Notes de lecture

Les prix sont donnés à titre purement indicatif. Les indications de pages figurent entre crochets. Le changement de page dans une citation est indiqué par la barre /. Le changement de paragraphe est indiqué par une double barre //. Nous ne diffusons aucun des ouvrages mentionnés ci-dessous.

Carlo MATTOGNO. La « Zentralbauleitung der Waffen-SS und Polizei Auschwitz ». Padoue : Edizioni di Ar [diffusion : Largo Dogana Regia, 84121 Salerno, Italie], avril 1998. 224 p. 14,5 x 21,5 cm. Index. Coll. I libri dello Stormo. L. 30 000. Le présent ouvrage est consacré à la Zentralbauleitung, la Direction centrale des constructions d’Auschwitz. Plus de 88 000 pages de documents de cette Direction sont conservées à Moscou au Tsentr Chranenija Istoriko-dokumental’nich Kollektsii (Centre de conservation de la collection historico-documentaire). L’ouverture récente de certaines archives moscovites a permis de prendre connaissance du contenu de ces documents qui apportent quelques éclaircissements sur les différentes étapes de la construction du camp d’Auschwitz-Birkenau. Le livre assez austère de Carlo Mattogno est appelé avant tout à servir d’outil de référence aux historiens. Voici quel en est le sommaire : organisation et tâche de la Zentralbauleitung (genèse et développement de la Zentralbauleitung, avec un organigramme ; la place de la Zentralbauleitung dans la hiérarchie des institutions techniques, financières, administratives et économiques) [13-35], les activités administratives de la Zentralbauleitung (les compétences, la délibération de remise (Übergabeverhandlung), les rapports d’activité, les activités financières (achats d’outillage, prestations de travail et paiements), la correspondance et le classement) [37-48], l’organisation du travail de la Zentralbauleitung (l’affectation des détenus à la Zentralbauleitung dans le cadre du travail, les détenus de la Zentralbauleitung, l’utilisation des détenus pour le travail (aperçu statistique), les ateliers de la Zentralbauleitung) [49-63], les firmes privées et les ouvriers civils [65-72].

Valentina PISANTY. L’irritante questione delle camere a gas. Logica del negazionismo. Milan [R.C.S. Rizzoli Libri, via Mecenate 91, 20138 Milano, Italie], décembre 1997. X-294 p. 13,5 x 21,5 cm. Couv. ill, Ill. Bibliographie. Index. Coll. Il campo semiotico. ISBN 88-452-3588-2. L. 28 000. Le titre (à propos de l’« irritante question ») est emprunté à une expression de Paul Rassinier dans Le Mensonge d’Ulysse (La Vieille Taupe, Paris, 1979, p. 240). L’ouvrage lui-même est tiré d’une thèse de doctorat (probablement en linguistique ou en sémiotique) effectuée et/ou soutenue sous la direction d’Umberto Eco, de Patrizia Violi et Mauro Wolf. La question des chambres à gaz est décrite comme irritante, selon l’auteur, pour la « simple raison qu’elle constitue le plus grand obstacle rencontré par celui qui, comme [Rassinier], veut réhabiliter le régime nazi » [1]. Le but de l’ouvrage ne sera pas de réfuter les arguments des révisionnistes mais notamment de « mettre en lumière les stratégies de persuasion mises en oeuvre par les négationnistes, en analysant la méthode interprétative adoptée dans la lecture des documents historiques » [2]. Le texte se divise en trois grandes parties. La première essaie d’apporter une réponse à la question suivante : « Qui sont les négationnistes ? » [5-26]. L’auteur tente de définir le terme « révisionnisme » par quelques exemples historiques et de justifier, sans convaincre, l’utilisation du terme « négationnistes » pour désigner les révisionnistes. Est ensuite esquissée une histoire du révisionnisme [7-26], avec les pionniers Maurice Bardèche et Paul Rassinier, les révisionnistes américains et britanniques (Francis Parker Yockey, Harry Elmer Barnes, David Hoggan, Austin J. App, Richard Harwood [pseudonyme de Richard Verrall]) [12-15], Robert Faurisson, « le catalyseur du mouvement » [15-17], l’Institute for Historical Review [17-19], les activités de diffusion du révisionnisme de Bradley Smith sur les campus universitaires américains [19-20], les procès canadiens (Ernst Zündel, James Keegstra) [20-21], le révisionnisme des extrémistes islamiques afro-américains [21-22], le révisionnisme sur Internet [22-24], les thèses de fond des révisionnistes [24-26]. La deuxième partie de l’ouvrage s’intéresse aux « stratégies interprétatives » [27-195] des révisionnistes. Sont traités ici les sujets suivants : une définition de ce qu’est la méthode historiographique [27-33], Faurisson, « critique littéraire » (le poème Voyelles, la méthode d’analyse critique de Faurisson) [33-44], les journaux d’Anne Frank, leur histoire, la mise en doute de leur authenticité [44-67], le journal de Johann Paul Kremer, médecin à Auschwitz (le texte du journal, l’interprétation officielle, la Sprachregelung [langage codé] des nazis, la lecture de Faurisson, la lecture de J.-G. Cohn-Bendit) [67-84], le rapport Gerstein (traduction d’une version [et reproduction en annexe du texte français du 26 avri11945 (253-262)], les six versions du rapport, le rapport après la mort de l’auteur, la critique des révisionnistes [99-129]) [84-13l], les mémoires de Rudolf Höss, commandant d’Auschwitz (biographie de Höss, chronologie de Höss sur Auschwitz, « la "solution finale de la question juive" dans le camp d’Auschwitz », les problèmes posés par les mémoires de Höss, la critique de Faurisson, la critique de Wilhelm Stäglich, la critique de Carlo Mattogno) [131-171], les témoignages des déportés (classification, l’analyse des révisionnistes [les disparus, les témoignages oraux non enregistrés, les témoignages « en prise directe », les dépositions lors de procès, les autobiographies, les interviews, le film Shoah, une « hypothétique généalogie du "mensonge d’Auschwitz" »]) [171-195]. Les dernières pages (sur la « généalogie du mensonge ») sont d’une grande importance. Le passage mériterait d’être cité dans son intégralité. L’auteur tente de résumer à sa façon, souvent erronée ou ironique, les arguments des révisionnistes sur l’origine de la légende des chambres à gaz. Il est question dans son discours d’un « projet cohérent et concerté de falsification historique dont tous les témoins sont directement complices » [191], d’une « théorie sociale de la conspiration » ou d’une « conspiration juive » [192]. Si on laisse de côté la démarche simplificatrice voire caricaturale de l’auteur (on notera que V. Pisanty use souvent ici de généralités), il n’en demeure pas moins que l’on peut et que l’on doit s’interroger sur la validité des thèses adoptées à cet égard par certains révisionnistes. Nous nous proposons de revenir plus longuement sur cette question fondamentale dans un futur numéro de la revue Akribeia. La troisième partie s’intéresse aux « stratégies discursives » [197-239] des révisionnistes. Sont abordés, d’une part le discours historique [197-208], de l’autre le discours révisionniste (les précurseurs, les chercheurs, les divulgateurs ; le « paratexte » [les titres, les épigraphes, les préfaces] ; les photographes ; les citations ; la représentation de l’adversaire ; la ponctuation [l’usage des guillemets en particulier] ; les suppositions ; les conclusions) [208-239]. L’auteur tire pour finir des « conclusions générales » de son ouvrage [241-251]. Rien d’original dans son analyse. Ainsi : « La seule explication possible est que l’interprète hérétique [= le révisionniste], loin de poursuivre un projet de "recherche de vérité", se propose de réhabiliter les nazis et de retomber dans le paradigme de l’antisémitisme historique » [246]. Une fois de plus, il est question du fameux complot juif. Citons : « À bien y regarder, le négationnisme n’est que le chapitre le plus récent de l’histoire de la théorie de la conspiration juive. Selon ce mythe, il existe un gouvernement juif secret qui, se servant d’un réseau mondial d’organisations, ainsi que du soutien de divers représentants du pouvoir politique, contrôle les gouvernements, la presse (donc l’opinion publique) et l’économie mon- / diale dans le but d’obtenir la domination universelle » [247-248] ; « [...] l’idée que les juifs ont inventé le génocide nazi pour promouvoir la cause sioniste ne tient pas sans le secours d’une théorie du complot » [250] ; « [...] et voici que les négationnistes introduisent un élément de nouveauté dans la théorie de la conspiration juive : cette fois- ci, les coupables présumés sont les victimes elles-mêmes » [251).

Carlo MATTOGNO. L’ « irritante questione » delle camere a gas ovvero Da cappuccetto rosso ad... Auschwitz. Risposta a Valentina Pisanty. Préface de Cesare Saletta. Gênes : Graphos [Campetto, 4, 16123 Genova, Italie], juin 1998. 192 p. 14 x 21 cm. Bibliographie. Index Coll. Storia, 21. L 32 000. Le présent ouvrage est une réponse au livre de la note précédente en même temps qu’une réfutation détaillée des arguments de V. Pisanty. C. Mattogno s’intéresse tout d’abord aux méthodes de travail de cette dernière [21-35]. Il rappelle qu’elle a étudié la sémiotique et que c’est une spécialiste du Petit Chaperon rouge (de Perrault) (et donc pas une historienne qualifiée pour un examen sérieux des arguments révisionnistes) [21-23], examine les « références bibliographiques » générales [23-24], le titre [24-25], la bibliographie révisionniste [25-30], les citations (parfois mal reproduites et sans références précises) [30-35] et les documents (exemples d’absence de références, connaissance de seconde main) [35]. La sélection très restreinte des ouvrages révisionnistes effectuée par V. Pisanty pour son travail n’est pas sans rappeler celle de César Vidal dans son ouvrage espagnol contre les révisionnistes (voir Enrique AYNAT, « Réponse à César Vidal », Akribeia, n° 1, octobre 1997, p. 174-177). C. Mattogno met ensuite en évidence de manière éclairante et irréfutable la pratique du plagiat appliquée par V. Pisanty [36-62]. La plupart des arguments qu’elle oppose aux révisionnistes sont empruntés, parfois maladroitement, à différents auteurs, parmi lesquels : Deborah Lipstadt, Pierre Vidal-Naquet, Florent Brayard, Sergio Romano, un ouvrage sur Anne Frank réalisé sous la direction de David Barnouw et G. van der Stroom, et Carlo Mattogno lui-même. Sont examinés aussi les arguments et les stratégies herméneutiques de Pisanty [63-75] : la « prémisse indiscutable », c’est-à-dire l’existence du génocide [63-64], le Journal d’Anne Frank (Mattogno souligne avec pertinence l’importance nulle de son authenticité ou de son inauthenticité pour l’argumentation révisionniste) [64-65], le journal du docteur Kremer [66-71], les « protocoles d’Auschwitz » (le rapport du War Refugee Board) [71-73], les manuscrits des membres du Sonderkommando [73-74], les photographies [74-75]. Excellent connaisseur du « rapport Gerstein », Mattogno consacre une cinquantaine de pages à la réfutation par Pisanty des arguments de son propre ouvrage sur la question (Il rapporto Gerstein : anatomia di un falso, Sentinella d’Italia, Monfalcone, 1985) [76-121]. Pour finir, il revient également en détail sur le témoignage de Rudolf Höss sur le camp d’Auschwitz-Birkenau tout en repoussant les critiques de Pisanty [122-161] et s’attache à mettre en lumière les sophismes épistémologiques de celle-ci [162-173]. Au terme de cette réponse à V. Pisanty qui met sérieusement en cause la probité intellectuelle de la doctoresse italienne, l’auteur écrit que « la question des chambres à gaz n’est pas la stupide parodie sémiotique présentée par Valentina Pisanty dans son livre, mais un problème historique et technique infiniment plus sérieux » [175].

Carlo MATTOGNO. The Gas Chambers of Majdanek. Trad. par Carlos Porter et Russ Granata. Sortie imprimante du 20 mai 1998. 34 p. 21,6 x 27,9 cm. Distribué par Bradley Smith (catalogue été 1998). Vendu avec le texte suivant au prix de $ 12. Ce texte est tiré de l’ouvrage sur le camp de concentration de Majdanek rédigé par Carlo Mattogno et Jürgen Graf (KL Majdanek. Eine historische und technische Studie, Castle Hill Publisher, Hastings, Grande-Bretagne, 1998) et entend répondre à cette question : y a-t-il eu des chambres à gaz homicides à Majdanek ? Divers points sont étudiés, parmi lesquels : le nombre et l’utilisation des chambres à gaz (le rapport d’expertise polono-soviétique d’août 1944) [2-3], la conception, la construction et l’utilisation des chambres à gaz [3-9], l’utilisation des chambres à gaz à des fins homicides (chambres I-III, IV, V, VI, VII) [9-22], les gazages de masse homicides et les origines de l’accusation [22-26], les livraisons de Zyklon au camp de concentration de Majdanek en raison des épidémies de typhus qui l’ont dévasté à plusieurs reprises [26-28]. Au terme de cette analyse, il est clair selon Mattogno que l’on doit répondre de manière négative à la question qui a été posée au départ.

Carlo MATTOGNO. Deborah Lipstadt : A Review of Denying the Holocaust. Trad. de l’italien par Russ Granata [?]. Sortie imprimante non datée [1998 ?] (feuilles volantes non agrafées). 14 p. 21,6 x 27,9 cm. Distribué par Bradley Smith (catalogue été 1998). Vendu avec le texte précédent au prix de $12. Il s’agit de la traduction de la troisième partie du livre de Carlo Mattogno paru en novembre 1996, Olocausto : dilettanti allo sbaraglio. Pierre Vidal-Naquet, Georges Wellers, Deborah Lipstadt, Till Bastian, Florent Brayard et alii contro il revisionismo storico (Edizioni di Ar, Padoue). Le chercheur italien y réfute sans concession les arguments développés par l’Américaine Deborah Lipstadt à l’encontre des révisionnistes dans son ouvrage Denying the Holocaust. The Growing Assault on Truth and Memory (A Plume Book, New York, 1994²).

The AnswerMan ! Sortie imprimante du 29 juillet 1998 (feuilles volantes reliées par une spirale). 47 p. 21,6 x 28 cm. Cette brochure figure sur le catalogue de diffusion (été 1998) de Bradley Smith [PO Box 439016/ P-111, San Diego, California 92134, États-Unis d’Amérique]. $9. « The AnswerMan ! » est un nouveau service du site Internet révisionniste du CODOH chargé de répondre aux questions relatives à l’Holocauste et au révisionnisme. Chaque réponse est longue en moyenne d’une à deux pages dans un format proche du format A4. Aucune ne comporte de notes mais chacune offre dans l’ensemble de bons arguments pour répondre aux objections couramment formulées à l’encontre des révisionnistes. 11 questions et réponses sont réunies ici. En voici les sujets : les pertes en vies humaines en Europe pendant et après la seconde guerre mondiale [3-7], le sort de Herschel Grynszpan [8-10], le rôle exact des Einsatzgruppen [11-13], le chiffre de six millions et ses origines [14-15], les « chambres à gaz » de Dachau [16-18], des hélicoptères à Treblinka en 1943 [19-21], l’antisémitisme présumé des révisionnistes [22-24], les conséquences des thèses révisionnistes pour les juifs [25-28], le terme « Holocauste » et ses significations [29-36], les biens confisqués aux juifs et aux Allemands pendant et après la guerre [37-41], la conférence de Wannsee [42-46].

Centro Studi Orion. La menzogna di Giuda. I perché di un libro scomodo/ Maurizio MURELLI, Eros BARONE, Ali SCHÜTZ, Roger GARAUDY. Milan : Società Editrice Barbarossa [via Cormano 18, Milano ; diffusion : La Bottega del Fantastico, via Plinio 32, 20129 Milano, Italie], mars 1997. 48 p. 17 x 24 cm. Couv. ill, Ill. Coll. Cortocircuito, 1. L. 10 000. Le 18 novembre 1996, Roger Garaudy a prononcé à Milan une conférence à l’occasion de la présentation de son ouvrage sur les « mythes fondateurs de la politique israélienne ». La présente brochure reproduit le texte de cette conférence [25-42] dont le sujet principal était le sionisme et l’État d’Israël. Aucune allusion n’a été faite au révisionnisme ou à la question de l’Holocauste. La brochure comporte également le texte de la présentation de la rencontre par Maurizio Murelli, responsable de la revue mensuelle Orion et des éditions Barbarossa [7-15], un rappel de la carrière de Roger Garaudy et de quelques-uns de ses ouvrages par Eros Barone [17-20] et une adresse au public par Ali Schütz, président du Cercle culturel AMIS-II Fondaco dei Mori (important point de rencontre des musulmans milanais qui ont mis leurs locaux à la disposition des conférenciers). Était également présent Corrado Basile, responsable des éditions Graphos, l’un des organisateurs de la rencontre avec Garaudy.

Libertarianism and Revisionism. An Exchange Between Marco den Ouden and Bradley R. Smith / Marco den Ouden, Bradley R. Smith. Sortie imprimante sur feuilles volantes [ca juillet 1998). 34 p. 21,6 x 29,7 cm. Distribué par Bradley Smith (catalogue été 1998). Ce texte ne comportait que 25 pages dans le catalogue. $7. Au mois de mai 1998, Bradley Smith et le Canadien Marco den Ouden, président de la Fondation libertaire de Vancouver, se sont mis à échanger une correspondance – électronique – sur le sujet de l’Holocauste et du révisionnisme. La présente brochure reproduit le texte de 9 de ces lettres ou échanges (du 17 mai au 23 juillet 1998). Il est probable que ces échanges se poursuivront et donneront lieu à des mises à jour. Les thèmes abordés sont surtout le révisionnisme et la position que peuvent avoir les libertaires à son propos, la liberté d’expression, en quoi consiste exactement le révisionnisme, ses arguments, etc. Marco den Ouden croit en la version officielle concernant l’Holocauste. B. Smith répond à ses objections, avec des arguments qui nous paraissent de bonne qualité.

[Gerd HONSIK]. Ein Prophet entkam. Was Honsik sagte. Was er nicht sagte. Was er voraussagte. Wien und Bonn jagen ihren Vordenker. Avant-propos de Pedro Schneider. Présentation de Göran Holming. Gibraltar : Wheatcroft Association [PO Box 561, MBC 6/151, 28 City Mill Lane, Gibraltar ; autre adresse : Bright-Rainbow, Apartados de correos 679, E-29620 Torremolinos (Málaga), Espagne], mai 1997 [?]. VI-370 p. 14 x 20,5 cm. Couv. ill. Ill. ISBN 84-922725-0-3. DM 40. Gerd Honsik est ce révisionniste autrichien qui s’est réfugié en Espagne il y a quelques années pour échapper à la justice de son pays qui avait bien l’intention de l’expédier en prison pour ses prises de position en matière de politique et d’histoire. Le présent recueil réunit une série d’articles parus essentiellement dans Der Babenberger (articles de 1978 et 1979) et le mensuel autrichien de 4 pages Halt (articles de 1981 à 1994), dirigé par Honsik et qui paraît toujours. Comme l’indique le sous-titre, il entend faire le point sur ce que dit Honsik et sur ce qu’il ne dit pas. La plupart des textes sont courts (2 pages en moyenne). Il s’agit parfois de lettres adressées à diverses personnalités. Aucun de ces textes n’a de caractère scientifique, ils n’ont pas de notes et pas de références. Parmi les sujets abordés, on retiendra : le système politique autrichien, les lois autrichiennes, le camp de Mauthausen, les relations avec les juifs, les responsables de la seconde guerre mondiale, le combat politique de Honsik, l’histoire de l’Autriche, l’Anschluss, l’« antifascisme », la menace américaine, la Wehrmacht, Rudolf Hess, Jörg Haider, le pasteur Viktor Robert Knirsch, la dénatalité et l’immigration en Autriche, l’Etat d’Israël, la loi antirévisionniste autrichienne, le procès de Gottfried Weise, Simon Wiesenthal, les ennuis judiciaires de Gerd Honsik, le film de Spielberg La Liste de Schindler. Peu de textes, en définitive, concernent le révisionnisme proprement dit. On aurait souhaité par ailleurs avoir plus de détails précis sur les démêlés de Honsik avec la justice autrichienne, sur sa fuite en Espagne et sur les efforts de l’Autriche pour le faire extrader. Disons aussi combien il serait intéressant de lire un bilan de l’implacable répression antirévisionniste (et antinationaliste) qui a été appliquée en Autriche ces dernières années.

