AAARGH

| Accueil général | Accueil français |

*****

 

VHO France informations, No 17-18, 26 juillet 1999, p. 1-22 (documents non reproduits ici)


QUAND BIG BROTHER EST ROI

L'AFFAIRE JEAN-LOUIS BERGER

PROFESSEUR CERTIFIE DE LETTRES CLASSIQUES ACTUELLEMENT SUSPENDU POUR REVISIONNISME

Dans le supplément à notre dernier numéro, nous avons brièvement évoqué le cas de Jean-Louis Berger, professeur de français au collège "La Paraison" (à Lemberg, Moselle), suspendu de ses fonctions depuis le 31 mai dernier pour avoir tenu des propos révisionnistes à ses élèves. De nouvelles informations nous sont parvenues depuis.. Celles-ci illustrent l'emprise toujours croissante de Big Brother sur l'Education nationale, un milieu où la volonté d'embrigadement des élèves est maintenant exprimée dans des circulaires ministérielles et où des méthodes staliniennes sont utilisées afin de débusquer les professeurs politiquement incorrects.

L'équipe du V.H.O. France Informations


PRESENTATION TENDANCIEUSE DES FAITS

Utilisation abusive de pluriels

Dans l'affaire qui se déroule au collège "La Paraison", les autorités cherchent à faire croire qu'une majorité des parents d'élèves de troisième qui avaient J.-L. Berger comme professeur se sont plaints de l'enseignant. Ainsi, dans son "Rapport concernant M. Berger Jean-Louis", le principal du collège, J.-M. Fischer, n'apporte aucune précision d'ordre quantitatif mais utilise des pluriels qui suggèrent le nombre. Après avoir évoqué " la démarche individuelle de parents d'élèves", il écrit: "Les parents d'élèves se sont dits très choqués par les informations rapportées par les enfants". Dans sa conclusion, enfin, on lit: "La plainte des parents d'élèves est fondée" (1)

Or, lorsqu'il présente la genèse de l'affaire, M. Fischer ne mentionne qu'une intervention d'un seul parent d'élève. Sous le titre: "La présentation des faits par M. Berger", on lit:


Alerté le mercredi 31 mars 1999 à 8 heures par la visite du premier parent d'élève, j'ai écouté M. Berger de 8 h 30 à 9 h après l'avoir informé de l'émotion de cette première famille en suite à son cours du mardi 30 mars 1999( [Ibid., p. 1].

Dans la suite du document, on ne trouve nulle mention d'un autre parent d'élève qui aurait entrepris une démarche auprès du principal. Par conséquent, celui-ci n'est nullement en droit d'évoquer les "parents d'élèves [...] choqués"; l'utilisation d'une telle formule est uniquement destinée à impressionner.

Un dossier qui ne contient que deux lettres de parents

Certains pourront nous répondre que J.M. Fischer n'a pas cru bon de mentionner toutes les plaintes qu'il a reçues, mais que celles-ci sont conservées dans le dossier établi par le Rectorat. Or, la liste des pièces contenues dans ce dossier permet de réfuter cet argument.

Trois lettres de parents y figurent (pièces IV-1, IV-2 et IV-8). Sachant que les deux premières (celles des 7 et 26 avril) ont été écrites par la même personne (l'écriture est la même), on en déduit que deux parents, seulement, ont jugé bon de prévenir les autorités.

Une plainte suscitée pour faire nombre

Les deux lettres de dénonciation, en outre, suscitent de nombreuses remarques. La deuxième date du 28 mai, soit près de deux mois après le début de l'affaire (2). Son auteur, qui s'adresse au recteur d'académie, écrit:

 

Après que son fils lui ait parlé, le parent de l'élève aurait attendu près de deux mois pour signaler au recteur les propos prêtés à J.-L. Berger. Outre qu'un si long laps de temps entre l'arrivée de l'information et la décision de se plaindre paraît suspect, il faut savoir que le 28 mai, l'affaire avait publiquement éclaté depuis de nombreuses semaines; il y avait donc bien longtemps que le principal du collège et le recteur connaissaient les propos prêtés à J.-L. Berger. Par conséquent, la lettre du parent d'élève était sans objet. On en déduit qu'il s'agit d'une plainte suscitée afin de faire nombre.

Un dénonciateur qui parle abusivement au nom des parents...

La première lettre, quant à elle, date du 7 avril 1999. Son auteur, dont l'identité a été rayée pour les même raisons que précédemment, s'adresse au principal du collège (3). Il débute sa missive en écrivant: "Je tiens à porter à votre connaissance en vous joignant la copie de la lettre que j'ai envoyée à l'inspection académique de Metz, un fait qui s'est produit au collège "la Paraison" de Lemberg". La procédure suivie ici surprend. Lorsqu'un parent d'élève désire se plaindre d'un professeur, il s'adresse non pas à l'inspection académique mais au principal de l'établissement. Le fait que l'auteur de la lettre se soit tout d'abord adressé à l'Inspecteur indique qu'il ne s'agit pas d'un simple parent d'élève, mais d'une personne qui connaît bien les rouages de l'Education nationale, c'est-à-dire soit d'un enseignant, soit d'un responsable d'un syndicat.

Dans un second paragraphe, l'auteur écrit: "Si j'agis ainsi [...] c'est parce ce que nous, parents, attendons des autorités compétentes une sanction rapide et exemplaire, à la mesure de la gravité des propos tenus [par J.-L. Berger]". La formule utilisée est claire: l'auteur de la missive prétend parler au nom de tous les parents d'élèves. Plus loin, d'ailleurs, il récidive lorsqu'il écrit: "Lorsqu'une personne [...] profite de son statut d'enseignant pour inculquer à nos enfants les thèses révisionnistes, nous sommes, je pense, en droit d'intervenir auprès de vous"(4). Or, rien, dans la lettre, ne prouve qu'il a reçu un mandat des autres parents, bien au contraire: la missive n'est contresignée par personne. Une nouvelle fois, donc, les expressions utilisées ici sont destinées à impressionner.

