AAARGH

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Le Courrier des Incrédules

Conseils de révision


Actualités d'avril 2005


oooOOO§§§OOOooo 

 

 

 Il est impératif d'entretenir la mémoire, et la France s'y emploiera
en veillant à adapter sa législation pour combattre le négationnisme.
Jak Chirak. Libération,  27 janvier 2005

 

Est-il possible selon vous que la majorité
d’une population croit au négationnisme? Merci.

Je ne crois pas. Ou alors il faudrait penser que la majorité
est composée d’imbéciles et je ne vais pas jusque là.
Pierre Vidal-Naquet, forum du NO, 22 01 05

 

"Même dans l'œuvre d'un historien et, naturellement,
dans sa vie, il y a une part d'irrationnel."

PVN Qui sont les assassins de la mémoire.

 

 

 

 

 

LA GRANDE OFFENSIVE DE PRINTEMPS CONTRE L'AAARGH

 

Communiqué de l'AAARGH – 9 mars 2005

 

POURQUOI CENSURER?

 

Un groupement de huit associations, plus ou moins confessionnelles, qui ne repréentent qu'elles-mêmes, vont réclamer en justice la censure d'un site révisionniste sur Internet, celui de l'AAARGH en ligne depuis octobre 1996.

(Voir communiqué AFP du 8 mars 2005)

Une loi nouvelle permettrait de pratiquer cette censure par l'intermédiaire d'un filtre dont pourraient se munir les fournisseurs d'accès à Internet, ou FAI.

Toutes les déclarations universelles portant sur les droits de l'homme mentionnent explicitement la liberté de penser et de communiquer et condamnent les censures organisées. Dans le droit fil de cette revendication de liberté de penser et de s'exprimer, nous avons condamné toutes les lois qui, depuis 1990, en France, portent gravement atteinte à ces libertés fondamentales, que nous entendons exercer malgré les tentatives d'étouffement. Le site de l'AAARGH n'a jamais été jugé et n'a même pas été attrait en justice, en dépit du fait qu'il dispose d'une adresse postale (POBox 81475 Chicago IL 60681-0475, USA). Les lois qui organisent la répression de la pensée prévoient de condamner le contenu d'abord, le véhicule ensuite. Or l'actuelle opération essaie de faire l'inverse. Elle demande à un tribunal d'interdire la diffusion d'un site dont il ne sait rien. Les FAI et le monde de l'informatique, particulièrement attachés à la liberté élargie donnée par le développement de l'internet, ont déjà eu l'occasion de repousser les tentatives de ces mêmes organisations, pour censurer l'internet à leur guise.

En réalité, il s'agit d'un opération politique. Les promoteurs de cette censure veulent protéger la politique d'expansion et de violence pratiquée par Israël pour se maintenir en Palestine, malgré le refus unanime des populations locales, et les critiques qui montent dans l'opinion internationale. Pendant longtemps, les Nations Unies ont considéré que le sionisme était un racisme. Le site de l'AAARGH est engagé dans la lutte contre ce racisme et sa politique de génocide, et les travestissements de l'histoire qu'ils impliquent. Ceux qui soutiennent cette politique et applaudissent à ses massacres ne peuvent se prévaloir d'aucune supériorité morale. Ils ont toujours refusé la discussion et tout le monde sait pourquoi. Ils peuvent recourir à des astuces de procédure. Ils ne nous feront pas taire.

 

L'équipe de l'AAARGH

 

AVIS AU LECTEUR: Devant l'abondance des articles et des remous provoqués par cette offensive qui vise ni plus ni moins à supprimer le site de l'AAARGH, nous tiendrons chronique des événements à la page Control-Net sur le site. Elle sera mise à jour en fonction de l'actualité.

 

 

 

AAARGH: décryptage d'une revue online négationniste

 par Jean-Yves Camus

 

NAUSÉABOND. Huit associations ( dont J'Accuse, l'UEJF, le MRAP, SOS-Racisme, le Consistoire Central et l'Association des déportés d'Auschwitz, la ligue des droits de l'homme ) ont assigné en justice par voie de référé les hébergeurs américains et les principaux fournisseurs d'accès français du site AAARGH. La première audience a eu lieu lundi 14 mars, au tribunal correctionnel de Paris.

 

AAARGH, sigle qui signifie Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerres et d'Holocaustes, met en ligne plusieurs sites internet en diverses langues, en premier lieu en français. En consultant l'adresse: < http://www.geocities.com/ilrestodelsiclo> on peut ainsi trouver la «liste des publications mensuelles de l'AAARGH» et celle en italien titrée Il Resto del siclo. Laquelle déclare être vouée à «la crise du colonialisme au Moyen-Orient et la question du révisionnisme historique» ainsi qu'aux «guerres mondiales, les guerres coloniales d'aujourd'hui, les guerres futures». C'est le négationniste français Serge Thion qui est le principal responsable de AAARGH et de «Resto del Siclo» dans lequel on trouve en outre la signature de Robert Faurisson.

L'analyse des numéros du «Resto del Siclo» de l'année 2004 fait clairement apparaître un élément qui n'a pas suffisamment été mis en relief à propos de la version française de AAARGH: cette revue officie comme un carrefour des extrémisme. Extrémisme de l'ultra-gauche don S. Thion, venu du mouvement «conseilliste» La Vieille Taupe, est issu; extrémisme de droite dans sa version néo-nazie ou fasciste non repentie; extrémisme islamiste enfin.

A l'ultra-gauche, c'est principalement le Camp Anti-Impérialiste qui s'exprime dans «Il resto del siclo», à travers son animateur principal, l'ancien membre du groupe maoïste Potere Operaio, Moreno Pasquinelli. Plusieurs cadres de ce mouvement ont été arrêtés par la police italienne le 1er avril 2004 dans le cadre d'une enquête sur les réseaux en Europe du mouvement terroriste turc DHKC. Le Camp Anti-Impérialiste, qui possède un site web en français

(<http://www.antiimprialista.com/fr/>), met en ligne les communiqués de l'Armée Islamique en Irak et prend la défense de l'Alliance Patriotique Irakienne, un groupe de résistance issu de la famille communiste.

A l'extrême-droite, la revue a donné la parole au Comité Mahler, fondé autour de l'Allemand Horst Malher, avocat de la bande à Baader dans les années 70, devenu par la suite un des théoriciens du parti néo-nazi NPD et de l'anti-sionisme-antisémitisme radical. Les ultras du néo-fascisme italien, comme Ugo Gaudenzi, Claudio Mutti et Carlo Mattogno, s'y expriment régulièrement.

Enfin, «Il resto del siclo» a publié un texte titré «Paragonare il sionismo al nazismo è offendere il nazismo» ( «Comparer le sionisme au nazisme, c'est offenser le nazisme»), écrit par feu le dirigeant du Hamas, Abdel-Aziz al-Rantissi. D'autres articles d'auteurs arabes non islamistes ont été repris, notamment du négationniste jordanien Ibrahim Alloush.

Comme sur à peu près tous les sites antisémites, de nombreux textes d'Israël Shamir sont également en ligne.

En plus de la jonction des extrêmes qui s'opère ici au nom de l'antisémitisme, la publication-sœur de AAARGH en italien consacre nombre d'articles à la guerre en Irak pour glorifier la lutte armée contre les Etats-Unis et leurs alliés. C'est donc aussi par la critique radicale de l'impérialisme américain et de la guerre en Irak que le négationnisme cherche à rebondir en se trouvant de «nouveau compagnons de route».

 

Actualité juive, n° 882 du 17 mars 2005.

 

 

 

ALLEMAGNE : UNE OPÉRATION DE PROPAGANDE AVORTÉE

 

 

On vient d'assister à la mi-mars à un époustouflant tour de magie. Deux historiens allemands, dont le pedigree révèle une affligeante médiocrité, publient un livre qui s'appelle Le Dossier Hitler, qui aurait été fabriqué en 1949 pour un seul lecteur: Joseph Staline, curieux de tout savoir de son rival abattu. L'ouvrage s'appuie principalement sur les propos tenus par deux valets de chambre de Hitler, Otto Günsche et Heinz Linge, alors détenus à Moscou. Ce document, inconnu, vient d'être trouvé à Moscou par l'un de ces deux chercheurs allemands, membre de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich. Les auteurs s'appellent Henrik Eberle et Matthias Uhl. Paru chez Gustav Lübbe Verlag, Das Buch Hitler fait 672 pages, coûte 25 euros et utilise les traductions de Helmut Ettinger.

Au cours d'entretiens donnés à la presse, et en particulier à Reuters  le 18 mars, M. Uhl a indiqué que l'on trouvait dans ce livre les preuves les plus formelles, connues à ce jour, de l'engagement personnel du Führer dans la "Solution Finale". Hitler aurait examiné de près les plans des installations de gazage et aurait donné des consignes pour leur financement et l'accélération des travaux de construction. Il aurait aussi, plus tard, vivement encouragé la construction de "camions à gaz" et leur envoi sur le front russe, où pendant la retraite, ils devaient exterminer juifs et partisans. Matthias Uhl en conclut que l'on tient les meilleures preuves de l'extermination. Il cherche par là à répondre aux critiques révisionnistes qui taraudent l'établissement des historiens allemands et leur donne le tournis, qui est, comme on le sait, une maladie fatale.

Le seul petit inconvénient de cette charmante histoire et que tout y est faux. Les malheureux majordomes allemands ont subi les tortures des spécialistes du NKVD, l'ancêtre du KGB, et après de longues années de prison, ils sont rentrés en Allemagne où ils se sont bien gardés de proférer de telles inepties. Ils ont été interrogés à maintes reprises et sont parfaitement connus dans l'historiographie de qualité fort inégale qui concerne le sujet "Hitler, sa vie, sa mort". Prendre des propos arrachés sous la torture pour des "preuves" témoigne soit d'une crédulité qui passe les bornes, soit d'une cynique façon de prendre les lecteurs pour des imbéciles. Ou alors il prend ses désirs pour des réalités. Nous soulignons ses propos donnés à Reuters le 22 mars. Les propos des deux Allemands ne peuvent être que nuls et non avenus. Et les preuves du sieur Matthias Uhl ne valent guère que du  pipi de chat.

