AAARGH
[69]
[71]
Remarque sur cette pièce: Il s'agit d'un "dossier" du Monde. Ce dossier s'ouvre sur un "texte". Le texte de présentation, lui, n'est pas signé mais il est de M. Jean Planchais, journaliste du Monde. Ce dernier dit bien qu'il présente une "thèse" pour que les lecteurs puissent "juger sur pièces". Dès ce numéro du Monde, il y a une "contrepartie" et d'autres pièces en contrepartie sont d'ores et déjà annoncées pour le lendemain. M. Jean Planchais commet plusieurs erreurs dans sa présentation. Je n'en relèverai que deux. A la deuxième phrase de son texte il prétend que, pour moi: "Nul n'ignore plus [...] qu'il n'y a jamais eu de chambre à gaz dans les camps de concentration." C'est absurde. Plus loin, M. Jean Planchais écrit: "Nous publions donc le texte que diffuse inlassablement le maître de conférences de l'université de Lyon-2, avec son titre et ses notes." M. Jean Planchais omet de dire que c'est auprès de la rédaction du Monde que j'ai, pendant des années, essayé d'obtenir la publication de ce texte en droit de réponse à une abominable attaque du Monde contre ma personne et mes idées le 11/12 août 1974.
[72]
Remarque sur cette pièce: Le fragment de texte qui intéresse directement notre sujet est marqué d'un filet. [Ici, il sera souligné. NdE] On remarquera que M. G. Wellers donne pour preuve de l'existence des "chambres à gaz" homicides le journal de J. P. Kremer. Je dis bien: le journal. Il ne mentionne pas les aveux qu'on a obtenus du médecin, après la guerre, grâce à ses geôliers polonostaliniens.
N. B.: On ne trouvera évidemment pas dans ce mémoire les nombreux textes que Le Monde a publiés en contrepartie de mes propres textes, puisque je me limite ici au témoignage du Dr Kremer, seul témoignage mentionné dans l'assignation de la partie adverse (voy. p. 228).
[78]
[83]
Remarque sur cette pièce: Il s'agit d'un texte en droit de réponse. Les deux fragments qui intéressent directement notre sujet sont marqués d'un filet. On notera que je mentionne explicitement "les "aveux", après la guerre, de J. P. Kremer". En ce qui concerne les trois femmes hollandaises, je montre que, par la pure critique interne, on ne peut déduire qu'une chose: c'est qu'elles ont été exécutées (et non "gazées" avec tous les membres d'un convoi). Et j'ajoute là-dessus, en note, une confirmation que nous fournit la critique externe: même dans ses "aveux" polono-staliniens le Dr Kremer nous dit que ces trois femmes ont été fusillées. Et je donne à mes lecteurs, y compris à M. G. Wellers, une référence précise qui perrnette à chacun de prendre connaissance, selon ses désirs, soit d'une simple note, soit de toute une page, soit de tout un ouvrage d'origine polonaise! Peut-on faire mieux?
[84]
Jusqu'en 1960, j'ai cru à la réalité de ces gigantesques massacres en "chambres à gaz". Puis, à la lecture de Paul Rassinier, ancien déporté, résistant et auteur du Mensonge d'Ulysse, j'ai commencé à avoir des doutes. Après quatorze ans de réflexion personnelle. puis quatre ans d'une enquête acharnée, j'ai acquis la certitude, comme vingt autres auteurs révisionnistes, que je me trouvais devant un mensonge historique. J'ai visité et revisité Auschwitz et Birkenau où l'on nous présente une "chambre à gaz reconstituée" (1) et des ruines dites de "crématoires avec chambres à gaz". Au Struthof (Alsace) et à Majdanek (Pologne), j'ai examiné des locaux présentés comme des "chambres à gaz en état d'origine". J'ai analysé des milliers de documents, en particulier au Centre de documentation juive contemporaine de Paris : archives, sténogrammes, photographies, témoignages écrits. J'ai inlassablement poursuivi de mes questions spécialistes et historiens. J'ai cherché, mais en vain, un seul ancien déporté capable de me prouver qu'il avait réellement vu, de ses propres yeux, une "chambre à gaz". Je ne voulais surtout pas d'une illusoire abondance de preuves; j'étais prêt à me contenter d'une preuve, d'une seule preuve. Cette preuve, je ne l'ai jamais trouvée. Ce que j'ai trouvé, en revanche, ce sont beaucoup de fausses preuves, dignes des procès de sorcellerie et déshonorantes pour les magistrats qui s'en étaient accommodés. Et puis j'ai trouvé le silence, la gêne, l'hostilité et, pour terminer, les calomnies, les insultes, les coups.
