagne. Au cours d'une perquisition à son domicile, on découvre le journal. Entre le 29 août et le 18 novembre 1942, Kremer a été affecté au camp d'Auschwitz où il participe aux quatorze « actions spéciales » (« Sonderaktion »), qu'il note brièvement dans son journal. À la date du 18 octobre 1942, on lit : « Ce dimanche matin, par un temps froid et humide, j'ai assisté à la onzième action spéciale (Hollandais). Scènes atroces avec trois femmes qui supplient qu'on leur laisse la vie. » Voilà tout ce que dit le journal de Kremer.

Un historien, circonspect par métier, se rapportera d'abord aux archives du camp d'Auschwitz, où il trouvera une documentation montrant que, en effet, le 18 octobre 1942 est arrivé un convoi de 1710 personnes, venant du camp de Westerbork, en Hollande. Kremer n'a donc rien inventé.

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Notre historien pensera ensuite que la « Sonderaktion » est une opération où la vie des personnes est en jeu, puisque trois femmes supplient qu'elle leur soit laissée. Dans les archives d'Auschwitz, il verra que de ce convoi 116 personnes, uniquement des femmes, ont été introduites dans le camp. Par contre, sur le sort de 1594 autres, les archives sont muettes : elles n'ont pas été introduites dans le camp, elles n'ont pas été réembarquées et renvoyées ailleurs. Elles ont disparu ! Là s'arrêtent les certitudes.

Mais notre émule de Rassinier a ses idées sur la question. En effet, il écrit : « ...les scènes atroces devant le "dernier bunker" sont des exécutions de condamnés à mort, exécutions... auxquelles le médecin était obligé d'assister. Parmi les condamnés, se trouvent trois femmes arrivées dans un convoi de Hollande : elles sont fusillées ». Où prend-il tout cela ? Kremer ne dit rien au sujet des condamnations à mort le 18 octobre 1942, ni des trois femmes en question, ni d'autres, ni du sort réservé finalement aux premières. Du pur roman ? Sûrement, mais un roman qui a l'énorme avantage de montrer au lecteur abusé que la « Sonderaktion » n'a rien à voir avec les prétendues « sélections pour les chambres à gaz », et que le cas des trois femmes est celui de « condamnées à mort » (par qui, quand, et pourquoi ?), et fusillées pour cela. Normal, n'est-ce pas ?

Mais ce roman est un roman inspiré. En effet, après son arrestation en août 1945, le docteur Kremer est livré par les Anglais aux Polonais pour être jugé, avec trente-huit autres S.S. de la garnison d'Auschwitz, dans un procès instruit par le tribunal de Cracovie. En cours d'instruction, exactement le 18 juillet 1947, il est interrogé à propos de sa note du 18 juillet 1942 et il raconte : « Lors de l'action spéciale que j'ai décrite dans mon journal à la date du 18 octobre 1942, trois Hollandaises ne voulaient pas entrer dans la chambre à gaz et suppliaient de leur laisser la vie sauve. C'étaient des femmes jeunes, en bonne santé, malgré cela, leur prière n'a pas été exaucée, et les S.S. qui participaient à l'action les ont fusil-

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lées sur place* » (p. 238-9). Notre romancier connaît parfaitement le texte de cette déposition, il l'a cité en référence, mais en retenant uniquement le fait que les trois femmes ont été fusillées; pour le reste, il le cache au lecteur : pas la moindre allusion au sujet des chambres à gaz, ni de l'assassinat sur place ni sur le sens évident du terme de « Sonderaktion ». Il abuse, donc, son lecteur en toute connaissance de cause ! Et cependant, un autre S.S., l'ex-commandant d'Auschwitz, Hoess, ignorant tout des paroles de Kremer, avait écrit à propos des sélections à l'arrivée de convois : « ...Dès qu'une inquiétude se faisait sentir, on s'emparait discrètement de ceux qui la semaient, on les conduisait derrière la maison et on les tuait avec une carabine de petit calibre de façon que les autres ne puissent entendre les coups de feu* » (p. 100). Ainsi, Hoess confirme Kremer.