Mais le plus étonnant est de voir un historien allemand victime des auteurs du rapport du NKVD rédigé en 1949, époque où la propagande soviétique battait son plein. Elle avait abandonné les élucubrations des Polevoi sur les hauts-fourneaux et les tapis roulants, pour ne garder que cette invention sublime, la chambre à gaz. Les sbires de la Lioubianka avaient tous les moyens de faire signer des aveux sur les chambres à gaz à n'importe qui. On a donc affaire à un aspect criant d'un opération de propagande soviétique.

La dépêche nous dit qu’Uhl a "trouvé" ce document caché et qu'il le publie avec un "expert du nazisme", Eberle, dont la biographie sur le site de l'université de Halle précise qu'il travaille à une thèse sur l'histoire de l'analyse microscopique en République démocratique allemande. Il n'est pas plus spécialiste du nazime que de la période Song !

http://www.geschichte.uni-halle.de/personen/eberle.htm

En second lieu, la prétendue découverte n'est aucunement une découverte. David Irving, dès qu'il a eu vent des affirmations fantaisistes de M. Uhl, a fait savoir qu'il connaissait très bien ce document, qu'il l'avait obtenu à Moscou dans les années 60, qu'il avait mis une photocopie dans les papiers qu'il avait déposés à Munich, justement à l'Institut d'Histoire contemporaine. La boucle était bouclée !

http://www.fpp.co.uk/docs/Irving/RadDi/2005/140305.html

C'est ainsi que l'on déconsidère gravement cet Institut qui a été déjà soumis à des attaques vicieuses, ces temps derniers.

Toute cette histoire éclate comme un baudruche si on écoute ce qu'en disent les Russes, et en particulier les historiens sérieux qui ne manquent pas sur le pavé de Moscou.

Nous avons traduit un long passage d'une série d'entretiens passés à Radio-Svoboda, à Moscou, propos qu'on peut lire sur le Net:

 

Radio Svoboda (héraut de la perestroïka)

18 mars 2005. Émission « L’époque et le monde ».

[…]

Henrik Eberle : […] Le document que nous publions présente quelques nouveaux faits et suscite de nouvelles interprétations. Dans l’ensemble, il complète les biographies de Hitler rédigées par les chercheurs, mais de plus, il contient de nouvelles précisions étonnantes.

Vladimir Tolz (Radio Svoboda) : Quelles sont les nouvelles précisions étonnantes dont parle Heinrich Eberle ?

Henrik Eberle : L’une des plus claires est que Hitler lui-même a pris une part active à la création des chambres à gaz. Jusqu’alors on ne savait pas que Hitler lui-même s’était intéressé en détail aux détails de l’extermination des juifs [sic]. Le livre rapporte une discussion qui a eu lieu dans la résidence de Hitler, entre Keitel, Himmler, Hitler et le chef de la police, le Gruppen-führer SS Henike, qui décrit les expériences concrètes avec des chambres à gaz mobiles, les « destructeurs d’âme ». Himmler est très critique sur cette façon d’exterminer les gens. Pour finir, Hitler qui avait déjà, ressort-il, étudié plusieurs projets, donne l’ordre de fournir à l’ingénieur d’Eisenach chargé de la construction des chambres à gaz toute l’aide nécessaire et de mettre à sa disposition les meilleures ressources d’ingénierie. […]

Conclusion : chaque lecteur trouvera dans le livre des informations importantes et inattendues, qui précisent et modifient l’idée qu’il se faisait de Hitler.

Vladimir Tolz (Radio Svoboda) : Iouri Wexler a raconté la présentation du livre à Berlin. En l’écoutant, puis en lisant attentivement les commentaires de l’éditeur du dernier livre en date sur Hitler, j’ai eu le sentiment entêtant que j’avais déjà lu quelque part ces prétendues déclarations inconnues des Obersturmbannführer SS Günsche et Linge. Finalement, je me suis souvenu qu’il y a trois ans, j’avais fait une émission à propos des recherches encore inédites d’un historien russe, Vladimir Kozlov, portant sur l’Affaire « Mythe », c’est-à-dire l’opération montée par les services secrets soviétiques pour retrouver le cadavre de Hitler. Cette « affaire » a produit six volumes, qui ont été déposés il y a longtemps aux Archives nationales de la Fédération de Russie, et pas du tout dans les Archives du président, et pas davantage dans des « archives obscures », mais dans la catégorie « Spéciale » (qui renferme des documents de grande valeur) et les déclarations de Günsche et de Linge constituent un tome entier de l’affaire. A vrai dire, elles n’ont pas été réunies pour Staline mais pour Béria, qui était le grand concurrent d’Abakum (ministre de la sécurité nationale, ancien chef du Smerch) dans la recherche du cadavre de Hitler. Qu’est-ce que c’est que cette histoire? Je pose la question à Vladimir Aleksandrovitch Kozlov, directeur-adjoint des Archives nationales de la Fédération de Russie.

Vladimir Kozlov : Il est difficile d’aborder ce sujet puisque je n’ai pas vu le livre. Néanmoins, j’ai de fortes raisons de penser qu’il s’agit d’un ouvrage dont l’auteur, à mon avis, n’est ni Günsche ni Linge, mais plus vraisemblablement le colonel Parparov, qui a travaillé avec eux dans un centre des services secrets des environs de Moscou. Ce livre s’appelait « A propos de Hitler », c’est le titre que lui avait donné Parparov. A mon avis, il ne contient pas du tout de textes authentiques de Günsche ou de Linge, d’autant plus que ces hommes ont traité eux-mêmes le sujet après leur retour en Allemagne (le dernier est mort il y a très peu de temps). Je ne suis pas sûr du tout qu’ils se réjouiraient de la publication de ce livre. [Irving avait fait part à Günsche, dans les années 60, de l'existence de ce manuscrit à Moscou, et ce dernier en avait été fort mécontent.]

La thèse selon laquelle ce livre aurait été destiné à un lecteur unique, Staline, ou même qu’il en aurait pratiquement lui-même demandé la rédaction, est complètement infirmée par le contenu de l’affaire « Mythe » ; il me semble même certain ou presque que le livre n’a jamais été envoyé à Staline ou que s’il l’a été, il n’est en fait jamais parvenu jusqu’à lui.

Le destin du livre est désastreux. Il était destiné à la publication de masse, à une époque où déferlait une vague de publications de souvenirs sur Hitler. Ensuite, nos services secrets ont voulu à nouveau le publier, ils l’ont envoyé à Khrouchtchev, au procureur général. D’après ce que m’a dit Lev Aleksandrovitch Bezymenski, qui en a publié des passages dans son propre livre, le manuscrit a abouti, vers le milieu des années soixante, chez Simonov, qui l’a lui-même montré à Bezymenski[1]. [C'est ce même Bezymenski qui l'a passé à Irving à une époque où Matthias Uhl n'était sans doute pas né.]

Bref, ce livre ne contient rien de particulièrement intéressant, et la place réelle de ce document, de ce prétendu livre de Günsche et de Linge sur Hitler, est dans l’affaire « Mythe », dont il constitue un des six tomes. Il est en quelque sorte la conclusion de cette recherche, ensuite on a clos l’affaire et on a déposé les volumes aux archives, y compris l’ouvrage « A propos de Hitler ». Il me semble qu’il ne contient rien de nouveau sur Hitler, mais je ne suis pas spécialiste de Hitler.

Vladimir Tolz : Vladimir Aleksandrovitch, il y a déjà un moment, j’ai lu quelque part que vous prépariez une édition anglaise de votre livre sur l’affaire « Mythe », une traduction de votre livre en russe. En ce moment, tout ce qui a trait à Hitler fait recette sur le marché. Où en est cette édition anglaise ? et ce livre allemand ne risque-t-il pas de lui faire de l’ombre, puisque les éditeurs, d’après ce qu’ils ont dit à la conférence de presse, projettent de le traduire en anglais ?

Vladimir Kozlov : Il y a longtemps que je n’ai plus d’illusion sur les succès commerciaux de la littérature historique professionnelle. Mon malheureux travail ne risque rien face à cette vaste opération commerciale allemande, annoncée de puis longtemps. Le vrai problème, c’est que mon livre ne présente pas les garanties de vente suffisante pour qu’on l’imprime, alors qu’il est déjà entièrement traduit et à moitié prêt à imprimer. Mais je suis content d’avoir pu le publier en russe, parce cette histoire ne concerne pas du tout Hitler mais nos services secrets. C’est un épisode très intéressant de leur histoire, ou, comme vous l’avez dit un jour, Vladimir, « une petite aquarelle »…

http://www.svoboda.org/programs/tw/2005/tw.031805.asp

Le livre de Kozlov est : Vladimir Alexksandrovitch Kozlov, Où est Hitler ? Nouvelle enquête du NKVD et du ministère de l’Intérieur de l’Union soviétique sur les circonstances de la disparition d’Adolphe Hitler (1945-1949), Moscou, 2003

Voir le compte-rendu naïf et crédule dans la Stampa (Marina Verda): La Stampa du 16 mars 2005, p. 27, http://www.lastampa.it

 

Voici le commentaire d'un homme expérimenté:

David Irving comments::

EACH time I read that fresh "concrete evidence" of Adolf Hitler's involvement in the massacre of the Jews has been found, I wait for the inevitable follow up: such evidence has "not been found before."

It comes along as sure as night follows day. Each fresh "concrete discovery" thus discredits and invalidates the previous one, and this one too will eventually be discredited, -- not least because we are not shown the original German text of the statements by Günsche and Linge. But it all goes down very well with the corrupt media world, with you-know-whom, and with the present German regime. No real risk is incurred by any modern German historian in saying these things. And so they get said. Ad nauseam. Ad infinitum. And we get no wiser.

When I first received -- from my friend Lev Bezymenski in Moscow -- parts of the Russian text of this Stalin Hitler-book I put them in writing (translated back into German) to both Linge and Günsche; I also interviewed Günsche closely on Hitler's knowledge of the massacres. His statements to me were negative -- Hitler had known nothing, had not been involved, there had never been any discussion of this sort of thing at Hitler's headquarters. But then of course I did not beat and torture him, I merely questioned him as any real historian should. I am surprised and sorry that Matthias Uhl, who is a conformist historian at the Institut für Zeitgeschichte, does not concede, however grudgingly, that I first used this Russian manuscript in the 1960s. My correspondence with Günsche and Linge about its content is in the Sammlung Irving in the IfZ archives. Surely he looked?

http://www.fpp.co.uk/Hitler/docs/Stalin_Buch/Guensche_on_gasvans.html

 

 

Hitler was personally behind Holocaust, book says

Tue Mar 22, 2005 12:59 PM ET

 

By Erik Kirschbaum

 

 BERLIN (Reuters) - Concrete evidence that Adolf Hitler was personally involved in the details of planning the Holocaust has been published in a new German book based on Soviet interrogations of two of the Nazi leader's closest aides.