...et qui est aveuglé par sa haine idéologique

De plus, soulignons que le dénonciateur rendu anonyme ne se contente pas, comme c'est l'usage, d'alerter les autorités; non, ce qu'il réclame, c'est "une sanction rapide et exemplaire", sans même accorder à J.-L Berger le droit de s'expliquer et de se défendre. Curieuse conception de la justice.

Mais il est vrai que l'auteur de la lettre ne cache pas ses motivations idéologiques. Dans sa plainte, il rappelle -- ce qui est hors propos -- que J.-L.. Berger est "militant du Front National" et qu'il "se présent[e] régulièrement aux élections dans [la] région" (5)

Fausses accusations en rafale

Aveuglé par sa haine idéologique, le dénonciateur n'hésite pas à recourir aux fausses accusations afin de noircir le professeur "politiquement incorrect". Dans sa lettre du 7 avril, il avait écrit que: "selon certaines personnes, M. Berger n'en [était] pas à sa première prestation de ce genre". Plus tard, il ira plus loin et prétendra rapporter des faits précis. Dans une missive adressée le 26 avril à l'Inspection d'académie, il écrit:

Ce texte présente J.-L. Berger comme un militant fanatique, distribuant des tracts dans les lycées, proposant du matériel FN en cours et exposant régulièrement les thèses révisionnistes à ses élèves.

Dans un premier temps, on pourra se demander comment un tel prosélyte n'aurait pas depuis longtemps été sanctionné. Cette première interrogation ébranle la crédibilité des accusations portées. Ensuite, on remarquera le flou entretenu autour des informateurs ("plusieurs personnes (dont des professeurs)", "une maman", "un autre élève") ainsi que la tournure conditionnelle: "M Berger serait parti". A supposer que la version des faits rapportés soit conforme à la vérité, le dénonciateur aurait été beaucoup plus catégorique et beaucoup plus précis.

Interrogé, J.-L. Berger n'a eu aucun mal à rétablir la vérité sur toutes ces accusations:

1) Celui-ci n'a pas quitté le LEP de Bitche suite à une distribution de tract FN. Le dénonciateur a, volontairement ou non, mélangé deux faits. En 1991-1992, J.-L. Berger a enseigné dans cet établissement en tant que maître auxiliaire. Aucun incident n'a été déploré pendant cette année scolaire, ni distribution de tracts, ni autre initiative à caractère politique. A la fin de l'année, J.-L. Berger est parti en vacances normalement, avec les autres enseignants. Il n'a pas été repris l'année suivante, très probablement parce qu'un professeur titulaire occupait désormais le poste. Un an plus tard, en 1993, toujours à Bitche, J.-L. Berger a distribué des tracts FN sur le parking du collège Kieffer, en les glissant sous les essuie-glace des voitures qui étaient garées. Le parking, précisons-le, était situé à l'extérieur de l'établissement. Le principal du collège, qui le connaissait, est alors sorti et lui a demandé d'arrêter sa distribution au motif que de tels agissements étaient interdits aux alentours immédiats des établissements scolaires (7). L'enseignant a obtempéré et s'est retiré sans provoquer d'incident. Cette affaire n'a eu aucune suite.
2) Aucune parente d'élève n'est venue voir J.-L.. Berger pour lui demander des explications suite à des propos révisionnistes qu'il aurait tenus en cours. L'enseignant suspendu qualifie cette anecdote d'"affabulation complète".
3) Jamais J.-L. Berger n'a proposé et/ou vendu du matériel FN en cours. En vérité, l'affaire des porte-clefs est vieille de plus de dix ans. A l'époque, quelques élèves de J.-L. Berger, qui connaissaient ses opinions politiques puisqu'il s'était présenté aux élections sous l'étiquette FN, lui avaient demandé s'il vendait du matériel du parti de J.-M. Le Pen. Bien qu'ayant répondu positivement, le professeur avait pris soin de ne rien apporter en cours. Il s'était contenté de vendre des porte-clefs aux intéressés -- sans les montrer à d'autres élèves -- dans la cour de l'école; le produit de la vente fut ensuite reversé au parti de J.-M. Le Pen. Aujourd'hui, J.-L.. Berger admet qu'il s'est agi d'une erreur et qu'il aurait dû vendre les objets à l'extérieur de l'établissement scolaire. Mais on notera une fois de plus qu'à l'époque, l'affaire n'avait eu aucune suite.

Nous sommes donc loin de l'image donnée par le dénonciateur dans sa lettre du 26 avril.

De tous ces éléments, on conclut que, dans cette affaire, seules trois personnes ont jugé nécessaire de se plaindre. Sachant que J.-L. Berger enseignait à quarante-huit élèves de troisième, c'est donc 6% des parents d'élèves qui ont réagi à ses propos.

De plus, on notera que, sur ces trois personnes, une -- l'auteur de la dénonciation en date du 28 mai -- a agi très tardivement, de façon télécommandée, probablement pour faire nombre, ce qui enlève toute valeur à sa plainte; une autre a agi pour des motifs idéologiques, ne reculant pas devant les fausses accusations afin de noircir l'enseignant "politiquement incorrect", ce qui amoindrit considérablement sa démarche. Quant à la troisième personne, celle qui est venu voir le principal du collège le 31 mars au matin, on ignore totalement ce qu'elle a dit.

Par conséquent, les autorités abusent lorsqu'elles osent parler de "la plainte des parents d'élèves".