Le cercle semble bouclé, la démonstration du caractère scandaleusement abusif de la littérature de notre romancier, qui se donne pour un « chercheur de vérité » scrupuleux, semble être faite. Eh bien ! non. Le romancier prend les devants en écrivant qu'il ne faut pas lui « opposer les témoignages » de Pery Broad et de R. Hoess ou, pourquoi pas, les « aveux » après la guerre de J. P. Kremer. Notre romancier rejette ainsi toutes les sources qui lui déplaisent, mais cependant puise à sa façon, dans les « aveux » de Kremer, le renseignement concernant l'exécution de trois malheureuses femmes, parce que ce renseignement lui convient. Que le lecteur juge lui-même ces méthodes...

Le Zyklon B

Autre exemple : notre romancier s'arrête longuement sur l'impossibilité technique de l'emploi du Zyklon B à base d'acide cyanhydrique comme moyen d'assassinat dans les chambres à gaz. Pourquoi ? Parce que le « Zyklon B ne faisait pas partie des gaz... ventilables » (sic !), et, dans ces conditions, il était impossible de pouvoir envoyer « soit immédiatement », soit « peu après la mort des victimes » l'équipe chargée de retirer les cadavres de la chambre encore pleine de


(*) Auschwitz vu par les S.S. Éd. du musée d'Auschwitz, Cracovie, 1974.

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vapeurs. À l'appui de cette argumentation est cité un document dans lequel le fabricant précise que l'acide cyanhydrique « adhère aux surfaces » et que, pour s'en débarrasser, il faut prendre des précautions spéciales (NI 9098). Or, dans ce document, le fabricant parle de désinfection d'un appartement dans une maison d'habitation pleine de meubles, de matelas, de vêtements, etc. À Auschwitz, dans les chambres à gaz, il n'y avait que le plafond, le plancher, les quatre murs et une compacte foule de gens tout nus. Dans ces conditions, la concentration des vapeurs nocives restées dans l'atmosphère après la mort due à l'absorption de ces vapeurs par des centaines de poitrines, et après une énergique ventilation par un « dispositif d'aération et de désaération », était, sans doute, incomparablement plus faible que celle existant dans un appartement encombré de divers objets. Et s'il y avait tout de même un danger pour la santé des membres du Sonderkommando chargés de sortir les cadavres, ce danger était le dernier des soucis de Hoess et compagnie.

Enfin, notre auteur nous livre sa déception après la visite de deux chambres à gaz : celle de Maïdanek et celle de Struthof. Il trouve « ces prodigieuses armes du crime » que sont les « chambres à gaz », sans aucune allure ! On se demande quelle idée de « ces armes du crime » il se faisait avant ses visites. Il a dû tout de même lire que tout était fait pour tromper les victimes qui pénétraient dans une chambre à gaz dont l'aspect était rendu intentionnellement banal. Il est vrai qu'il s'agit de « faux témoignages ». Mais, pour une fois, il semble qu'on peut les croire à tel point il est évident que la S.S. avait un intérêt majeur à rassurer les futures victimes et à éviter les désordres, les agitations, voire les révoltes. D'autre part, notre auteur, manifestement, n'a jamais songé que parmi les diverses « armes du crime » il est mille fois plus facile de fabriquer une chambre à gaz qu'un couteau ou un méchant pistolet. En effet, tous les candidats au suicide par le gaz de ville ferment les fenêtres et les portes de leur appartement, ouvrent le robinet du gaz et meurent dans une « chambre à gaz » improvisée en une minute.

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Conclusion provisoire des éditeurs

On vient de lire une lettre de M. Georges Wellers. Au lieu d'en reproduire le texte à sa place chronologique (p. 111), nous la publions en conclusion de cet ouvrage. C'est qu'à nos yeux ce texte constitue un document d'une importance capitale : il ouvre enfin un débat de caractère scientifique entre les deux écoles historiques.

Il est vrai que M. Georges Wellers se permet de formuler à l'endroit de Faurisson – qu'il ne désigne d'ailleurs pas nommément – des accusations ou des insinuations désobligeantes. Mais, pour la première fois, un spécialiste de la thèse officielle affronte publiquement des arguments de l'école dite révisionniste.