Matthias Uhl, a Berlin historian who found a secret biography of the Nazi leader in Moscow commissioned by Josef Stalin, said on Tuesday such tangible proof of Hitler's role in the Holocaust that killed six million had not been found before.

 "It was always assumed Hitler was involved in the Holocaust planning despite a lack of corresponding documents," Uhl told Reuters after the publication his 672-page "Das Buch Hitler" (The Hitler Book) based on a 413-page original for Stalin.  "This shows for the first time that Hitler was intimately involved," he added.

"The Hitler Book" was first presented to the Soviet dictator in December, 1949, in a limited edition of one. Uhl found it buried in a Soviet archive last summer and with the help of a Nazi expert, Henrik Eberle, published the book on Monday. […]

"Hitler showed personal interest in the development of the gas chambers," the book said. "He studied the development of the project that (SS leader Heinrich) Himmler presented him. Hitler ordered full support for engineers building the gas chambers."

[…]  "Hitler told Himmler to use more trucks with mobile gas chambers so that munition needed for the troops wouldn't be wasted on shooting Russian (prisoners)," the book reads.

"Himmler reported that the mobile gas chambers were working. He laughed cynically when he said that this method of murder is 'more considerate' and 'quieter' than shooting them," it adds.

© Reuters 2005. All Rights Reserved.

http://www.reuters.com/newsArticle.jhtml?type=topNews&storyID=7974857

 

Pour les lecteurs qui voudraient se divertir sur ces histoires plus rocambolesques les unes que les autres, conseillons les livres de Lev Bezymenski, expression des organes soviétiques

The Death of Adolf Hitler : Unknown Documents from Soviet Archives, (Harcourt, Brace, and World, Inc., 1968).

Voir l'étude de Paul-Eric Blanrue: ïPour le FBI, Hitler était vivant jusqu'en… 1956

http://www.blanrue.com/hitler.html

The identification of Hitler's  Head (Hitler's Skull & Teeth) A Movie for national Geographic TV's Riddles of the Death Series, de Mark Benecke

http://www.benecke.com/hitler_head.html

Et le texte, vieux de 10 ans de Serge Thion :

 

Hitler était-il combustible ?

Serge Thion

 

Le Spiegel du 3 avril 1995 reproduit une lettre de feu le camarade Iouri Andropov à feu Leonid Brejnev dans laquelle on trouve ce passage: "En février 1946, les cadavres d'Hitler, d'Eva Braun, de Goebbels, de sa femme et de ses enfants, au total dix personnes, ont été enterrés à Magdebourg sur le terrain de notre garnison." Le Monde, qui rapporte cette nouvelle (4 avril 1996) précise que les ossements, entassés depuis 1946 dans cinq caisses à munitions, ont été incinérés en 1970 par le KGB et qu'il existe un procès-verbal de l'opération. Pourquoi à cette date? On l'ignore et il faudrait sans doute en chercher la raison dans les intrigues et les luttes de pouvoir qui se déroulaient à la tête de cet éminent organe.

Il aurait été abusif sans doute de rappeler à cette occasion ce que Le Monde lui-même qualifiait de "conclusion originale, inattendue et, d'un strict point de vue médical, embarrassante puisque des [médecins-]légistes français, démontrent, à cinquante ans d'intervalle, l'existence d'un subterfuge monté par des confrères soviétiques." En effet, dans un article commun, quatre médecins lillois, les docteurs Eric Laurier, Valéry Hardouin, Didier Gosset et Pierre Henri Muller, intitulé "Le Rapport d'autopsie de Hitler: le point de vue du médecin légiste" (Semaine des Hôpitaux, 11 mars 1993) relisent le rapport de l'autopsie pratiquée le 8 mai 1945 par le médecin-colonel Faust Chkaravski, entouré de quatre de ses confrères, à la morgue d'une clinique de la banlieue de Berlin. Le rapport est rédigé le 11 mai. C'est de ce rapport que date l'histoire du testicule unique (ou cryptorchidie unilatérale) de Hitler qu'aucun témoignage médical datant du vivant de Hitler ne vient confirmer. C'est une première étrangeté. La seconde, relevée par nos Lillois, est que le rapport, tout en décrivant quatorze dents, en compte quinze. Ils y voient le signe que cette autopsie, dont le rapport a pris trois jours à rédiger, était un "simulacre" et que les médecins soviétiques auraient placé dans cette discordance des chiffres une indication qui aurait eu pour but de faire savoir qu'ils avaient travaillé aux ordres. On commence alors à se demander si le délire interprétatif n'a pas saisi les dignes Lillois eux-mêmes. D'autant qu'ils affirment: "L'indice factuel ainsi introduit (le chiffre 15 pour les dents) est suffisamment subtil pour avoir échappé, jusqu'à ce jour, à la sagacité des diverses études critiques publiées dans le rapport." (Voir le compte rendu de cette affaire sous la plume d'un rédacteur "scientifique" dans Le Monde du 17 mars 1993.)

Non contents de sauver ainsi l'honneur supposé perdu des médecins légistes soviétiques, victimes tout aussi supposées de leur hiérarchie, aux ordres, rappelons-le, du démoniaque Staline, les esculapes du Nord retrouvent le véritable Hitler. On est rassuré: "La vraie dépouille de Hitler fut finalement, à la fin du mois de mai 1945, présentée dans un bois près de Berlin, à Mengershausen, le dernier soldat allemand à l'avoir contemplée dans le jardin de la Chancellerie. Mengershausen, malgré l'importance des phénomènes putréfactifs, reconnut le corps de Hitler." Sur ce cadavre, les deux mâchoires étaient présentes. Les Américains avaient arrêté le 28 mai le dentiste de Hitler, le docteur Blaschke (et non Blalschke, comme l'écrit Le Monde), qui aurait fourni toutes les informations sur ses nombreux travaux de dentisterie. Mais le soldat [Harry] Mengeshausen (et non Mengershausen, comme l'écrit Le Monde) n'était évidemment pas qualifié pour utiliser des informations qui ne pouvaient pas être disponibles à cette date-là. En outre, qui lui a présenté ce corps, sinon les Soviétiques, dont il était le prisonnier?

L'article de Jean-Yves Nau, dans Le Monde déjà cité, fait référence à un livre que j'ai consulté, La Mort d'Hitler, l'énigme enfin résolue, d'un certain Lew Besymenski, paru chez Plon en 1969. C'est l'expression de l'état-major de l'Armée rouge, entérinée avec enthousiasme par Alain Decaux, qui avait évoqué ce sujet dans ses Dossiers secrets de l'histoire, à la Librairie acdémique Perrin. J'ai préféré consulter le récit qui n'est pas à proprement parler celui d'un témoin mais plutôt d'un participant, Erich Kempka, qui était le chauffeur de Hitler. Il est celui qui a procédé à l'incinération. Il avait plusieurs centaines de litres d'essence à sa disposition et il dit que l'incinération de Hitler et de sa femme, qu'il venait d'épouser, commencée vers midi, a dû être recommencée à maintes reprises, jusqu'à 19 h 30 (Die letzten Tagen mit Adolf Hitler, Deutsche Verlagsgesellschaft, Rosenheim, 1991, 3e édition, p. 99). Son récit était d'ailleurs paru dans les années 50 sous le titre que lui avait imposé l'éditeur: "J'ai brûlé Adolf Hitler".

C'est sans doute ce qui entraîne l'éditeur de Kempka, Erich Kern, vers un certain scepticisme. Comme il mentionnait à Kempka (mort en 1975) l'existence de rumeurs faisant état de la présence des restes de Hitler à Moscou, l'ex-Obersturmbannführer SS lui répondit: "Je n'arrive pas à le croire. Ce que j'ai vu en tout dernier lieu du Führer était un reste carbonisé". Hitler avait beaucoup insisté la veille auprès de son entourage pour que son corps ne tombe pas aux mains des Russes. En même temps, Staline insistait beaucoup auprès de ses officiers sur place pour que l'on trouve la dépouille de son ennemi et que l'on rassemble tous les détails sur sa mort. Dans les heures qui suivirent la récupération du cadavre supposé, les services russes mirent la main sur les assistants du dentiste Blaschke, le docteur Bruck et Mme Käthe Heusermann, qui donnèrent à la commission soviétique tous les documents, y compris les radios de la mâchoire du Führer. Le technicien Fritz Echtmann fut aussi arrêté et prié de dessiner de mémoire l'appareil dentaire de Hitler. Mais aucun de ces personnages ne fut convié à voir le corps.

Le directeur des archives nationales russes a déclaré être en possession du crâne de Hitler (Le Monde, 22 février 1993). Un ancien membre de l'entourage de Hitler avait dit la même chose quarante ans avant (Le Monde, 22 octobre 1955). Était-ce le même? Sommes-nous devant un cas de génération spontanée de reliques, dont l'histoire de l'Église nous a donné maints exemples que l'on peut encore contempler aujourd'hui? Les médecins légistes lillois ont-ils raison, non pas peut-être à cause de cette quinzième dent, mais parce que leurs confrères soviétiques ont clairement senti qu'ils avaient davantage intérêt à fournir un cadavre plutôt que d'avouer leur incapacité?

On sait que la survie de Hitler (comme aussi celle d'Anne Frank) a fourni à l'imagination de divers romanciers un thème qu'ils ont habilement exploité, comme par exemple G. Steiner et son histoire de A.H. Mais sa mort même a donné lieu à différentes descriptions entre lesquelles il n'est pas facile aujourd'hui de choisir. La seule chose certaine est que si l'on prend l'ensemble des documents, déclarations et affirmations variées qui nous sont provenues de Moscou à des dates différentes, on arrive à un salmigondis infernal. Et pourtant, il s'agit d'un fait absolument simple, un événement unique, bref, isolable, passible d'une description technique.

  Alors, quand on en arrive à l'histoire de la guerre, à ses causes complexes, et son déroulement, de Coventry à Stalingrad...

 

S. T.

juin 1995

Traduction allemande parue dans Sleipnir

2, 2, mars-avril 1996, p. 32-33.