Les répliques que vient de susciter mon bref article sur "La rumeur d'Auschwitz", je les ai lues plus d'une fois en dix-huit ans de recherches. Je ne mets pas en cause la sincérité de leurs auteurs, mais je dis que ces répliques fourmillent d'erreurs, depuis longtemps signalées par les Rassinier, les Scheidl et les Butz.
[85]
Par exemple dans la lettre, qu'on me cite, du 29 janvier 1943 (lettre qui ne porte même pas l'habituelle mention de "Secret"), Vergasung ne signifie pas "gazage", mais "carburation". Vergasungskeller désigne la pièce, en sous-sol, où se fait le mélange "gazeux" qui alimente le four crématoire. Ces fours, avec leur dispositif d'aération et de ventilation, venaient de la maison Topf & Fils d'Erfurt (N.4473).
Begasung désignait le gazage de vêtements en autoclaves. Si le gaz employé était le Zyklon B -- préparation de "B [lausaeure]", c'est-à-dire d'acide prussique ou cyanhydrique -- on parlait de "chambres à gaz bleues". Rien à voir avec les prétendues "chambres à gaz-abattoirs"!
Il faut citer correctement le Journal du médecin Johann Paul Kremer. On verra ainsi que, s'il parle des horreurs d'Auschwitz, c'est par allusion aux horreurs de l'épidémie de typhus de septembre-octobre 1942. Le 3 octobre, il écrira: "A Auschwitz, des rues entières sont anéanties par le typhus." Lui-même, il contractera ce qu'il appelle "la maladie d'Auschwitz". Des Allemands en mourront. Le tri des malades et des bien-portants, c'était la "sélection" ou l'une des formes de l'"action spéciale" du médecin. Ce tri se faisait soit à l'intérieur des bâtiments, soit à l'extérieur. Jamais Kremer n'a écrit qu'Auschwitz était un Vernichtungslager, c'est-à-dire, selon une terminologie inventée par les Alliés après la guerre, un "camp d'extermination" (entendez par là: un camp doté d'une "chambre à gaz"). En réalité, il a écrit: "Ce n'est pas pour rien qu'Auschwitz est appelé le camp de l'anéantissement (das Lager der Vernichtung)." Au sens étymologique du mot, le typhus anéantit ceux qu'il frappe. Autre grave erreur de citation: à la date du 2 septembre 1942, le manuscrit de Kremer porte: "Ce matin, à3 h, j'ai assisté dehors, pour la première fois, à une action spéciale." Historiens et magistrats suppriment traditionnellement le mot "dehors" (draussen) pour faire dire à Kremer que cette action se déroulait dans une "chambre à gaz". Enfin, les scènes atroces devant le "dernier bunker" (il s'agit de la cour du bunker n.11) sont des exécutions de condamnés à mort, exécutions auxquelles le [86] médecin était obligé d'assister. Parmi les condamnés se trouvent trois femmes arrivées dans un convoi de Hollande: elles sont fusillées(2) .
Les bâtiments des "Kremas" de Birkenau étaient parfaitement visibles (3) de tous. Bien des plans et des photos le prouvent, qui prouvent également l'impossibilité matérielle radicale pour ces "Kremas" d'avoir eu des "chambres à gaz".