Abschied vom Rechtsstaat. Das « Antirassismusgesetz » als Instrument zur Errichtung einer totalitären Diktatur in der Schweiz/ Walter FISCHBACHER, Jürgen GRAF, Hans HERZOG, Ernst INDLEKOFER, Werner LEUZINGER, Agnes STAUFFACHER, Arthur VOGT. Bâle : Presseclub Schweiz [Postfach 105, CH-4008 Bâle, Suisse], juin 1998. 80 p. 14,7 x 21 cm. Prix non indiqué. Cette brochure (dédiée à la révisionniste suisse Mariette Paschoud) est un supplément au numéro du 22 juin 1998 (4e année, n° 3) du bulletin suisse Recht + Freiheit (ne pas confondre avec la revue allemande Recht und Wahrheit). Elle examine la loi « antiraciste » suisse de 1994 (l’« article 261bis ») et revient sur les cas de plusieurs personnes inquiétées en vertu de cette loi. Parmi ces affaires, certaines ne concernent pas directement le révisionnisme historique : affaire Jäggi [24-26], affaire de l’Église universelle [28-32], affaire Fischbacher [33-35], affaire Kessler [37-38], affaire Zweifel [63-65]. Mais la loi-muselière suisse s’applique bien évidemment aussi à l’expression du révisionnisme, voire à sa simple diffusion, dans un nombre croissant de cas : cas d’Ernst Indlekofer (rédacteur en chef de Recht + Freiheit) [39-43], des éditions Neue Visionen et de Jürgen Graf (Agnès Stauffacher) [45-50], d’Arthur Vogt [51-53], d’Aldo Ferraglia (Jürgen Graf) [55-58] et de Gaston-Armand Amaudruz (J. Graf) [59-61]. On sait d’autre part que plusieurs libraires suisses ont également subi les foudres de la justice pour avoir diffusé ou simplement mis en vente l’ouvrage de Roger GARAUDY, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne.

Internationales Komitee vom Roten Kreuz. Dokumentation über die Tätigkeit des Internationalen Komitees vom Roten Kreuz zugunsten der in den deutschen Konzentrationslagern inhaftierten Zivilpersonen (1939-1945), [version française : Documents sur l’activité du CICR en faveur des civils détenus dans les camps de concentration en Allemagne (1939-1945), Genève, 1947]. 158 p. 21 x 29,7 cm. DM 35. Ce recueil de textes (diffusé par Vrij Historisch Onderzoek, Postbus 60, B-2600 Berchem 2, Belgique) est divisé en trois parties. La première est un bref rappel des activités de la Croix-Rouge pendant la première guerre mondiale [5-6], de 1918 à 1939 [7-9] et pendant la seconde guerre mondiale [10-26] pour laquelle on a distingué quatre phases. La deuxième partie illustre ces phases en reproduisant le texte de quelques documents comme des circulaires, des notes, des lettres du CICR adressées principalement à ses délégués ou au gouvernement allemand [27-87]. La troisième partie reproduit des extraits de divers rapports du CICR sur, entre autres, une visite à Auschwitz [91-92], les détenus des camps de concentration allemands [92-105], le rapatriement des détenues de Ravensbrück [105-111], les camps de Ravensbrück et d’Oranienburg [111-120, 120-123, 123-130], le camp de Theresienstadt [130-133], les détenus politiques de Berlin [133-134], le camp de Mauthausen [134-136, 136-142], le camp de Dachau [149-152], le camp de Türkheim bei Landsberg [152-153].

Carlos PORTER & Vincent REYNOUARD. Délire au procès de Nuremberg. Les accusations grotesques formulées contre les vaincus. Anvers : Vrij Historisch Onderzoek, juillet 1998. VI-[72]p. 14,5 x 20,5 cm. Ill. Coll. Les cahiers du procès de Nuremberg, 1. ISBN 90-73111-23-4. 79 F (catalogue Anec), DM 25 (catalogue VHO). La couverture porte en outre comme mention : « Prisonniers russes rôtis à la broche, bombe atomique pour tuer des juifs, livres et abat-jour en peau humaine, savon en graisse de juif, pantoufles en cheveux humains, chambres à vapeur homicides, machine à briser les nuques, fours crématoires mobiles, etc. » Ce petit livre prend comme point de départ l’ouvrage que Carlos Porter a publié en 1988 sous le titre Made in Russia : The Holocaust (s.l. [Grande-Bretagne ?], The Historical Review Press) et dans lequel il énumérait – fac-similés des débats du procès de Nuremberg à l’appui – les énormités qui avaient été proférées tout au long du procès. V. Reynouard est allé retrouver dans les 41 volumes en français des transcriptions certains passages relevés par C. Porter dans les versions allemande et anglaise. L’ouvrage est divisé en quatre chapitres : « L’extermination de masse vue par les juges de Nuremberg » [3-33] ; « Des cadavres pour vos savons, vos chaussons, vos chaises, vos livres » [35-51] ; « Les juges de Nuremberg et la science allemande » [53-56] ; « Les juges de Nuremberg et le "sadisme allemand" » [57-67]. L’auteur a tenu à reproduire pour chaque exemple le passage concerné en fac-similé des transcriptions du procès. Parmi les multiples atrocités imputées aux Allemands, on retiendra : la chambre électrique du camp de Belzec, les chambres à vapeur du camp de Treblinka, la chambre à gaz en bois du camp de Ravensbrück, la machine à briser les nuques du camp de Sachsenhausen, 20 000 juifs tués instantanément par un « nouveau produit destructeur » près d’Auschwitz, des gens tués par centaines de milliers un peu partout en Europe orientale, des cadavres fournissant des huiles et des graisses destinées à des usages techniques et à la fabrication de savon, la peau humaine tatouée prélevée sur des détenus et tannée pour la fabrication de divers objets (selles, culottes de cheval, gants, pantoufles d’intérieur, sacs à main pour dames, livres de poche, abat-jour, etc.), des prisonniers de guerre transformés en statues de glace ou rôtis à la broche, etc., etc. S’il est indéniable que certaines de ces accusations grotesques ne sont que propagande grossière, quelques-unes n’auraient-elles pas été à l’origine de simples rumeurs ayant circulé parmi les détenus et les populations d’Europe centrale et orientale ? La question mérite, nous semble-t-il, d’être posée.

Vichy antisémite ? Mais relisez donc Je suis partout ! [Saint-Gildas-des-Bois] : Éditions de l’ANEC [BP 21, 44530 Saint-Gildas-des-Bois], juillet 1998. 22 p. 14,4 x 20,9 cm. Coll. Les mémoires au bois dormant. 24,75 F. Le propos de cette brochure est d’une certaine manière de relativiser l’antisémitisme du gouvernement de Vichy à la lumière des violentes critiques que lui adressait en 1941 et 1942 l’hebdomadaire collaborationniste Je suis partout (qui comptait dans son équipe Robert Brasillach, Lucien Rebatet, Pierre-Antoine Cousteau, etc.). De nombreux extraits d’articles sont donnés, souvent en fac-similés. Ils concernent les juifs qui veulent changer de nom de famille, d’autres qui continuent d’exercer leur profession malgré la mise en place d’un numerus clausus, d’autres encore que l’on découvre à des postes inattendus, etc. Tous ces éléments démontrent en définitive selon l’auteur « que cette sombre période est beaucoup plus complexe qu’on ne l’imagine » [1].

Atrocités et crimes commis par les vainqueurs en Allemagne et dans le Pacifique en 1944-1945. Le témoignage de deux engagés volontaires dans les armées alliées. [Saint-Gildas-des-Bois) : Éditions de l’ANEC, juillet 1998. 20 p. 14,4 x 20,5 cm. Coll. Les mémoires au bois dormant. 24,75 F. La première partie de cette brochure [2-15] s’appuie sur le témoignage de l’aviateur américain Charles A. Lindbergh. De nombreux extraits de son Journal du temps de guerre (Albin Michel, Paris, 1973) sont donnés qui concernent la guerre dans le Pacifique et la situation et l’état de l’Allemagne après la guerre. Les exemples de mauvais traitements et d’exactions diverses de la part des soldats alliés (américains surtout) ne manquent pas. La seconde partie reproduit des extraits d’une lettre qu’un ancien engagé volontaire dans la 2e D.B, a écrite à une Allemande le 7 juin 1993 et dans laquelle il exprime notamment ses regrets concernant son comportement en Allemagne à la fin de la guerre. L’affaire du « massacre du Bourget » [17] mériterait confirmation [16-20].

A propos du film « Titanic » : à quand un film sur le naufrage du Gustloff, du Steuben et du Goya ? Tract. [Saint-Gildas-des-Bois] : Anec, [avril ?] 1998. [2]p. 21 x 29,7 cm. Prix de 10 exemplaires : 6,90 F ; 100 exemplaires ; 48 F ; 1 000 exemplaires : 314 F. Si le naufrage du Titanic en avril 1912 est probablement la plus grande catastrophe maritime de l’histoire en temps de paix, il ne faut pas oublier que les plus importantes hécatombes maritimes se sont produites pendant la seconde guerre mondiale, dans les quatre premiers mois de l’année 1945. Trois navires allemands avec des milliers de réfugiés et de soldats blessés à leur bord furent alors coulés par des sous-marins soviétiques. Il s’agissait du Wilhelm Gustloff du General Steuben et du Goya. C’est cet épisode tragique de la guerre qu’entend nous rappeler ce texte qui est un résumé d’un article de l’Américain John RIES (« History’s Greatest Naval Disasters », The Journal of Historical Review, vol. 12, n° 3, automne 1992, p. 371-381). Le nombre des victimes s’évalue ainsi : Wilhelm Gustloff, entre 5 700 et 7 000 ; General Steuben, env. 3 500 ; Goya, env. 7 000. Le nombre de morts du Titanic fut, rappelons-le, de 1 503. Sur la tragédie du Wilhelm Gustloff, on lira également avec intérêt : Christopher DOBSON, Ronald PAYNE & John MILLER, La Nuit la plus cruelle, Éditions France-Empire, Paris, 1981.

Après « Titanic » de J. Cameron : à quand un film sur les naufrages du Wilhelm Gustloff, du General Steuben et du Goya ? Suivi d’un : Épilogue de Vincent Reynouard. Saint-Gilles-des-Bois : Publications de l’ANEC, avril 1998. 24 p. 14,5 x 20,4 cm. Coll. Les mémoires au bois dormant. Diffusion hors commerce. 24,50 F. La première partie de cette brochure [1-7] reprend le texte du tract précédent. La seconde partie est constituée d’un « épilogue » de Vincent Reynouard dans lequel ce dernier aborde la manière, généralement conforme au droit international, dont se sont conduits les sous-mariniers allemands pendant la seconde guerre mondiale. Il examine en détail l’affaire du Laconia (septembre 1942) et le sauvetage de ses naufragés par trois sous-marins allemands sous le feu des avions anglo-américains. L’ouvrage de référence à cet égard est celui de Léonce PEILLARD, L’Affaire du Laconia (12 septembre 1942), Éditions Robert Laffont, Paris, 1988 (éd, revue et augmentée). V. Reynouard aborde enfin la défense du Grand-Amiral Karl Dönitz lors du procès de Nuremberg à propos de la guerre sous-marine. En annexe est reproduit un tract en langue française, intitulé Assassinat en pleine mer, diffusé par les autorités d’occupation allemandes au cours des années 1940 à propos du massacre en 1915, par des marins britanniques (du Baralong), de l’équipage d’un sous-marin allemand.

Jean-Marie BOISDEFEU. La Controverse sur l’extermination des juifs par les Allemands. Corrigenda et addenda. Anvers : Vrij Historisch Onderzoek [BP 60, B-2600 Berchem 2, Belgique], avril 1998. 24 p. 14,4x 21 cm. Distribué gratuitement sur simple demande. Comme l’indique le sous-titre, il s’agit d’une liste de corrections et d’additions aux deux volumes de La Controverse sur l’extermination des juifs par les Allemands. Parmi les additions, on notera les paragraphes portant sur les sujets suivants : la fausse judaïcité de Lord Cherwell [3], la chambre à gaz présumée dans le Krema II de Birkenau [3-4], la durée minimale d’incinération d’un corps [4], la signification du mot « Sonderbehandlung » [4], le procès en 1972 des architectes SS Dejaco et Ertl [5], la judaïcité de Hitler [6-7], la Nuit de Cristal [7-8], l’internement de civils allemands et italiens par les Canadiens [8-9], la déportation des juifs dans l’Est européen [9-10], le transit des juifs occidentaux par les ghettos polonais [10], le transit de convois de juifs provenant de Bruxelles, Amsterdam et Paris par la Galicie orientale (et censés avoir été gazés à Auschwitz) [10-18], la déportation massive de juifs étrangers d’Ukraine (dont des juifs réimplantés par les Allemand) en Sibérie en 1944 et après la guerre [19-20], le cas des rescapés retournés directement dans le pays dans lequel ils s’étaient établis sans passer par le pays de leur déportation [22].

Le Mensonge d’Auschwitz par l’illustration. Tome I. Les illustrations. [Anvers] : [Vrij Historisch Onderzoek, BP 60, B-2600 Berchem 2, Belgique], [1997 ?]. [184]p. [imprimé au recto]. 21 x 29,7 cm. 290 ill. Cartes. Plans. Tableaux. Prix des deux tomes ; 200 FF.
Le Mensonge d’Auschwitz par l’illustration. Tome II. Explication des illustrations. Anvers : Vrij Historisch Onderzoek, juin 1998 [nouvelle édition]. IV-78 p. 21 x 29,7 cm. Prix des deux tomes : 200 FF. Signalons que la note de lecture parue dans le n° 2 d’Akribeia avait inversé la numérotation des deux tomes. Le tome II est le volume du texte et des légendes photographiques. Le texte de ce tome II (Explication des illustrations) de cette nouvelle édition a été considérablement modifié et augmenté (environ du double). Il bénéficie surtout d’une présentation claire et aérée. En voici le sommaire : l’introduction (la thèse exterminationniste, la thèse révisionniste [un racisme juif anti-allemand antérieur à 1933, les premières déclarations de guerre juives et leurs conséquences, les Allemands traitent les juifs comme une minorité hostile en temps de guerre, la politique allemande envers les juifs à partir de 1942, un chaos inévitable]) [1-12], Auschwitz et son environnement [13-15], le danger d’épidémies [17-20], les chambres à gaz-tunnels de désinfection [21], la technologie d’une chambre à gaz homicide (technologie des chambres à gaz homicides américaines, comparaison avec l’équipement des prétendues chambres à gaz homicides) [23-26], la chambre à gaz présumée du crématoire I d’Auschwitz (situation géographique et aspect extérieur, aspect intérieur, portes et ouvertures, l’introduction du Zyklon-B par des orifices inexistants, l’introduction des victimes par une porte inexistante) [27-30], Birkenau et les chambres à gaz présumées des crématoires II et III [31-39], l’opinion des chimistes [41-44], l’expert en photographie aérienne John C. Ball [45-47], la capacité de crémation des fours et la consommation de coke (généralités, la consommation de coke à Auschwitz, la capacité des fours crématoires d’Auschwitz-Birkenau, les faussaires à l’oeuvre) [49-52], la fiction contre les faits [53-62], les chercheurs révisionnistes [63-65], divers points [67-74].

Pierre GUILLAUME. Vous avez dit : « extermination ». Question de terminologie ? (suite), [Paris] : [La Vieille Taupe, BP 98, 75224 Paris cedex 05), juillet 1998. [16]p. 21 x 29,7 cm. Prix non indiqué. Diffusion probablement hors commerce. Ce texte de l’éditeur de la Vieille Taupe peut être considéré comme une sorte de suite à l’article paru dans les Annales d’histoire révisionniste, n° 5, été-automne 1988, sous le titre « Génocide – Holocauste – Shoah : question de terminologie ? » (p. 103-112). Ici, l’auteur examine la notion d’ « extermination » relativement à la déportation des juifs de France pendant la guerre et à leur mortalité. Parmi les principaux points évoqués, on notera : une tentative de définition du terme « extermination », d’une manière générale et appliquée aux juifs, la conscience qu’ont certains juifs d’avoir eu leur famille proche et/ou lointaine « exterminée », un examen plus précis des déportations juives de France avec des approches statistiques de la question à partir, notamment, du Mémorial de la déportation des Juifs de France (de Serge Klarsfeld) (1978), l’utilisation symbolique et « rituelle » du terme « extermination », l’ « extermination » considérée comme un « postulat identitaire, un fantasme collectif, qui découle logiquement et inéluctablement de la métaphysique de la judéité » [5], le « dogme holocaustique » qui « s’affirme comme vérité profane, historique, matériellement vérifiable » mais dont la vérification est interdite par la loi [9]. Ce texte de nature parfois philosophique et dont l’intérêt n’est pas niable incite à la réflexion et l’on citera en conclusion cette interrogation de l’auteur : « Comment une illusion identitaire au service d’une passion religieuse messianique a pu s’imposer universellement au point de circonvenir l’histoire et de transformer les tribunaux de la République en tribunaux d’Inquisition ? // Là est la question centrale dont l’élucidation jettera une lumière sans précédent sur les mécanismes à l’oeuvre dans le lien social et dévoilera ces choses cachées depuis la fondation du monde » (9].

Robert FAURISSON. Quand les juifs collaboraient avec les nazis. À propos de l’arrêt Touvier et du procès Papon. [Saint-Gildas-des-Bois] : Publications de l’ANEC, 1998. 6 p. 14,8 x 21 cm. Coll. Les mémoires au bois dormant. 7,20 F fco. Ce texte a paru initialement dans la Revue d’histoire révisionniste, n° 6, mai 1992, p. 69-82. Il est reproduit ici sur deux colonnes et dans une nouvelle disposition. Il aborde le sujet à bien des égards tabou de la collaboration de certains juifs avec les nazis, en France et en Europe. Sont examinés en particulier les rôles de l’UGIF (Union Générale des Israélites de France) et du Consistoire central des Israélites de France. Sur l’UGIF, l’auteur écrit qu’on peut lui reprocher « d’avoir contrôlé la population juive de France pour le compte des Allemands, d’avoir incité les juifs à l’obéissance aux lois allemandes et de Vichy, d’avoir coopéré à la préparation des rafles (sans en prévenir les intéressés) et d’avoir, en particulier, aidé les Allemands à se saisir des enfants juifs qui étaient hébergés dans des homes placés sous son contrôle (ce fut le cas, par exemple, pour les enfants d’Izieu) » [2]. L’auteur évoque également le camp de Drancy, les Conseils juifs en Pologne et les contacts entre sionistes et Allemands. Voici un texte dont la lecture s’impose en définitive à ceux qui souhaitent avoir une vision plus juste et plus équilibrée de la collaboration des juifs avec les nazis et qui s’interrogent sur la manière très différente dont la justice a traité les cas des collaborateurs juifs et le cas d’un Paul Touvier ou d’un Maurice Papon.

Didier DAENINCKX & Valère STARASELSKI. Au nom de la loi. Paris ; Éditions Bérénice [11, rue de la Glacière, 75013 Paris], juin 1998. 64 p. 10 x 15 cm. Couv. ill, La couv. porte la mention : « cétacé. » ISBN 2-84384-014-7. 35 F. Dans ce petit livre, les deux auteurs tentent de mettre en évidence la légitimité, selon eux, de la loi Gayssot. Ils font tout d’abord un bref et peu objectif rappel de l’histoire du révisionnisme en France (Maurice Bardèche, Paul Rassinier, Robert Faurisson, l’ultragauche) et notent au passage que l’Holocauste est « pour Faurisson une pure invention des sionistes et des / vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale » [11-12], analyse assez saisissante et fort peu exacte. Plus loin, abordant des aspects plus politiques, ils écrivent : « Il n’apparaît guère possible d’avancer politiquement pour l’extrême droite sans réhabiliter peu ou prou ses idées discréditées par la collaboration active avec les nazis, sans réviser plus largement la lecture historique de la Seconde Guerre mondiale, par l’effacement ou la relativisation de certaines réalités-clés. Mais aussi et surtout au moyen de / cette idée que les juifs n’ont en fait récolté que ce qu’ils avaient semé puisque ce sont eux qui seraient coupables d’avoir poussé à la guerre » [13-14]. Examinant la loi Gayssot, et après avoir énoncé que l’extermination des juifs était « un fait établi », voici ce qu’ils écrivent, au mépris de l’évidence et malgré l’opinion contraire de nombreux observateurs hostiles au révisionnisme : « Pour nous résumer, nous dirons que la loi Gayssot ne se place pas sur le terrain de la recherche historique et n’a de ce fait aucune capacité à imposer une vérité officielle. Elle permet, exclusivement, d’interdire l’utilisation de mensonges historiques de / manière diffamatoire envers un groupe ethnique ou religieux, de condamner ces atteintes à l’éthique humaine » [19-20]. Cette idée est affirmée à plusieurs reprises. Les auteurs examinent également la « validation » de la loi Gayssot par des instances internationales [35-37], posent trois questions à Jean- Claude Gayssot (ministre des Transports du gouvernement Jospin) à propos des origines de la loi qui porte son nom, de son impact et du fait qu’elle pourrait imposer une vérité officielle. En fin d’ouvrage sont reproduits le texte de la proposition de loi déposée en 1988 par le groupe communiste à l’Assemblée nationale [42-52] et le texte définitif de la loi votée en 1990 [53-61].