 

SACRÉS ZARABES

 

 

The Lingering Taint of Anti-Semitism of the Frankfurt Book Fair

 

By Edwin Black  

 Months after the Frankfurt Book Fair was accused of displaying anti-Semitic Arab literature, organizers of the world’s most glamorous publishing event are still bitter about the allegations. Fair organizers insist they only displayed the Arab literature as a function of their commitment to global literary diversity. However, critics, principally from the Paris office of the Simon Wiesenthal Center, remain adamant that the Book Fair’s anti-Semitic offerings revived shades of Germany’s Nazi past, and was just another example of Europe’s growing tolerance of anti-Semitism.

 As the de rigueur international publishing extravaganza, the Frankfurt Book Fair, held this year [2004] from October 6 through 10, annually attracts more than 6,700 exhibitors and nearly 300,000 publishers, booksellers, agents, and others in the book industry. Grumblingly, the lofty and the low of the literary world pay trebled hotel costs for small rooms and submit to grueling schedules across acres of exhibition space for the chance to see and be seen, hawk and be hawked, meet and be met, attend a cavalcade of chic publisher parties and return exhausted, dazed and sometimes enriched.

Each year, the Fair selects one country or geographic region as the “Guest of Honor,” elevating that nation’s or region’s literature to a world-class showcase. Any selected nation is offered a supreme opportunity to achieve new attention, sales, distribution and translations of its most popular published works. Past honorees, since 1979, have included Latin America, India and Russia. This year, the honored guest was not a nation or region, but the 22-member Arab League, which spans two continents.

Dubbing the Arab League’s geographical status the “Arab World,” the honor marks the first time the Fair has invited an international political organization to stand in for a nation or geographic region. Part and parcel of honoree status is a showcase of the bestselling books of the Arab world. Those encompass great poetry, Nobel winning novels, and a library of scientific books. It also included a whole range of bestselling anti-Semitica, the Arabic version of Mein Kampf and the Protocols of the Elders of Zion, as well as a collection of Holocaust denial and Jewish conspiracy books that circulate within the Arab world as legitimate bestsellers.

While the extensive retailing of anti-Jewish and pro-Nazi volumes is a fact of the Arab book scene, selling or even displaying Mein Kampf, the Protocols or anti-Semitica in Germany is a bias crime. Fair organizers perplexed over this challenge for months before the Fair, and took pains to make sure that none of the prominent but taboo Arab tomes reached the Fair. “Anyone who tries to displays such books as Mein Kampf or the Protocols of the Elders of Zion, will have that book confiscated and their rights at the Fair revoked,” warned Holger Ehling, the Fair’s vice president of communications, during an interview days before the event. “It is illegal to display such books in Germany,” added Ehling who functioned as point man for the Arab World project.

“People must understand our history in Germany,” Ehling insisted, “and understand that we cannot permit such books.” In that vein, the Fair’s two-page English-language contract with the Arab League featured on its second page a special clause aimed at prohibiting any anti-Jewish propaganda or agitation, according to sources at the Fair and in the Arab Publishers Association. Ehling confirmed that a prohibition against “anti-Semitic propaganda is part of the contract and completely understood by the Arab League. Anti-Semitism is not specified in so many words, but it has been made clear—very clear.”

Despite numerous requests, Ehling would only paraphrase the clause, not quote it. But he did explain that the clause was similar to previous Fair prohibitions banning agitation against third parties. However, this is the first time in the Fair’s history that the third-party protection clause has been modified to address anti-Semitism, according to Ehling.

Attempts by Fair management to acquire an advance bibliography of the books Arab publishers would bring to Frankfurt failed. Hence, thousands of Arabic titles were suddenly displayed at the five-day event. No vetting occurred. Most staffers at the Fair management do not read Arabic, although Ehling made clear that six staffers did possess “a working knowledge” of the Arabic language and will be “looking closely.” He rejected notions that the Fair would be reduced to deploying a “buch polizei” or book police at the Fair, an institution that reveres the imperative of publishing freedom.

Shimon Samuels, director of Wiesenthal Paris Office, tested the Arab World’s compliance with the anti-Semitic rule and came away astonished. “I looked at the many Arabic books,” recalled Samuels, who as a former Jerusalemite can muddle in Arabic. “Instead of reading the text, book by book, I just looked for the cover graphics: caricatures of menacing or blood-dripping Jewish figures, menorahs, and so forth. Then I paid more attention to the Arabic text within.”

Samuels easily identified a trove of sinister Jewish images gracing book covers. He stated that these included three books at the Egyptian exhibit calling for the destruction of Israel. One of those three, asserted Samuels, “was a volume announcing the extinction of the Jewish State in the year 2021 as the Divine Word of the Holy Koran… accompanied by a CD-ROM for schools.” Numerous volumes claimed to authenticate the Jewish conspiracy, or Jewish control of the United States, according to Samuels. The Syrian exhibit marketed at least two books on "the Jewish role in the 9/11 destruction of the World Trade Center," asserted Samuels.

To document his finds, Samuels verified the content of the books with the proud booksellers, took snapshots of the volumes within the book exhibit or stall, and then brought local reporters by to see the books for themselves.

On October 6, 2004, opening day of the Fair, Samuels sent a letter to the Book Fair management, identifying the offending volumes and charging “several of these texts would be actionable under German law and are a stain on the image of the Frankfurt Book Fair.” In his letter, Samuels insisted that the Fair “publicly condemn this abuse of your good will, remove these texts and examine the shelves of all exhibitors for further such examples of incitement. A book fair must celebrate the values of tolerance and not allow itself to endorse a cult of racism and hatred.”

The Wiesenthal Center’s complaints and the identified books were referred to the public prosecutor, who quickly declared the texts were not in breach of German laws against hate literature. Fair management then loudly condemned as unjustified the protests of Samuels, as well as Jewish and Zionist groups that published the photos on the Internet. […]

 The Protocols of the Elders of Zion and Holocaust denial remain at the top of Arab publishing interests. At one point, the Protocols was a bestseller on the West Bank, and it was a major theme of a 41-part Egyptian TV series. Now, the notorious forgery has risen to academic levels with the recent publication of a scholarly work by two professors from Cairo’s al-Azhar University, who claim to authenticate the Protocols based on Talmudic verses. A 10th edition of one version of the popular Protocols was just published in Cairo.

 Lebanese publishers regularly reprint Mein Kampf, generally with striking poses of Hitler on the cover, for distribution throughout the West Bank and Arab Mideast.

 Beyond the well known Protocols and Mein Kampf, an entire booklist of popular anti-Jewish titles resonate with the Arab book-buying community. These include, The Raids about the Prophet Mohammad’s damnation of the Jews, Why the Jews Were Cursed by the Koran and the Sunnah and The Jews – a History of Corruption. The book covers are often illustrated with Jewish stars or caricatures that are either dripping in blood, infused with snakes, or sporting spider legs or octopus tentacles enveloping the globe. […]

Prior to the convention, the Fair’s Ehling insisted Ibrahim El-Moallem of the Arab Publisher’s Association was the man to ensure that the anti-Jewish and Holocaust denial titles of the Arab world were not introduced into the Fair. Ehling praised El-Moallem, who is chairman of Cairo-based Dar al Sharouk, the largest publisher in the Arab world for his leadership “in bridging” the gap between the West and the Arab countries. In addition, Moallem’s family owns other leading publishing interests, such as Sharouk International and the E-Kotob, a budding Arabic language Internet bookseller. […]

El-Moallem added, “We are extending our hand to everyone,” asserting that no one in the Middle East would be excluded from the new cooperation. In turn, Ehling assured that El-Moallem as the best and brightest of Arab publishing would police his members, avoiding the introduction of any anti-Semitica or Holocaust denial into the Fair. Ehling added that he personally—and the Fair as an institution—unequivocally condemned any author, publisher or distributor of Holocaust denial. That easy-to-assert condemnation soon proved to be embarrassing.

Roger Garaudy, a French convert to Islam, stands as a hero of Holocaust denial. In 1998, a French court found him guilty of Holocaust denial and “racial defamation,” fining him $40,000 for his 1995 book, The Founding Myths of Israeli Politics. That book declared that during the Holocaust, Jews were not killed in gas chambers. The author of some twenty books, many involving a similar theme, Garaudy is a leading voice of Holocaust denial in the Arab world.

 The Holocaust denial site, Zundelsite.org, in a column on Garaudy stated, “Supporting Roger Garaudy is the path to liberation from the Zionist yoke.” In that column, Zundelsite offers what it calls a “clincher” in its support for Garaudy. “Recently, at the Arabic book fair in Cairo,” relates the site, “a number of Revisionist books, pamphlets and even Arabic language Revisionist texts were widely promoted…. It was hard, at that book fair, to find an Arab who didn't already know that the ‘gas chamber’ story was a lie and that the Holocaust was nothing but a propaganda hoax!”

Who publishes Roger Garaudy in the Arab world?

El-Moallem, who coordinated the Arab World display at Frankfurt, confirmed in an interview with some discomfort, “ Yes, I have published three or four of his books.” He hastened to add, “but they are out of print.” However, only last year, El-Moallem’s Dar al Sharouk released the third edition of Garaudy’s recent book, The Trial of Israeli Zionism. El-Moallem’s brother, Adel El-Moallem, translated the book. El-Moallem says his brother Adel owns another major publishing house, Sharouk International, which also publishes Garaudy.

When asked about the content of Garaudy’s books which deny the existence of gas chambers in the Holocaust, El-Moallem replied that Garaudy’s works “are not Holocaust denial, they are Holocaust discussion.” Asked if he personally endorsed Garaudy’s view that Nazis did not use gas chambers, El-Moallem replied, “I just don’t know. I’m not a specialist in this subject.” Despite several attempts, El-Moallem declined to confirm that the Nazis used gas chambers, repeating: “I just don’t know. It’s a debate.” […]

 

New York Times, January 10, 2005

< http://hnn.us/articles/8725.html >

 Mr. Black is the author of IBM and the Holocaust. This article is adapted from his just-released book, Banking on Baghdad, Inside Iraq's 7,000-Year History of War, Profit, and Conflict (Wiley).

 

 

UN PETIT CURÉ

Il nous dit ce qui est vrai et pas vrai, du haut de sa chaire: il est moniteur normalien en littérature français à Paris IV. Bernard est un nom fréquent chez les juifs du Comtat venaissin.