Si, à propos d'Auschwitz, l'on me cite, une fois de plus des aveux, des mémoires ou des manuscrits -- miraculeusement -- retrouvés (tous documents que je connais déjà), je veux qu'on me montre en quoi leurs précisions imprécises diffèrent des précisions imprécises de tous les documents qui ont fait dire aux tribunaux militaires des Alliés qu'il y avait des "chambres à gaz" là où, en fin de compte, on a fini par reconnaître qu'il n'y en avait pas eu: par exemple, dans tout l'Ancien Reich!
J'avais cité les documents industriels NI-9098 et 9912. Il faut les lire avant de m'opposer les "témoignages" de Pery Broad et de R.Hoess ou, pourquoi pas, les "aveux", après la guerre, de J.P.Kremer. Ces documents établissent que le Zyklon B ne faisait pas partie des gaz qualifiés de ventilables, ses fabricants sont obligés de convenir qu'il est "difficile à ventiler, vu qu'il adhère aux surfaces". Dans un local cyanuré par le Zyklon B, on ne peut pénétrer, avec un masque au filtre "J" -- le plus sévère des filtres -- qu'au bout d'une vingtaine d'heures pour procéder à un test chimique de disparition du gaz 4 . Matelas et couvertures doivent être battus à l'air libre pendant une à deux heures. Or, Hoess écrit5: "Une demi-heure après avoir lancé le gaz, on ouvrait la porte et on mettait en marche l'appareil de ventilation. On commençait immédiatement à extraire les cadavres." Immédiatement (sofort)! Et d'ajouter que l'équipe chargée de manipuler deux mille cadavres cyanurés [87] entrait dans ce local (encore plein de gaz, n'est-ce pas?) et en tirait les corps "en mangeant et en fumant", c'est-à-dire, si je comprends bien, sans même un masque à gaz. C'est impossible. Tous les témoignages, si vagues ou discordants qu'ils soient sur le reste6 , s'accordent au moins sur ce point: l'équipe ouvrait le local, soit immédiatement, soit "peu après" la mort des victimes. Je dis que ce point, à lui seul, constitue la pierre de touche du faux témoignage.
En Alsace la "chambre à gaz" du Struthof est intéressante à visiter. On y lit sur place la confession de Josef Kramer. C'est par un "trou" (sic) que Kramer versait "une certaine quantité de sels cyanhydriques", puis "une certaine quantité d'eau": le tout dégageait un gaz qui tuait à peu près en une minute. Le "trou" qu'on voit aujourd'hui a été si grossièrement fait par un coup de burin que quatre carreaux de faïence en ont été brisés. Kramer se servait d'un "entonnoir à robinet". Je ne vois ni comment il pouvait empêcher ce gaz de refluer par ce trou grossier, ni comment il pouvait admettre que le gaz, s'évacuant par la cheminée, aille se répandre sous les fenêtres de sa villa. Qu'on passe dans une pièce voisine et, là, qu'on m'explique cette affaire de cadavres conservés pour le professeur Hirt dans des "cuves à formol", qui ne sont, en fait, que des cuves à choucroute et à pommes de terre, munies de simples abattants de bois sans étanchéité.
L'arme la plus banale, si elle est soupçonnée d'avoir tué ou blessé, fait l'objet d'une expertise judiciaire. On constate avec surprise que ces prodigieuses armes du crime que sont les "chambres à gaz" n'ont, elles, jamais fait l'objet d'une expertise officielle (judiciaire, scientifique ou archéologique) dont on puisse examiner le rapport7.
Si par malheur les Allemands avaient gagné la guerre, je suppose que leurs camps de concentration nous auraient été présentés comme des camps de rééducation. Contestant cette présentation des faits, j'aurais été sans doute accusé de faire [88] objectivement le jeu du "judéo-marxisme". Ni objectivement, ni subjectivement je ne suis judéo-marxiste ou néo-nazi. J'éprouve de l'admiration pour les Français qui ont courageusement lutté contre le nazisme. Ils défendaient la bonne cause. Aujourd'hui, si j'affirme que les "chambres à gaz" n'ont pas existé, c'est que le difficile devoir d'être vrai m'oblige à le dire.