Des élèves transformés en délateurs anonymes

Malgré la faiblesse des éléments de départ, le principal du collège a décidé de débuter une enquête. Après avoir entendu J.-L. Berger, il a profité de l'absence de ce dernier pour, sans le prévenir, interroger ses élèves de troisième. Dans son rapport déjà cité, il écrit:

Ce compte rendu appelle une remarque: on peut comprendre que, soucieux de ne pas mettre les élèves dans une position délicate, le principal du collège ait choisi de recueillir leur témoignage en l'absence du professeur concerné. Mais la demande de témoignages anonymes est extrêmement inquiétante: J.-M. Fischer aurait dû s'adresser aux élèves en disant: "Dans le cadre d'une enquête que je mène, je vous demande de rapporter les propos tenus devant vous par votre professeur de français le 30 mars dernier. Sa carrière étant en jeu, c'est une grande responsabilité qui vous incombe et je souhaite que vous me rapportiez uniquement ce dont vous vous souvenez ou ce dont vous êtes certain. Je vous préviens qu'en cas de mensonge ou d'exagération manifeste, vous aurez à rendre des comptes. C'est pourquoi je vous demande de bien vouloir noter votre nom en haut de votre feuille, sachant qu'en aucun cas votre témoignage ne sera montré au professeur concerné". Le fait que le principal n'ait pas agi ainsi et qu'il ait, au contraire, demandé des témoignages anonymes démontre non seulement que les autorités de l'Education nationale vivent dans un climat de délation permanente, mais aussi qu'elles estiment ce climat normal au point d'y faire participer les élèves.

Quoi qu'il en soit, l'étude des témoignages récoltés est intéressante, pour plusieurs raisons.

Les leçons tirées de l'étude des témoignages d'élèves.

Tout d'abord, elle permet d'appréhender la chute du niveau scolaire des élèves, au moins en français. Il y a cinquante ans encore, des élèves de quatrième et de troisième étaient capables de rédiger correctement des textes, dans un style et avec une orthographe acceptables (8). Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Dans les témoignages récoltés, on lit des phrases du genre (l'orthographe et le style ont été scrupuleusement respectés, il en est de même dans les paragraphes suivants): "...les douches à gaz seraient à ôter les poux et les puces... (9); "Il a dit que les juifs ont allumé le Reichstag [...]" (pièce IV-4 f);" Il dit que les professeurs d'histoire nous raconte des mensonges, mais qu'ils sont car c'est dans le programme" (pièce IV-4 e); "[...] il nous a montré 2 articles de journaux: -- l'on montrai de cadavres (une sorte de charnière) et l'article disais que c'était un camp d'extermination de Hitler." (pièce IV-4 k).

"Il nous a dit que Hitler n'existait pas vraiment"

Plus grave, certains témoignages contiennent des allégations si farfelues qu'ils démontrent uniquement l'incapacité de leurs auteurs à comprendre ce que dit le professeur. D'après un élève, ainsi, J.-L.. Berger aurait déclaré que "les chambres à gazs étaient [faites] pour nettoyer les poux" et que les "fours crématoires n'avaient pas été conçu dans le but d'incinérer les gens, mais a brûler les habits, les déchets" (pièce IV-4 d). Selon un autre: "Il a aussi raconté qu'à Auschwitz, il y a quelques années, on disait qu'il y avait eu 6000 mort, et que aujourd'hui il y en aurait juste encore 1000" (pièce IV-4 l) Ailleurs, on lit que J.-L.. Berger "a découvert que les camps de concentration n'ont pas existé enfin pas tous" (pièce IV-4 h), la palme revenant à cet élève qui écrit: "Il nous a dit aussi [...] que Hitler n'existait pas vraiment" (pièce IV-4 j).

Malgré cette incapacité à comprendre les discours tenus, certains élèves sont persuadés d'avoir un esprit critique très aiguisé. Par exemple, celui qui parle des 1000 morts à Auschwitz écrit:


Avec des élèves si imperméables à la propagande, les autorités n'ont rien à craindre.
"il était pour Hitler" dit l'un, non: "il n"était pas de son côté", dit l'autre.

D'autres élèves, quant à eux, ont manifestement interprété les propos du professeur actuellement suspendu. L'exemple le plus flagrant peut être relevé dans les pièces IV-4 g et IV-4 h. Un élève écrit:

Or, voici ce que l'ont peut lire dans le deuxième témoignage: "Il nous a juste dit que Hitler n'était pas le seul responsable de la guerre et qu'il n'était pas de son côté [...]". Cette contradiction démontre que l'un parmi les deux élèves a interprété les propos du professeur et ne les a pas fidèlement rapportés.

La partialité manifeste des autorités

Seuls un quart des témoignages d'élèves recueillis figurent au dossier

Avant d'aller plus loin, on notera que sur les 48 témoignages recueillis, seuls 12 figurent dans le dossier (pièces IV-4 d à IV-4 o), soit un quart exactement. Or rien ne vient expliquer pourquoi les autres ont été écartés; en particulier, aucun critère de sélection n'est exposé. Ce mutisme surprend, et on en vient à se demander si, conformément à ce qui a été fait à Nuremberg en 1945 et après, seuls les témoignages les plus accablants ont été retenus contre l'accusé. De tels agissements trahiraient la partialité des autorités.

Le principal ne prend pas en compte l'opinion des élèves

Mais il est vrai qu'une telle partialité apparaît en plusieurs occurrences dans le dossier. Souvenons-nous, par exemple, que le principal de collège s'était donné pour mission de "mesurer le ressenti quant à la nature de la relation pédagogique depuis la journée du 30 mars 99". A la dernière page de son rapport, il livre les résultats obtenus. Ils sont sans appel: sur les 48 élèves interrogés, 8 "estiment que le cours est plutôt "normal" (français mais parfois autre chose)", 31 "estiment bénéficier d'un enseignement "normal"" et 9 ne se prononcent pas ("sans opinion exprimée"). Par conséquent, pas un seul élève interrogé n'a estimé que le cours de J.-L.. Berger était "anormal"; bien au contraire, 81 % d'entre eux considèrent qu'ils bénéficient d'un enseignement "normal" ou "plutôt normal".