 

Du bon usage des guillemets

 

Paul Bernard

 

Les guillemets ne servent qu'à une chose: à citer, et non pas à excuser une approximation, une vulgarité ou une diffamation. Quand un point de vue publié à la «une» du Monde du 28 septembre s'intitule «Le «négationnisme» d'Ariel Sharon», les guillemets prouvent seulement que l'abus de langage est conscient.

Le terme négationnisme a été conçu pour désigner la volonté de nier l'extermination des trois quarts des juifs d'Europe. C'est une haine à prétention scientifique, qui se nourrit de colloques et de préfaces, et dont l'objet est simplement de dire que ce qui a été n'a pas été. Et dès lors que la meilleure façon de lutter pour que les juifs ne retournent pas dans les chambres à gaz est de se souvenir qu'ils y sont allés, le négationnisme est la forme la plus redoutable de l'antisémitisme moderne. Si, en employant un tel mot sans égard pour sa gravité, on a voulu, pour le seul plaisir d'une formule cruelle, blesser encore un peu plus la conscience des juifs de France, qu'on se réjouisse: on a réussi.

Ariel Sharon serait donc «négationniste» parce que, le 18 juillet, avec un mépris souverain pour l'honneur du franco-judaïsme, il a appelé la communauté juive de France à une émigration immédiate et collective vers Israël: «Ils devraient venir ici tout de suite», avait-il déclaré.

Naturellement, il s'est trompé. Ce n'était pas seulement une erreur, c'était un outrage pour le pays qui, le premier en Europe, sut faire des juifs des citoyens: c'est dans la France des trois grandes révolutions et des trois premières Républiques qu'après des siècles d'humiliations et de massacres, les juifs ont pu reprendre leur souffle, qu'ils ont eu un peu de temps pour, selon le vœu de l'abbé Grégoire, «reposer leurs têtes et sécher leurs larmes». Ils n'avaient été chez eux nulle part, ils avaient traîné leurs attentes et leurs nostalgies de siècle en siècle et de ghetto en ghetto, et voilà que, de la capitale de l'Europe éclairée, leur venait cette déclaration: «L'Assemblée nationale révoque tous arguments, réserves et exceptions insérés dans les précédents décrets relativement aux individus juifs.»

Une fois surmontée la stupéfaction, les descendants du vieux peuple offensé ont voué à la France une reconnaissance dont l'expression fut quasi mystique. L'émancipation, c'était, selon les mots de l'époque, «notre seconde sortie d'Egypte», et les droits de l'homme étaient «nos nouvelles tables de la Loi». La Terre promise, c'était la France. Jérusalem, c'était Paris.

La mémoire de cette gratitude est devenue l'histoire d'une tendresse, à mesure qu'elle s'est chargée de souvenirs communs. Eliezer Ben Yehuda, fondateur de l'hébreu moderne, raconte dans quelles circonstances la langue hébraïque est sortie d'un sommeil de deux mille ans: «C'est dans une rue de Paris, dans un café du boulevard Montmartre, que je me mis à parler l'hébreu pour la première fois, avec un ami, assis à une table ronde où étaient servies deux tasses de café noir. Et les sons étranges de cette antique langue orientale, morte, se mêlaient à la rumeur joyeuse de la langue française, vivante, belle, riche.» La langue des juifs a recommencé de vivre sur les Grands Boulevards parisiens: de tels symboles peuvent devenir présages, c'est auprès d'eux que se réchauffent les coeurs et que s'effacent les rancunes. La rencontre du judaïsme et de la France, c'est l'histoire d'une confiance souvent blessée, souvent offensée, souvent humiliée, mais d'une confiance quand même, entre le peuple des droits de l'homme et le peuple des Dix Commandements.

Il reste qu'au rappel de cette longue histoire, de nombreux juifs français répondent: «Et alors?» Les consolations qu'offre le passé ne suffisent pas toujours à atténuer ou à excuser l'inquiétude qu'inspire le présent. Le 6 juillet dernier, Myriam X. quittait la banlieue parisienne pour s'installer près de Tel-Aviv. Avant de monter dans l'avion, elle a laissé échapper dans les larmes ces quelques mots: «Mes enfants n'osent même plus me raconter ce qui leur arrive à l'école. La France est un très beau pays, c'est notre pays, mais aujourd'hui la France ne veut plus de nous.»

Sur les 370 actes antisémites commis en France ces six derniers mois, les seuls dont on a parlé sont aussi les seuls qui n'ont pas eu lieu; l'infortune réelle de Myriam X. n'a pas connu la même publicité que le malheur imaginaire de Marie L. On n'a pas non plus entendu parler de ce garçon de 17 ans, menacé avec un couteau, au cri de «Sale juif!», sous le regard indifférent des autres passagers, le 23 avril, à Sarcelles, dans l'autobus 168. Mais enfin une brèche s'est ouverte. Ce qui n'était pas imaginable hier est devenu commun aujourd'hui. […]

 

Le Monde, 3 octobre 2004

 

 

AIGREURS D'ESTOMAC

 

 

Un lieu mythique et problématique: La Vieille Taupe

 

 A propos d'un glissement:

 Pour ceux de ma génération, la librairie "la Vieille Taupe" était le lieu, le seul lieu à Paris où nous pouvions trouver cette littérature marxiste anti-stalinienne.

 Voici quelques textes écrits par ceux qui participèrent à son histoire. Le fondateur et animateur, Pierre Guillaume dont on abordera la trajectoire plus loin, évoque ici (pdf) ce qui entoura la naissance et la vie de cette librairie. 

Le site d'où vient ce fichier étant sous le coup de poursuites judiciaires du fait de son contenu révisionniste, j'ai fait sauté le lien. Il y a des solidarités qui sont des complicités. Ce ne peut être le cas ici. (15/03/05)

 A propos de ces mêmes événements voici des écrits théoriques intéressants même si peu digestes, édités dans les années 80 par une (?) personne issue du "Mouvement communiste" dans la revue  "La banquise".  Il est remarquable qu'a aucun moment dans son texte P.G. ne fasse mention de ces personnes.

 A propos de cette revue, il faut se reporter à ce qu'en dit Serge Quadruppani…

 

L'évolution de cette librairie et celle de son animateur vers des thèses révisionnistes nous ont laissé un goût amer dans la bouche. Je n'ai aucun scrupule a publier sur mon site des textes qui se trouvait sur le sien. Il s'agira aussi de comprendre ce qui s'est passé. Pour cette recherche j'ai rassemblé des textes publiés sur le net à ce propos.

 Voici donc des explications de ce passage d'une position révolutionnaire radicale à la défense de Faurrisson, initiateur de la remise en cause des chambres à gaz, au début des années 79/ 80.  Ce qui nous intéresse ici, n'est pas de savoir s'il y a eu ou pas des chambres à gaz, mais comment à partir de positions révolutionnaires -type ultra gauche- on peut arriver sous prétexte de liberté d'information, à avoir partie liée avec le reliquat/semence de la peste brune.

 

La vielle taupe et l'affaire Faurrisson

Chronologie d'une négation
(Pierre Rabcor,
< http://www.geocities.com/~johngray/chron.htm >)

 

 

Pour  autant cela m'amène à m'interroger sur l'anti-négationnisme que je ne peut m'empêcher de relier à l'antifascisme, et donc à m'inscrire en  faux contre ses tenants. Je vais tenter de m'expliquer, tout en sachant  bien les risques que je prends. Je crois que l'anti-négationnisme   considère la chose comme son tout et non pas comme la manifestation  d'un conflit qui se passe ailleurs. L'horreur absolue n'est pas la Shoa  mais le système social qui l'a permis, et ce système social, le nazisme est le fruit de conflits nés au sein du capitalisme  et de l'impérialisme militaire. Lutter contre le négationnisme sans  lutter pour une justice sociale, sans refuser de participer aux  entreprises d'aliénation, sans objecter à la violence organisée, est  pour le moins un signe d'un grand aveuglement si ce n'est d'une  hypocrisie insigne. D'autre part comme l'antifascisme était muet, et l'est resté, quand aux crimes du "communisme" les  anti-négationnistes sont singulièrement silencieux vis à vis de la  guerre coloniale qui se passe en  Israël-Palestine, et encore plus vis à vis des thèses racistes de l'extrême droite juive qui elle suit  fidèlement les traces de Jabotinski. […]

http://www.plusloin.org/Projet/taupe.html 

 

DÉBILES & INCULTES Ltd

 

 

Holocaust Denial

 

by Kenneth S. Stern

 

"Question: 'HOw many Jews died in the concentration camps?'

  Answer: 'About 300,000."

 Question: 'How did they die?'

 Answer: 'Mainly from recurring typhus epidemics that ravaged war-torn Europe during the period. Also from starvation and lack  of medical attention toward  the end of the way when virtually all road  and rail transportation had been bombed out by  all the Allies."

 

This information, along with other Q&A were found in a leaflet produced by the Institute for Historial  Review.

The IHR was opened by Willis Carto who is "a long-life anti-Semite." The purpose of the IHR was to premote Holocaust Denial and to give deniers worldwide and way to stay connected and to expose American white supremacists and neo-Nazis  to this new idea.

"Fred Leuchter, a self-proclaimed and self-taught 'expert' on gas chambers, is the newest darling of the  denial clan. He says he examined buildings in Auschwitz-Birkenau and Maidanek which would have contained chemical residue from the gase chambers if any Zyklon-B has been used, and found none."

This book is divided into five parts. The indroduction traces what denial is, and who is behind it. The  first chapter examines denial in the United States; the second looks at deniall worldwide. The third chapter debunks the deniers'  specific claims. The last chapter offers a framework for combating denial and anti-Semitism in the generations to come.

 

Denying the Holocaust By Lipstadt

( http://www.aaargh.com.mx/engl/dl/dlindex.html )

 

In April 1993, in conjunction with the opening of the United  States Holocaust Memorial Museum, the Roper Organization conducted a poll to determine the extent of Americans' knowledge  of the Holocaust. Neither the Roper Organization nor the American Jewish Committee, which sponsored the poll, expected any  startling results. But they were surprised by the response to one of the questions. When asked "Do you think it possible or impossible that the Holocaust did not happen?" 22 percent of American adults and 20 percent of American high school  students answered, yes, it was possible.

"Robert Faurisson, one of the world's leading deniers, was proponent of the notion that it was technically and physically impossible for the gas chambers at Auschwitz to have functioned as extermination facilities. Faurisson argued  that compared to American execution chambers the German facilities were too small and primitive to have been killing chambers."