Voici donc une réponse qui contient des arguments discutables, c'est-à-dire des arguments qui peuvent faire l'objet d'une discussion. Pour la première fois, un historien ne se contente plus de l'argument téléologique (« où cela mène-t-il ? »), politique (« apologie du nazisme »), ou même sentimental (« atteinte à la mémoire des morts »). Le débat s'élève au niveau de la discussion historique. M. Georges Wellers expose, critique et conteste la méthode de Faurisson; puis, il présente enfin un document qui lui semble constituer une preuve irréfutable à l'appui de sa thèse. (« Une preuve, une seule preuve... » avait demandé Faurisson). Et c'est ainsi qu'il propose le témoignage du Dr Johann Paul Kremer, c'est-à-dire, tout à la fois, le journal de ce dernier et les explications qu'il est censé en avoir fournies après la guerre à divers tribunaux. M. Georges Wellers développe son interprétation. Il renforce l'analyse des « aveux » de Kremer par l'analyse des « aveux » prêtés à Rudolf Höss et à Pery Broad. Dans une deuxième partie de son texte, il aborde, sous l'intertitre « Le Zyklon B », les questions techniques soulevées par Faurisson.

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Sur tous ces points une discussion est possible. Dans le cadre du présent ouvrage nous nous sommes limités à fournir au public les pièces principales de « l'affaire Faurisson ». Rien ni personne ne pourra bien longtemps encore éluder un débat dont nous souhaitons qu'il se déroule avec le plus de sérénité possible, et dont nous déplorons qu'il débute sous la menace d'une sanction judiciaire et pécuniaire.

On l'a déjà dit : ce n'est pas « devant les tribunaux que l'histoire peut trouver ses juges (1) ». La L.I.C.A. et six autres associations (2) ont néanmoins cru bon d'intenter un procès au professeur Faurisson, lequel se trouve accusé par elles de « dommage » (art. 1382 et 1383 du Code civil) pour avoir, prétend-on, falsifié l'histoire. Le texte des assignations s'inspire manifestement de l'argumentation de M. Georges Wellers et la seule accusation précise portée contre Faurisson est d'avoir « volontairement tronqué certains témoignages tels que celui de Johann Paul Kremer ».

Il est regrettable que ce qui aurait dû constituer, grâce au journal le Monde, l'amorce d'un dialogue si nécessaire ait été ainsi utilisé à des fins d'intimidation judiciaire.

À quelque chose malheur est bon. L'intervention exorbitante de l'appareil judiciaire dans un débat scientifique et historique, et la menace totalitaire que la L.I.C.A. fait ainsi peser sur le droit au doute et à la recherche ont d'ores et déjà un premier et heureux résultat : un objet suffisamment précis pour que puisse s'ouvrir une discussion de caractère scientifique est maintenant circonscrit.


(1) Jugement rendu par la cour d'appel de Paris, 2e chambre, 26 avril 1865, Recueil Sirey, 1865, 2, p. 289.
(2) L.I.C.A. (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme); C.A.R. (Comité d'action de la résistance); A.N.F.R.O.M.F. (Association des familles de résistants et d'otages morts pour la France); F.N.D.I.R. (Fédération nationale des déportés et internés de la Résistance); U.N.A.D.I.F. (Union nationale des déportés internés et familles de disparus); A.D.A. (Amicale des déportés d'Auschwitz et des camps de Haute-Silésie); M.R.A.P. (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples).

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Mais, du fait de la L.I.C.A., c'est d'abord devant les juges que Faurisson sera amené à présenter sa contribution à la recherche historique. Nous avons donc, à la demande de l'intéressé, écarté de ce livre les éléments qui sont en rapport direct avec le débat judiciaire, pour en laisser la primeur au tribunal de Paris. Le mémoire en défense préparé par Faurisson (3) sera rendu public par La Vieille Taupe dès que l'original en aura été déposé au tribunal, après réception des conclusions de la L.I.C.A.