Anatomy of the Auschwitz Death Camp/ Yisrael GUTMAN, Michael BERENBAUM, Yehuda BAUER, Raul HILBERG, Franciszek PIPER. Washington, D.C. : United States Holocaust Memorial Museum [100 Raoul Wallenberg Place, S.W., Washington, DC 20024-2150, États-Unis d’Amérique] ; Bloomington et Indianapolis : Indiana University Press, 1994. XVII-638 p. 16 x 24 cm. Couv. ill. Ill. ISBN 0-253- 32684-2. US $40. Dans l’introduction Michael Berenbaum remarque qu’au cours du demi-siècle écoulé, « l’étude d’Auschwitz s’est concentrée en Pologne où elle a été conduite dans un climat politique contraignant qui mit les chercheurs dans l’impossibilité de dire ce qu’ils savaient et certainement pas tout ce que l’on savait. La nouvelle situation politique en Pologne permet aux chercheurs polonais d’offrir un tableau dépolitisé d’Auschwitz. Pour la première fois depuis l’Holocauste. les chercheurs polonais peuvent écrire sans contrainte à propos du destin juif à Auschwitz. [...]. De pseudo-savants sur trois continents ont essayé de nier qu’Auschwitz était un camp de la mort, qu’il avait des chambres à gaz et des fours, que le mortel Zyklon B était utilisé comme un agent de tuerie. Tel est le climat dans lequel le présent ouvrage a été conçu et la présentation de cette étude collective d’Auschwitz devait indirectement traiter certains des problèmes soulevés par ces charlatans » [vii]. Le livre se compose de six parties (« A History of the Camp », « Dimensions of Genocide », « The Perpetrators », « The Inmates », « The Resistance » et « Auschwitz and the Outside World ») avec un total de 29 chapitres, dont quelques-uns d’auteurs bien connus des spécialistes comme Raul Hilberg, Franciszek Piper, Jean-Claude Pressac, Danuta Czech, Yehuda Bauer, Martin Gilbert et David S. Wyman. Parmi les auteurs polonais, certains d’entre eux (Danuta Czech, Franciszek Piper, Irena Strzelecka et Andrzej Strzelecki) ont travaillé plus de 30 ans en tant qu’employés du Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau (Pologne). Dans un chapitre, Franciszek Piper tente de justifier la réduction énorme du nombre de décès reconnus à Auschwitz : « Le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, l’institution polonaise la plus importante concernant l’histoire d’Auschwitz, a décidé en 1990 de procéder à une réévaluation du chiffre de quatre millions [de victimes], [...]. À la suite de cette réévaluation, de nouveaux calculs indiquent que le nombre de victimes était au moins de 1,1 million, dont 90 pour cent étaient des juifs de presque tous les pays d’Europe. Ce chiffre a été approuvé et accepté par un autre important institut de recherche qui enquête sur les crimes nazis en Pologne, la Commission centrale pour la recherche des crimes nazis » [62]. F. Piper n’ignore pas que cette réduction du nombre des victimes peut donner lieu à des tensions et à des problèmes ; « Il se peut que les historiens hésitent à présenter de nouvelles estimations qui ne pourraient jamais être correctement établies. Ils pourraient craindre peut-être que tout changement soit critiqué comme une tentative de minimiser le crime de génocide en général et les crimes perpétrés à Auschwitz en particulier. Tout chercheur qui étudie Auschwitz prend une lourde responsabilité compte tenu de l’étendue massive des crimes et, avant tout, de la tentative d’extermination en masse des juifs dans le cadre de ce qu’on appelle Entlösung [sic] (solution finale). Les témoignages des survivants ont fait d’Auschwitz un symbole du génocide nazi pour le monde. Toute révision d’une estimation existante pourrait être perçue comme diminuant ce puissant symbole » [66-67]. Le livre ne constitue pas une oeuvre homogène, ce à quoi on peut s’attendre au vu de tant d’auteurs différents. À côté d’articles simples et clairs il y en a d’autres d’une lecture beaucoup plus ardue. Dans un chapitre (« A Site in Search of a Mission »), l’auteur Robert-Jan van Pelt écrit ainsi : « Banni du monde de la description, de l’analyse et de la conclusion, Auschwitz est devenu un mythe dans lequel l’universalité présumée de son impact obscurcit les contingences de son commencement. J’emploie le mot mythe dans le sens que Barthes [il s’agit certainement de Roland Barthes, linguiste français, 1915-1980] lui a donné dans son essai "Myth Today". La mythification, a-t-il écrit, survient lorsque le langage vide un récit de sa contingence historique pour le remplir d’une nature invariable » [93]. Et encore : « J’essaie de comprendre la place d’Auschwitz. Je montrerai comment cet endroit devint le foyer d’un projet faustien qui avait pour but de créer un paradis allemand au sein de la perdition polonaise. La question de la "place", la situation d’Auschwitz sous le ciel de la planète Terre, pose la question de l’"espace", la relation du camp au corps humain. J’aborde ainsi l’architecture d’Auschwitz. On peut définir l’architecture comme l’art qui sert d’intermédiaire, par le biais de la place et de l’espace, entre l’infini de la nature (ciel et terre) et la finitude du corps humain. J’explore quelques-uns des liens historiques entre la place d’Auschwitz et l’espace à Auschwitz. Métaphoriquement parlant, j’essaie de décrire la scène sur laquelle a été jouée l’une des tragédies les plus profondes que la race humaine ait jamais permise ou subie » [94-95]. Il n’y a pas non plus d’homogénéité dans des aspects essentiels de l’histoire d’Auschwitz, comme la date de l’ordre supposé d’extermination donné par Himmler à Rudolf Höss, premier commandant du camp. Pour F. Piper, il a été donné à l’été 1941 [157], pour J.-C. Pressac et R.J. van Pelt il a été donné au début juin 1942, un an plus tard [213]. À côté d’articles soigneusement annotés et documentés, d’autres n’ont que quelques références documentaires et il y en a même un (« The Auschwitz Prisoner Administration », de D. Czech) [363-378] qui est totalement dépourvu de notes. Un article examine un aspect inédit : la sociologie des SS affectés à Auschwitz (« Historical-Sociological Profile of the Auschwitz SS », de Aleksander Lasik) [271-287]. On y découvre que la plupart des SS d’Auschwitz n’étaient pas membres du parti nazi, que les catholiques prédominaient dans cette majorité et que le nombre de membres de nationalité allemande est allé en décroissant au fil du temps au bénéfice de Volkdeutsche qui possédaient une autre nationalité (tchécoslovaque, yougoslave, roumaine, etc.) en 1939 [280-281] [Enrique Aynat].

Monsieur PAUL [pseudonyme]. « Combien de soldats russes avez-vous tués ? » Préface de Régis Baty et de Samuel Nabbandian. Strasbourg : Éditions Rhin-Volga- Duna [BP 78, 67028 Strasbourg], décembre 1997 (2e édition). 112 p. 15,5 x 24 cm. La couv. porte en guise de sous-titre : L’interrogatoire. ISBN 2-9511703-0-0. 95 F (103 F franco). Les témoignages de Malgré-nous prisonniers de guerre des Soviétiques pendant la seconde guerre mondiale sont peu nombreux. Ils sont surtout peu connus du public français car souvent publiés par de petits éditeurs alsaciens ou lorrains. C’est encore le cas ici avec le récit de « Monsieur Paul ». Né en 1921, ce dernier est incorporé en octobre 1942 dans le RAD (Service du travail obligatoire pour le Reich) à Schliengen (Bade du Sud) puis à Freiburg im Breisgau. Il rentre chez lui le 30 décembre 1942 après deux mois et demi de service. Le 8 janvier 1943 il reçoit un ordre de mobilisation dans la Wehrmacht. Sa formation militaire se déroule à Liberec (Tchécoslovaquie) puis en Norvège pendant 6 mois. Vers la mi-février 1944 il est envoyé en Russie via le port de Tallin en Estonie. Engagé au combat il a les pieds gelés et est fait prisonnier par les Russes dans les premiers jours de son engagement. L’une des premières questions posées par ceux qui l’ont capturé est : « Combien de soldats russes avez-vous tués ? » Question qui lui sera posée à plusieurs reprises et qui a donné son titre à l’ouvrage. Comme partout en Europe orientale les puces, les poux et les punaises sont omniprésents ainsi que le sont le typhus et la dysenterie. Les prisonniers sont également l’objet de brutalités de la part de leurs geôliers. Transféré dans un hôpital de Leningrad, l’auteur est amputé de ses orteils, opération qui se déroule sans anesthésie mais qu’il ne sent pas du tout tant ses pieds sont pourris. Il quitte ensuite cet hôpital pour celui de Tcherepovets puis est transféré dans un camp de prisonniers de la région. Affecté à une équipe de scieurs de bois, travail qui l’aurait à coup sûr sérieusement affaibli vu son infirmité, il réussit à se faire attribuer un travail à l’intérieur (dans la cuisine). Accusé un moment d’être un espion et longuement interrogé par le NKVD, il est finalement « innocenté » et transféré au camp n° 188, à Tambov, qui est, pour les Alsaciens-Lorrains et pour d’autres nationalités, une sorte de camp de rassemblement. Après une longue attente et de nombreux espoirs déçus, il est libéré et quitte le camp le 7 septembre 1945. Il arrivera à Paris le 20 octobre. Le récit de l’auteur est honnête et sobre, presque froid, comme le note Régis Baty dans sa préface. On notera plusieurs allusions acerbes aux « kapos » du camp de Tambov qu’il nomme « ces messieurs » ou « ces seigneurs » et à propos desquels il va jusqu’à écrire : « Cet essaim de chefs se posant en vrais communistes et marxistes, n’était autre chose qu’un rassemblement d’usurpateurs de pouvoir, de "chasseurs de kascha" (millet), d’exploiteurs d’hommes, de fainéants et de simulateurs, qui étaient même allés jusqu’à instaurer une police interne à l’intérieur du camp, qui fonctionnait de jour comme de nuit. J’eus tout le loisir de me rendre compte à quel point ce système artificiel de pouvoir pesait sur tous. Les chicanes, intimidations et humiliations livraient surtout les plus faibles à un esclavage humain » [98]. Cependant, comme l’écrit encore le préfacier, « il ne juge personne. Lui-même ne se sent pas irréprochable, et puis c’est la guerre. Ce qu’il décrit, c’est l’être humain dans une telle situation, qui n’est jamais parfaitement bon ou tout à fait mauvais. // C’est pourquoi, comme dans le beau livre Le Soldat oublié de Guy Sajer, on a l’impression de découvrir une sorte d’aspect universel de l’Homme, indépendant de critères de nationalités, qui est rare dans de tels récits » [9]. Sur le camp de Tambov, rappelons l’ouvrage de Pierre RIGOULOT, La Tragédie des Malgré-nous. Tambov, le camp des Français, Denoël, Paris, 1990.

Régis BATY. Informations de Russie sur les Malgré-nous. Préface de Françoise Erb. Strasbourg ; Éditions Rhin-Volga-Duna, février 1998. 224 p. 15,5 x 24 cm. Ill. Bibliographie. + carte de 29,7 x 42 cm. La couv. porte en guise de sous-titre : L’URSS parle. ISBN 2-9511703-1-9. 135 F (147 F franco). L’auteur a passé deux ans en Russie (1991-1992) pour raisons professionnelles en tant qu’enseignant détaché par le ministère des Affaires étrangères français. Ce séjour lui a permis notamment d’apprendre le russe et de découvrir l’existence de ceux qu’on appelait en URSS les « Français soviétiques ». Depuis deux ans il traduit régulièrement des dossiers d’archives soviétiques et participe à la recherche de disparus. Il s’intéresse plus particulièrement aux Français, militaires ou civils, morts en URSS dans les camps de prisonniers de guerre. Le présent ouvrage concerne le sort des Malgré-nous. L’auteur commence par un bref rappel du contexte historique et par quelques considérations sur les mentalités russes [23-32]. Il présente ensuite les documents qui concernent les disparus français en URSS. Il s’agit surtout de listes de décédés et de dossiers personnels. Son propos s’adresse en premier lieu aux familles qui recherchent depuis de très nombreuses années des informations sur des proches disparus. R. Baty insiste bien sur l’existence certaine d’erreurs dans les deux listes qu’il présente. Il s’attarde en particulier sur les difficultés quasi insurmontables de transcription correcte des noms de famille français en alphabet cyrillique et inversement et montre clairement qu’il est parfois difficile de déterminer le nom d’origine exact de tous les prisonniers décédés. Les deux listes reproduites comportent respectivement 1 136 et 39 noms [52-99, 99-101]. Chaque liste donne, la plupart du temps, le nom, le prénom, le prénom du père (selon l’usage russe), la date de naissance, le grade dans l’armée, la date de décès, la date de l’inhumation, le numéro de la fosse commune où a été enterré chaque Malgré-nous prisonnier de guerre. L’auteur précise que ces listes ont été ramenées de Tambov en juillet 1996 par l’Association Pèlerinage à Tambov. Concernant les prisonniers de guerre, il existe également des dossiers personnels. Ce sont notamment des fiches de renseignements remplies par les Russes, des dossiers médicaux, des procès-verbaux d’interrogatoire, etc. L’auteur analyse le type d’informations que contiennent ces divers documents [113-160]. Parmi les sujets abordés, on notera : la qualité des prisonniers (déserteur ou capturé ?), l’origine géographique des incorporés de force, la présence de civils parmi les prisonniers, le déroulement des interrogatoires, les conditions de vie des prisonniers, les libérations, la pertinence des questions posées aux prisonniers par l’administration soviétique, les notions de nationalité et de citoyenneté, les risques liés à la citoyenneté française, la question d’un éventuel traitement spécifique réservé aux Français. L’auteur aborde ensuite la question des hôpitaux et des maladies (les causes de décès, les médicaments utilisés, les souvenirs de Russes et d’Alsaciens à ce sujet) [161-176] et celle des décès [177-198]. Quelques données statistiques sur les décès au camp de Tambov sont fournies dont une estimation approximative de leur nombre. En conclusion, l’auteur souligne l’intérêt selon lui exceptionnel des archives russes pour les chercheurs et rappelle que le Conseil général du Haut-Rhin a rassemblé plusieurs centaines de témoignages et souvenirs d’anciens Malgré-nous et a organisé le rapatriement de plus d’un millier de dossiers personnels de prisonniers de guerre français [200-201].

James BACQUE. Crimes and Mercies : The Fate of German Civilians Under Allied Occupation, 1944-1950. Avant-propos d’Alfred De Zayas. Toronto : Litlle, Brown and Compagny [148 Yorkville Avenue, Toronto ON MSRK, Canada], 1997. XXX-290 p. 13,5 x 22 cm. Couv. ill. Pl. h.t. Bibliographie. Index. ISBN 0-316-64070-0. Can$ 29,95 (diffusé au prix de US$ 22,95 + port par l’Institute for Historical Review, P.O. Box 2739, Newport Beach, CA 92659, Etats-Unis d’Amérique). James Bacque a déjà publié en 1990 (l’édition originale datant de 1989) l’ouvrage suivant : Morts pour raisons diverses. Enquête sur le traitement des prisonniers de guerre allemands dans les camps américains et français à la fïn de la Seconde Guerre mondiale (Sand, Paris). Le sous-titre indiquait clairement le sujet de ce livre qui a soulevé de nombreuses critiques au moment de sa parution et qu’il est quasiment impossible de se procurer aujourd’hui. Dans Crimes and Mercies, l’auteur élargit son propos et s’intéresse aux pertes en vies humaines qu’a connues l’Allemagne après la guerre. Il examine le sort des prisonniers de guerre allemands dans différents camps alliés et s’attache au sort de la population civile et plus particulièrement à celui des millions d’expulsés de l’Est après la fin de la guerre. Il avance divers chiffres concernant la mortalité en Allemagne à cette époque et met en cause la responsabilité des gouvernements alliés (il évoque le fameux plan Morgenthau) qui auraient contribué à la mort de plusieurs millions de personnes. D’un autre côté, il s’intéresse également aux organisations et aux individus qui ont permis, par leurs actions humanitaires, d’alléger les souffrances d’une population mise au ban des nations. Les activités de l’Américain Herbert Hoover sont notamment citées. Il aurait pu mentionner aussi le Père Werenfried van Straaten évoqué par Jean BOURDARIAS dans sa biographie Père Werenfried, un géant de la charité, Fayard, Paris, 1997.

Abbé DESGRANGES. Les Crimes masqués du « résistantialisme ». Préface d’ndré Figueras. Paris : Éditions de L’AEncre [12, rue de la Sourdière, 75001 Paris], 1998 (1ère éd. en 1948). 160 p. 15 x 21 cm. Couv. ill. Coll. Ils ont fait l’histoire. ISBN 2- 911202-14-7. 115 F. Ecclésiastique né à Limoges en 1874, l’abbé Jean Desgranges fut aussi un homme politique actif. Il représenta le Parti Démocrate Populaire à la Chambre des députés de 1928 à 1940 et fit partie de la Résistance. Après la guerre, « il fut tenu à l’écart par le MRP qui lui reprochait sa prise de position résolue contre l’Épuration conduite par les ministres François de Menthon et P.H. Teitgen. Bouleversé par les crimes masqués du "résistantialisme" [...], ce coeur généreux se mit au service des épurés et des emprisonnés et créa à leur intention la Fraternité Notre-Dame de la Merci, qui organisa des pèlerinages à Lourdes en faveur de l’amnistie » (Henry COSTON, Dictionnaire de la politique française, tome 1, 1967, cité en 4e de couv.). L’auteur donne d’entrée une sorte de définition du terme « résistantialisme », « cette abominable exploitation de la vraie Résistance au profit de certains partis politiques, et de la plus éhontée des camaraderies » [10]. « Le "résistantialisme" est à la Résistance ce que le cléricalisme est à la Religion, le libéralisme à la Liberté et, comme dirait Sartre, la nausée à la Vie. C’est l’exploitation d’une épopée sublime par le gang tripartite à direction communiste » [11]. Au fil des pages sont abordés brièvement un certain nombre de sujets : les responsables de la défaite de 1940, la légitimité du gouvernement de Vichy, l’anticommunisme, le terrorisme contre les soldats allemands, le recrutement des maquis, les faux résistants, les réparations qui s’imposent (les paysans, l’Armée d’Afrique, les patrons), la condamnation de Brasillach, l’indignité nationale, la justice partisane, la carence de la Ligue des droits de l’Homme, l’affaire de l’Orphelinat Eugène-Napoléon, etc. Des exemples sont très souvent donnés et l’emprise communiste sur les esprits est fermement dénoncée. L’auteur n’était-il pas trop optimiste lorsqu’il déclarait : « Les divisions qui para- / lysent notre redressement ne sont malheureusement que trop réelles, mais je suis persuadé que tant de haines entre Français sont haines d’aveugles, qu’elles reposent sur des mensonges, d’où sont issus les plus effroyables malentendus, que le temps, la réflexion, les publications étrangères et françaises ont contribué déjà à les amoindrir, et qu’il serait, en somme, facile de les dissiper » ? [15-16]