Faurisson is among hundreds of people who believe that Jews weren't gassed in Chambers and that they never existed. No matter what evidence history holds, Survivors are considered attention seeking Zionists.

 

This site was created by a Rutgers Univeristy [sic] Student for an Anti-Semitic  and Holocaust Class. If you have any questions feel free to email me at < tadros@camden.rutgers.edu >

 

< http://sylviatnj.tripod.com/id13.html >

 

 

BADABOUM

 

 

Achèvement du mémorial de l'Holocauste de Berlin

 

 

Les dernières stèles de béton noirâtres constituant le Mémorial Allemand dédié aux juifs assassinés en Europe ont été érigées, la semaine passée, en plein centre de Berlin, à deux pas de la Porte de Brandenbourg. La construction de ce mémorial avait commencé le 16 août 2003, après une controverse de plus de dix ans sur la manière la plus séante de rendre hommage à six millions (?) de juifs assassinés par le régime nazi, durant l' «Holocauste».

Le mémorial est composé de 2751 plaques de béton, d'hauteurs inégales, érigées sur une parcelle au contour irrégulier, au cœur de la capitale. Il sera flanqué d'une «Place de l'Information» et d'un centre de documentation, après un compromis passé avec son concepteur, qui voulait initialement que le mémorial soit un site plus orienté vers la méditation que l'information.

Comme tout mémorial d'importation, celui de Berlin, souvent dénommé simplement «Mémorial de l'Holocauste» a apporté son lot de controverses. Dans ce que d'aucuns ont perçu comme un affront aux nombreuses catégories de personnes victimes des nazis, son intitulé ne reconnaît que les seuls juifs, et non les millions d'opposants politiques, d'homosexuels, de Tziganes et d'autres, qui ont été (comme eux) assassinés. Mais une nouvelle controverse a éclaté après qu'il eut été divulgué qu'une firme industrielle allemande qui avait bénéficié des contrats du régime allemand [pendant la période nazie] fournirait divers matériauxnécessaires à sa construction. Mais le sujet de discorde numéro Un, pour beaucoup de gens, tant à Berlin qu'ailleurs, fut le design même du monument, d'un modernisme glacial et manifestement dépourvu de toute solennité. […]

 

 Germany-info.org, 24.12.2004

< http://www.germany-info.org/relaunch/info/publications/week/2004/041223/misc1.html

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

 

Nous ouvrons les paris: quand les bulldoseurs viendront-ils détruire cette horreur, qui occupe indument un vaste terrain à haute valeur locative, au centre de la capitale allemande?

 

 

COMPTES ET LÉGENDES

 

 

Le «Protocole Hossbach»: destruction d'une légende

 

Das Hossbach-Protokoll: die Zerstörung einer Legend, par Dankwart Kluge. Leoni am Starnberger See: Druffel Verlag [D-81311, 1980, 168pp., DM 19,80]. 

 

Présenté par Mark Weber

 

Hitler, on nous l'a dit mille fois, voulait conquérir le monde, ou au moins l'Europe. Pendant le grand procès de Nuremberg après la guerre, les Alliés victorieux tentèrent de prouver que Hitler et ses «acolytes» étaient engagés dans une sinistre «conspiration pour mener une guerre d'agression» . La plus importante preuve produite pour appuyer cette accusation était et est un document connu sous le nom de «Protocole Hossbach» ou «Mémorandum Hossbach». 

Le 5 novembre 1937, Hitler convoqua quelques hauts dirigeants pour une conférence à la Chancellerie du Reich à Berlin: le Ministre de la Guerre Werner von Blomberg, le Commandant de l'Armée Werner von Fritsch, le Commandant de la Marine Erich Raeder, le Commandant de l'Aviation Hermann Göring, et le Ministre des Affaires étrangères Konstantin von Neurath. Etait aussi présent le conseiller militaire de Hitler, le colonel-comte Friedrich Hossbach. 

Cinq jours plus tard, Hossbach rédigea de mémoire un compte-rendu non autorisé de la réunion. Il n'avait pas pris de notes pendant la conférence. Hossbach affirma après la guerre qu'il avait par deux fois demandé à Hitler de lire le mémorandum, mais le Chancelier répondit qu'il n'avait pas le temps. Apparemment aucun des autres participants ne connaissait l'existence du compte-rendu du colonel sur la conférence. Ils ne considéraient pas non plus cette rencontre comme particulièrement importante. 

Quelques mois après la conférence, Hossbach fut affecté à une autre fonction. Son manuscrit fut classé avec de nombreux autres documents, et oublié. En 1943, un officier d'Etat-major, le colonel-comte Kirchbach trouva le manuscrit en consultant le fichier et en fit une copie pour lui-même. Kirchbach laissa le document original dans le dossier et donna sa copie à son beau-frère, Victor von Martin, pour la mettre en sûreté. Peu de temps après la fin de la guerre, Martin transmit cette copie aux autorités d'occupation alliées, qui l'utilisèrent pour produire une version substantiellement retouchée comme pièce à conviction à Nuremberg. Des phrases telles que celle où Hitler disait que «la question allemande ne peut être résolue que par la force» furent inventées et insérées. Mais surtout, le document présenté à Nuremberg est moitié moins long que le manuscrit Hossbach d'origine. L'original écrit par Hossbach et la copie de Kirchbach / Martin ont tous deux complètement (et opportunément) disparu.

D'après le document Hossbach présenté à Nuremberg et largement cité depuis, Hitler déclara aux personnes présentes que ses remarques devaient être considérées comme un «testament politique» au cas où il mourrait. La partie la plus accablante cite Hitler disant que les forces armées devraient agir au plus tard en 1943-45 pour assurer «l'espace vital» («Lebensraum») nécessaire à l'Allemagne. Cependant, si la France était affaiblie par une crise interne avant cette date, l'Allemagne devrait agir contre la Tchéquie (Bohême et Moravie). Ou si la France était impliquée dans une guerre (probablement contre l'Italie) au point qu'elle ne pourrait plus agir contre l'Allemagne, alors l'Allemagne s'emparerait de la Tchéquie et de l'Autriche simultanément. Les soi-disant allusions de Hitler à «l'espace vital» allemand se réfèrent seulement à l'Autriche et à la Tchéquie. 

Lorsque Hitler arriva au pouvoir en 1933, l'Allemagne était militairement à la merci des états étrangers hostiles. Le réarmement avait commencé lentement, et au début de 1937, à cause d'un manque de matières premières, les trois branches de l'Armée durent subir des restrictions. Une violente dispute éclata entre les trois branches à propos de la répartition du reliquat. 

Contrairement à ce que le protocole Hossbach suggère, Hitler convoqua la conférence du 5 novembre 1937 en partie pour réconcilier les chefs des différentes branches militaires, et en partie pour relancer le programme allemand de réarmement. La politique étrangère était seulement une question subsidiaire. Hitler cherchait à justifier la nécessité de reconstruire la force militaire allemande en présentant plusieurs cas de crises internationales hypothétiques et exagérées, qui requerraient une action militaire, et aucune d'entre elles ne se produisit jamais. Hitler n'annonça aucune nouvelle orientation pour la politique étrangère allemande, encore moins un plan pour une guerre d'agression. 

A Nuremberg, Göring affirma que Hitler lui avait dit en privé juste avant la conférence que le but principal en convoquant la conférence était «de mettre la pression sur le général Von Fritsch, car il [Hitler] n'était pas satisfait du réarmement de l'armée». L'amiral Raeder confirma la déclaration de Göring. 

Comme certains autres conservateurs aristocrates et traditionalistes, Hossbach devint un opposant acharné d'Hitler et du régime national-socialiste. Il était un ami intime du général Ludwig Beck, qui fut exécuté en 1944 pour son rôle dirigeant dans la conspiration qui tenta d'assassiner Hitler et de renverser le gouvernement. En dépit de ses dénégations après la guerre, il est virtuellement certain que Hossbach prépara sa version biaisée de la conférence à la demande de Beck dans le but d'une utilisation possible pour discréditer le régime d'Hitler après un coup d'état. Hossbach était également proche de l'amiral Wilhelm Canaris, chef du renseignement militaire, et du général Ziehlberg, qui furent tous deux exécutés pour leur rôle dans le complot d'assassinat de 1944. Déjà au début de 1938, Hossbach, Beck et Canaris étaient en faveur d'un coup d'état pour renverser Hitler par la force. 

Le mémorandum Hossbach est fréquemment cité dans les livres d'histoire grand public, comme une preuve concluante des plans d'Hitler pour une guerre d'agression. Un bon exemple est le best-seller -- mais non fiable -- de [journaliste juif] William Shirer Le IIIè Reich, des origines à la chute, qui prétendait que le protocole constituait «le tournant décisif dans la vie du IIIè Reich». Pendant cette conférence critique, écrivait Shirer, «… les dés étaient jetés. Hitler avait communiqué sa décision irrévocable de faire la guerre. Pour la poignée d'hommes qui auraient à la mener, il ne pouvait plus y avoir aucun doute». Comme beaucoup d'autres propagandistes germanophobes, Shirer cite de manière trompeuse le mémorandum Hossbach comme un document fiable. Il fausse même l'importance réelle des participants à la conférence, à l'époque de la guerre. Sur les cinq hauts dirigeants présents, trois (Blomberg, Fritsch, Neurath) perdirent leurs postes quelques mois après la rencontre. Raeder fut remplacé au Commandement de la Marine [par l'amiral Dönitz, NDT] en janvier 1943. Seul Göring était vraiment un proche de Hitler. 

Le rôle important du frauduleux protocole Hossbach au Tribunal de Nuremberg est une autre confirmation accablante du caractère illégitime, théâtral, de la plus extravagante entreprise judiciaire de l'histoire. Sur la base du protocole, qui devint le document de Nuremberg 386-PS, l'accusation du Tribunal déclara: «Un groupe influent de conspirateurs nazis se réunit avec Hitler le 5 novembre 1937 pour discuter de la situation. Une fois de plus, il fut souligné que l'Allemagne devait acquérir de l'espace vital en Europe centrale. Ils reconnurent qu'une telle conquête rencontrerait probablement une résistance qui devrait être brisée par la force, et que leur décision mènerait probablement à une guerre générale». Le procureur américain Sidney Alderman déclara au Tribunal que le mémorandum («l'un des documents saisis les plus frappants et les plus révélateurs») enlevait tous les doutes restants quand à la culpabilité des dirigeants allemands pour leurs crimes contre la paix. Il fut aussi la base pour la conclusion des juges de Nuremberg, selon laquelle la «conspiration allemande pour mener une guerre d'agression» commença à la conférence du 5 novembre 1937. Le document fut crucial pour la condamnation de Göring, Neurath et Raeder pour leurs rôles dans la «conspiration criminelle». Le protocole Hossbach falsifié est beaucoup trop typique du genre de preuves utilisées par les Alliés victorieux à Nuremberg pour légitimer l'emprisonnement et l'exécution des dirigeants de l'Allemagne vaincue. 