[conformément à la loi
du 29 juillet 1881, nous publions le texte de M. Faurisson. Toute
répliquele mettant en cause ouvrirait à son profit
un nouveau droit de réponse.
Nous n'en considérons pas pour autant comme clos le dossier
ouvert par les déclarations de Darquier
de Pellepoix.]
[89]
Le Monde, le 21 février 1979, p. 23
Remarque sur cette pièce. Le fragment qui intéresse directement notre sujet est marqué d'un filet. Dans cette lettre de M. G. Wellers, les incohérences sont nombreuses et graves. Je les relève à la fois dans le corps de ce mémoire et dans la pièce annexe n. 5 (droit de réponse refusé par Le Monde). J'ajouterais ici deux détails:
1. M. G. Wellers écrit: "Par contre, sur le sort de [s] 1 594 autres [personnes du convoi du 18 octobre 1942], les archives sont muettes: elles n'ont pas été introduites dans le camp, elles n'ont pas été réembarquées et renvoyées ailleurs. Elles ont disparu! Là s'arrêtent les certitudes." A quoi je répondrais: "Si les archives sont muettes, pourquoi leur faire dire tant de choses? De quel droit prétendre, notamment, que ces 1 594 autres personnes ont disparu? Et pourquoi M. G. Wellers, qui accorde toute valeur à ces archives telles que nous les ont léguées les Polonais, nous cache-t-il que, d'après le "calendrier" établi selon ces archives (" calendrier" auquel M. G. Wellers a vraisemblablement eu recours), ces 1594 personnes sont déclarées "vergast", c'est-à-dire "gazées"?
2. M. G. Wellers, qui est physiologiste de formation, se fait de l'exécution d'un homme par le gaz une idée si dérisoirement simple qu'on ne la trouverait peut-être pas chez le dernier des profanes qui, pendant une minute, réfléchirait à la question.
[90]
Depuis quelques semaines, s'est rallumée la discussion concernant les chambres à gaz dans les camps de concentration nazis, dont l'existence est niée par certains.
Pour oser le faire, il faut obéir à quelques règles de travail historique inventées dans les années cinquante par un certain P. Rassinier. Il s'agit des problèmes se rapportant aux aspects particulièrement odieux et dramatiques du régime national-socialiste, notamment au "goulag" hitlérien, couverts par un épais secret de rigueur toujours et partout où les goulags existent. Ce qu'on en sait vient des témoignages des victimes ou des bourreaux, et de documents officiels souvent écrits dans un langage où des termes apparemment anodins couvrent les réalités les plus révoltantes et inavouables. Pour retrouver cette réalité, il faut accomplir un travail minutieux de vérificationss de recoupements, de confrontations.
Rassinier et ses imitateurs appliquent des règles de travail très simples et très pratiques. La première règle consiste à écarter tous les témoignages plus ou moins gênants, sous deux prétextes: si les témoignages sont concordants, ils sont déclarés sans valeur, soit parce que provenant de connivences nées des intérêts communs des témoins, soit parce qu'ils ont été obtenus sous la torture ou grâce à des promesses. Si les témoignages sont contradictoires, leurs auteurs sont de toute évidence des menteurs. La seconde règle consiste à prendre à la lettre les euphémismes du langage officiel, inventés pour cacher la vérité.
On se demandera peut-être: que peut-on écrire de cohérent dans ces conditions? La réponse est simple: un roman. dont l'auteur affirme catégoriquement comme vérité ce qui lui plaît. S'il le fait avec "autorité" et habileté, le "truc" risque de réussir.
Voici une illustration concrète du procédé tel qu'il a été employé récemment par un élève de Rassinier.