(3) Vous avez dit Kremer... : Un exemple de supercherie historique : les dénaturations du journal de J. P. Kremer, médecin à Auschwitz du 30 août au 18 novembre 1942, ou Mémoire en défense contre ceux qui m'accusent de nier l'existence des « chambres à gaz » hitlériennes et d'avoir « volontairement tronqué certains témoignages tels que celui de Johann Paul Kremer », lequel témoignage, selon mes accusateurs, constituerait une preuve de l'existence de ces prétendues « chambres à gaz ».

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Orientation bibliographique

Il n'existe pas d'ouvrage complet traitant de la question des moyens de la politique d'extermination attribuée aux nazis. La littérature sur le monde concentrationnaire est immense et, surtout, inégale. Le pire voisine avec le meilleur. Je reproduis d'abord ici la courte bibliographie qui est annexée à la déclaration des trente-quatre historiens (le Monde, 21 février 1979) :

Documents et témoignages

Hœss Rudolf, le Commandant d'Auschwitz parle..., trad. C. de Grünewald, Julliard, 1959. (Signalons la réédition chez Maspero, 1979, 290 p. C'est la traduction de l'édition allemande de M. Broszat. Les manuscrits de Hœss sont difficilement accessibles. Le C.D.J.C. ne semble pas en posséder de photocopie.)

Levi Primo, J'étais un homme (Se questo è un uomo), trad. M. Causse, Buchet-Chastel, 1961, 191 p.

Poliakov L. et Wulf J., le IIIe Reich et les Juifs, Gallimard, 1959, 455 p.

Poliakov L., Auschwitz, Julliard, coll. « Archives », 1964, rééd. Julliard-Gallimard, 1973, 224 p.

Wiesel E., la Nuit, préf. de F. Mauriac, Minuit, 1958, 179 p.

Wormser O., la Déportation, Textes et Documents no 17, Institut pédagogique national, 1964.

Wormser O. et Michel H., Tragédie de la déportation, 1940-1945. Témoignages de survivants des camps de concentration allemands. Hachette, 1955, 512 p. (plusieurs rééditions).

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Les procès

Langbein H., Der Auschwitz-Prozess. Eine Dokumentation, 2 vol., Vienne, Europa Verlag, 1965, 1027 p.

Le procès de Jérusalem, jugement, documents, présentation de Léon Poliakov, Calmann-Lévy, 1963, 415 p.

Williams L.N. et Hill M., Auschwitz en Angleterre – l'Affaire Dering, trad. Magdeleine Paz, Calmann-Lévy, Coll. Diaspora, 1971, 335 p.

Analyses historiques et sociologiques

Ben Elissar E., la Diplomatie du IIIe Reich et les Juifs, 1933-1939, Julliard, 1969, 523 p.

Friedländer S., « L'Extermination des Juifs d'Europe; pour une étude historique globale », Revue des études juives, janv.-sept. 1976, pp. 113-144.

Hilberg R., The Destruction of the European Jews, Chicago, Quadrangle Books, 1961. (Dernière réédition, Harper Colophon, N.Y., 1979, VIII-790 p.)

Langbein H., Hommes et femmes à Auschwitz, trad. D. Meunier, Fayard, 1975, VIII-529 p.

Poliakov L., Bréviaire de la haine, préf. de F. Mauriac, Calmann-Lévy, 1951, rééd. Livre de Poche, 1979, 512 p.

Reitlinger G., The Final Solution, Londres, Vallentine Mitchell, 1953. (Plusieurs rééditions, comme Barnes and Co, N.Y., 1961, XII-622 p.)

Revue d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, numéros spéciaux, « Le Système concentrationnaire allemand » (1954), « La Condition des Juifs » (1966). P.U.F. (Voir aussi Michel Borwicz, « Les "solutions finales" à la lumière d'Auschwitz-Birkenau », octobre 1956, pp. 56-87.)

Rousset D., l'Univers concentrationnaire, Le Pavois, 1946, 191 p.; rééd. Minuit, 1965.

Tillion G., Ravensbrück, Le Seuil, 1973, 277 p.