Or, malgré ce résultat sans appel, le principal -- qui parlait d' enfants [...] marqués par les propos "révisionnistes" de leur professeur" (10) -- conclut:

Lorsqu'on lit cela, on se demande pourquoi le principal a enquêté. "Condamnez-moi tout de suite, ce sera plus clair" s'était écrié Pierre Laval lors de son simulacre de procès (11).. Cinquante-quatre ans après, J.-L. Berger pourrait s'exclamer la même chose.

Une Inspectrice qui réclame une sanction contre J.-L. Berger... avant même de l'avoir inspecté

Un autre exemple de partialité peut être relevé dans l'attitude de l'Inspecteur d'académie chargé de se prononcer sur le cas de J.-L. Berger, Madame Dominique Pierrel. Celle-ci a inspecté l'enseignant actuellement suspendu le 3 mai dernier. Onze jours plus tard, elle a rendu un rapport extrêmement sévère à son encontre (pièce IV-5 dans le dossier du Rectorat) (12), l'accusant entre autres de "manipulation" et de "montage" afin d'exposer à ses élèves l'argumentaire révisionniste.

Or, dix jours avant l'inspection, le 26 avril, D. Pierrel avait envoyé une "note" au recteur dans laquelle elle écrivait:

Ainsi, avant même d'avoir inspecté le professeur mis en accusation et après n'avoir entendu qu'une seule partie (les élèves, et encore pas tous), Madame l'Inspecteur se prononçait pour une "sanction" rapide. Que peut valoir le rapport d'une personne aussi manifestement partiale?

Un rapport truffé d'erreurs et d'arguties tendancieuses

Notons d'ailleurs que de nombreuses erreurs et approximations peuvent être relevées dans son rapport de trois pages. Dans une première partie, D. Pierrel analyse le document "révisionniste" que J.-L. Berger a montré à ses élèves le 30 mars 1999. On reconnaît la page 14 du VHO France Informations.No 3-4 dont les vingt-cinq dernières lignes du texte, ainsi que les deux notes, ont été amputées. Dans cette page, l'encadré (à droite) avait été extrait de l'hebdomadaire L'Express (livraison du 31 décembre 1998). En même temps que la photographie montrant les cadavres au camp de Nordhausen, L'Express en avait publié une deuxième qui montrait un déporté libéré pointant un doigt accusateur vers un soldat allemand; l'équipe du VHO France Informations, qui s'intéressait uniquement au cliché de Nordhausen, n'avait pas jugé bon de la reproduire.

Ignorant qu'il s'agissait d'une page du VHO France Informations, l'Inspectrice a cru que J.-L.. Berger avait lui-même réalisé ce document à partir d'une page de L'Express. Elle écrit:

 

Les remarques à effectuer sont nombreuses:

1- D. Pierrel reproche à J.-L. Berger d'avoir «aménagé le document» et, en particulier, d'avoir placé "le texte de l'article au-dessus d'une photographie, et non plus à côté". En guise de "preuve", elle annexe à son rapport la page de L'Express telle qu'on la trouve aujourd'hui sur Internet. Sur cette page, le texte intitulé: "La libération des camps de concentration" est effectivement à gauche du cliché de Nordhausen et non en haut. Le malheur, pour l'Inspectrice, est que la mise en page sur Internet n'est pas la même que celle adoptée pour le magazine que le lecteur achète dans les kiosques. Dans la livraison de L'Express du 31 décembre 1998, le texte était effectivement placé au-dessus du cliché, comme dans le document montré par J.-L.. Berger. D. Pierrel aurait facilement pu s'apercevoir de cette différence de mise en page en comparant le texte paru sur Internet et celui figurant sur le document présenté par l'enseignant. Les caractères ne sont pas les mêmes, la taille du titre est à chaque fois différente et les textes sont soit sur une, soit sur deux colonnes. Le fait qu'elle ne s'en soit pas aperçue et qu'elle ait immédiatement crié au "montage" en dit long sur sa capacité à observer les documents.
2- Il est vrai que, dans le document présenté par J.-L. Berger, le cliché qui montre un détenu pointant son doigt vers un soldat allemand a disparu, ce qui ôte tout sens au début de l'article. Mais on ne saurait en déduire que cette amputation du document original avait pour objectif de "présenter aux élèves une photographie isolée de son contexte journalistique". Cette accusation serait fondée si J.-L.. Berger avait supprimé des éléments d'informations donnés par L'Express sur le cliché de Nordhausen. Or, la photographie montrant un détenu qui pointe son doigt vers un soldat allemand n'a aucun rapport avec celle de Nordhausen; elle ne contribue nullement à l'expliquer. Allant plus loin, on constate que le texte publié par L'Express sous le titre: "La libération des camps de concentration" ne donne aucune indication sur la cause de la mort des internés photographiés par les Américains à Nordhausen; de plus, l'équipe du magazine a publié le cliché de Nordhausen et celui du détenu face au soldat allemand sans légende explicative. Par conséquent, ce n'est pas J.-L. Berger qui a montré un cliché totalement isolé de son contexte mais l'équipe de L'Express. Si elle a agi ainsi, c'est probablement parce qu'elle connaissait la vérité sur ce document; elle aura donc préféré ne donner aucune explication. Qui sont les véritables tricheurs ?

3- D. Pierrel prétend enfin que les "alignements de cadavres dans la cour de la Boelke Kaserne à Nordhausen est un argument régulièrement utilisé par les révisionnistes qui ensuite procèdent à une généralisation, à tous les camps, à partir de ce cas précis". En guise, de "preuve", elle joint à son rapport une lettre de R. Faurisson ainsi que le cinquième chapitre du livre de Serge Thion, Vérité historique ou vérité politique. Or, la lecture de ces deux documents démontre que jamais les révisionnistes n'ont procédé par généralisation à partir du cas de Nordhausen. Dans sa lettre, R. Faurisson demande uniquement au journal Sud Ouest de corriger une information erronée, sans généraliser à aucun autre camp. Dans l'ouvrage de Serge Thion, il est seulement dit que le cliché de Nordhausen "a l'avantage de montrer que beaucoup de prisonniers ont été d'abord victimes de la guerre"; or, non seulement cette réflexion n'engage que son auteur, mais elle n'apparaît qu'au détour d'une note, et n'a jamais été reprise ni par R. Faurisson, ni par aucun autre libre chercheur (H. Roques, J. Graf, C. Mattogno, G. Rudolf...). Par conséquent, seules l'ignorance ou la mauvaise foi peuvent faire prétendre qu'il s'agirait d'un "argument habituel des révisionnistes". Notons d'ailleurs que, dans son rapport, l'Inspectrice, déclare que l'ouvrage de S. Thion s'appelle: "Vérité ou vérité historique"; cette erreur en dit long sur ses connaissances en matière de révisionnisme historique.