[91]
Depuis 1940, le médecin S. S. Kremer a tenu un journal intime où il a noté différents événements de sa vie, et qui s'est terminé le 11 août 1945, jour de son arrestation par les Anglais, dans la zone de leur occupation en Allemagne. Au cours d'une perquisition à son domicile, on découvre le journal. Entre le 29 août et le 18 novembre 1942, Kremer a été affecté au camp d Auschwitz, où il participe aux quatorze "actions spéciales" ("Sonderaktion"), qu'il note brièvement dans son journal. A la date du 18 octobre 1942, on lit: "Ce dimanche matinX par un temps froid et humide, j'ai assisté à la onzième action spéciale (Hollandais). Scènes atroces avec trois femmes qui supplient qu'on leur laisse la vie." Voilà tout ce que dit le journal de Kremer.
Un historien, circonspect par métier, se rapportera d'abord aux archives du camp d'Auschwitz, où il trouvera une documentation montrant que, en effet, le 18 octobre 1942 est arrivé un convoi de 1.710 personnes, venant du camp de Westerbock, en Hollande. Kremer n'a donc rien inventé. Notre historien pensera ensuite que la "Sonderaktion" est une opération où la vie des personnes est en jeu, puisque trois femmes supplient qu'elle leur soit laissée. Dans les archives d'Auschwitz, il verra que de ce convoi 116 personnes, uniquement des femmes, ont été introduites dans le camp. Par contre, sur le sort de 1 594 autres, les archives sont muettes: elles n'ont pas été introduites dans le camp, elles n'ont pas été réembarquées et renvoyées ailleurs. Elles ont disparu! Là s'arrêtent les certitudes.
Mais notre émule de Rassinier a ses idées sur la question. En effet, il écrit: "... les scènes atroces devant le "dernier bunker" sont des exécutions de condamnés à mort, exécutions... auxquelles le médecin était obligé d'assister. Parmi les condamnés, se trouvent trois femmes arrivées dans un convoi de Hollande: elles sont fusillées". Où prend-il tout cela? Kremer ne dit rien au sujet des condamnations à mort le 18 octobre 1942, ni des trois femmes en question, ni d'autress ni du sort réservé finalement aux premières. Du pur roman? Sûrement, mais un roman qui a l'énorme avantage de montrer au lecteur abusé que la "Sonderaktion" n'a rien à voir avec les prétendues "sélections pour les chambres à gaz", et que le cas des trois femmes est celui de "condamnées [92] à mort" (par qui, quand, et pourquoi?), et fusillées pour cela Normal, n'est-ce-pas?
Mais ce roman est un roman inspiré. En effet, après son arrestation en août 1945, le docteur Kremer est livré par les Anglais aux Polonais pour être jugé, avec trente-huit autres S. S. de la garnison d'Auschwitz, dans un procès instruit par le tribunal de Cracovie. En cours d'instruction, exactement le 18 juillet 1947, il est interrogé à propos de sa note du 18 juillet (*) 1942 et il raconte: "Lors de l'action spéciale que j'ai décrite dans mon journal à la date du 18 octobre 1942, trois Hollandaises ne voulaient pas entrer dans la chambre à gaz et suppliaient de leur laisser la vie sauve. C'étaient des femmes jeunes, en bonne santé, malgré cela, leur prière n'a pas été exaucée, et les S. S. qui participaient à l'action les ont fusillées sur place (1)" (p. 238-9). Notre romancier connaît parfaitement le texte de cette déposition, il l'a cité en référence, mais en retenant uniquement le fait que les trois femmes ont été fusillées; pour le reste, il le cache au lecteur: pas la moindre allusion au sujet des chambres à gaz, ni de l'assassinat sur place ni sur le sens évident du terme de "Sonderaktion". Il abuse. donc, son lecteur en toute connaissance de cause! Et cependant, un autre S. S., I'ex-commandant d'Auschwitz, Hoess. ignorant tout des paroles de Kremer, avait écrit à propos des sélections à l'arrivée de convois: "... Dès qu'une inquiétude se faisait sentir, on s'emparait discrètement de ceux qui la semaient, on les conduisait derrière la maison et on les tuait avec une carabine de petit calibre de façon que les autres ne puissent entendre les coups de feu" (2) (p. 100). Ainsi, Hoess confirme Kremer.