Il faut ajouter à cette liste le film d'Alain Resnais, Nuit et brouillard, (1955).

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Du côté de la littérature révisionniste, quelques titres sont à citer. Il faut signaler qu'ils sont tous à peu près introuvables en France pour des raisons diverses.

Amaudruz G.A., Ubu justicier au premier procès de Nuremberg, Charles de Jonquière, 1949, 181 p.

Butz Arthur R., The Hoax of the Twentieth Century, Ladbroke, Southam (G.-B.), Historical Review Press, 1976, 315 p. (3e éd., 1979). Il existe une traduction allemande, mise à l'index en mai 1979; il semble qu'une traduction française soit en préparation.

Burg J.G., Schuld und Schicksal, Munich, Damm Verlag, 1962, 370 p.

Burg J.G., Maidanek in alle Ewigkeit ?, Munich, Ederer Verlag, 1979, 140 p.

Rassinier Paul, le Mensonge d'Ulysse, 6e éd., La Vieille Taupe, 1979, 261 p.

Rassinier Paul, Ulysse trahi par les siens, complément au Mensonge d'Ulysse, nouvelle édition considérablement augmentée, La Vieille Taupe, 1980, 208 p.

Rassinier Paul, le Véritable procès Eichmann, Les Sept Couleurs, 1962, 252 p.

Rassinier Paul, le Drame des Juifs européens, Les Sept Couleurs, 1964, 222 p.

Rassinier Paul, l'Opération Vicaire, La Table Ronde, 1965, 271 p.

Stäglich Wilhelm, Der Auschwitz Mythos. Legende oder Wirklichkeit ?, Tübingen, Grabert, 1979, XI-493 p.

Six Million Reconsidered, a Special Report by the Committee for Truth in History, Media Research Associates (U.S.A.), 1977, 170 p.

Les grands ensembles documentaires

Au premier plan, les débats du Tribunal de Nuremberg. C'est sous le nom de Tribunal militaire international qu'on trouvera, dans diverses bibliothèques, les quarante-deux volumes du « Procès des grands criminels de guerre ». Ces documents ont été publiés de 1947 à 1950 en anglais, en fran-

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çais et en allemand. Il faut y joindre les publications du Tribunal militaire (américain) de Nuremberg, quinze volumes (respectivement I.M.T. et N.M.T). Il faut savoir que ces cinquante-sept volumes ne rassemblent pas la totalité des débats et des documents des procès. Le reste est consultable dans certaines archives, comme celles du C.D.J.C, ou aux États-Unis. Ainsi qu'il a été dit plus haut, les archives allemandes saisies par les Alliés et stockées en France, aux États-Unis, en Union soviétique, sont, dans l'ensemble, inaccessibles à la recherche. Le choix des documents à Nuremberg était le seul fait de l'accusation. La défense ne disposait, en fait, que des documents déjà produits par l'accusation. C'est, en droit, une situation unique; en histoire, c'est une mauvaise plaisanterie. D'une façon générale, les recherches souffrent de ce que les documents consultables ont été sélectionnés non par des historiens mais par des juristes.

Parmi d'autres documents d'observateurs de cette période, il faut mentionner ceux du Vatican : Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale, 1967-1975, 9 volumes. La Croix-Rouge internationale, Documents sur l'activité du C.I.C.-R. en faveur des civils détenus dans les camps de concentration en Allemagne (1939-1945), Genève, 1946 et le Rapport du C.I.C.-R. sur son activité pendant la Seconde Guerre mondiale, Genève, 1948, 3 vol., 1696 p. La Croix-Rouge néerlandaise a publié un recueil intitulé Auschwitz, Hoofdbestuur van den Vereniging het Nederlandsche Roode Kruis, La Haye, 6 vol., 1947-1953. Les Américains ont publié les United States War Refugee Board Reports, Washington, Executive Office of the President, en particulier celui de novembre 1944, German Extermination Camps – Auschwitz and Birkenau. Signalons enfin les sténogrammes, en plusieurs langues, du procès Eichmann (1961), consultables au C.D.J.C.