La vérité ne compte plus au sein de l'Education nationale

A supposer que le cliché des alignements de Nordhausen ait toujours été utilisé avec honnêteté par les journalistes et les historiens officiels, les révisionnistes n'auraient jamais eu besoin de rappeler la vérité et de demander des rectificatifs aux journaux. Dans le cas de L'Express, il y a eu volonté de tromper en présentant, sans explication, un cliché terrible. Face à ses élèves, J.-L. Berger n'a fait que dénoncer cette tromperie et rétablir la vérité. Cette initiative était la bienvenue dans un cours qui portait justement sur "l'argumentation". Il semble d'ailleurs que ses explications aient été comprises par certains élèves puisque l'un d'eux n'a pas hésité à écrire:

J.-L. Berger aurait donc dû être félicité pour ce choix qui, n'en doutons pas, a permis à certains élèves de comprendre la nécessité du doute face à des documents. Le fait que l'Inspectrice se soit noyée dans des arguties ineptes afin, au contraire, de lui en faire grief, démontre l'état de décomposition de la pensée au sein de l'Education nationale. Dans ce milieu la vérité ne compte plus, l'important est de délivrer aux élèves un message "politiquement correct".

Un autre exemple, d'ailleurs, toujours pris dans le rapport de l'Inspectrice, vient confirmer cette constatation. Devant ses élèves, J.-L. Berger a évoqué la révision du nombre de morts à Auschwitz par les autorités polonaises (de 4 millions, on est passé à environ 1 million) (14). Cette révision étant désormais officielle et admise par tous les historiens, on ne pouvait lui reprocher de l'avoir signalée*. Or, l'Inspectrice le lui a tout de même reproché en écrivant: "dans ses propos Monsieur BERGER a de fait développé des thèses révisionnistes avec des arguments récurrents: [...] minoration du nombre des morts [...] ("seulement" un million de morts)". Aujourd'hui, ainsi, il n'est plus possible d'énoncer des vérités admises par tous lorsque celles-ci donnent raison à ce que disaient les révisionnistes depuis des années.

L'Inspectrice ignore les éléments à décharge dans les témoignages des élèves

Si l'Inspectrice avait été honnête, elle aurait dû en outre remarquer que dans les témoignages des élèves figurent des éléments à décharge pour le professeur. Un d'eux, par exemple, déclare:

C'est clair: bien que J.-L. Berger ait alerté ses élèves sur les mensonges que l'on pouvait relever dans la pièce de théâtre, celui-ci restait prudent et ne souhaitait pas que les cours de français deviennent des cours d'histoire. Ce sont des élèves qui, à plusieurs reprises, sont revenus à la charge.

Ce témoignage n'est pas unique. Après avoir rapporté les propos "révisionnistes" de son professeur, un autre élève a écrit:

"Il voulait faire autre chose mais à chaque fois, on revenait sur le sujet"; là encore, aucun doute n'est permis: ce sont les élèves qui voulaient en savoir plus. Il y a avait donc une demande, et l'enseignant n'a fait qu'y répondre en donnant une autre version que celle enseignée par le professeur d'histoire. Par conséquent, le dénonciateur a tort lorsque, dans sa lettre, il prétend que J.-L. Berger a "inculqué" à aux élèves les thèses révisionnistes. S'il y a eu inculcation, c'est sur la demande des élèves eux-mêmes.

De plus, 1e verbe "inculquer" sous-entend que l'enseignant se serait livré à une véritable propagande, refusant aux élèves le libre choix entre les différentes versions de l'Histoire. Or, c'est le contraire qui est vrai, comme l'attestent deux témoignages d'élèves:

Ces deux témoignages démontrent que, loin d'être un propagandiste, J.-L. Berger est un professeur qui souhaite donner des éléments d'information aux élèves afin d'éveiller leur esprit critique.

Big-Brother triomphant: orthodoxie et surveillance des mal pensants

Mais il est vrai que -- malgré les belles envolées que l'on entend un peu partout -- l'esprit critique est une notion repoussée avec horreur dans notre société où le "politiquement correct" règne en maître.

Un parent réclame que les élèves bénéficient d'un "enseignement conforme au programme officiel"

Aujourd'hui, certains parents d'élèves (soutenus par les autorités de l'Education nationale) exigent que les enfants soient soumis à un seul enseignement, officiel, afin de ne pas être mis dans le doute. Ce fait apparaît à de multiples reprises dans le dossier de J.-L. Berger.

Dans sa lettre de dénonciation du 26 avril, un parent a écrit:

 

Le principal du collège où travaillait J.-L. Berger s'est fait l'écho de cette demande. Dans son rapport déjà cité, il a écrit:

Arrière, donc, le doute. Un adolescent doit bénéficier d'un enseignement "conforme au programme officiel" et n'entendre qu'une seule version. Quant à l'enseignant politiquement incorrect il doit être sanctionné et se taire, faute de quoi les enfants lui seront retirés.