Il n'y a pas de doute que le protocole Hossbach est sans valeur comme document historique. Après la guerre, Hossbach et Kirchbach déclarèrent tous deux que la version présentée par le procureur américain était assez différente du document manuscrit dont ils se rappelaient. Hossbach témoigna aussi à Nuremberg qu'il ne pouvait pas confirmer que la version de l'accusation correspondait complètement au manuscrit qu'il écrivit en 1937. Et dans ses mémoires, il reconnut qu'en tous cas, Hitler n'esquissa aucune sorte de «plan de guerre» durant la réunion. A Nuremberg, Göring, Raeder, Blomberg et Neurath [Fritsch était mort en 1939] dénoncèrent tous le protocole Hossbach comme une représentation complètement faussée de la conférence. Le protocole traite seulement de la première moitié de la réunion, déformant ainsi son vrai caractère. Le mémorandum se termine par la simple phrase: «La seconde moitié de la conférence traite des questions d'armement». Aucun détail n'est donné.

En 1968 Victor von Martin décrivit le mémorandum par ces mots: «Le protocole présenté au tribunal de Nuremberg fut assemblé d'une manière telle qu'elle changeait totalement la signification [de l'original] et peut donc être qualifié seulement de falsification grossière». 

Lorsqu'il écrivit son étude contestatrice, The Origins of the Second World War [«Les origines de la Seconde Guerre Mondiale»], A.J.P. Taylor accepta le mémorandum Hossbach comme un compte-rendu véridique de la réunion du 5 novembre 1937. Cependant, dans un supplément intitulé «Réflexion faite» ajouté aux éditions suivantes, le célèbre historien britannique admit qu'initialement il «s'était fait avoir» par la «légende» du document. La conférence soi-disant significative était en réalité «une manoeuvre dans des affaires domestiques». Le protocole lui-même, nota Taylor, «ne contient pas de directives d'action allant au-delà d'un souhait de renforcer les armements» . Il remarqua ironiquement que «ceux qui croient aux procès politiques devraient continuer à citer le mémorandum Hossbach». H.W. Koch, un enseignant à l'Université de York (Angleterre), finit de démanteler la légende dans un article en 1968, qui conclut que l'infâme protocole serait «inacceptable dans tout autre tribunal que celui de Nuremberg». 

 

Dankwart Kluge a apporté une précieuse contribution à notre compréhension des origines de la 2ème Guerre Mondiale. Son étude apparaîtra pendant de longues années comme la dissection la plus magistrale d'une grande fraude documentaire. Son remarquable travail comprend le texte complet du protocole Hossbach en appendice, quatre photos, et une bibliographie complète. L'auteur est né en 1944 à Breslau (Wroclaw) en Silésie. Depuis 1974 il a travaillé comme avocat à Berlin-Ouest. Kluge a fait un travail admirable en rassemblant sa documentation, qui provient non seulement de toutes les sources documentaires ou publiées disponibles, mais aussi de nombreuses interviews privées et de sa correspondance avec des témoins-clé. Kluge soutient sa cause de manière irrésistible, bien que le style narratif soit un peu faible. Cette importante étude ne laisse pas de doute que le célèbre protocole est en fait une révision falsifiée d'une copie non-certifiée d'un original non-autorisé, qui a disparu. Harry Elmer Barnes, à qui l'ouvrage est dédicacé, l'aurait accueilli chaleureusement.

 

Journal of Historical Review, 4/3 (Fall 1983), 372ff.

< http://library.flawlesslogic.com/hossbach_fr.htm >

 

 

LA CASUISITIQUE DES SHWASHWA OU LE COMBLE DU BURLESQUE

 

Malgré un travail sur la Shoah par ailleurs irréprochable

 

Des élèves de seconde d'Orléans, sous la direction de leurs professeurs, décrivent Auschwitz comme un "camp de travail", proche d'une colonie de vacances

Par proche-orient.info

 

  Comme trop souvent quand la presse fait son travail d'information, des individus extrémistes et haineux se livrent à des démarches violentes, en maniant injures et menaces à l'égard de ceux qui ont pu commettre une faute. Nous avons appris que tel est le cas avec le chef d'établissement de ce lycée, ce que nous regrettons particulièrement. Proche-Orient.info, qui a sans cesse l'écho de ce genre de comportements, les condamne absolument.

 

Une lectrice de Proche-Orient.info nous avait envoyé un témoignage édifiant qui reste juste. Elle écrit avoir vu dans le CDI d'un grand lycée d'Orléans quelques panneaux réalisés par des élèves de 1ère sous la direction de leurs professeurs d'histoire et de français. Un premier, "assez schématique", parle du négationnisme. Un second s'intitule: "Auschwitz, un camp de travail". Un titre qui atténue, pour le moins, la réalité d'un camp de concentration et d'extermination.

Des photos – en fait des reconstitutions - représentent des hommes vêtus de costumes rayés bien propres, "ayant l'air de faire la queue à une station de bus anglais", écrit notre lectrice. Les commentaires sur les panneaux indiquent, à tort, que les femmes et les enfants entrent ensemble dans le camp et que les personnes sont "désinfectées". Un terme, utilisé par les nazis, et repris ici sans mise en perspective.

Le texte continue: "à l'heure du dîner, la cloche sonne, les personnes se mettent en rangs en attendant d'être servis. On leur sert de la soupe et du pain noir…

 Certains meurent de fatigue… Le soir, ils regagnent leur baraque ou dortoir où ils s'allongent sur leur couchette avec une couverture".

 

 Cependant, les panneaux ont été retirés dès le lendemain, après que certains [devinez qui ] ont manifesté leur désapprobation. Cet incident est d'autant plus étonnant que le proviseur de ce lycée est particulièrement attentif au rôle pédagogiques des enseignants à propos de la Shoah. C'est ainsi qu'un travail très sérieux a été fait, parallèlement à cette exposition, par deux historiens et un témoin, rescapé des camps avec une centaine d'élèves. D'ailleurs, les équipes pédagogiques vont reprendre le travail, dès la rentrée, le 21 février, en tenant compte de ce dérapage.

 

Proche-orient.siono. 10 février 2005 / 19 h 36

< http://www.proche-orient.info/xjournal_racism_der_heure.php3?id_article=36362 >

 

On sent que les bûchers de la Sainte Inquisition ne sont pas loin.

 

 

PESSIMISTE

 

State of Revisionism in the U.S.

 By Walter F. Mueller

 

I think I have done a similar article last year. However, things concerning revisionism in the U.S. have changed drastically.

A week ago, I received an urgent letter from publisher Willis Carto of the Barnes & Review: "We lost 1,000 subscribers last year," was the heading, which turns out to be a fundraising letter.

Losing 1,000 subscribers in one year is a lot, especially with the limited numbers to go around. I am not going to guess what the reasons are. But it is a big indication of the state of revisionism in the U.S.: I would say - devastating! The years of court battles between the IHR and the Cartos has taken its toll. Many have been disgusted and just decided not to support either one of them.

IHR Director Mark Weber's leadership has caused most of the board members of the non-profit organization to resign.

But it wasn't just this feud that contributed to the sorry state of revisionism. Recent fatalities and illnesses have had a tremendous negative impact on the activities of American revisionism.

Ernst Zundel's arrest was one of them. Russ Granata, who died - the stroke of Hans Schmidt, and the inoperable brain tumor of Dr. Bob Countess. [He died recently] Add on the possible deportation of Dipl. Ing. Germar Rudolf, and you are left with very little revisionist activities in the U.S.

What's still left of the establishment is desperate. Alliances have been formed with groups that should have never been in the revisionist community.

Mark Weber has become the favorite guest at the National Alliance radio program. The Director is still billed as the leading revisionist in the U.S. It is my opinion that nothing can be further from the truth. The financial difficulties and the loss of most of America's great revisionists at the Institute have left a skeleton operation.

Michael Hoffman III is still working, however, he has his own circle of people, which are not broadly representing the revisionist cause.

There are a few what I think newcomers, and they are not anywhere near the quality that used to be America's revisionist landscape.

Most publications concerning revisionist issues have ceased to exist. Community News and the Barnes Review are the only ones left with a consistent print.

Paul Grubach and other small players have joined some of the white nationalist movement in order to get their stuff printed. Juergen Graf is in Russia, and activity around him is very small.

What does that mean for the future of revisionism in the U.S.? I really don't know myself. All I know is that I will continue to be an active holocaust revisionist and defender of my heritage and culture. 25 people showed up at a recent Ernst Zundel demonstration in L.A. in front of the Canadian Embassy. 25 people! Shameful. I think that pretty much paints the picture of revisionism in the U.S.

Most of what's left in the revisionist community in the U.S. looks to other countries. In Germany, revisionism has reached new heights and constitutes the biggest danger to the current form of government.

Horst Mahler, Guenther Deckert, Udo Voigt, and the NPD have brought a new concept to revisionist activities.

Even in France and Holland and Sweden, revisionism experiences new awakenings. In Australia, the Adelaide Institute and Dr. Fredrick Toben are still angering the Jews there. Hell, South Africa has more activity than the U.S.

Never forget that revisionist activities in most of these countries I've mentioned are illegal. Some actually punish it severely. And still, revisionism is on the upswing. Now, in the U.S., where freedom of speech is the First Amendment, where no laws threaten "holocaust denial", activists are more afraid of the government than in the rest of the world.

You have no idea how many e-mails I receive from people who won't give me their name, who won't allow me to use their name, or just simply won't let me use their e-mails at all.

I understand that the social aspect has to be considered, however, this state of revisionism can only be explained with one word - cowardice.