Parmi les publications périodiques, il faut citer celles du Centre de documentation juive de Paris, ainsi que sa revue le Monde Juif, celles du Musée d'Oświęcim (Auschwitz), les Cahiers d'Auschwitz, en plusieurs langues, celles de l'institut Yad Vachem de Jérusalem, Yad Vachem Studies. Enfin, de nombreuses amicales ou associations de déportés ont publié des études et des témoignages, et disposent de petits centres

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de documentation. La plus grande partie de cette documentation peut être consultée à Paris au Centre de documentation juive contemporaine, qui accepte tout le monde sauf, depuis janvier 1978, Robert Faurisson.

Ouvrages complémentaires

En rappelant que le meilleur ouvrage demeure celui de Hilberg, cité plus haut, il convient d'en signaler quelques autres, en recommandant seulement la plus grande sagacité : certains sont excellents, d'autres ne sont que pure propagande.

Antelme Robert, l'Espèce humaine, Gallimard, 1957, rééd. coll. « Tel », 1978, 307 p.

Arendt Hannah, Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal, Gallimard, 1966, 339 p. (Un livre qui a soulevé de vives polémiques.)

Auschwitz, camp hitlérien d'extermination, Varsovie, Interpress, 1978, 203 p.

Bayle François, Croix gammée contre caducée, Paris, Imp. nat., 1950, 872 p.

Bettelheim Bruno, Survivre, trad. par Théo Carlier, Robert Laffont, 1979, 504 p.

Billig Joseph, l'Hitlérisme et le système concentrationnaire, P.U.F., 1967, XX-323 p.

Billig Joseph, les Camps de concentration dans l'économie du Reich hitlérien, P.U.F., 1978, 346 p.

Billig Joseph et Wellers Georges, The Holocaust and the Neo-Nazi Mythomania, N.Y., Beate Klarsfeld Foundation, 1978, XVIII-216 p.

Demant Ebbo, Auschwitz – « Direkt von der Rampe weg... » (Kaduk, Erber, Klehr : Drei Täter geben zu Protokoll), Rowohlt, 1979.

Grossmann Vassili, l'Enfer de Treblinka, Arthaud, 1945, rééd. 1966, 91 p.

Haft Cynthia, The Theme of Nazi Concentration Camps in French Literature, Paris-La Haye, Mouton, 1973, 228 p.

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Kogon Eugen, l'Enfer organisé – le Système des camps de concentration, Paris, La Jeune Parque, 1947, 355 p. Dans la réédition du Seuil, sous le nouveau titre l'État S.S., 1970, 383 p., il manque le chapitre essentiel (19) sur les directions politiques staliniennes dans les camps.

Lerner Daniel, Psychological Warfare Against Nazi Germany, Cambridge, Mass., M.I.T., 1971.

Müller Filip, Eyewitness. Auschwitz – Three Years in the Gas Chambers, N.Y., Stein and Day, 1979, XIV-180 p.

Novitch Miriam, Sobibor, martyre et révolte, Centre de publication Asie Orientale de Paris 7, 1978, 170 p.

Nyiszli Miklos, Médecin à Auschwitz, Julliard, 1961, 257 p. (rééd. « J'ai Lu », 1971, 184 p.).

Robinson Jacob et Sachs Henry, The Holocaust – The Nuremberg Evidence, I, Yivo Institute, N.Y. et Yad Vachem, Jérusalem, 1976, 370 p. (Ouvrage bibliographique de base.)

Rückerl Adalbert, N.S.-Vernichtungslagern in Spiegel deutscher Strafprozesse, Munich, D.T.V. Verlag, 1977, 359 p.

Sereny (Honeyman) Gitta, Au Fond des ténèbres, Denoël, 1975, 411 p.

Six Million Did Die, South African Jewish Board of Deputies, Johannesburg, 1978, XII-138 p.

Weissberg Alex, l'Histoire de Joël Brand, Le Seuil, 1957, 254 p.

Langbein Hermann, Adler H.G., Lingens-Reiner Ella, eds, Auschwitz, Zeugnisse und Berichte, Frankfort, Europäische Verlag, 1962, 423 p.