Le cercle semble bouclé, la démonstration du caractère scandaleusement abusif de la littérature de notre romancien qui se donne pour un "chercheur de vérité" scrupuleux, semble être faite. Eh bien! non. Le romancier prend les devants en écrivant qu'il ne faut pas lui "opposer les témoignages" de Pery Broad et de R. Hoess ou, pourquoi pas, les "aveux" après la guerre de J. P. Kremer. Notre romancier rejette ainsi [92] toutes les sources qui lui déplaisent, mais cependant puise à sa façon dans les "aveux" de Kremer, le renseignement concernant l'exécution de trois malheureuses femmes, parce que ce renseignement lui convient. Que le lecteur juge lui-même ces méthodes..
Autre exemple: notre romancier s'arrête
longuement sur lsimpossibilité technique de l'emploi du
Zyklon B à base d'acide cyanhydrique comme moyen d'assassinat
dans les chambres à gaz. Pourquoi? Parce que le "Zyklon
B ne faisait pas partie des gaz... ventilables" (sic.),
et, dans ces conditions, il était impossible de pouvoir
envoyer "soit immédiatement", soit "peu
après la mort des victimes" I'équipe chargée
de retirer les cadavres de la chambre encore pleine de vapeurs.
A l'appui de cette argumentation est cité un document dans
lequel le fabricant précise que l'acide cyanhydrique "adhère
aux surfaces" et que, pour s'en débarrasser, il faut
prendre des précautions spéciales (NI-9098). Or,
dans ce document, le fabricant parle de désinfection d'un
appartement dans une maison d'habitation pleine de meubles, de
matelas, de vêtements, etc. A Auschwitz, dans les chambres
à gaz, il n'y avait que le plafond, le plancher, les quatre
murs et une compacte foule de gens tout nus. Dans ces conditions,
la concentration des vapeurs nocives restées dans l'atmosphère
après la mort due à l'absorption de ces vapeurs
par des centaines de poitrines, et après une énergique
ventilation par un "dispositif d'aération et de désaération",
était, sans doute, incomparablement plus faible que celle
existant dans un appartement encombré de divers objets.
Et s'il y avait tout de même un danger pour la santé
des membres du Sonderkommando chargés de sortir
les cadavres, ce danger était le dernier des soucis de
Hoess et compagnie.
Enfin, notre auteur nous livre sa déception après la visite de deux chambres à gaz: celle de Maidanek et celle de Struthof. Il trouve "ces prodigieuses armes du crime" que sont les "chambres à gaz", sans aucune allure! On se demande quelle idée de "ces armes du crime" il se faisait avant ses visites. Il a dû tout de même lire que tout était fait pour tromper les victimes qui pénétraient dans une chambre à gaz dont l'aspect [94] était rendu intentionnellement banal. Il est vrai qu il s agit de "faux temoignages". Mais, pour une fois, il semble qu'on peut les croire à tel point il est évident que la S. S. avait un intérêt majeur à rassurer les futures victimes et à éviter les dé sordres, les agitations, voire les révoltes. D autre part, notre auteur, manifestement, n'a jamais songé que parmi les diverse5 "armes du crime" il est mille fois plus facile de fabriquer une chambre à gaz qu'un couteau ou un méchant pistolet. En effet tous les candidats au suicide par le gaz de ville ferment les fenêtres et les portes de leur appartement, ouvrent le robinet du gaz et meurent dans une "chambre à gaz" improvisce en une minute.