Guy BOUSQUET. René Bousquet, préfet de la Marne, septembre 1940 - avril 1942. Postface d’Yves Cazaux. Paris : Jean Picollec Éditeur [47, rue Auguste-Lançon, 75013 Paris], mai 1998. 288 p. 13,6 x 21 cm. Couv. ill, Bibliographie. Index. La couv. porte en guise de surtitre : Un homme de devoir. ISBN 2-86477-169-1. 140 F. La présente étude s’intéresse aux activités de René Bousquet en tant que préfet de la Marne de septembre 1940 à avril 1942 et est dans une certaine mesure une réponse à deux livres récemment parus (Jean-PierreHUSSON, La Marne et les Marnais à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, Presses Universitaires de Reims, 1995, et Pascal FROMENT, René Bousquet, Stock, 1994) qui, selon l’auteur (fils et avocat de René Bousquet), dénaturent l’action et trahissent les mobiles de l’ancien préfet assassiné par un illuminé le 8 juin 1993. Abordant les raisons qui l’ont poussé à écrire son livre, Guy Bousquet écrit notamment ; « De protecteur des juifs, en particulier des juifs français, [mon père] deviendra tout à coup de par une campagne de presse et de télévision parfaitement orchestrée et insupportable, avec l’active complicité de magistrats du Parquet et la lâcheté rampante de toute une classe politique de droite comme de gauche, un pourvoyeur zélé des camps d’extermination nazis. // Tous les arguments, des plus inexacts aux plus mensongers, seront utilisés sans la moindre retenue ni vergogne. Ce sera longtemps l’affirmation que René Bousquet n’a jamais été jugé, puis devant l’évidence de l’arrêt d’acquittement de la Haute Cour en date du 23 juin 1949, l’indication qu’il a bénéficié d’un procès tronqué. Ce sera aussi la découverte inventée de faits nouveaux qui auraient été inconnus de ceux qui l’ont jugé en 1949. [...] / Ce seront aussi de nouvelles procédures engagées pour crimes contre l’humanité, faisant fi des règles de l’État de droit, tels que l’autorité de la chose jugée, la présomption d’innocence ou le respect élémentaire des droits de la défense. // Voyons, plus spécialement, comment la Justice qui devrait être le premier rempart contre l’excès, la passion, la falsification ou le mensonge, s’est comportée en cette fin de siècle face à des imputations relatives à des faits remontant à plus de cinquante années » [13-14]. De nombreux points sont abordés au fil des pages : la personnalité de René Bousquet (son patriotisme républicain attesté par des témoins, ses lettres et ses discours, son courage et son autorité, son souci de l’unité nationale, son activité de « préfet de Vichy ») [35-70], son action dans la Marne (la reprise en main du département, la lutte contre l’expropriation, la lutte contre les réquisitions, l’aide apportée aux prisonniers, réfugiés, rapatriés, détenus, évadés et requis, la protection de la population contre les ordonnances et injonctions allemandes, son attitude face aux exigences et aux menaces, la défense de la collectivité et des individus) [71-114), son action face aux dissidences et aux exclusions (communistes, gaullistes, francs-maçons, juifs) [115-193], la reconnaissance et la fidélité des Marnais (dans des discours officiels, des lettres de remerciement), l’appréciation de la justice [115-193]. En annexe [235-274] sont reproduits un certain nombre de documents et de lettres. Dans une postface, Yves Cazaux, évoquant le sort de ceux qui ont eu de lourdes responsabilités sous Vichy, écrit : « C’est sur ces quelques survivants, ils étaient rares, que le judaïsme subsistant, épaulé par les terribles souffrances de leurs innombrables victimes, a osé demander compte des actes du nazisme. Que leur importe le courage qu’il a fallu aux hommes sur lesquels il s’acharne aujourd’hui pour sauver le plus grand nombre des leurs avec l’assentiment jusqu’à la fin de 1943 des principaux dirigeants de Vichy. [...] / Mon Dieu, quel gâchis, quelle confusion au sein desquels on perçoit les intérêts, les jeux politiques, la jobardise, la lâcheté, l’horrible mépris des hommes diffamés, tués dans leur honneur, le viol de la justice et finalement de la vérité. // Si encore quelque chose en tout cela servait une cause noble. Hélas, ceux qui croient la servir n’ont qu’une vue très courte de l’histoire, ils ne songent qu’au succès immédiat de leurs manoeuvres ; ils devraient craindre les effets pervers à terme imprévisible de leurs actes injustes qui leur seront un jour certainement reprochés et leur triomphe en cette fin de siècle sera une victoire à la Pyrrhus » [212-213].

Max DROUIN. Forcené de l’espoir. Aigues-Vives : HB Éditions [41, rue de Calvisson, 30670 Aigues-Vives], avril 1998. 368 p. 14 x 20,5 cm. ISBN 2-911406-40-0. 130 F. Né en 1920 et obtenteur d’un diplôme d’horloger en 1936, l’auteur rejoint en mai 1941 un mouvement de résistance à Paris. Arrêté à Lyon le 17 février 1944 pour ses activités de résistant (sur lesquelles il reste muet), il est déporté le 25 juin 1944 et ne reviendra que le 29 mai 1945. Il a séjourné dans plusieurs camps, connus ou moins connus : Dachau, Weiss-See, Schneiderhau, Ohrdruf, Buchenwald. Dans l’ensemble, son récit est honnête et sans haine. Il rapporte avec simplicité ce qu’il a vécu, à l’instar de nombreux autres témoignages de déportés : la faim, le froid, les poux, les maladies, les humiliations et les coups. Il affirme, sans preuve, que « la faim n’est jamais due à un manque d’organisation » mais qu’elle est au contraire « très organisée, planifiée » [33]. Parmi les maladies qu’il évoque, on notera le typhus [51], la dysenterie (dont il est atteint) [200 sq] et la tuberculose [252]. Il revient à plusieurs reprises sur les poux [135] – il a d’ailleurs été nommé « responsable des poux » à Buchenwald [307-308] – et sur les mesures de désinfection (à l’arrivée à Dachau oeuvre le commando des coiffeurs- désinfecteurs avec leurs boîtes de crésyl [47 sq], à Weiss-See il existe une chambre-étuve, moyennement efficace, pour les vêtements [136]). Il mentionne également plusieurs fois les bombardements alliés : sur les usines Siemens (où il aurait dû aller initialement) où, dit-il, tous les membres du commando de détenus furent tués [76-77], sur les usines de la Gustloff et de la DAW le 24 août 1944, fabriques d’armes proches de Buchenwald (« Parmi les détenus, on comptera quatre cent cinquante morts et environ deux mille blessés dont un grand nombre ne survivront pas » [266]), sur Weimar qui vit la destruction presque totale de la cuisine du camp de Buchenwald [321]. D’une manière générale, l’auteur n’est pas trop accusateur quant au rôle et au comportement des kapos. En fin d’ouvrage il raconte de la manière suivante l’arrivée des soldats américains à Buchenwald : « Horrifiés, ils ont fait la route entre Eisenhart et Buchenwald, salués silencieusement par une double haie de trente mille cadavres ! Ces hommes sont déchaînés et on le comprend. Tout militaire en tenue SS est abattu. Certains SS trouvés nus dans les champs ou les bois sont abattus aussi. Des SS employés au camp finiront dans la fosse d’aisance ! Les troupes de choc de Patton ne font grâce à qui que ce soit de la SS ! // Je pense à ce vieux SS rabougri par les années de guerre, qui gardait les commandos de voirie ; il était si ridé et si voûté que, n’eût été sa tenue, on l’eût pris pour un trimardeur ! Il ne s’était pas montré particulièrement méchant, se bornant aux exigences de sa charge. Il a pourtant fini de la façon la plus / honteuse et la plus infamante qui soit. Il y a toujours quelque part un lampiste qui trinque ! » [331-332]. Nous avons relevé plusieurs allusions discrètes et assez vagues à des chambres à gaz, à des gazages ou à une extermination. P. 23 : « Tous autant que nous sommes, ne savons encore rien du génocide de six millions de Juifs, des chambres à gaz ni des charniers » ; dans le train qui mène les déportés à Dachau, l’un d’eux lui confie à propos de ce camp : « [...] des gens de ma famille en ont entendu parler par des soldats. [...]. Beaucoup de gens y meurent et finissent dans les crématoires. Il paraît même que dans certains camps il y a des gaz asphyxiants, comme en 1914, pour tuer les gens tout de suite ! » [36] ; à l’arrivée à Dachau, un détenu les aborde et leur déclare : « "[...] on entre ici par la porte et on en sort par la cheminée". [...]. Quelqu’un lui demande s’il y a ici des juifs. "Il y en a six mille qui dansent là-haut." Il lève un doigt vers le ciel. On l’écoute de plus en plus. Nous apprendrons que beaucoup de ces juifs "dansent" également en dessous ! Ils ont été incorporés dans le ciment constituant la dalle du camp, / lequel se trouve construit sur le marais » [44-45] ; « le brontosaure [c’est-à-dire un détenu interné depuis très longtemps] en a vu de dures ; il est là depuis les années où on gazait, où on torturait, où on pendait » [57]. Il convient pour finir de rapporter le moment où les détenus vont prendre une douche à leur arrivée au camp de Dachau après avoir été rasés et désinfectés au crésyl. On peut naturellement se demander si les détenus ont vraiment réagi à ce moment-là de la façon décrite par l’auteur (alors qu’ils sont à peine arrivés au camp) ou si cette scène ne doit pas être considérée au travers du prisme des années qui se sont écoulées jusqu’à la rédaction du récit. Citons : « Les hautes portes du bâtiment le plus proche s’ouvrent sur une clarté intense. "Tous à la douche." On nous distribue des savons. [...] Nous devons entrer par groupes. Notre attention se fixe sur les portes ; des portes blindées à feuillure étanche, des portes roulantes énormes, garnies de hublots, avec fermeture par volants circulaires, comme dans les sous-marins. Étonnement admiratif ; puis vient un soupçon qui vous pousse comme un poil sous la peau. Pourquoi / ces hublots, ces volants ? Et ça vous vient à l’esprit, ça éclate comme une bombe ! Qu’est-ce qui va sortir de ces innombrables poires à douche (180), géométriquement réparties sous le plafond ? Un homme du service saisit notre préoccupation. "Qu’est-ce que vous regardez ?" dit-il dans un bon français. "Qu’est-ce qui va sortir ?" lui répond l’un de nous, avec l’air de celui qui est inquiet, sans vouloir le paraître, mais qui aimerait bien être rassuré. "Ne vous en faites pas, allez ! Depuis longtemps ceux qui passent là n’ont plus rien à craindre." Il s’en va. Son visage et sa voix semblent sincères. Les lourdes portes se ferment. Trente secondes qui paraissent longues, très longues ! L’impossible paraît de nouveau possible ; il serait trop tard ! Et c’est un torrent d’eau chaude dans un nuage de vapeur. En quelques secondes on ne se voit plus. Des cris de satisfaction comme à la piscine. Ça tombe dru, on s’ébroue ; un instant de joie animale, parce que c’est bon de se laver enfin ! Parce que ça détend de prendre cette douche magistrale, un douche industrielle comme jamais nous n’en avons vu ! » [49-50].

E. Thomas WOOD & Stanislaw M. JANKOWSKI. Karski : How One Man Tried to Stop the Holocaust. Avant-propos d’Elie Wiesel. New York : John Wiley k Sons Inc. [605 Third Avenue, New York, N.Y. 10158-0012, États-Unis d’Amérique], 1996 [1994]. XVI-316 p. 15,5 x 23,4 cm. Couv. ill. Ill. Bibliographie. Index. ISBN 0-471-14573-4. $ 16,95. De son vrai nom Jan Kozielewski, Jan Karski est surtout connu des historiens pour son témoignage sur la résistance polonaise et sur certaines atrocités nazies présumées. Né en 1914, ce chrétien convaincu entame avant la guerre une carrière diplomatique. Il se retrouve prisonnier des Soviétiques en 1939 mais échappe, grâce à un programme d’échange avec les Allemands, à la déportation dans un camp soviétique ou au massacre de l’intelligentsia polonaise à Katyn et ailleurs. Prisonnier dans un camp allemand, des amis réussissent à le faire évader d’un train et il rejoint un mouvement clandestin de résistance en Pologne. Il y sera notamment agent de liaison. Arrêté par la Gestapo et durement torturé on réussira à le faire évader. Il se livrera plus tard à la « propagande noire » auprès des troupes allemandes stationnées en Pologne. Il quitte la Pologne pour l’Angleterre et les États-Unis où il s’efforce d’informer et de mobiliser davantage les dirigeants politiques alliés à propos du sort réservé aux juifs. Après la guerre il enseigne les sciences politiques à la Georgetown University (de 1953 à 1984). Parallèlement ce farouche anticommuniste donne de nombreuses conférences à travers le monde (Corée du Sud, Thaïlande, Cambodge, Pakistan, Inde, Birmanie, Turquie, etc.) pour mettre en garde contre le communisme. En 1994, Jan Karski est fait citoyen d’honneur de l’État d’Israël. L’un des moments forts du livre qu’il a publié en 1944 (Story of a Secret State, Houghton Mifflin, Boston) est son récit à propos de juifs tués avec de la chaux vive au camp de Belzec, version qui est quelque peu tombée dans l’oubli aujourd’hui (voir le passage cité dans : Robert FAURISSON, Réponse à Pierre Vidal-Naquet, La Vieille Taupe, Paris, 1982, p. 43-44). Selon les auteurs, Karski aurait commis ici une erreur. Il ne s’agissait pas de Belzec mais de la localité (proche) d’Izbica Lubelska, ce dont se seraient rendu compte depuis longtemps quelques historiens comme Raul Hilberg et David Engel [128, 283]. L’ouvrage de Karski, écrit en collaboration avec un agent littéraire, remanié et « adapté » pour le public américain, a connu diverses traductions dont une en français (Mon témoignage devant le monde, Éditions S.E.L.F., Paris, 1948), une en norvégien et une en suédois. D’autres traductions prévues (en italien, danois, espagnol, portugais, hébreu et arabe) n’ont jamais vu le jour. Pour diverses raisons, notamment les grossières simplifications que contiendrait son livre, Jan Karski s’est toujours opposé à une édition polonaise de son récit [306].

Sem DRESDEN. Extermination et littérature. Les récits de la Shoah. Traduit du néerlandais par Marlyse Lescot. Paris : Nathan [9, rue Méchain, 75014 Paris], septembre 1997. 240 p. 17 x 24 cm, Bibliographie. Index. Coll. Essais et Recherches. ISBN 2-09-190818-5. Prix non indiqué. « Comment aborder les écrits, de toute nature, qui ont retracé la persécution et l’extermination des Juifs par l’Allemagne nazie ? La Shoah n’était-elle pas de l’ordre de l’indicible ? Ne faut-il pas jeter la suspicion sur toute littérature la concernant, voire sur tout témoignage ? Seuls les morts auraient le droit à la parole, parce que seuls ils sont allés au bout de la souffrance, mais ils sont muets à jamais. // Sem Dresden [professeur émérite de littérature comparée à l’Université de Leyde (Pays-Bas) et ancien président de l’Académie royale des Sciences], qui a consacré sa vie à l’inventaire des documents laissés par les victimes de la Shoah – morts et survivants, récits authentiques et récits de fiction –, plaide pour la thèse inverse. Les écrits existent. Ils exigent d’être lus, malgré la gêne et la honte, malgré la distance incommensurable qui sépare l’horreur d’autrefois et la paix d’aujourd’hui. Faute de quoi les disparus et les survivants seraient voués définitivement au silence et à l’oubli. // Ce livre exceptionnel, souvent poignant, toujours lucide, est tout à la fois une histoire de l’Holocauste, une histoire et une analyse de la littérature des ghettos et des camps, et une réflexion sur sa légitimité. Il parle pour le devoir de mémoire, pour le devoir de compassion, et pour le devoir de veille » [4e de couverture]. La lecture de cet ouvrage fait irrésistiblement penser à cette phrase de l’historien Yosef Hayim Yerushalmi : « L’Holocauste a déjà suscité plus de recherches historiques que tout autre événement de l’histoire juive, mais je ne doute pas que l’image qui s’en dégage, loin d’être forgée sur l’enclume de l’historien, soit fondue dans le creuset du romancier » [Zakhor. Histoire juive et mémoire juive, La Découverte, Paris, 1984, p. 114].

Alexander BARON. The New Fascism. Londres : Anglo-Hebrew / InfoText Manuscripts [93c Venner Road, Sydenham, London SE26 SHU, Grande-Bretagne], 1998. 8 p. 21 x 29,7 cm. ISBN I-898318-14-X. Prix non indiqué. Texte d’un discours prononcé le 28 octobre 1997 devant des membres du British National Party à Plaistow et qui traite de ceux que l’auteur nomme les « nouveaux fascistes ». Ce sont ceux qui, précisément, prétendent lutter contre le « fascisme » et qui pour cela emploient les méthodes les plus contestables et qui contribuent par leurs agissements et leurs activités à restreindre le cadre des libertés individuelles en faisant adopter diverses lois scélérates. Au premier rang de ces individus se trouve l’« antifasciste » Gerry Gable dont les pratiques détestables sont assez bien connues outre-Manche.

Alexander BARON. The Computerised Identity Card : Harbinger Of The Coming Repression. Londres : Anglo-Hebrew / InfoText Manuscripts, 1997. 56 p. 15 x 21 cm. ISBN 1-871473-24-1. £ 4,99. « En 1995, David Icke a publié un livre [« And The Truth Shall Set You Free. » The Most Explosive Book of the 20th Century, Bridge of Love, Ryde, Île de Wight] dans lequel il affirmait qu’un complot secret de banquiers et de conspirateurs (les Illuminés) projette d’imposer un gouvernement mondial, une banque mondiale, une armée mondiale, et "des individus avec des puces implantées reliées à un ordinateur central". Étant donné certains de ses autres délires, il est difficile de prendre Icke au sérieux mais lorsqu’on examine froidement les faits il devient de plus en plus évident que, bien que Icke fasse probablement erreur pour ce qui est des Illuminés, il n’a certainement pas tort quant à l’émergence d’une société totalement planifiée qui organise une totale surveillance de ses membres. // Dans cette courte étude, l’auteur examine dans quelle mesure cette surveillance totale existe déjà, les projets et les intrigues qui sont utilisés par toutes sortes de groupes de pression pour imposer de nouvelles restrictions à la liberté et comment une carte d’identité à code- barre conduirait à la mort de la liberté individuelle et à une répression plus totale et plus terrifiante que tout ce qu’on a pu voir dans l’histoire de l’humanité. Sa conclusion est que la charpente de la tyrannie est déjà en place et que nous devons agir, et agir maintenant, afin d’empêcher la future répression » [4e de couv.].

Dominique VIDAL (avec Joseph ALGAZY). Le Péché originel d’Israël. L’expulsion des Palestiniens revisitée par les « nouveaux historiens » israéliens. Paris : Les Éditions de l’Atelier / Les Éditions ouvrières [12, avenue Soeur Rosalie, 75013 Paris], 1998. 208 p. 15,5 x 21,8 cm. Couv. ill. ISBN 2-7082-3376-9. 98 F. « Il y a cinquante ans, le 14 mai 1948, naissait l’État d’Israël. Mais l’autre État – arabe – prévu dans le plan de partage de la Palestine adopté, le 29 novembre 1947, par 1’Assemblée générale des Nations Unies n’allait pas voir le jour. Après deux années d’hostilités judéo-palestiniennes, puis israélo-arabes, Israël, la Jordanie et l’Égypte se partageaient son territoire. Plusieurs centaines de milliers d’Arabes palestiniens prenaient le chemin de l’exil, entraînant le Proche-Orient dans une spirale de conflits dont il n’est toujours pas sorti... // Pourquoi cet exode massif ? Les Palestiniens ont fui volontairement à l’appel des responsables arabes, assuraient les autorités israéliennes. Non, ils ont été expulsés, rétorquait-on du côté arabe. Avec l’ouverture des archives, le temps "des nouveaux historiens" est arrivé. Benny Morris, Avi Shlaïm, Ilan Pappé et encore d’autres chercheurs israéliens qui, à contre-courant, ont taillé en pièces la version traditionnelle et mis en lumière "ce péché originel d’Israël". // En Israël, cette révision radicale de l’histoire des origines est au coeur du débat sur le "post-sionisme". En France, elle est presque inconnue : aucun des livres consacrés par ces chercheurs iconoclastes à la guerre de 1948-1949 n’a été traduit. C’est pourquoi, l’auteur, Dominique Vidal, a décidé d’en écrire une synthèse. Et, en guise de postface, Joseph Algazy, journaliste au quotidien israélien Haaretz a discuté avec les "nouveaux historiens" du bilan de leurs recherches, dix ans après. // Cet ouvrage est un dossier historique capital, textes à l’appui mis enfin à la disposition du public francophone. // Dominique Vidal est journaliste au mensuel Le Monde diplomatique et auteur de plusieurs livres sur le Proche-Orient » [4e de couverture]. Parmi les principaux ouvrages des « nouveaux historiens » israéliens, citons : Simha FLAPAN, The Birth of Israel, Myths and Realities, 1987 ; Tom SEGEV, 1949. The First Israelis, 1986 [tr. fr. Les Premiers Israéliens, 1998] ; Avi SHLAIM, Collusion Across the Jordan. King Abdullah, the Zionist Movement and the Partition of Palestine, 1988 ; Ilan PAPPE, The Making of the Arab-Israeli Conflict, 1947-1951, 1992 ; Benny MORRIS, The Birth of the Palestinian Refugee Problem, 1947-1949, 1987 et 1948 and After. Israel and the Palestinians, 1990.