It is sad, but the truth is, those who write anonymous or speak anonymous, are no help. In fact, they are a burden and a security risk. If we do use their writings, then the Jews accuse us of lying, since we are not allowed to give the source. So, we might as well don't use their material at all.

"Risk free" is the motto of the undercover revisionist in America. I think that we have reached the stage where the Jews have almost won. They can't be successful in Germany or in any other country for that matter; however, they have almost silenced revisionist activities in the country that was built on liberty and freedom.

 

Patriot Letter,  < thetruthisback@yahoo.com >, 10 février 2005.

 

 

LE POINÇONNEUR DES LILAS

 

La mémoire trouée du génocide

Jean-Marc Turine

 

 Les célébrations, nécessaires, mais peut-être pas sous cette forme spectaculaire, du 60e anniversaire de la libération du plus grand des camps d'extermination nazis, Auschwitz-Birkenau, n'ont pu éviter de raviver une blessure ressentie par un peuple entier: les Roms d'Europe, qui, avec 12 à 15 millions de personnes, constituent la plus forte de ses minorités, selon le Conseil de l'Europe.

Pourquoi, en effet, avons-nous si peu entendu le rappel du génocide des Tsiganes par les hordes hitlériennes, qui menaient des traques et des assassinats systématiques contre le "fléau tsigane" ("Zigeunerplage") selon les termes de l'eugéniste allemand Alfred Dillman dans son Zigeuner-Buch? Pourquoi ce quasi-silence sur le massacre de près de 500.000 personnes (dont 23.000 dans les chambres à gaz de Birkenau), désignées ennemies parce qu'issues d'une "race inférieure"?

[Ces chiffres délirants sont totalement fantaisistes. On ne célèbre pas un génocide qui n'a nullement existé. Il faut se méfier des juifs comme Turine qui veulent s'emparer du passé des Tsiganes, passé sombre, on en conviendra, mais qui ne mérite pas de servir d'adjuvant à la propagande judéocentrique. ]

Dès 1933, des lois anti-Roms sont édictées et appliquées. En octobre 1939, Eichmann propose d'adjoindre des Sinti (Tsiganes allemands) à chaque convoi de juifs.

En avril 1940, les "nomades" ne peuvent plus circuler en France. En octobre, l'armée allemande ordonne l'internement de tous les Tsiganes français de la zone occupée. Le 31 juillet 1941, Heydrich inclut les Roms dans la "solution finale". Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, le camp des Tsiganes de Birkenau est vidé de ses occupants. Les familles sont gazées.

Tous les pays occupés par les nazis ont déporté, interné, assassiné les Roms. Alors oui, pourquoi une mémoire filtrante? Pourquoi ce trouble (ou ce flou) autour d'un génocide que seule l'Allemagne, en 1991, a reconnu formellement à ce jour?

Serait-ce parce que, depuis toujours, ce peuple n'a connu que le mépris, le rejet, la haine, dans ses errances à travers le continent?

Serait-ce parce que les Roms ne désirent pas attirer sur eux une attention particulière, qu'ils tentent d'être transparents, ou parce qu'ils se cachent dans des ghettos insalubres dignes du Moyen Age?

Ou serait-ce aussi parce qu'aujourd'hui encore les Roms, sur la terre d'Europe, subissent une exclusion ethnique caractérisée, dans une très grande indifférence des citoyens, une discrimination qu'aucun gouvernement ne veut considérer dans son ampleur ethnocidaire?

Les gouvernements de l'Union européenne, choisissant de traiter la "question tsigane" sous un angle économique ou social, alors que la situation de survie dans laquelle sont relégués les Roms n'est qu'une conséquence de l'exclusion, foulent au pied ce qui constitue le fondement même de l'Union: tous les Européens sont des citoyens à part entière.

Les commémorations ne constituaient-elles pas un moment pertinent, symboliquement fort, pour nous apprendre la malfaisance que représente l'antitsiganisme et à considérer autrement ces familles roms redevenues migrantes contre leur gré, qui hantent les rues, les couloirs de métro de nos villes, qui occupent des terrains sans aucun confort, sans hygiène, non par respect d'une coutume, mais par nécessité de trouver un refuge pour se protéger des harcèlements, des crimes, des menaces dont ils sont les victimes chez eux?

Quant à "chez nous", la question mérite d'être posée: quel accueil et quelle protection leur offrons-nous? Peut-être devons-nous admettre que nous avons manqué l'occasion de rendre enfin à ce peuple une dignité trop longtemps bafouée et que nous avons un peu hâtivement martelé "Plus jamais ça"!

 

[Ces cinq derniers paragraphes sont justes, mais ils n'est nul besoin d'un fantasme de génocide pour que soit justifiée la demande d'un meilleur traitement des Tziganes, Rom, Roma, selon les noms qu'on leur donne aujourd'hui.]

 

Jean-Marc Turine est producteur de radio et président de l'association Romani Phuu.

Le Monde, 9 février 2005.

 

 A l’occasion de la sortie aux éditions Golias (la revue des faux-thalas) de Le crime d’être Rrom de Jean-Marc Turine, une soirée de rencontres et de lectures consacrée à la question tsigane en Europe, animée par Pierre Mertens. Présentation en musique de livres, de photos et de témoignages.

On peut aujourd'hui trouver, dans tous les centres de documentation des lycées français, deux CD reproduisant des entretiens tenus sur la radio France-Culture (novembre 2000), accompagnés d'un livret de 48 pages préfacé par Simone Veil. [Nous avons parlé de ce chef d'œuvre dans les actualités du mois de décembre 2000]. Dans ce livret, intitulé Le Négationnisme/Entretiens sous la direction de Jean-Marc Turine diffusés sur France-Culture/Le Négationnisme (1948-2000), on peut lire, aux pages 27-28, au sujet de Faurisson dont on vient de rappeler les publications littéraires:

 

"Homme brillant et cultivé, il n'en est pas moins un provocateur. Pendant les années soixante-dix, Robert Faurisson travaille. Il ébauche sa méthode historico-littéraire. Il se rend aux archives d'Auschwitz. Sa négation va s'y construire. Elle repose sur un fait réel: la chambre à gaz du camp d'Auschwitz I est une "reconstitution", puisqu'elle a servi d'entrepôt pour les médicaments des S.S. et d'abri antiaérien après la mise en service des chambres à gaz d'Auschwitz II-Birkenau; ce qu'il a pu voir (et ce que l'on peut encore voir) est une chambre à gaz supposée. C'est indéniable. Il n'empêche que pour Robert Faurisson, il s'agit d'une supercherie dont les Juifs sont les auteurs."

 

 

C'EST DE NOTRE FAUTE!

 

 

L'enseignement en France très attentif à la transmission de la Shoah

 

 L'enseignement en France est très attentif à la transmission de la Shoah, multipliant programmes, témoignages d'anciens déportés, voire voyages à Auschwitz, quitte à provoquer quelques réactions de rejets notamment dans la communauté d'origine musulmane.

L'historienne Annette Wieviorka, qui vient d'écrire Auschwitz, 60 ans après, juge que "la place donnée à la Shoah dans les programmes de l'enseignement public est importante, satisfaisante".

Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah à Paris, estime lui-aussi que "la transmission est globalement bien faite même si, ajoute-t-il, rien n'est jamais acquis".

Plusieurs éléments ont concourru à l'établissement de la mémoire de la Shoah dans les années 80, soulignent les historiens. D'abord l'apparition du négationnisme dans les années 70 a fait comprendre à nombre d'enseignants et d'anciens déportés qu'il y avait falsification de l'Histoire et qu'il était urgent d'agir. La réévalution de la responsabilité du régime de Vichy dans la déportation des Juifs de France a fait le reste.

Depuis, nombre d'anciens déportés viennent témoigner dans les établissements scolaires. Certains enseignants, tels Nicole Mullier et Marie-Paule Hervieu du lycée parisien Edgar Quinet, créent des cercles d'études de la déportation avec des rescapés des camps et organisent ateliers, exposés ou visites à Auschwitz.

Mais même des enseignants aussi attentifs à la transmission de la mémoire de la Shoah rencontrent des "difficultés" avec certains de leurs élèves. Ainsi le jour où un quart de la classe de Mme Hervieu a refusé de voir le film Nuit et Brouillard. "Madame, ont dit certains élèves, pourquoi parle-t-on toujours des Juifs et jamais des Arabes?".

Ces incidents sont fréquemment répercutés par des enseignants de la banlieue parisienne où vit une importante communauté d'origine musulmane. L'affaire de deux lycéens exclus de leur établissement à Montreuil, en Seine-Saint-Denis pour des propos antisémites tenus lors d'un voyage à Auschwitz, a récemment défrayé la chronique.

"Le problème, explique pudiquement Nicole Mullier, c'est l'éloignement dans le temps et dans l'histoire de beaucoup de nos élèves. Ils sont restés étrangers à l'histoire de l'Europe". "Et c'est là, ajoute-t-elle, qu'il faut introduire la nécessité de la lutte contre le racisme, contre tous les racismes". [L'histoire de l'Europe, c'est celle d'un colonialisme brutal chez les parents de ces jeunes banlieusards! Fusillades, incendies des "mechtas", tortures, voilà de la belle histoire bien sanglante, bien palpitante, que les profs ne racontent jamais… ]

"Nos élèves, ajoute-t-elle, sont heureusement sensibles à deux aspects: que la plupart des juifs déportés de France étaient des immigrés ou des enfants d'immigrés, comme eux, d'origine très populaire, et qu'ils se heurtaient, comme eux aussi, à des problèmes de visas, de frontières".

Beaucoup d'enseignants expliquent que les visites d'élèves à Auschwitz sont parfois trop rapides et mal préparées, avec des leçons de morale assénées sans réelle mise en perspective historique.

"Il y a un danger dans la répétition d'un thème, expliquait récemment le recteur de l'Académie de Paris Maurice Quenet. En parlant sans cesse du projet d'extermination du peuple juif comme du crime par excellence contre l'Humanité, nous fournissons aussi l'occasion de la transgression par excellence".

Annette Wieviorka elle-même se demandait récemment sur France-Culture si "un trop-plein de mémoire ne risque pas de l'embaumer".

Jacques Fredj souligne justement que l'enseignement de "la mémoire de la Shoah c'est aussi le questionnement sur des sujets qui continuent de hanter notre quotidien: la violence, le racisme, l'obéissance, la raison d'Etat".

 

Dépêches de l'Education, du Vendredi 21 janvier 2005

 

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