Le principal défend l'"enseignement orthodoxe" de l'Histoire

Naturellement, les autorités se sont empressées de prendre au sérieux de telles demandes. Après avoir tenté de reconstituer les propos tenus en classe par J.-L. Berger, le principal du collège a déclaré:

C'est la raison pour laquelle, parallèlement à l'enquête qu'il a menée, le principal s'est donné pour mission de "consolider la crédibilité des professeurs d'histoire-géo et leur enseignement orthodoxe" (Ibid., p. 1.). On savourera la formule: "enseignement orthodoxe». Quel aveu! Pour les autorités de l'Education nationale, l'Histoire est devenue une religion, avec ses dogmes, son orthodoxie, et, par conséquent, ses hétérodoxies véhiculées par les hérétiques qu'il convient de traquer et d'éliminer.

De son côté, après avoir parlé avec J.-L. Berger, l'Inspectrice a écrit:

On en déduit que les responsabilités de professeur de l'Education nationale ne consistent pas à exposer aux élèves plusieurs versions entre lesquelles ils peuvent choisir. Non, dans le monde gouverné par Big-Brother, les élèves ne doivent pas choisir, ils doivent admettre sans réfléchir l'enseignement "orthodoxe".

L'Inspectrice appelle à la "surveillance de l'Administration"

Cette volonté d'empêcher l'expression de thèses non-conformistes se double d'un ardent désir d'espionner les professeurs suspectés de pensée "hétérodoxes». D. Pierrel ne s'en cache nullement. Dans son rapport d'inspection, elle écrit en guise de conclusion:

A quand les cours filmés et visionnés, le soir, par des commissions chargées de préserver le "politiquement correct"?

[...]

L'"éducation à la citoyenneté" ou la machine à former des électeurs "politiquement corrects"

Dans le même ordre d'idée, signalons qu'à la fin de son rapport d'inspection, D. Pierrel reproche à J.-L. Berger de "proposer à ses élèves des textes qui recoupent ses convictions"; elle précise ensuite que l'enseignant "a été solennellement rappelé à ses devoirs et obligations de professeur de lettre en collège" Il s'agit là d'une allusion implicite au "devoir de réserve" ainsi qu'à la "neutralité" qui, dit-on, s'imposent à tout enseignant. Or, rappelons que ces principes sont aujourd'hui violés tous les jours dans les établissements scolaires, et ce sur l'ordre même des autorités. En guise de preuve, nous citerons le texte paru le 16 juillet 1998 dans le Bulletin Officiel de l'Education nationale (No 29) à propos de 1' "éducation à la citoyenneté" dans l'enseignement primaire et secondaire. En guise d'introduction, on lit:

Jetée, donc, aux oubliettes, l'instruction civique traditionnelle qui consistait à apprendre aux enfants le fonctionnement les institutions sans autre considération politique. Dans notre société régie par Big Brother, elle est remplacée par l'"éducation à la citoyenneté" qui doit former des citoyens "politiquement corrects", ce que les autorités traduisent par: "prendre en charge l'éducation aux valeurs [...] des droits de l'homme, de la démocratie et de la République".

Afin d'être sûr que les professeurs qui seront chargés d'embrigader les élèves -- pardon: de les "éduquer à la citoyenneté" -- s'acquittent bien de leur mission:

Des sessions spécifiques devront [...] être organisées sur les connaissances et les valeurs qui doivent fonder l'intervention des enseignants dans ces domaines, et sur les méthodes permettant de maîtriser un débat entre élèves [...].

Avant les élèves, ce sont donc les professeurs qui seront éduqués.

L'utilisation de l'Histoire (falsifiée) comme arme de propagande dans les écoles

L' "éducation à la citoyenneté" n'est cependant pas la seule arme dont dispose l'Education nationale afin d'embrigader les élèves. Depuis plusieurs années, les lycéens et les collégiens sont appelés à participer annuellement au "Concours scolaire de la Résistance et de la Déportation". Certains naïfs nous répondrons qu'il s'agit d'un concours portant sur des événements passés et donc non susceptibles d'être utilisés pour l'embrigadement des jeunes. Nous leur opposerons les propos tenus le 4 février 1999 -- lors de la remise des prix -- par Ségolène Royal, ministre déléguée auprès du ministre de l'Education nationale, chargée de l'enseignement scolaire. Devant les lauréats du concours, elle a déclaré:

On relèvera l'affirmation du ministre selon laquelle l'Histoire est une "discipline essentielle" "plus encore par la conscience qu'elle promeut que par le savoir qu'elle prodigue". Ces propos prouvent avec éclat l'utilisation que les autorités souhaitent faire de cette matière afin de promouvoir, auprès des jeunes, l'idéologie dominante (ce que l'on traduit dans les discours officiels par: donner aux élèves des "modèles" et des "repères clairs").

De façon extrêmement révélatrice, d'ailleurs, S. Royal parle uniquement "de l'horreur du nazisme". Il ne saurait être question d'évoquer auprès des élèves les horreurs du communisme et de la démocratie à tel point que si, aujourd'hui, on parle à un jeune des crimes contre l'humanité commis par les Alliés, son visage reflète la même surprise (ou la même incrédulité) que s'il entendait parler de cercles carrés.

Utilisation de sujets orientés

Dans un tel climat, on ne sera pas surpris que, très souvent, les sujets donnés au Concours de la Résistance et de la déportation soient indéniablement orientés. Pour l'année scolaire 1997-1998, par exemple, le thème proposé était:

De façon évidente, ce sujet avait pour objectif, à partir d'événements passés, de convaincre les jeunes que les immigrés servaient la France. Si l'on en croit Jean Gavard, inspecteur général et président du jury national au concours, ce but a été atteint. Prenant la parole lors des cérémonies de distributions des prix, le 4 février dernier, celui-ci a déclaré avec satisfaction:

Certains nous répondront que ce concours est facultatif et qu'une minorité d'élèves y participe, puisque les deux villes où la participation est la plus élevées sont Limoges et Besançon "avec plus de 30% des collèges et 20% des lycées" (Ibid., p. 22, col. B). C'est exact. Cependant, un nombre croissant d'initiatives sont prises afin que, petit à petit, la participation s'étende. Dans le Maine-et-Loire, ainsi, l'Inspecteur d'académie "a bâti un dossier complet conduisant à tenir compte dans l'attribution du brevet des collèges de la qualité du travail fourni par les élèves de 3e pour la réalisation des mémoires confectionnés pour le concours" (Ibid., p. 23, col. C). A quand l'attribution du baccalauréat uniquement aux élèves qui auront fourni un bon travail au Concours de la Résistance et de la Déportation?