Phillip E. JOHNSON. Le Darwinisme en question : science ou métaphysique ? Traduit de l’américain et préfacé par Laurent Guyénot. Postface du Dr Anne Dambricourt-Malassé. Chambéry : Éditions Exergue [298, rue Nicolas Parent, 73000 Chambéry], octobre 1997 (2e édition). [2]-286 p. 14x 21,5 cm. Couv. ill. Index. Coll. Regard critique. ISBN 2-911525-16-7. 125 F. Ce livre inaugurait la collection « Regard critique » des éditions Exergue. L’éditeur, qui a inclus une brève préface, explique ce choix en rappelant que le darwinisme (et ses avatars récents) a servi de fondement pseudo-scientifique à la plupart des idéologies matérialistes de ce siècle, du marxisme au nazisme. Une postface est signée par Anne Dambricourt-Malassé, paléoanthropologue, chargée de recherche au CNRS et auteur d’une découverte sur la logique évolutive du crâne humain qui remet en question les axiomes darwiniens.
Sous le titre Darwin on Trial, le livre de Phillip Johnson a déjà trouvé un succès et un retentissement considérables dans le monde anglo-saxon. Michael Denton, biologiste et auteur de plusieurs ouvrages critiques sur le darwinisme, a déclaré à son sujet : « C’est sans conteste la meilleure critique du darwinisme que j’aie jamais lue. »
Phillip Johnson n’est pas un scientifique, mais un juriste spécialisé dans la logique des arguments. C’est comme intervenant dans les nombreux procès américains sur l’enseignement du darwinisme et du créationnisme qu’il s’est penché, au départ, sur le dossier des arguments scientifiques en faveur de l’évolutionnisme néo-darwinien. Rappelons qu’au centre de cette théorie se trouve l’affirmation que l’évolution du vivant ne s’est faite que par des mutations génétiques aléatoires sélectionnées par la lutte pour la survie et la reproduction. Dans un style accessible, synthétique et vivant, Johnson démontre que cette théorie n’est pas soutenue par les données empiriques, mais plutôt contredites par un nombre toujours grandissant d’observations. Il résume les controverses et les dissidences qui menacent actuellement l’édifice darwinien, mais dont le grand public est généralement tenu à l’écart.
Par exemple, il n’est nullement prouvé que la sélection naturelle puisse être un facteur évolutif capable de créer de nouvelles espèces. La comparaison (faite par Darwin lui-même) avec la sélection artificielle pratiquée par les éleveurs est trompeuse, parce qu’un éleveur est une intelligence créatrice et non une force aveugle. En fait, tout porte à croire que la sélection naturelle agit plutôt comme stabilisateur, en éliminant les individus qui s’écartent trop de la norme. Manquant de preuves, les darwiniens se retranchent parfois dans une formulation tautologique de leur théorie, pour l’imposer comme une évidence logique. La tautologie consiste à dire que les individus les mieux adaptés produisent le plus de descendants, et à définir ensuite les individus les plus adaptés comme ceux qui produisent le plus de descendants. À ce titre, observe d’ailleurs Johnson, les bactéries sont mieux adaptées que nous.
Du côté des archives géologiques, darwiniens et néo-darwiniens se sont toujours heurtés à un problème plus grave encore : tout comme les êtres vivants actuels, les documents fossiles révèlent infiniment plus de chaînons manquants que de continuité entre les espèces. Dans les fossiles, les espèces apparaissent soudainement, demeurent quasiment inchangées sur des millions d’années, puis disparaissent éventuellement aussi soudainement. L’idée communément acceptée selon laquelle les découvertes fossiles confirment la théorie de Darwin est tout simplement fausse. Selon Stephen Jay Gould, le caractère non darwinien des archives fossiles constitue « le secret professionnel de la paléontologie ». Par sa théorie des « équilibres ponctués », le très médiatique Gould tente de sauver le darwinisme en y introduisant des macro-mutations, mais Johnson montre que cette hypothèse n’a pas le moindre fondement empirique.
Les découvertes modernes de la biologie moléculaires ne sont pas non plus, selon Johnson, en faveur du néo-darwinisme. Des difficultés d’intégrer la découverte de « l’horloge moléculaire » dans le cadre darwinien est née la théorie « neutraliste » de Kimura, qui nie l’effet prépondérant de la sélection naturelle et attribue l’essentiel de l’évolution au pur hasard des mutations. Mais – et cela commence à être bien connu- la biologie moléculaire met en évidence dans le vivant une complexité que le hasard serait totalement incapable de produire, d’un point de vue purement mathématique.
Les derniers chapitres du livre (aux titres évocateurs : « Les règles de la science », « La religion darwinienne », « L’endoctrinement darwinien », « Science et pseudo-science ») constituent une excellente analyse des véritables fondements de la théorie darwinienne et néo-darwinienne, qui ne sont nullement à chercher dans l’observation empirique, mais dans la philosophie naturaliste ; celle-ci postule que le monde naturel est la seule réalité, à l’exclusion de toute transcendance, et que l’homme n’est donc pas qualitativement différent du reste des animaux. Pour Johnson, le néo-darwinisme n’est pas une théorie scientifique, mais plutôt la formulation pseudo-scientifique d’une philosophie matérialiste. Bien que l’analyse de Johnson se rapporte au climat intellectuel des États-Unis, elle s’applique aussi bien à la France, où le néo-darwinisme impose encore largement son catéchisme, dans les manuels scolaires et universitaires, sans parler des médias. Le prix Nobel Jacques Monod, à la fin de son livre Le Hasard et la Nécessité, avait bien résumé cette philosophie : « L’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers d’où il a émergé par hasard. » Avec une lucidité et une clarté rafraîchissantes, Phillip Johnson nous sauve de ce nihilisme devenu religion officielle de l’Occident laïque [Pierre Merlin].

Richard WEBSTER. Le Freud inconnu. L’invention de la psychanalyse. Traduit de l’anglais par Raoul de Claunet et Laurent Guyénot. [Chambéry] : Éditions Exergue, juillet 1998. 576 p. 16 x 24 cm. Couv. ill. Bibliographie. Coll. Regard critique. ISBN 2-911525-20-5. 159 F. Le Freud inconnu est une biographie intellectuelle retraçant le parcours de Sigmund Freud, depuis sa jeunesse jusqu’à l’expansion mondiale du mouvement psychanalytique. Cette enquête historique écrite avec clarté, finesse et parfois un humour caustique, remet en question l’hagiographie freudienne et les prétentions de la psychanalyse au statut de découverte scientifique.
Richard Webster a mené une enquête extrêmement poussée sur chaque étape du développement de la doctrine freudienne et du mouvement psychanalytique. S’appuyant notamment sur l’accès récent à des correspondances inédites de Freud, il synthétise les découvertes des nouveaux historiens de Freud qui, dans le monde anglo-saxon notamment, ont brisé l’idole. Il défait, avec une argumentation imparable, toutes les légendes que Freud lui-même, puis ses disciples, ont construit autour de la naissance de la psychanalyse, de ses bases empiriques et de son efficacité thérapeutique.
Webster veut montrer que, si la psychanalyse freudienne est une pseudo-science, elle est aussi une crypto-religion. Elle reprend en effet, déguisés dans un jargon scientifique, tous les grands thèmes judéo-chrétiens (le péché originel étant remplacé par le complexe d’OEdipe). Mais ce sont surtout les ambitions quasi messianiques de Freud, l’atmosphère « initiatique » du premier cercle de ses disciples, et le dogmatisme du mouvement psychanalytique qui lui donnent son caractère essentiellement religieux. C’est, selon Webster, la subtile familiarité du freudisme avec la culture judéo-chrétienne, plutôt que son caractère révolutionnaire, qui explique son succès.
Webster ne nie pourtant pas que la psychanalyse ait suscité des penseurs originaux et des réflexions pertinentes, au même titre que des « révélations » ou des modes de pensées essentiellement mythologiques ont pu suscité jadis une richesse culturelle. Toutefois, l’apport de Freud aux aspects les plus originaux de la psychanalyse apparaît, à la lecture du livre de Webster, comme relativement limité. La notion d’inconscient, par exemple, était extrêmement courante à son époque, et la contribution de Freud fut seulement de lui donner une rigidité conceptuelle trompeuse. On a pu dire de Freud que, de tout ce qu’il a dit, les seules vérités sont celles qu’il n’a pas inventées. Mais, si Freud a emprunté ici et là quelques idées pertinentes, il a aussi endossé de grossières erreurs et spéculations, les pires étant sans doute les théories farfelues de son ami Fliess.
Reprenant des arguments déployés par l’historien de la psychanalyse Henri Ellenberger, Webster explique que « la version légendaire de Freud présente deux traits particuliers. Le premier est "le thème du héros solitaire affrontant une horde d’ennemis, subissant les frondes et les flèches d’un destin néfaste, mais qui finit par triompher". Le deuxième est "l’occultation de la majeure partie du contexte scientifique et culturel dans lequel se développa la psychanalyse", amenant le mythe de l’originalité absolue de Freud. Ellenberger déclare que le premier aspect de la légende repose sur une exagération non seulement de l’antisémitisme rencontré par Freud, mais aussi de l’hostilité du monde académique et des préjugés victoriens qui auraient freiné la psychanalyse. Quant au deuxième trait de la légende, il consiste à attribuer à tort au héros "les accomplissements de ses prédécesseurs, associés, disciples, rivaux et contemporains" » [39].
Le livre de Webster apporte un pendant nécessaire aux biographies précédentes de Freud. La première, écrite par Ernst Jones, disciple de Freud, était surtout un exercice hagiographique, même si Jones s’est montré embarrassé par certains épisodes de la vie de Freud, comme lorsque Freud se lança dans une promotion inconsidérée de la cocaïne (sous l’influence de laquelle il semble bien qu’il ait écrit certains articles) ; ou bien lorsqu’il fit une confiance aveugle à son ami Wilhelm Fliess, inventeur farfelu d’une « névrose du réflexe nasal » et inspirateur principal des théories de Freud sur la sexualité infantile. Même si elles se montrent parfois critiques, la plupart des biographies publiées jusque là ne remettent guère en question les mythes fondateurs de la psychanalyse. Webster écrit ainsi au sujet de Freud, biologiste de l’esprit de Frank Sulloway : « La tentative de Sulloway de dégager le Freud historique des / distorsions de la légende ressemble curieusement à celle adoptée par certains théologiens du vingtième siècle de la question du Jésus historique. Quand Albert Schweitzer publia La Quête du Jésus historique en 1906, un de ses buts majeurs était de contrer le puissant mythe voulant que les enseignements de Jésus fussent entièrement originaux et en rupture avec les croyances de ses contemporains et prédécesseurs. Contre cette vision orthodoxe, il faisait valoir que la façon dont Jésus exprima ses enseignements était façonnée et conditionnée presque entièrement par l’eschatologie apocalyptique juive et par l’attente messianique courante parmi ses contemporains. A certains égards, le propos de Schweitzer était hardiment hétérodoxe. Car il montrait en fait un Jésus succombant lui-même aux fantasmes collectifs qui avaient cours en Palestine au premier siècle. À peine avancé cette thèse dérangeante, toutefois, il réaffirme sa croyance dans le "génie" religieux du fondateur du christianisme, affirmant que le message éthique contenu dans les doctrines de Jésus transcendait en définitive leur forme eschatologique. Jésus pouvait avoir été sérieusement erroné dans plusieurs de ses croyances fondamentales, il n’en était pas moins, selon Schweitzer, un sauveur divinement inspiré » [42-43].
Quant à Peter Gay, auteur de Freud : une vie, « il arrive à donner, dans ce que ses éditeurs présentent comme une biographie érudite et dépassionnée, une remise à jour sophistiquée de la biographie officielle de Jones. L’attrait de ce travail pour les dévots de Freud est qu’elle a l’air de claironner la foi et l’assurance au milieu du doute, et qu’elle peut concéder l’existence de nombreuses objections à la psychanalyse sans sacrifier l’allégeance au fondateur ni renoncer à son image de génie et de héros scientifique.
L’extraordinaire résistance de la légende de Freud est démontrée par le fait que, tout comme l’exercice de piété de Jones, le millésime 1988 de Gay fut largement acclamé à sa parution. Il y eut certes des voix discordantes, parmi lesquelles celle du spécialiste dissident de Freud, Peter Swales. Mais un grand nombre d’articles sur le livre de Gay se répandaient en louanges. Ce fut surtout le cas en Grande-Bretagne, où nombre de critiques fameux portèrent le livre en triomphe sans paraître réaliser qu’il était l’oeuvre d’un psychanalyste, manifestement plus disciple qu’observateur objectif de la psychanalyse » [52].
La légende freudienne, à laquelle Webster s’attaque ici, fut avant tout l’oeuvre de Freud lui-même. En témoignent nombre d’épisodes de sa vie, comme en avril 1885, lorsque « Freud se lança dans une curieuse entreprise de destruction. Il rassembla toutes les notes scientifiques qu’il avait prises au cours des quatorze années écoulées, ainsi que ses lettres, ses rapports scientifiques et les manuscrits de ses essais, et il les détruisit. Les motifs de son acte auraient pu demeurer voilés dans une permanente obscurité, s’il ne les avait lui-même expliqués à sa fiancée. Ce geste, lui écrivit-il, était l’un de ceux que "des gens pas encore nés" lui reprocheraient : "Puisque tu ne peux deviner de qui je parle, je vais te le dire : il s’agit de mes biographes... Je n’aurais pas pu progresser ou mourir sans m’inquiéter d’entre quelles mains tomberaient ces vieux papiers... Pour ce qui est des biographes, qu’ils s’inquiètent ! Nous n’avons aucun désir de leur faciliter la tâche. Chacun d’eux aura raison dans son opinion sur ’la Formation du Héros’, et j’attends déjà le moment de les voir s’égarer."
Ce qu’aucun des biographes majeurs de Freud n’a relevé, commente Webster, c’est que, si cet acte de dissimulation de la part de Freud a bel et bien réussi à nous cacher définitivement quelques épisodes de la biographie factuelle de Freud, il en dit beaucoup sur sa biographie psychologique. Le plus remarquable est la hardiesse saisissante avec laquelle il parie que sa vie présentera un intérêt pour les futures générations, et qu’il sera en définitive le sujet non d’une, mais de plusieurs biographies. Cette assurance aurait pu sembler, sinon normale, du moins compréhensible quinze ans plus tard, quand Freud avait déjà formulé les principes fondamentaux de la psychanalyse ; mais en 1885, Freud avait à peine entrevu une seule des théories qui le rendraient célèbre. S’il était mort le lendemain de ce geste de destruction, il est presque certain que son nom aurait rapidement disparu de la sphère publique et que les eaux de l’oubli se seraient refermées sur lui pour toujours » [58].
Passant en revue un grand nombre des cas cliniques fondateurs de la réputation de la psychanalyse, Webster démontre que cette réputation s’est bâtie en grande partie sur une habile manipulation des faits. Ainsi, ni Anna O., ni Emmy von N., ni Elizabeth von R., ces trois cas réputés exemplaires, ne s’achevèrent par un succès thérapeutique. Dans nombre de cas, Freud semble avoir pris pour des troubles psychologiques des symptômes de maladies cérébrales. Étant donné l’état embryonnaire de la psychiatrie de l’époque, cela n’est guère étonnant. Freud hérita d’ailleurs des erreurs médicales de ses maîtres : ainsi, il est remarquable que la psychanalyse fut fondée sur le travail avec des femmes réputées hystériques, alors que ce diagnostic est reconnu aujourd’hui comme ne reflétant aucune maladie singulière, et que nombre de patients diagnostiqués comme hystériques souffraient en réalité d’une maladie purement organique : l’épilepsie du lobe temporal.
Le livre de Webster jette un éclairage intéressant sur la manière dont se sont formés les héros et les légendes scientifiques, lorsque le mythe du progrès et du triomphe de la science rendait ces mythes encore possibles. Le cas de Freud est certainement l’un des plus intéressants : non seulement parce que Freud fut essentiellement un fraudeur, un plagiaire et un spéculateur, c’est-à-dire le contraire de ce que dit la légende, mais aussi parce qu’il était animé d’une passion peu commune de la gloire, d’une idée quasi messianique de sa vocation, et d’une telle confiance dans son propre génie qu’il parvint à en convaincre, d’abord un cercle de disciples, puis la majeure partie de l’intelligentsia occidentale [Pierre Merlin].