[95]
Les cinq premières pages de cette pièce constituent le texte en droit de réponse que j'ai adressé le 26 février 1979 au journal Le Monde. Il s'agissait d'une réponse à de nombreuses mises en cause de R. Faurisson dans Le Monde du 21 février 1979, p. 23, et dans celui du 23 février 1979, p. 40. R. Faurisson n'avait pas été "nommé", il est vrai, mais il avait été clairement "désigné", ce qui, aux termes de la loi, revient au même.
Néanmoins, Le Monde a, par une lettre du 27 février 1979, immédiatement refusé, et cela sans explication, la publication de ce texte. La lettre de refus du Monde constitue la sixième et dernière page de cette pièce annexe.
Remarque sur cette pièce: Le fragment qui intéresse directement notre sujet est marqué d'un filet.
J'estime que ce court fragment où j'ai dû, comme dans tout texte en droit de réponse, condenser au maximum l'expression de ma pensée, constitue une réponse suffisante - pour un lecteur attentif- à la lettre de M. G. Wellers. Je n'avais pas besoin de rédiger tout un mémoire. Si, pourtant, j'ai rédigé tout un mémoire, c'est pour être plus clair encore.
[96]
26 février 1979
Dans une longue déclaration, trente-quatre historiens français viennent de nous faire savoir qu'il est certes "naturel" de se poser toutes sortes de questions sur la Seconde Guerre mondiale, mais que, néanmoins, "il n'y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz".
Pour ma part, je constate qu'il y a un débat sur l'existence ou non des "chambres à gaz" et je crois que ce débat est légitime. Longtemps, il a opposé quelques spécialistes de l'école des historiens révisionnistes à quelques spécialistes de l'histoire officielle. Ce débat s'est en quelque sorte ouvert en 1960 quand le Dr. Martin Broszat, représentant du très officiel Institut d'histoire contemporaine de Munich, a dû faire une énorme concession au révisionniste Paul Rassinier: il lui a fallu admettre qu'en dépit d'une prétendue surabondance de preuves, de documents, de témoignages et d'aveux, tous dignes de foi, il n'avait pourtant jamais existé une seule "chambre à gaz" dans tous les camps de concentration de l'Ancien Reich. En 1968, la discussion avait été relancée, du côté officiel, par Olga Wormser-Migot qui, affrontant une véritable tempête de protestations, osait parler dans sa thèse de ce qu'elle nommait alors "le problème des chambres à gaz". Depuis 1974, ce débat est peu à peu devenu public en Europe occidentale et dans tout le monde anglo-saxon (y compris, tout récemment, en Australie!). La presse française ne peut plus l'ignorer, sous peine de pratiquer une forme de censure.
Ce débat est déjà riche d'enseignements. Un lecteur attentif du Monde aura beaucoup appris de la seule lecture de son [97] journal le 21 février 1979, où toute une page est exclusivement consacrée à un exposé des thèses de l'histoire officielle. Pour commencer, le lecteur aura appris que, dans certains camps, on présente "aux pèlerins ou aux touristes" de fausses "chambres à gaz" (il est seulement dommage qu'on ne lui nomme pas ces camps). Puis, il aura appris que le chiffre de trois millions de morts pour Auschwitz est "certainement exagéré", ce qui le surprendra s'il se rappelle que le chiffre officiel est de quatre millions. Il aura constaté que, là où les archives allemandes sont déclarées "muettes" (1), on tend à les interpréter. Il aura vu que, là où les documents du IIIe Reich sont "apparemment anodins", on les interprète au point, par exemple, de dire que "traiter en conséquence" signifie... "gazer". Il aura noté que les ordres d'Himmler, soit de construire, soit de détruire les "chambres à gaz" ne font l'objet d'aucune précision; c'est qu'en fait de tels ordres n'ont apparemment jamais existé. Il aura appris que le "document" de l'ingénieur SS Gerstein est jugé "indiscutable", non pas dans sa totalité mais seulement "sur l'essentiel". Avec un peu d'attention encore, il aura remarqué que, dans ce qu'on veut bien lui citer de ce document, il est question de 700 à 800 personnes dans une "chambre à gaz" de 25 m2 de surface et d'une hauteur de 1,80 m: ce qui donne de 28 à 32 personnes debout dans un espace d'un mètre sur un mètre! Dans la liste des trente-quatre historiens, il aura peut-être remarqué qu'il ne figure qu'un seul spécialiste de l'histoire des camps. Dans la liste bibliographique, il aura deux fois rencontré le nom d'Olga Wormser-Migot pour des ouvrages secondaires mais non pour sa thèse, sans doute jugée dangereuse; et il n'aura trouvé aucun livre ni aucun article consacré aux "chambres à gaz" pour la bonne raison qu'il n'en existe, du côté officiel, ni en français, ni en aucune langue étrangère (attention, ici, à certains titres trompeurs!).