On apprend également que: "A partir de ce projet, une action expérimentale "ateliers de la mémoire" s'est développée dans quelques collèges du département» (Id.). Dans la ville d'Angers, le lycée Du Bellay "a élaboré un projet d'établissement dont l'une des assises est la participation de groupes d'élèves au concours" (Id.); et J Gavard de préciser: "Dans ce projet, le 'devoir de mémoire' contribue à la formation civique des jeunes" (Id.).

Appel aux associations de Résistants et de déportés

Afin de renforcer la propagande, les autorités de l'Education nationale n'hésitent pas, aujourd'hui, à demander l'aide et le soutien d'associations qui ne sont guère réputées pour leur neutralité. Le 5 novembre 1998, ainsi, S. Royal a envoyé à l'Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus (UNADIF) la lettre suivante:

Monsieur le Président.
Vous présidez une association qui défend des valeurs civiques dont les jeunes ont besoin. J'ai l'honneur de vous solliciter pour encourager votre participation aux actions conduites dans les écoles, collèges et lycées, par les équipes éducatives. Notre association pourrait intervenir dans le cadre des initiatives citoyennes et de l'éducation civique dont j'ai renforcé la place dans le système scolaire.
A plusieurs reprises, j'ai assisté à des animations et à des expositions, organisées dans des établissements scolaires par des responsables départementaux de vos associations d'anciens combattants. J'ai pu y apprécier la qualité et la force des messages transmis et l'intérêt intense que les élèves y ont porté.
Je serais heureuse que vous engagiez vos instances à se rapprocher des responsables locaux de l'éducation nationale.
J'ai demandé aux recteurs d'académie et aux inspecteurs d'académie de faciliter votre accueil et vos interventions dans les établissements.
Je vous prie de trouver, ci-joint, le Bulletin Officiel spécial pour les initiatives citoyennes et la circulaire sur l'éducation civique.
D'avance. je vous en remercie et je vous prie de croire, Monsieur le Président., en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Ségolène ROYAL

L'UNADIF publie tous les deux mois un bulletin appelé: Le Déporté pour la Liberté. La simple lecture de cet organe démontre la façon dont son équipe pratique la "mémoire sélective". Faute de place, nous nous contenterons d'un seul exemple, relevé parmi ceux trouvés dans le dernier numéro (No 515, juin 1999). A la page 27, sous la rubrique "Nos peines", il est question de Madame Andréa Robert, décédée le 26 avril 1999. En 1944, elle avait été arrêtée, en même temps que son mari, pour faits de Résistance. Le couple fut envoyé en déportation, l'homme vers Neuengamme, la femme à Ravensbrück. On lit: "Elle fut libérée le 1er mai 1945 alors que son mari était embarqué par les Allemands sur un bateau qui coula avec ses passagers cinq jours seulement avant l'armistice". Pour le lecteur non averti, ainsi, l'époux de Madame Robert périt lors du naufrage d'un navire sur lequel l'avaient embarqué les Allemands. Or, rappelons que les deux principaux navires sur lesquels les déportés avaient été entassés, le Cap Arcona et le Thielbeck coulèrent le 3 mai 1945 vers 15 heures après avoir été touchés par les bombes de... Typhons de la RAF (Voy. le Catalogue alphabétique des camps de concentration, déjà cité, p. 286). Cet exemple de dissimulation d'une partie de la vérité est typique; elle révèle que, pour les chantres de la Mémoire, tout ce qui n'est pas en faveur des Alliés doit être occulté.

D'autres groupements, pour leur part, ne cachent nullement les enjeux politiques de leur combat. Citons le cas de l'Association nationale des anciens combattants de la résistance (ANACR); dans son bulletin trimestriel du département de l'Isère (Résistance isère, No 115, livraison de mars 1999), celle-ci écrit, sous la plume de son éditorialiste Martine Peters:

Lorsqu'on lit ces lignes, on peut légitimement émettre des doutes de la "neutralité" du message que ces individus délivrent aux jeunes générations lorsqu'ils viennent "témoigner" dans les établissements scolaires.

Les professeurs étant désormais, et sur l'ordre des autorités, transformés en vecteurs de l'idéologie dominante, on ne peut nier que l'Education nationale viole le principe de "neutralité" qu'elle s'est imposée. Dès lors, le reproche formulé contre J.-L.. Berger d'utiliser des textes qui "recoupent ses convictions" relève du cynisme le plus odieux. C'est vraiment la paille et la poutre.

Conclusion

L'affaire J.-L. Berger illustre l'emprise toujours croissante de Big Brother sur nos sociétés. Aujourd'hui, nos gouvernants ne cachent même plus le fait qu'ils utilisent l'Education nationale afin d'embrigader les élèves et les transformer en citoyens "politiquement corrects". Sans surprise, l'arme principale utilisée est l'Histoire de la seconde guerre mondiale, une discipline que le Ministre chargé de l'Education scolaire qualifie d'"essentielle à l'école [...] plus encore par la conscience qu'elle promeut que pour le savoir qu'elle prodigue". Grâce à des concours ayant pour objet la Résistance et la déportation, grâce à d'anciens Résistants invités dans les établissements scolaires afin de dénoncer "l'horreur du nazisme" et de "l'extermination", les autorités tentent de convaincre les jeunes que, sans le rempart dressé par la démocratie et des Droits de l'Homme, les "bourreaux bottés" déferleraient à nouveau sur le monde afin, comme leurs aînés, de construire des camps de concentration et de nouvelles chambres à gaz.