Norman GOLB. Qui a écrit les manuscrits de la mer Morte ? Enquête sur les rouleaux du désert de Juda et sur leur interprétation contemporaine. Trad. de l’anglais par Sonia Kronlund & Lorraine Champromis. Paris ; Plon, avril 1998. VI-490 p. 14 x 22,5 cm. Couv. ill. ISBN 2-259-18388-3. 169 F. Voilà un livre qui, malheureusement, risque de passer trop inaperçu. Qui, en effet, se pose aujourd’hui la question : « Qui a écrit les manuscrits de la mer Morte ? » Tout le monde sait que ce sont les Esséniens. Et sur les Esséniens, les mieux renseignés savent que tout, c’est-à- dire pas grand-chose, a été dit.
Mais voilà : Norman Golb est en quelque sorte un qumranologue révisionniste. Il s’acharne à remettre en question « l’hypothèse qumrano-essénienne », qui a tant été diffusée et vulgarisée que, si elle était fausse, ce serait des dizaines de milliers de livres et d’articles érudits ou grand public qui seraient irrémédiablement périmés.
Norman Golb n’est pas un vulgaire journaliste à sensations, comme les deux Britanniques, auteurs il y a quelques années de La Bible confisquée, qui dénonçaient, non sans raisons, le blocus opéré par le père Roland de Vaux et ses collaborateurs de l’École Biblique de Jérusalem, qui ont restreint et retardé pendant près de quarante ans l’accès aux manuscrits de la mer Morte. Non, Norman Golb est un éminent professeur juif, spécialiste mondialement connu de l’histoire d’Israël. Il sait néanmoins écrire pour le large public. Il est difficile de ne pas être convaincu par la batterie d’arguments solidement fondés qui mène à la conclusion que l’attribution des manuscrits de la mer Morte aux Esséniens est « une erreur archéologique du même type que celle d’Heinrich Schliemann qui, à l’origine, attribua les trésors qu’il avait découverts à Troie au célèbre roi Priam ; ou du crâne trouvé à Piltdown, dans le Sussex, et décrit à tort comme appartenant à une espèce humaine prénéandertalienne » [42-43]. Bref, une des plus énormes fausses rumeurs scientifiques du siècle. Le succès de cette rumeur, auprès notamment des ésotéristes de tous poils et des apprentis historiens, s’explique aisément : par le caractère épars et laconique des informations disponibles sur les Esséniens, et leur totale absence du Nouveau Testament, cette secte se prête merveilleusement à toutes les spéculations. « Par le biais d’une grande quantité de spéculations érudites [...], les Esséniens devinrent les héros de l’Antiquité hébraïque et furent portés aux nues, dans les années 1960, par des centaines d’articles et de livres louant leurs vertus exemplaires qui, disait-on, avaient directement influencé les premiers Chrétiens » [67].
L’origine de la rumeur est en revanche plus difficilement explicable. Difficilement explicable, l’entêtement du père de Vaux, relayé par quelques éminents biblistes comme André Dupont-Sommer, à écarter systématiquement tous les obstacles à sa théorie, jusqu’à ce que la théorie devienne le cadre incontournable dans lequel doivent s’insérer, parfois au prix de grossières distorsions, toutes les nouvelles découvertes.
Les arguments de Golb, qui trouvent aujourd’hui un écho de plus en plus fort dans la communauté scientifique, sont de deux sortes essentielles : il y a d’une part toutes les preuves que le site archéologique de Khirbet Qumran est une forteresse bâtie à l’époque de la stabilisation de l’État asmonéen, au même titre que Massada et Machéronte, et qu’il fut – avec peut-être une seule interruption entre les années 40 et 60, où il fut laissé en ruines – utilisé comme fort militaire, jusqu’à la fin de la guerre juive de 66 ap. J.-C. Il y a d’autre part l’immense quantité et la diversité d’inspiration, d’époque, de style graphique des morceaux de manuscrits découverts dans les diverses grottes du site, qui rend impossible leur composition ou leur copie par une seule communauté.
L’hypothèse qumrano-essénienne reposait au départ sur l’affirmation par Pline l’Ancien de l’existence d’une communauté essénienne sur la côte occidentale de la mer Morte. L’un des premiers textes découverts dans les grottes proches de Qumran, appelé la Règle de la communauté, pouvait relativement bien correspondre à des Esséniens, bien que, selon Golb, il est plus raisonnable de l’interpréter comme une sorte de constitution d’une communauté fictive, à venir aux temps eschatologiques. Les textes découverts par la suite, en revanche, étaient parfaitement incompatibles avec les descriptions de Pline, comme avec celles de Flavius Josèphe et de Philon d’Alexandrie. Nombre de manuscrits, par exemple, sont empreints d’une violence guerrière, comme le Rouleau de la guerre, « à la fois remarquable par ses descriptions hautement imaginatives de la préparation, de la formation et des équipements de la bataille, mais aussi par sa religiosité superficielle, presque mécanique ». On considéra donc que Pline (et Josèphe et Philon) s’était trompé en croyant les Esséniens exclusivement pacifistes. Lorsqu’on se rendit compte que les bâtiments de Qumran étaient d’une construction extrêmement élaborée et fortifiée, incompatible avec les Esséniens de Pline, « n’ayant pour seule compagnie que des palmiers », on admit que la communauté essénienne s’était installée dans les ruines d’une forteresse abandonnée. Lorsqu’on découvrit des tombes de femmes et d’enfants à Qumran, il fallut encore admettre que Pline s’était trompé en croyant ces Esséniens exclusivement célibataires. Mais que faire lorsqu’il s’avéra que toutes les tombes avaient été creusées au même moment, et qu’une proportion importante des squelettes montraient des fractures violentes ? Les explications avancées par les intégristes de l’hypothèse qumrano-essénienne frisent alors le grotesque. « Les preuves fournies par les tombes de femmes et par la bataille contre les Romains [pointes de flèches, etc.], ainsi que le caractère stratégique du site de Qumran auraient dû dissuader les archéologues de persévérer à soutenir la thèse d’une implantation essénienne à cet endroit. Mais ils s’étaient engagés à fond dans cette interprétation quasiment dès le début de leur recherche, et ils s’y accrochèrent avec ténacité » [19]. Ils finirent même par oublier complètement la description de Pline, qui avait motivé l’hypothèse au départ.
« Vers la fin des années 1960, il me semblait clair que l’hypothèse qumrano-essénienne constituait une pieuse croyance fondée sur une mauvaise utilisation des découvertes archéologiques » [131). Bien que, dès cette époque, les dissidences commencèrent à se faire entendre, le père de Vaux et son équipe parvinrent à imposer largement leur discours, et aujourd’hui encore, le site est planté de panneaux conformes à sa description par de Vaux comme monastère. On y visite par exemple un .scriptorium, baptisé ainsi parce qu’on y trouva deux encriers (et un autre ailleurs), qui auraient pu tout aussi bien servir à des chefs militaires. « Les trois encriers indiquent seulement que certains habitants du site écrivaient ; ils n’indiquent pas qu’un contingent de scribes pieux y demeurait » [31].
Il semblerait que la communauté des savants prennent maintenant en masse leurs distances par rapport à la double thèse de l’occupation essénienne de Qumran et de l’origine essénienne des manuscrits. Mais les rumeurs historiques, une fois établies en mythes et intégrées dans une culture, sont douées d’une inertie bien supérieure à la force des démentis d’érudits.
Qui a écrit les manuscrits de la mer Morte ? La réponse de Norman Golb est aussi simple que raisonnable : ces manuscrits d’origines très diverses appartenaient probablement à une ou plusieurs bibliothèques de Jérusalem, et furent cachés dans leurs grottes juste avant que les troupes romaines n’assiègent la Ville sainte [Pierre Merlin].

Olivier DARD. La Synarchie ou Le Mythe du complot permanent. Paris : Librairie Académique Perrin [76, rue Bonaparte, 75284 Paris cedex 06], janvier 1998. 300 p. 14 x 22,5 cm. Couv. ill. Bibliographie. Index. Coll. Terre d’histoire. ISBN 2-262-01099-4. 145 F. « La synarchie. En 1941, la France entière découvre ce mot. Les services secrets de l’Abwehr, ceux de Vichy et les conseillers de l’ambassadeur des États-Unis s’agitent. On parle d’un complot aux ramifications multiples qui tiendrait dans sa main les dirigeants de France – à commencer par Darlan et Pétain. Or, fait étrange, ces extrapolations ne cessent pas après la guerre. La synarchie est accusée d’avoir infiltré la Résistance, de s’être installée aux commandes de l’État via quelques "technocrates" bien choisis, d’être devenue l’âme de ces grandes organisations mondialistes que sont la Trilatérale ou le sommet de Davos. On lui attribue même l’exploit, en 1976, d’avoir fait élire Jimmy Carter à la présidence des États-Unis. L’étude des milliers de pages d’archives consacrées à ce sujet montre qu’il faut remonter à la fin du XIXe siècle et dans l’univers des sciences occultes pour voir émerger le fantasme d’une société secrète qui dominerait le monde. Argent, pouvoir et politique : tous les ingrédients sont réunis pour que se noue le mythe d’un complot permanent menaçant la France et l’Occident. C’est la fabrication, les ressorts et les implications de ce mythe qui sont ici analysés pour la première fois » [4e de couverture]. Agrégé et docteur en histoire, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, l’auteur est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Franche-Comté et à Sciences-Po. De nombreux personnages ou auteurs sont évoqués dans cet ouvrage, parmi lesquels on citera : Hippolyte Worms, Jean Coutrot, Saint-Yves d’Alveydre, Ferdinand Ossendovski (auteur du célèbre Bêtes, Hommes et Dieux), René Guénon (auteur, entre autres, de Le Roi du Monde, plus particulièrement cité ici), Jacques Benoist-Méchin, Henri Martin, Henry Coston, Pierre Virion, Pierre de Villemarest, Louis Daménie, Jacques Bordiot.

François BRIGNEAU. Avant de prendre congé. Réponses à Anne Le Pape (première partie). Paris : Publications FB [21, rue Mademoiselle, 75015 Paris], mars 1998. VIII-88 p. 13,5 x 21 cm. Coll. Mes derniers cahiers, sixième série, n° 3. 70 F. Au sommaire de ce cahier ; la fin prochaine de la série des « Derniers cahiers » [3-7], l’attitude de la grande presse à l’égard des journaux et des journalistes de la droite nationale (évocation de divers procès dont ceux qui ont été intentés à l’auteur par la journaliste Anne Sinclair) [7-19], la révolution bolchevique, quelques opinions enthousiastes sur l’URSS par des intellectuels français (Romain Rolland, André Malraux, Henri Barbusse, Louis Aragon, Maurice Schumann, Jean Desanti, Paul Éluard, Maurice Mouillaud) [21-23], la part des juifs dans la révolution russe et dans le communisme (le rôle, notamment, de Jacob Schiff et d’Armand Hammer) [25-40], les juifs et Hitler [41-46], l’antisémitisme en URSS et la création de l’État d’Israël [47-55]. Abordant brièvement la question du révisionnisme historique [55-58] l’auteur écrit : « Après chaque guerre, l’histoire est écrite par les vainqueurs. Mais, très vite, ou assez vite, selon les époques, des chercheurs découvrent des faits sur les origines et les causes du conflit, sur la conduite des opérations, sur la réalité de celles-ci et les légendes fabriquées, sur les conséquences de la victoire des uns et la défaite des autres, qui modifient les images imposées. Des discussions naissent. Des réfutations sont réfutées. Bref, on avance dans la connaissance réelle de ce qui s’est passé. C’est ce qu’on appelle le révisionnisme historique » [55]. Il évoque ensuite Jean Norton Cru (révisionniste de la première guerre mondiale), l’origine de l’antisémitisme de Hitler [59-65], la politique suivie par le Troisième Reich à l’égard des juifs [65-69], le sujet de l’impossible réconciliation nationale en France [69-72], la jeunesse de Brigneau sous Vichy et son opinion sur le maréchal Pétain et la politique suivie par ce dernier [72-82], le rôle des femmes sous l’Occupation [82-85].

Roland GAUCHER & Philippe RANDA. Les « Antisémites » de gauche. Paris : Éditions Déterna [diffusion : Philippe Randa, Centre MBE 246, 69, boulevard Saint-Marcel, 75013 Paris], [mars] 1998. 436 p. 14,7 x 21 cm. Couv. ill. Ill, Annexes. Bibliographie. Index. ISBN 2-913044-00-X. 225 F. Les deux auteurs s’intéressent ici à un certain nombre d’individus situés ou classés « à gauche » et que leurs adversaires ont qualifiés ou qualifient, à tort ou à raison, d’antisémites. L’ouvrage est divisé en six grandes parties. Dans la première sont examinés les écrivains et les théoriciens [9-56] parmi lesquels on retiendra les noms de Joseph Proudhon, Gustave Tridon, Auguste Chirac, Jules Vallès, Henri Rochefort, Bakounine, Auguste Blanqui, Benoît Malon et Alphonse Toussenel. Les auteurs reproduisent ensuite un entretien que leur a accordé le pasteur Jean-Pierre Blanchard sur la question de l’antisémitisme [28-30]. Le second chapitre de cette première partie présente un livre récent de Marc CRAPEZ, La Gauche réactionnaire. Mythes de la plèbe et de la race (Paris, Berg International, janvier 1997), qui met en évidence l’antisémitisme virulent de quelques figures de la gauche au XIXe siècle et montre certaines convergences entre les hébertistes (partisans de Jacques Hébert [1757-1794]) et quelques écrivains de la Collaboration comme Céline, Drieu La Rochelle et Rebatet [35-43]. Sont citées pour finir quelques opinions de personnages célèbres sur les juifs (du XVIIIe siècle à nos jours) [45-56]. La deuxième partie traite des communistes et des juifs [57-112]. Les auteurs abordent en fait presque exclusivement la situation des juifs et l’antisémitisme en URSS depuis le début du siècle en évoquant notamment l’État du Birobidjan [68-69] et la question du sionisme et de l’État d’Israël [80-89]. Un entretien avec Christian Bouchet, représentant français du courant « national-bolchevique », est reproduit [105-108]. Concernant le révisionnisme, il déclare qu’à son avis « ce milieu est trop encombré de monomaniaques et de provocateurs pour être vraiment crédible » [108]. La troisième partie traite des « gauchistes » [113-159] avec notamment les cas de certains membres du groupe terroriste français Action directe [123-126] et de l’écologiste Jean Brière [128-134] et leur position à l’égard des juifs et du sionisme. Les auteurs présentent ensuite la maison d’édition de la Vieille Taupe et les différents numéros de la revue qui porte ce nom. À leur demande, Pierre Guillaume, responsable de la Vieille Taupe, a rédigé un texte autour du judaïsme et du sionisme et sur les buts poursuivis à cet égard par la Vieille Taupe [146-157]. La quatrième partie revient sur quelques « affaires » qui ont agité la France depuis la guerre [161-256]. Il s’agit surtout ici de rappeler le parcours de Paul Rassinier, père du révisionnisme [163-178], l’affaire de la thèse de Nantes (auteur : Henri Roques) [179- 225], le soutien apporté à Roger Garaudy par l’abbé Pierre [227-240] et l’affaire dite des « rouges-bruns » à l’origine de laquelle se trouvent Didier Daeninckx et son goût prononcé du pamphlet dénonciateur [241-256]. La cinquième partie [257-304] examine les buts réellement poursuivis par des organisations à prétentions antiracistes comme le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) [259-263], reproduit un entretien des auteurs avec Lucien Bitterlin, directeur du mensuel France-Pays Arabes et « gaulliste de gauche » [264-268], évoque la figure du leader noir Louis Farrakhan [268-270] et celle du banquier suisse François Genoud [274-281]. Pour finir, les auteurs s’entretiennent avec David WARLET, coauteur avec Jawad BASHARA de Critique de la raison juive occidentale, à propos de l’antisémitisme et du révisionnisme [281-285]. Le chapitre qui clôt cette partie est tout entier consacré à Roger Garaudy et aux conséquences de la publication de l’ouvrage Les Mythes fondateurs de la politique israélienne (chapitre tiré pour l’essentiel du n° 6 de la revue L’Autre Histoire) [287-304]. La sixième partie se compose de 17 annexes qui portent sur les points suivants : le Minian [311-312], la liberté d’expression et la loi Gayssot [313-316], un tract antisémite suédois [317-318], cinq lettres adressées à Paul Rassinier [319-324], un article de Serge July sur l’affaire Faurisson et la liberté d’expression [325-329], un texte de Jean Brière sur la guerre du Golfe [331-334], une fausse interview antisémite du cinéaste Claude Autant-Lara [335-338], une lettre ouverte de Pierre Guillaume à Lionel Jospin [339-343], le livre de Serge THION, Une Allumette sur la banquise [345-348], un texte de P. Guillaume [349-353], un texte de Georges Piscoci-Danesco sur la Librairie du Savoir [355-361], le cinéaste Jean Renoir [363-364], l’interdiction de la bande dessinée Hitler = SS [365-366], des caricatures arabes anti-israéliennes [367-368], un texte de Boris Souvarine sur le communisme et les juifs [369-399], une analyse du livre de Pelagia LEWINSKA, Vingt mois à Auschwitz (1945) [401-407].

Grands mythes de l’histoire, hors-série n° 5 du mensuel La Nef, novembre 1997, 210 p., 115 F. Adresse : La Nef, BP 73, 78490 Montfort l’Amaury. « Qui n’a pas déjà entendu mille fois les habituelles diatribes sur l’Inquisition ? Quand les adversaires de l’Église essayent de la noircir, c’est le sujet qui revient immanquablement. On pourrait dire la même chose, à un degré moindre cependant, des Croisades. Il est ainsi un certain nombre de sujets historiques sur lesquels les puissants moyens de communication moderne ont fini par imposer des idées toutes faites et pour le moins simplistes. Citons encore le cas du Moyen Âge, que l’on répute être une longue période d’obscurantisme. Inversement, d’autres événements sont systématiquement présentés sous un jour flatteur : je pense notamment à la Révolution française, qui, pour certains, est l’acte de naissance de la France ! // Cette vision de l’histoire que l’on nous inculque aujourd’hui n’a évidemment rien d’innocent : elle est tout simplement le reflet de l’idéologie dominante, dont l’anti-christianisme est l’une des composantes essentielles. // Il faut être conscient de cette falsification de l’histoire car elle finit par s’imposer aux esprits modernes peu armés pour y résister. Mais il ne suffit pas d’en être conscient, il faut aussi savoir dénoncer les impostures et rétablir la vérité. // C’est ce à quoi ce petit livre peut contribuer. Il reprend les principaux thèmes historiques sur lesquels sévit généralement la désinformation ambiante et propose de façon synthétique des réponses et des argumentaires accessibles au plus grand nombre. // Tous ces thèmes ne relèvent pas à proprement parler du "mythe" ; mais pour tous ceux-ci, il convient de rétablir une vérité par trop malmenée par l’histoire officielle. Tel est le principal point commun des chapitres de cet ouvrage. // Celui-ci est formé de textes qui ont été publiés dans La Nef; soit à l’occasion d’un dossier thématique, soit dans les pages culturelles. Malgré le nombre des auteurs et la variété des thèmes, l’ensemble présente une cohérence et un fil directeur évidents » (avant-propos de Christophe Geffroy, directeur de La Nef) [5-6]. La Nef est une revue mensuelle d’environ 40 pages qui s’adresse plus particulièrement aux catholiques « traditionalistes » et n’est vendue que par abonnement (11 n° par an, 400 F). Les textes proposés, dont la grande majorité ne comportent pas d’appareil de notes, s’articulent autour de huit grands sujets : Clovis ou la naissance de la France (Frédéric Fagot & Éric Mestrallet, Jean Barbey, abbé Christian-Philippe Chanut, Paul- Marie Coûteaux) [7-29], le Moyen Âge (Renée Mussot-Goulard, Ivan Gobry, Jean Dumont, Jacques Heers, Serge Desplanches, Jean-Baptiste d’Altburon, Jean Malmezat) [31-66], les Croisades (Éric de Boysson, Jacques Heers) [67-82], l’Inquisition (S. Desplanches, J. Dumont, François Vallançon, Louis Millet) [83-108], l’Espagne des Rois Catholiques (S. Desplanches, J. Malmezat) [109-124], la Révolution française (J. Barbey, Daniel Hamiche, abbé Chanut, S. Desplanches) [125-157], les guerres de Vendée (Reynald Secher, Henri Servien, abbé Chanut) [159-185], la franc-maçonnerie (Raoul Le Caron, Jean-Claude Lozac’hmeur, Robert Chermignac) [187-204].

Bulletin [« réservé aux Amis de la Vieille Taupe »], n° 10, mai 1998, [2]p. Pierre Guillaume écrit dans ce bulletin que la Vieille Taupe a été « assommée par l’adversité judiciaire » [1] en mentionnant, sans plus de précision, la condamnation de Georges Piscosi-Danesco à la suite d’une provocation d’activistes sionistes dans sa librairie (Librairie Roumaine Antitotalitaire) et sa propre condamnation en appel au profit de la Libre Pensée « à des frais et des indemnités très lourdes » [1]. Mais il ajoute ; « Le révisionnisme fait des progrès à la Libre Pensée où on commence à comprendre que cet arrêt [de la cour] qui invoque la loi Gayssot, constituera une véritable tunique de Nessus. La Libre Pensée ne se remettra pas de sa victoire judiciaire ! // Mais le révisionnisme fait aussi des progrès chez les magistrats et l’hystérie répressive des uns contribue à ouvrir les yeux des autres » [1]. Sont également mentionnés au passage la révocation du professeur d’histoire Michel Adam, un échange de correspondance avec l’Association Georges Pérec à propos de l’ouvrage W ou le souvenir d’enfance, le procès en appel de Garaudy-Guillaume les 14, 21 et 28 octobre 1998. Après avoir annoncé que la manifestation de solidarité (en faveur de la Librairie Roumaine) prévue le 16 juillet 1998 est annulée (faute de soutien significatif semble-t-il) P. Guillaume signale l’apparition récente à Paris de faux tracts provocateurs avec slogans et caricatures antisémites à l’enseigne de la Librairie Roumaine Antitotalitaire et conclut : « Il est déjà intéressant de remarquer que si nos ennemis fabriquent des faux qu’ils nous attribuent c’est qu’ils sont absolument incapables de répondre à nos textes authentiques » [1]. Un échange de courrier à propos de l’ « affaire Pérec » et la brochure de P. Guillaume, Vous avez dit : « extermination ». Question de terminologie ? (suite) (voir la note de lecture à ce sujet) ont été adressés en même temps que ce Bulletin n° 10. Adresse : La Vieille Taupe, BP 98, 75224 Paris cedex 05.

Revision / Pour le prolétariat français, [attention, cette revue est interdite de vente aux mineurs, de publicité et d’affichage en France], n° 86-87, avril-mai-juin 1998, 52 p. Au sommaire : un long article sur la prison roumaine de Pitesti (à partir de l’ouvrage de Grégoire DUMITRESCO, L’Holocauste des âmes, Librairie Roumaine Antitotalitaire, Paris, 1997) (Jacques Moulin) [3-10], le général de Gaulle et la Shoah [10], Mai 68, vu comme une « révolution juive » (Alain Guionnet) [11-42], le rôle présumé de la Direction de la protection, de la sécurité et de la défense (DPSD) dans la profanation de Carpentras suivi d’un commentaire de Michel Lajoye [43-44], deux textes d’arrêts de justice de 1997 et 1998 à l’encontre d’Alain Guionnet et un mémoire en défense [45-49], le procès opposant Pierre Vidal-Naquet à A. Guionnet [50], le courrier des lecteurs (Roger Dommergue Polacco de Ménasce, Robert Faurisson) [51].