Au lecteur du Monde on parle d'un exposé sur "la solution finale du problème juif" en date du 20 janvier 1942. On se demande vraiment pourquoi le texte de cet exposé n'est pas [98] appelé, comme on le fait d'habitude, par son nom de "Protocole de Wannsee". Je note que, depuis quelque temps, on semble s'être aperçu que cet étrange procès-verbal (car le mot de "Protocole" est un faux sens) est plein de bizarreries et qu'il est dénué de toute garantie d'authenticité. Il a été dactylographié sur du papier ordinaire, sans indication de lieu ni de date de rédaction, sans indication de provenance, sans en-tête officiel, sans référence, sans signature. Cela dit, je pense que la réunion du 20 janvier 1942 a bien eu lieu et qu'elle concernait "la solution, enfin, du problème juif", c'est-à-dire que, leur émigration vers Madagascar étant rendue impossible par la guerre, on décidait le refoulement des populations juives vers l'Est européen.
Quiconque fonde quelque accusation que
ce soit sur le "document" Gerstein (PS-1553) fait, par
là même, la preuve de son incapacité à
trouver un argument solide en faveur de l'existence des "chambres
à gaz". Même le Tribunal militaire international
de Nuremberg n'avait pas voulu exploiter ce texte sorti
de ses archives. D'autres tribunaux, il est vrai, s'en sont contentés.
La confession de R. Hoess n'a pas plus de valeur. Je ne reviendrai
pas sur cet "aveu" rédigé sous la surveillance
de ses geôliers polonais et staliniens. Le moindre effort
d'analyse en montre le caractère fabriqué, je renvoie
là-dessus aux ouvrages de Paul Rassinier et, en particulier,
à son étude sur Le Procès Eichmann. Quant
au Journal de Kremer écrit pendant la guerre, il
est authentique, mais on en sollicite abusivement quelques passages
ou bien l'on en déforme le texte pour nous faire croire
que Kremer parle des horreurs des "chambres à gaz"
là où, en réalité, il décrit
les horreurs d'une épidémie de typhus. Après
la guerre, Kremer a, bien entendu, avoué ce qu'on voulait
lui faire avouer selon tous les stéréotyes des spécialistes
de l'aveu. On me reproche d'avoir caché ce point. Je ne
l'ai pas caché. J'ai expressément mentionné
l'existence de ces "aveux". Je n'en ai pas analysé
le texte tout simplement parce qu'on s'était heureusement
abstenu de me le présenter comme une preuve de l'existence
de "chambres à gaz" à Auschwitz! Quand
Kremer parle de trois femmes fusillées, je veux
bien l'en croire. Il pouvait arriver, je pensee qu'un convoi de
1710 personnes comprenne trois personnes à fusiller sur
place, à Auschwitz. Mais quand Kremer, après la
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Nous nous plaçons sous
la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits
de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19
<Tout individu a droit à la liberté d'opinion
et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être
inquiété pour ses opinions et celui de chercher,
de recevoir et de répandre, sans considération de
frontière, les informations et les idées par quelque
moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme,
adoptée par l'Assemblée générale de
l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.