Une telle façon d'agir pourrait, à la rigueur, se comprendre si l'Histoire enseignée aux jeunes était le reflet de la vérité. Or, nous savons qu'il n'en est rien. Les programmes scolaires pour l'Histoire sont truffés de mensonges; ceux qui les élaborent mentent en accusant les Allemands de crimes qu'ils n'ont pas commis et en occultant les atrocités commises par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale. A l'aube du troisième millénaire, nous assistons donc à la plus formidable entreprise d'intoxication des masses -- et notamment des jeunes -- qui ait jamais été orchestrée.

Pour nos gouvernants, cependant, cet embrigadement se révèle chaque jour plus nécessaire. Car après cinquante ans de règne sans partage, leur faillite s'étale dans une multiplicité des domaines. Ils nous avaient promis un monde de paix, or plus de 150 guerres ont éclaté depuis 1945; ils criaient: "Plus jamais ça!", or non seulement les camps de déportation n'ont pas disparu après la chute du national-socialisme, mais aussi, plusieurs génocides -- bien réels ceux-là -- ont été perpétrés depuis (Cambodge, Rwanda...), ils nous avaient promis l'avènement d'une ère de bien-être, notamment avec la production de masse, et voilà "l'air empesté, la vue bouchée, la pétarade et la bousculade, l'encombrement et le souci, les tonnes de camelotes et les vivres en boîte, le gratte-ciel et la cuisine-usine" (21); ils prétendaient respecter l'Homme, et dans leur course au profit, ils l'ont déraciné (populations entières qui ont quitté leurs pays sous l'attrait du gain et qui ont fourni des contingents entiers de travailleurs sous-payés), l'ont rendu esclave de la machine et ont empoisonné sa nourriture ("chimification" des aliments, crise de vache folle, des poulets et des porcs à la dioxine, scandale des farines animales....); ils promettaient un niveau de vie en perpétuelle augmentation et une paix sociale définitive, or, avec la pauvreté qui s'étend, les banlieues sont devenues des poudrières allumées et l'insécurité s'accroît.

Devant cet échec, de multiples citoyens désabusés et las des désordres soit désertent les urnes, soit portent leurs suffrages sur les partis dits "nationalistes". En France, certes, la crise au FN a fait reculer ce parti, mais la poussée des nationalistes en Belgique et en Autriche -- pour ne parler que des pays voisins -- illustre parfaitement ce phénomène.

Aujourd'hui, donc, nos gouvernants sont aux abois. Incapables, face à la montée des nationalismes, d'exhiber aux peuples un bilan positif, ils n'ont plus qu'une solution: apeurer les électeurs en leur répétant que l'arrivée des nationalistes au pouvoir plongerait le monde dans la barbarie.

Sachant de plus que les collégiens et les lycées d'aujourd'hui seront les électeurs de demain, les propagandistes portent leur principal effort dans leur direction. Pour nos gouvernants, c'est une question de survie. C'est la raison pour laquelle chaque année, ils verrouillent davantage l'enseignement. Aujourd'hui ainsi, le principal d'un collège n'hésite pas à parler d' "enseignement orthodoxe" de l'Histoire. L'Histoire est donc devenue une religion avec ses vérités révélées, incontestables.

Dans cette atmosphère, malheur aux professeurs qui osent exprimer des opinions hétérodoxes. Ceux-ci seront dénoncés et impitoyablement éliminés: hier Vincent Reynouard et Michel Adam; aujourd'hui Jean-Louis Berger (père de quatre enfants, dont deux encore à charge et dont l'épouse ne travaille pas).

Le plus inquiétant est de constater que nos gouvernants n'ont même plus besoin d'espions ou de commissaires politiques afin de débusquer les hérétiques. Non, les dénonciations sont l'oeuvre de citoyens ordinaires: parents d'élèves, collègues de travail. Ceux-ci trouvent immanquablement un accueil favorable auprès des principaux, des inspecteurs d'académie et des recteurs. Comme l'a écrit B. Notin:

La tyrannie en France est donc assurée par les citoyens eux-mêmes qui s'érigent en censeurs et qui adoptent des conduites staliniennes. L'affaire Berger l'illustre avec éclat lorsqu'un principal de collège pousse les élèves à la délation anonyme et lorsqu'une inspectrice, après s'être désolée qu'un professeur puisse, dans ces cours, bénéficier d'"espaces non contrôlables", suggère l'adoption de mesures afin de permettre "la surveillance de l'Administration".

Toutefois, ne commettons pas l'erreur de conclure que ces personnages sont des staliniens dans l'âme. Si on les traitait de staliniens, ceux-ci repousseraient très certainement cette accusation avec sincérité et déclareraient qu'ils sont au contraire pour la liberté, la tolérance et le pluralisme. En vérité, leur attitude est le résultat d'une propagande de plus de cinquante ans. Celle-ci présente le national-socialisme comme l'"ennemi mortel de l'homme". Or , contre un ennemi mortel, tous les coups sont permis, y compris les plus staliniens.

La tyrannie moderne, née sur les ruines du national-socialisme, perdure et se renforce donc grâce aux mensonges colportés à propos du national-socialisme. Telle est la raison pour laquelle le combat révisionniste s'impose chaque jour davantage. Tant que le mythe des chambres à gaz et du génocide ne se sera pas écroulé, nos gouvernants pourront garder le pouvoir et renforcer une tyrannie qui enserre chaque jour davantage les hommes d'esprit, menant l'Europe à l'abîme.

 

+++++++++++++++++

Reproduction, un peu raccourcie d'un article paru dans le numéro 17-18 de VHO France Informations..., 26 juillet 1999 (VHO, BP 60, B-2600 Berchem-2). Les opinions appartiennent aux rédacteurs de VHO F. I., of course

 


Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <aaarghinternational@hotmail.com>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.

Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.

Nous nous plaçons sous la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19 <Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.


aaarghinternational@hotmail.com

| Accueil général | Accueil français |

 

L'adresse électronique de ce document est :

http://aaargh-international.org/fran/actu/actu00/doc2000/vho990729.html