Anec Informations... [« Lettre d’informations confidentielle réservée aux lecteurs et aux lectrices de l’ANEC »], n° 10, 24 février 1998, 12 p. Au sommaire : la répression antirévisionniste en France contre les personnes soupçonnées de diffuser le Rapport Rudolf [1], l’affaire Michel Adam (suite) [2-3], la FNDIRP, officine de propagande mensongère (avec plusieurs exemples illustrés) [3-7], l’affaire Vincent Reynouard (suite) [7], un article hostile de La Lettre à Lulu sur M. Adam et V. Reynouard [7-8], l’ « or des juifs » (le Vatican et la fuite de criminels de guerre, le gouvernement suisse et l’histoire des dents en or arrachées aux cadavres des juifs exterminés) [8-10], l’omniprésence de la Shoah sur les chaînes de télévision européennes [10-12]. + n° 11, 19 mars 1998, 10 p. Au sommaire : une longue interview de Michel Adam sur le déroulement récent de son affaire avant son prochain passage devant une commission de discipline ministérielle [1-7], l’avis et les commentaires de V. Reynouard sur l’affaire Adam [7-10], + n° 12, 3 avril 1998, 6 p. Au sommaire : la gendarmerie saisit des livres, des documents et l’ordinateur de l’ANEC [1-2], quelques considérations sur la condamnation de Maurice Papon par V. Reynouard et la reproduction partielle d’une lettre que ce dernier avait adressée à l’ancien ministre le 19 mai 1997 [3-6]. + n° 13, 21 avril 1998, 12 p. Au sommaire : V. Reynouard remercie ceux qui lui ont apporté leur aide à la suite de la perquisition des gendarmes [1-4], une analyse détaillée d’une partie du jugement du tribunal administratif de Caen rejetant la requête de V. Reynouard contre la décision de révocation prise à son encontre par le ministre de l’Éducation nationale François Bayrou [4-11], l’affaire Adam (suite) [11-12], un téléfilm de la série « Quai n° 1 » mettant en scène un professeur d’université révisionniste [12]. Adresse : ANEC, BP 21, 44530 Saint-Gildas-des-Bois.

Dualpha / Revue de politique, d’histoire et de littérature, n° 1, mai-juin 1998, 112 p. Au sommaire de cette nouvelle revue fondée par Philippe Randa : un article critique sur Lady Diana [7-13], le déclin du modèle culturel américain [15-17], l’actualité de l’affaire Dreyfus [18-21], les chômeurs « devenus inutiles » [27-30], une réponse à Michel Field (Roland Gaucher) [34-35], l’incroyable procès contre le responsable de la Librairie Roumaine (Pierre Guillaume & Georges Piscoci-Danesco) [36-44], un entretien avec le philosophe Pierre Chassard (notamment sur la pensée de Lévinas) [47-50], un entretien avec Micheline Peyrebonne [51-54], des lettres de lecteurs [64-72], un entretien avec Pierre Fresnay (reproduit de Défense de l’Occident de novembre-décembre 1974) [73-81], le congrès de l’agence de presse Inter-France en octobre 1942 (publication de l’intégralité d’une brochure parue au troisième trimestre 1943) [82-106], Mai 68 vu par Jean Bourdier (109-112]. Adresse : Centre MBE 302, 69, boulevard Saint-Michel, 75013 Paris. Abonnement (6 numéros) : 450 F. Prix du numéro : 95 F.

The Journal of Historical Review, vol. 17, n° 2, mars-avril 1998, 40 p. Au sommaire : une introduction à la vie et à l’oeuvre du philosophe allemand Oswald Spengler (1880-1936) (Keith Stimely, 1957-1992) [2-7], de courts extraits de l’oeuvre de Spengler [8-9], une critique de quelques points de la philosophe de l’histoire de Spengler et un hommage rendu à ce dernier (Revilo P. Oliver) [10-13], la justice française et le révisionnisme (affaires Faurisson, Garaudy, Le Pen) (Mark Weber) [14-18], 3ean-Marie Le Pen et ses déclarations sur les chambres à gaz, « détail » de l’histoire (Robert Faurisson) [19-20], le naufrage du Wilhelm Gustloff du General Steuben et du Goya [22-23], l’historien du Vatican Robert A. Graham et le révisionnisme (Arthur R. Butz) [24-25], Robert Graham et Pie XII (Mark Weber) [26], le rôle du lobby pro-israélien dans l’administration Clinton (Richard H. Curtiss) [27-30], des recensions des ouvrages suivants ; Stephen TROMBLEY, The Execution Protocol : Inside America’s Capital Punishment Industry (Mark Weber) [34-36], Jonathan J. GOLDBERG, Jewish Power : Inside the American Jewish Establishment (Shawn L. Twing) [37-39], le courrier des lecteurs [40]. Adresse : Institute for Historical Review, PO Box 2739, Newport Beach, CA 92659, États-Unis d’Amérique. Abonnement annuel (6 numéros, Europe) : $50 (voie de surface), $70 (par avion). Prix du numéro : $ 10.

Smith’s Report on the Holocaust Controversy / America’s Only Monthly Revisionist Newsletter, n° 53, avril 1998, 8 p. Au sommaire de cette lettre d’informations (dont le titre s’est allongé) : le passé soviétique du « chasseur de nazis » Simon Wiesenthal [1, 3-4], le bloc-notes de B. Smith [2-3], l’intérêt pour le révisionnisme au Moyen Orient et plus particulièrement en Égypte (lors de la foire internationale du livre qui a eu lieu au Caire en février 1998) [4-5], un ouvrage révisionniste en langue turque sur Internet (Richard Widmann) [5-6], un étudiant en journalisme s’intéresse au révisionnisme à la Western Washington University [6-7], le courrier des lecteurs [7-8]. + n° 54, mai 1998, 8 p. Au sommaire : une conférence de David Irving à la Washington State University le 13 avril et la diffusion du révisionnisme sur les campus universitaires [1, 3-6], le bloc-notes de Smith [2-3], Lebensraum !, une trilogie écrite par la révisionniste Ingrid Rimland [6], un nouvel épisode des ennuis de Carlos Porter avec la justice allemande (Richard Widmann) [6-7], le courrier des lecteurs [8]. + n° 55, juin 1998, 8 p. Au sommaire : le rôle croissant du CODOH dans la diffusion du révisionnisme sur Internet [1, 3], le bloc-notes de Smith [2-3], les suites de l’affaire Carto [4], la lutte contre la diffusion du révisionnisme aux États-Unis [4-5], un tour d’horizon des activités révisionnistes dans le monde [5-6], le Lycos et le site Internet du CODOH (R. Widmann) [6-7], à propos d’un article de La Pravda du 2 février 1945 sur le camp d’Auschwitz [7], le courrier des lecteurs [7-8]. + n° 56, juillet 1998, 8 p. Au sommaire : une série de petits faits qui témoignent des progrès du révisionnisme [1, 2-3], le bloc-notes de Smith [2-3], AnswerMan !, le nouveau service du site Internet du CODOH qui répond à toutes les questions (ou presque) relatives au révisionnisme [4-5], un tour d’horizon de l’actualité révisionniste dans le monde (Ingrid Weckert, Ernst Zündel, Fredrick Toben, la revue polonaise Stanczyk, le bulletin antirévisionniste Washington Report on Middle East Affairs et le révisionnisme [5-6], une atrocité alliée dans un numéro du magazine Life en 1944 [6-7], le courrier des lecteurs (avec notamment une lettre de Robert Faurisson qui rappelle que c’est lui qui a découvert en 1979 l’existence de deux articles de la Pravda sur la « libération » du camp d’Auschwitz et une curieuse lettre à propos de la présence de gaz dans le film King Kong [1933]) [7-8]. Adresse : Bradley R. Smith, PO Box 439016/ P-111, San Diego, CA 92143, États-Unis d’Amérique. Adresse Internet : http://www.codoh.com. Abonnement annuel (Europe, 11 numéros) : $39.

Remarks / Commentary on Current Events and History, n° 24, 8 juillet 1998, 12 p. La quasi-totalité de ce numéro est occupée par l’analyse que fait Jack Wikoff du roman de l’Américaine Kay Boyle (1902-1992), Death of a Man (New York, 1936). Cet ouvrage, mal accueilli par la critique de l’époque, qui l’accusa d’être « pro-nazi », met en scène les relations amoureuses d’un médecin autrichien aux convictions nationales-socialistes et d’une Américaine. J. Wikoff dresse également un rapide résumé de la vie quelque peu agitée de Kay Boyle [1-10]. Le second texte est une réponse du révisionniste canadien Ernst Zündel aux accusations lancées contre lui par le journal américain The Spotlight [11-l2]. Adresse : Jack Wikoff, PO Box 234, Aurora, NY 13026-0234, États-Unis d’Amérique. Abonnement (6 numéros, Europe) : $30 ; prix du numéro : $4.

David Irving’s Action Report, n° 14, 20 juillet 1998, 20 p. Au sommaire de ce bulletin adressé aux donateurs du David Irving Legal Fighting Fund [PO Box 1707, Key West, FL 33041, USA ou 81 Duke Street, London W1M 5DJ, Grande-Bretagne] : la lutte contre les sites révisionnistes Internet [1, l5], la répression antirévisionniste en Allemagne [1, 4], le courrier des lecteurs [2-3], le décès du professeur R. V. Jones [5], la censure allemande contre les sites révisionnistes Internet [7, 20], la campagne contre le gouvernement et les banques suisses [9], un scandale à l’Holocaust Memorial Museum [13], la découverte de charniers au camp de Belzec [14, 15], diverses nouvelles révisionnistes et le « journal de bord » de D. Irving (« A Radical’s Diary ») qui contient malheureusement très peu si ce n’est aucun repère chronologique précis [passim]. Adresse : Focal Point Publications, 81 Duke Street, London W1M 5DJ, Grande-Bretagne.

Adelaide Institute [Newsletter], n° 70, avril 1998, 12 p. Au sommaire ; la Semaine des écrivains à Adelaide (1er-6 mars 1998), l’omniprésence de l’Holocauste et le défi lancé par F. Toben concernant le dessin ou la photographie d’une chambre à gaz [1-2], le prof. d’histoire David Hart de l’Université d’Adelaide (David Brockschmidt) [2], des extraits d’une émission télévisée sur la liberté d’expression sur Internet [2-3], des textes révisionnistes envoyés anonymement à des professeurs en Australie dans des enveloppes utilisées il y a quelques années par une organisation officielle [3], une émission de radio ou de télévision au sujet de cette affaire [4-5], une série d’intenses échanges par courrier électronique entre F. Toben et une certaine Joanne Ellem [5-8], une émission de radio avec Jeremy Jones et l’intervention non prévue de F. Toben [8-9], le site Internet de D. Irving et une allusion à un livre de 1912, The Promised Land (Houghton Mifflin), contenant un passage remarquable sur la désinfection à Auschwitz de juifs émigrants au début du siècle [9], une lettre de D. Irving à Robert Jan van Pelt (29 mai 1997) [10-12]. + n° 71, avril 1998, 12 p. Au sommaire : les côtés lumineux et obscurs du « judaïsme » et du « sionisme » (D. Brockschmidt) [1], les progrès du révisionnisme (Germar Rudolf, texte en allemand) [2-3], l’Holocauste, son caractère de « religion » et son exploitation par Israël (Michael A. Hoffman II) [3], l’idéologie mondialiste et les chambres à gaz (Pierre Martin, texte en français) [4], un communiqué de la revue révisionniste allemande Sleipnir [4], quelques considérations sur la société multiraciale australienne (D. Brockschmidt) [5-6], divers articles tirés de la presse australienne [6-8], une lettre d’un prisonnier politique australien (Jack van Tongeren) [8-10], un compte rendu de : Yuri TANAKA, Hidden Horrors : Japanese War Crimes in World War II (Geoffrey Muirden) [10-11], différentes décisions de justice rendues le 2 avril en France, l’affaire Carlos Porter (suite) [11-12], un communiqué d’Ernst Zündel [12], + n° 72, mai 1998, 12 p. Au sommaire : les origines de l’État d’Israël (D. Brockschmidt) [1], le texte d’une conférence de Doug Collins sur la liberté d’expression au Canada [2-4], une victoire judiciaire pour Malcolm Ross au Canada [4-5], l’Australian Civil Liberties Union (ACLU) soutient l’Adelaide Institute [5-6], divers articles de la presse australienne [7], le procès Griffin en Angleterre [7-8], la déclaration du Vatican sur la Shoah vue par un journaliste australien [8-9], deux lettres adressées à des journaux [10], le procès Papon (Robert Faurisson) [11-12]. + n° 73, mai 1998, [8]p. Au sommaire ; le parc national d’Uluru-Kata Tjuta et divers faux artistiques de style aborigène [1-4], quelques photographies commentées du camp d’Auschwitz [5-8]. + n° 74, juin 1998, [8]p. Au sommaire : de nouvelles photographies commentées du camp d’Auschwitz et de Birkenau, + n° 75, juin 1998, 12 p. Au sommaire : une pseudo-affaire d’antisémitisme en Australie [1], une conférence de David Hart sur l’Holocauste [2], un site Internet exterminationniste [2-3], une conférence de Don Dunstan sur la social-démocratie en Australie [3-5], le Centre Wiesenthal et la censure des idées dissidentes (M. A. Hoffman II) [5-7], une lettre de Keith Rex à l’Adelaide Institute [7-9]. le programme nazi d’euthanasie (Geoff. Muirden) [9-10], divers articles de la presse australienne ou anglo-saxonne [10-12]. + n° 76, juillet 1998, 12 p. Au sommaire : la Human Rights and Equal Opportunity Commission (HREOC) (F. Toben) [1-2], la déprogrammation par une chaîne de télévision d’une vidéo révisionniste [2], deux lettres adressées par des révisionnistes à des journaux australiens [3], les suites de la déprogrammation d’une vidéo révisionniste [4-6], une lettre de D. Hart et une réponse de F. Toben [7], divers articles de la presse [8-10], + n° 77, août 1998, 12 p. Au sommaire : les éditions de Mein Kampf en anglais (Ingrid Rimland) [1], des articles de la presse internationale [2, 4-5, 6-7], les Palestiniens et le révisionnisme (Serge Thion) [2-4], les conditions d’accès en Australie (Robert Faurisson) [5], l’attentat d’Oklahoma City [5-6], la Pravda et la « libération » d’Auschwitz (R. Faurisson) [7-8], quelques questions à l’Unesco à propos d’Auschwitz (R. Faurisson, 1er juin 1998) [9-12]. + n° 78, août 1998, 8 p. Au sommaire : un portrait de Robert Faurisson (S. Mundi) [1-2], le texte d’une interview – sans les questions – de R. Faurisson par Bradley Smith en 1984 [2-7]. + n° 79, septembre l998, 12 p. Au sommaire : l’antisémitisme et l’antisionisme, le sionisme et le nazisme (Allan C. Broomfeld) [1-3], un compte rendu de la conférence de l’IHR du 28 mars 1998 (Michael Shermer) [3-5], un extrait du livre de Michael A. Hoffman II sur le procès Zündel de 1985 [5], la situation financière de la Russie [6-7], divers articles de la presse internationale sur les juifs, Israël, la Pologne [7-12]. Adresse : Adelaide Institute, PO Box 3300, Norwood, 5067 Australie. Adresse Internet : http ://www.adam.com.au/fredadin/adins.html. Aucun prix n’est indiqué.

Sleipnir / Zeitschrift für Kultur, Geschichte und Politik, 3e année, n° 6, [novembre-décembre 1997], 52 p. À noter au sommaire de ce numéro : le commencement du récit de la vie d’Ahmed Rami, Marocain révisionniste réfugié en Suède [10-16], l’incarcération en Allemagne d’Udo Walendy (Eduard Peter Koch) [25-31], un entretien avec Hans-Christian Wendt à propos de ses ennuis judiciaires [33-37], diverses recensions ouvrages dont celui de Deborah LIPSTADT, Leugnen des Holocaust (traduction de : Denying the Holocaust) par Anthony O. Oluwatoyin [48-51]. + 4e année, n° 1, [janvier-février 1998], 52 p. Au sommaire : l’interdiction du livre de Vincent Reynouard sur Oradour (AAARGH) [1-3], une étude sur la « classe dirigeante » (Fritz Erik Hoevels) [7-23], le génocide cambodgien (Serge Thion) [23-28], la suite de la traduction d’un chapitre du livre de Roger Garaudy (Les Mythes fondateurs de la politique israélienne), « Le mythe de l’"Holocauste" » [33-38], un article de Pierre Guillaume sur plusieurs affaires révisionnistes en France (tiré de La Vieille Taupe, bulletin confidentiel n° 6, juin 1997) [39-49]. + 4e année, n° 2, [mars-avril] 1998, 52 p. Au sommaire : un article à propos de l’incarcération du révisionniste allemand Udo Walendy (Eduard Peter Koch) [22-30], un résumé de l’affaire Gabor Rittersporn (Serge Thion) [30-38], divers comptes rendus de livres dont celui de Richard Chaim SCHNEIDER, Fetisch Holocaust. Die Judenvernichtung – verdrängt und vermarktet, Kindler Verlag, Munich, 1997 (Andreas Röhler) [50]. Adresse : Verlag der Freunde, Postfach 350264, D-10211 Berlin, Allemagne. Abonnement annuel (6 numéros) : DM 60 (pour l’Allemagne), DM 80 (pour l’étranger). Prix du numéro : DM 12.