Outre celle de Robinson et Sachs, on trouvera des bibliographies utiles dans les ouvrages de Billig, Butz, Hilberg, Langbein, Reitlinger et Stäglich.

Pour les amateurs

Les amateurs d'énigmes pourront se pencher sur l'affaire du « Rapport Gerstein », cet étrange militant chrétien passé à la S.S. et devenu l'un des principaux « témoins » des opérations au camp de Belzec. Ils pourront aussi tâcher de résoudre

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le mystère de sa mort. Voici les points de départ de la piste :

C'est Paul Rassinier qui a lancé l'affaire, dans les trois derniers de ses livres cités plus haut. Une édition incomplète du « Rapport Gerstein » a été donnée par Hans Rothfels dans les Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte d'avril 1953, pp. 177-194. L'attaque de Rassinier a suscité l'existence de deux livres (qui ne le citent jamais) : celui de Saul Friedländer, Kurt Gerstein ou l'ambiguïté du bien, Tournai, Casterman, 1967, 205 p. (avec une post-face de Léon Poliakov) et celui de Pierre Joffroy, l'Espion de Dieu – la Passion de Kurt Gerstein, Grasset, 1969, 315 p., avec une brève bibliographie. Le texte de Gerstein dans l'un ne coïncide pas avec le texte de l'autre. Les historiens du C.D.J.C. se sont mis de la partie; Léon Poliakov, « Le Dossier Kurt Gerstein » et « Nouveaux documents sur Kurt Gerstein », Georges Wellers, « La "Solution finale de la question juive" et la mythomanie néo-nazie », articles parus dans le Monde juif, respectivement dans les no 36, 1964, pp. 4-20, no 37, 1964, pp. 4-16, et no 86, 1977, pp. 46-62. Affaire à suivre.

Autres ouvrages cités

Ayçoberry Pierre, la Question nazie, les interprétations du national-socialisme, 1922-1975, Le Seuil, 1979, 317 p.

Barnes Harry Elmer, « The Public Stake in Revisionism », Rampart Journal of Individualist Thought, vol. 3, no 2, été 1967, pp. 19-41.

Brugioni Dino A. et Poirier Robert G., The Holocaust Revisited : A Retrospective Analysis of the Auschwitz-Birkenau Extermination Complex, Central Intelligence Agency, Washington, N.T.I.S., ST 79-10001, 1979, 19 p. (Distributeur en France : Mikro Cerid, 9 rue du Dôme, 92100 Boulogne. Réf. : NTISUBE-280-002.)

Chomsky Noam et Herman Edward S., The Political Economy of Human Rights, I.–The Washington Connection and Third World Fascism; II.–After the Cataclysm, 2 vol., Boston, South End Press, 1979, 890 p.

Choumoff Pierre Serge, les Chambres à gaz de Mauthausen, Paris, 1972, 96 p.

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Christophersen Thies, Die Auschwitz Lüge, Kritik no 23, Mohrkirch, 1973, pp. 13-32; rééd., 1978.

Collotti Enzo, Germania Nazista, Turin, Einaudi.

Diwald Hellmut, Wallenstein, Herbig, VI-564 p.

Diwald Hellmut, Propyläen Geschichte Europas, Berlin, Propyläen, 1975.

Diwald Hellmut, Geschichte der Deutschen, Berlin, Propyläen, 1978, 764 p. Deuxième éd. remaniée, 1979.

Étiemble, le Sonnet des Voyelles, de l'audition colorée à la vision érotique, Gallimard, 1968, 244 p.

Faurisson Robert, A-t-on lu Rimbaud ? suivi de l'Affaire Rimbaud, Pauvert, 1971, 63 p.

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Thion Serge, le Pouvoir pâle, ou le racisme sud-africain, Le Seuil, 1969, 317 p. (Rééd. Rombaldi, Paris, 1977.)

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Wiesenthal Simon, les Assassins sont parmi nous, Stock, 1967, 381 p.

Wormser-Migot Olga, le Système concentrationnaire nazi, 1933-1945, P.U.F., 1968, 667 p.

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