Vierteljahreshefte für freie Geschichtsforschung, 2e année, n° 1, mars 1998, 82 p. Au sommaire : la répression antirévisionniste s’amplifie (Herbert Verbeke) [1], la nappe phréatique dans le camp d’Auschwitz-Birkenau (Michael Gärtner & Werner Rademacher) [2-12], les détecteurs de gaz (Gasprüfer) d’Auschwitz (Carlo Mattogno) [13-22], un article d’Ingrid Weckert concernant deux témoignages sur le camp de Dachau (paru initialement dans la revue Sleipnir, 1997, n° 2, p. 14-27) [22-35], l’expertise psychiatrique demandée par un juge berlinois à l’encontre d‘ Andreas Röhler, responsable de la revue Sleipnir (Peter Töpfer) [35-36], quelques remarques sur les statistiques démographiques de la population juive (Jozef Pawlikowski) [36-37], l’Australien Donald Watt, auteur d’un faux récit de déportation à Auschwitz (article traduit d’un journal australien des 29-30 mars 1997) [38-41], Maurice Papon et Yves Jouffa (Robert Faurisson) [43-44], le « milliard des juifs » (R. Faurisson) [44], les conséquences de la publication d’un livre sur le Mossad (Victor Ostrovsky) [45-48], la généralisation de la censure contre les ouvrages révisionnistes (Richard Widmann) [48-52], l’auteur John Sack interdit de conférence à l’Holocaust Museum (Richard H. Curtiss) [52-54], diverses notices courtes sur des points spécifiques (Michael Gärtner, Andreas Niepel, Werner Rademacher, Wolfgang Meier, Franz Schumacher) [54-56], des recensions des ouvrages suivants : Wolfgang de BOOR, Wahn und Wirklichkeit. Psychiatrische Grenzfälle vor Gericht (Andreas Röhler) [56-58], des extraits commentés de l’ouvrage recensé précédemment (R. Kammerer) [58-60], Joachim F. WEBER (s.d.), Armee im Kreuzfeuer et Franz. W. SEIDLER (s.d.), Verbrechen an der Wehrmacht (Ernst Gauss) [60-63], Efraim ZUROFF, Beruf: Nazijäger. Die Suche mit dem langen Atem : Die Jagd nach den Tätern des Volkermordes (Ilse Schirmer-Vowinckel) [63-68], Florian FREUND, Bertrand PERZ, Karl STUHLPFARRER, « Historische Überreste von Tötungseinrichtungen im KZ Mauthausen » et « Dokumentation. Der Bericht des US-Geheimagenten Jack H. Taylor über das Konzentrationslager Mauthausen », Zeitgeschichte [Vienne], 22e année, 1995 (Ilse Schirmer-Vowinckel) [68-69], le courrier des lecteurs (Jozef Pawlikowski, Samuel Crowell, T. Pedersen, Hans Wahls, etc.) [70-75], 51 nouvelles diverses [75-82]. + 2e année, n° 2, juin 1998, 80 p. [Numéro paginé de 83 à 164.] Au sommaire : un appel à soutenir la revue sur le plan financier et intellectuel (Werner Rademacher & Germar Rudolf) [83-86], les installations de désinfection à ondes courtes dans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau (Hans Jürgen Nowak) [87-105], les « chambres à gaz » de Majdanek (Carlo Mattogno, extrait de l’ouvrage écrit par ce dernier avec Jürgen Graf, KL Majdanek. Eine historische und technische Studie, Castle Hill Publisher, Hastings, 1998) [106-119], une nouvelle analyse de l’ouvrage antirévisionniste de Markus TIEDEMANN, « In Auschwitz wurde niemand vergast. » 60 rechts-radikale Lügen und wie man sie widerlegt (Verlag an der Ruhr, Mülheim, 1996) (Knud Bäcker) [120-129], la destruction des crématoires par les Allemands à Birkenau (Andrew Allen) [130], le « détail » ou la place des chambres à gaz dans les livres d’histoire (Robert Faurisson) [131], la « chambre à gaz » d’Auschwitz I (R. Faurisson) [132], une courte note sur les réparations par l’Allemagne (anonyme) [133-135], le mythe de l’extermination des homosexuels sous le IIIe Reich (Jack Wikoff, tiré du bulletin révisionniste américain Remarks, n° 22, avril 1997) [135-139], une émission de la chaîne de télévision Arte sur Baldur von Schirach (Günter Kaufmann) [140-141], un entretien avec Hans Wahls, auteur entre autres d’une étude sur l’authenticité du « procès-verbal de Wannsee » [141-144], les raisons de la confiscation de l’ouvrage de Germar Rudolf, Kardinalfrage zur Zeitgeschichte (Ernst Gauss) [144-145], quelques points d’histoire (la Sonderbehandlung, le Kalendarium de Danuta Czech, le CICR, le prof. Jagschitz, etc.) (Michael Gärtner, Andreas Niepel, Werner Rademacher, Wolfgang Meier, Franz Schumacher) [146-148], des recensions des ouvrages ou écrits suivants : Wolfgang AYASS & Dietfrid KRAUSE-VILMAR, Mit Argumenten gegen die Holocaust-Leugnung. Die Leugnung der national-sozialistischen Massenmorde als Herausforderung für Wissenschaft und politische Bildung [148-152], Berndt KRAUTHOFF, Ich befehle. Kampf und Tragödie des Barons Ungern-Sternberg [152-153], Edwin BLACK, The Transfer Agreement. The Untold Story of the Secret Agreement between the Third Reich and Jewish Palestine (Barry Chamish) [153-154], Tom SEGEV, The Seventh Million (John Small) [155-156], le film Conspiracy Theory (Michael A. Hoffman II) [156-157], le courrier des lecteurs [158-161], 29 nouvelles diverses [161-164]. Adresse : Stiftung Vrij Historisch Onderzoek, Postbus 60, B-2600 Berchem 2, Belgique. Rédaction : Castle Hill Publisher, PO Box 118, Hastings TN34 3ZQ, Grande-Bretagne. Adresse Internet : http://www.vho.org/VffG/index.html. Abonnement annuel (4 numéros) : DM 100. Prix du numéro : DM 30.

Yad Vashem Studies, vol. XXVI, 1998, 470 p. Au sommaire : l’Holocauste selon le procès des grands criminels de guerre à Nuremberg, 1945-1946 (Michael R. Marrus) [5-41], une étude de la violence antisémite – des centaines de morts – qui eut lieu en Pologne depuis la retraite des Allemands en 1944 jusqu’en 1946 (David Engel) [43-85], une comparaison entre les journaux et les mémoires comme source historique, qui s’appuie sur le journal et les mémoires du rabbin Yehoshua Moshe Aharonson, interné dans le camp de travail de Konin, en Pologne (Esther Farbstein) [87-128], un article sur le dilemme qui s’est posé à partir de 1933 dans les cercles juifs entre le boycott à l’économie allemande et l’accord avec les autorités nazies pour permettre l’émigration de juifs en Palestine (Yfaat Weiss) [129-171], les bénéficiaires de l’« aryanisation » de biens juifs dans la ville de Hambourg (Frank Bajohr) [173-201], l’escalade de la politique antijuive d’Allemagne et de Roumanie après l’attaque de l’Union soviétique (Anfred Angrick) [203-238], l’assassinat de juifs dans la région de Stanislawow (Galicie) par un détachement de la police des frontières allemande (Grenzpolizei) dirigé par le capitaine Hans Krüger (Dieter Pohl) [239-264], la reproduction et le commentaire de 16 planches de photos se rapportant à 1’Holocauste prises par des photographes non professionnels (soldats, policiers, civils, etc.) (Judith Levin & Daniel Uziel) [265-293], une série d’articles de critique du célèbre livre Hitler’s Willing Executioners : Ordinary Gennans and the Holocaust, de Daniel Jonah GOLDHAGEN (Avraham Barkai [295- 328], Yisrael Gutman [329-364], Götz Aly [365-375] et Raul Hilberg [377-386]), et enfin une critique de livres : Nadzieja i Zaglada. Ignacy Schwarzbart zydowski przedstawieciel w Radzie Narodowej RP (1940-1945) (Espérance et extermination : Ignacy Schwarzbart, représentant juif dans le Conseil National de la République polonaise), de Dariusz STOLA (Shmuel Krakowski) [387-402], For Our Freedom and Yours : The Jewish Labor Bund in Poland 1939-1949, de Daniel BLATMAN (Matitiahu Minc) [403-418], War, Holocaust and Stalinism : A Documented Study of the Jewish Anti-Fascist Committee in the USSR, de Shimon REDLICH (Theodore H. Friedgut) [419-431], Major Changes Within the Jewish People in the Wake of the Holocaust, Proceedings of the Ninth Yad Vashem International Historical Conference (Henry L. Feingold) [433-447] et BEST : Biographische Studien über Radikalismus, Weltanschauung und Vernunft, 1903-1989, de Ulrich HERBERT (Leni Yahil) [449-468]. Adresse : Yad Vashem, The Holocaust Martyrs’ and Heroes’ Remembrance Authority, Har Hazikaron, POB 3477, 91034 Jérusalem, Israël. Abonnement (irrégulier, un seul numéro) : US$35 [Enrique Aynat].

Les Cahiers d’histoire sociale, n° 10, printemps 1998, 208 p. Au sommaire : une série d’hommages rendus à Branko Lazitch, spécialiste du communisme et collaborateur de l’Institut d’histoire sociale, décédé en janvier 1998 (Jean-François Revel, Morvan Duhamel, Claude Harmel, Alain Besançon, Pierre Rigoulot, Christian Jelen, Stephen Launay) [7-35], la question de la comparaison en histoire avec l’exemple du communisme et du nazisme (Jean-Michel Blanquer) [37-41], le bilan chiffré du nombre des victimes du communisme proposé par Le Livre noir du communisme (Benoît Villiers) [43-51], la violence, trait dominant du communisme russo-soviétique (Laurent Migairou) [53-58], la comparaison entre communisme et nazisme où il est notamment question de l’ « hypermnésie » de tout ce qui touche, de près ou de loin, au nazisme (Pierre Rigoulot) [59-70], la pathologie criminelle commune aux différents régimes communistes (Iiios Yannakakis) [71-74], Bertrand de Jouvenel, précurseur de la critique du totalitarisme (Stephen Launay) [75-86], des comptes rendus de : Per AHLMARK, Det öppna saret [La Plaie ouverte] (Morvan Duhamel) [87-89], Jacques ROSSI, Le Manuel du Goulag (Pierre Rigoulot) [91-96], Boris SOUVARINE, Chroniques du mensonge communiste (Stephen Launay) [97-104], Jasper BECKER, La Famine en Corée du Nord (P. Rigoulot) [105-110], Yves SANTAMARIA, Le Pacte germano-soviétique (Agnès de la Rochère) [111-114], un tour d’horizon de l’accueil reçu par Le Livre noir du cornmunisrne dans la presse française (Benoît Villiers) [115-124], les origines de la CGT-FO (suite) (Claude Harmel) [125-149], les Mémoires d’Albert Vassart (fin) [151-193], quelques falsifications dans un film d’Yves Boisset sur l’affaire Dreyfus (Cl. Harmel) [195-199]. Adresse ; Institut d’histoire sociale, 4, avenue Benoît-Frachon, 92023 Nanterre cedex. Abonnement (4 numéros) ; 250 F (France), 300 F (étranger). Prix du numéro : 80 F.

Cahier international sur le témoignage audiovisuel = International Journal on Audio-Visual Testimony, n° 1, juin 1998, 187 p. Il s’agit d’une nouvelle revue éditée par le Centre d’Études et de Documentation-Fondation Auschwitz de Bruxelles avec l’aide de l’Union Européenne et du ministère [wallon] de l’Éducation. Elle est consacrée « exclusivement à l’étude du témoignage audiovisuel des victimes des crimes et génocides nazis ». Son comité de rédaction est composée des chercheurs qui, de par le monde, se sont spécialisés dans ce domaine (notamment au sein du pionnier Fortunoff Video Archive for Holocaust Testimonies de la Yale University). Si l’on excepte quelques trop rares éléments factuels, les communications de tous ces chercheurs sont très théoriques. Citons quelques exemples : « Mémoires de l’injustifiable – Le cri du pourquoi » par Josette Zarka (prof. ém. de psychologie à l’Université de Paris X, Nanterre) ou encore : « The Utilisation of Audio-Visual Testimonies by Holocaust Survivors for Educational Purposes at Primary, Secondary and Tertiary Levels in England » par Alberta Gotthard-Strage (« Founding Chairman » de la British Video Archive for Holocaust Testimonies). Adresse : Fondation Auschwitz, 65, rue des Tanneurs, B-1000 Bruxelles, Belgique). Abonnement annuel (2 numéros) ; 1230 FB, 200 FF, £ 20 ou DM 60 (Europe) ; 1340 FB ou $ 34 (ailleurs). [Jean-Marie Boisdefeu].

Cahiers d’histoire du temps présent, n° 3, novembre 1997, 413 p. Numéro consacré pour l’essentiel aux nationalismes en Belgique, Flandre et Wallonie. La rubrique « Beeld/Image » contient un article en néerlandais de Gie van den Berghe, « Beeld van een jongetje. Een signalement » [321-343]. Il s’agit d’une analyse de la célèbre photo du garçon du ghetto de Varsovie. Cette photo est extraite d’un album d’une cinquantaine de photos qui était annexé au rapport que Stroop rédigea au terme de la liquidation du ghetto de Varsovie, laquelle se déroula entre le 19 avril 1943 et le 16 mai 1943. Elle est accompagnée de la légende « Mit Gewalt aus Bunkern hervorgeholt » (« Évacuation manu militari des juifs de leurs bunkers »). Le rapport de Stroop est daté du 16 mai 1943 et a été rédigé en 3 exemplaires (un pour Himmler, un pour Krüger, le supérieur immédiat de Stroop, et un troisième pour Stroop lui-même). Les photos ont été choisies par Stroop dans deux séries de photos prises par le SD (Sicherheitdienst, le service de sécurité, qui participa à la liquidation) et la SS (plus précisément par Franz Konrad, lequel fut condamné à mort avec Stroop et d’autres à Varsovie en 1951). On ne sait pas avec certitude quand Stroop a transmis son rapport mais, en revanche, on sait que Krüger l’a transmis à Himmler le 2 juin 1943. Plusieurs personnes ont prétendu être le garçon de la photo, le dernier en date étant Tsvi Nussbaum. Celui-ci est né en Palestine en 1935 et avait donc 9 ans au moment des faits. Fin 1939, il est revenu en Pologne, à Sandomierz, en compagnie de ses parents. Ceux-ci moururent au début des années 1940. En septembre ou octobre 1942, juste avant la liquidation du ghetto de Sandomierz, le jeune Tsvi rejoignit à Varsovie un oncle et une tante qui y vivaient clandestinement dans le secteur aryen. Finalement, ils se retrouvèrent tous trois à l’hôtel Polski, lequel était également situé dans le secteur aryen. Un certain nombre de juifs polonais étaient porteurs de passeports délivrés par des pays neutres (États sud-américains et Palestine notamment) et leur sort était en suspens. Il faisait l’objet de négociations à Berlin, notamment entre le ministère des Affaires étrangères et les pays émetteurs des passeports. Quelque 300 d’entre eux (dont, nous venons de le dire, Tsvi et ses oncle et tante) avaient été rassemblés à l’hôtel Polski. Destinés à être échangés contre des citoyens allemands internés en Palestine par les Anglais, ils furent envoyés à Bergen-Belsen. Finalement, Tsvi et ses oncle et tante partirent pour la Palestine (puis pour les États-Unis), mais après la guerre. Tsvi Nussbaum est formel : il se reconnaît sur la photo au moment de son départ pour Bergen-Belsen. Il se souvient très bien de la scène, affirme-t-il, précisant même qu’elle eut lieu le 13 juillet 1943. Or, à cette date, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, le rapport de Stroop avait déjà été rédigé et transmis depuis longtemps à Himmler via Krüger. La photo ne peut donc être postérieure à cette date et doit même probablement être antérieure au 16 mai 1943. Autre précision apportée par Tsvi : il n’a jamais été interné dans le ghetto (effectivement, avons-nous dit, l’hôtel Polski est situé dans le secteur aryen de Varsovie). Se pourrait-il que Stroop ait inséré dans son album une photo sans rapport avec la liquidation du ghetto ? C’est difficile à croire. On notera encore que dans un film documentaire récent consacré à cette photo et qui accrédite la thèse de l’identification du garçon à Tsvi Nussbaum, les images de l’hôtel Polski ne correspondent pas à ce que montre – avec parcimonie, il est vrai – la photo. Gie van den Berghe examine encore d’autres points mais, sur la base de ceux que nous venons de résumer ci-dessus, on peut sérieusement douter que le garçon de la photo soit Tsvi Nussbaum. On ne peut donc plus affirmer pour le moment que ce garçon, dont on a fait le symbole émouvant de l’Holocauste, a survécu à sa déportation, affirmation qui était, bien entendu, fort dérangeante pour certains. Ajoutons, pour finir, que la chaîne de télévision franco-allemande Arte a diffusé le 20 mai 1998, dans la série « Les l00 photos du siècle » un reportage sur ce problème intitulé « L’enfant du ghetto, 1943 ». Le Figaro-Magazine du 23 mai 1998 y fait écho (comme il le fait à chacune des émissions de cette série) sous la plume de Marie-Monique Robin, journaliste de l’agence CAPA et responsable de la série. L’émission relève, elle aussi, un certain nombre de faits contraires à la thèse Nussbaum mais, curieusement, pas le fait qu’il existe un problème de dates insurmontable. Israël Gutman, qui est brièvement interviewé, pense qu’on ne connaîtra jamais l’identité du garçon et semble d’ailleurs s’en réjouir. Globalement, cette émission apparaît comme plutôt favorable aux prétentions de Tsvi Nussbaum. Adresse : CEGES, Résidence Palace, Bloc E, rue de la Loi, 155, Bte 2, B-1040 Bruxelles, Belgique. Abonnement (2 numéros) : 1200 FB (Belgique) ; 1400 FB (Europe) ; 1500 FB (hors d’Europe). [Jean-Marie Boisdefeu].

De Gaulle et le génocide des juifs. Le général était-il « révisionniste » ? Voir le sommaire de ce n° 3 d’Akribeia.

Enquêtes Z / Magazine d’investigation et de démystification / Paranormal, mystères et art du doute, n° 11, [juillet 1998], 28 p. Au sommaire : un réexamen d’une affaire de « poltergeist » (bruits mystérieux entendus dans une maison) à Vailhauquès (Hérault) en 1988, l’intervention d’Yves Lignon et de son « laboratoire de parapsychologie » à ce sujet, l’explication la plus probable du phénomène, la polémique entre Y. Lignon et le Cercle zététique (Laurent Puech) [2-16], les phénomènes de type poltergeist et leurs différentes explications généralement avancées (psychologiques, biophysiques, psychiatriques, physiques) (François Deumier) [17-19], les déviations de générateurs d’événements aléatoires (F. Deumier) [20-22], la datation du linceul de Turin (Henri Broch) [23-26], Marthe Robin et le phénomène de l’ « inédie » (Jean Gunther) [27-28]. Adresse : Cercle zététique, 12, rue David-Dietz, 57000 Metz. Abonnement (5 numéros) : 200 F. Prix du numéro : 50 F. Adresse Internet : http://www.zetetique./dh/org.

Letters to Ambrose Merton / A Quarterly Folklore Miscellany, n° 13, mars 1998, 32 p. Au sommaire : le mythe du suicide collectif des lemmings (Sandy Hobbs) [1-3], le récit d’une visite (fictive) de Ian Paisley dans un hôpital de Glasgow [4-5], des extraits (« authentiques ») de lettres adressées au Conseil municipal de Cardiff (Mecca Chiesa) [6-7], une chain letter à propos du cancer sur Internet [7-8], pourquoi la bière est meilleure que la religion (sur Internet) [9], une chain letter pour adolescentes [10], de nouveaux éléments sur la tooth fairy (David Cornwell & Sandy Hobbs) [11-13], une liste d’ouvrages et d’articles se rapportant à la tooth fairy (Paul Smith) [14-18], divers extraits de la presse anglo-saxonne relatifs au « folklore contemporain » [19-29]. + n° 14, juin 1998, 32 p. Au sommaire : l’éditorial qui rappelle l’objet de la revue et le genre de choses (le « folklore » selon une définition très large) auxquelles elle s’intéresse et qu’elle publie (Sandy Hobbs & David Cornwell) [1-2], des perles de nature scientifique trouvées dans des copies d’élèves de 6e (ou équivalent) [2-4], le procès d’Helen Duncan, « la dernière sorcière » (Brian McConnell) [5-6], une blague racontée par des médecins [6], l’origine possible du terme anglais « foo » (présent dans l’expression ufologique « foo fighter », nom également d’un groupe de rock) (Bill Scott) [7-10), trois preuves selon lesquelles Jésus était juif, irlandais, portoricain, italien, noir, californien (Lois Hobbs) [10-11], un virus informatique [11-12], un trafic de reins volés [12-13], la réponse d’un musée à un envoi farfelu [13-15], la Bible racontée et résumée par un étudiant [16-17], la créativité langagière des enfants [17-19], plusieurs exemples de chain letter [19-27], des publications récentes (Abduction Watch, Bizarre, Skeptical Inquirer) [30-32]. Adresse : David Cornwell, Psychology Section, Department of Educational Studies, University of Strathclyde, Jordanhill Campus, 76 Southbrae Drive, Glasgow, G13 1PP, Grande-Bretagne. Abonnement annuel : £. 7,50.

Magonia/Interpreting Contemporary Vision and Belief, n° 63, mai 1998, 20 p. Au sommaire : l’éditorial où il est notamment question de ce qu’un auteur appelle le syndrome de Caraboo, qui est plus ou moins synonyme de mythomanie (Peter Rogerson) [2], une série de considérations autour de la notion de « religion ufologique » (Peter Brookesmith) [3-10], la « psychopathologie du mythe de la soucoupe volante nazie » (David Sivier) [11-14], le courrier des lecteurs [14], de nombreux recueils d’ouvrages relatifs aux ovnis et à divers sujets annexes [15-18]. + n° 64, août 1998, 20 p. Au sommaire : les réactions des milieux chrétiens concernant la publication des ouvrages d’Erich von Däniken (sur la visite d’extra-terrestres dans l’Antiquité) dans les années 1970 (Gareth Medway) [3-7], une réponse à Peter Brookesmith (David Sivier) [8-13], un hommage à l’ufologue Ralph Noyes (Dennis Stacy) [14], une série de comptes rendus [15-19]. Adresse : John Rimmer, John Dee Cottage, 5 James Terrace, Mortlake Churchyard, London, SW14 8HB, Grande-Bretagne. L’abonnement annuel (Europe, 4 numéros) est de £ 6. Il est possible pour le lecteur français d’envoyer de l’argent français à raison de 10 F pour £ 1.


Source: Akribeia, n° 3, octobre 1998, p.209-245


Akribeia
Directeur: Jean Plantin, 45/3, route de Vourles, F-69230 Saint-Genis-Laval

Prix des n° 1 et 2 : 220 FF fco ; du n° 3 : 130 FF fco.


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