AAARGH
LA VIEILLE TAUPE
Organe de critique et d'orientation postmessianique
Bulletin confidentiel réservé aux Amis de la Vieille Taupe.
Directeur de publication: Pierre Guillaume.
Avec notamment:
Chers amis de la Vieille Taupe,
Vincent Reynouard a été arrêté hier (10 nov.) à 19h 30 dans la région parisienne par la gendarmerie, sur mandat d’arrêt français, alors qu’il s’apprêtait à tenir une conférence privée au domicile d’un particulier. Il est donc en garde-à-vue et, compte tenu du 11 novembre et du dimanche 12, nous n’aurons pas de nouvelles avant lundi.
La répression devient folle et il n’y a aucune raison de penser que cela va se calmer. Au contraire.
Inutile de préciser la profonde solidarité de la VT, hélas impuissante, avec Vincent Reynouard et avec sa famille.
Dans ma précédente circulaire, je critiquais Vincent Reynouard. Précisément, il faut que les révisionnistes, apprennent à vivre et à collaborer avec des désaccords, unifiés seulement par la recherche de la vérité, et la lutte contre la répression. C’est l’incapacité à gérer l’existence du moindre désaccord qui est responsable de l’incapacité du révisionnisme à constituer un réseau tant soit peu efficace et capable d’initiatives. Nous avons de ce fait perdu beaucoup de monde en route. Il va falloir que cela change, maintenant que la dernière bataille est engagée. Vincent lui-même l’avait bien compris, qui, au téléphone, quelques jours avant son arrestation, ne voyait aucun inconvénient à collaborer aux initiatives de la VT, nonobstant nos désaccords (que je confirme).
Mercredi 15 novembre
Vincent Reynouard a été libéré à Saverne, dans le Bas-Rhin, mardi vers 13 h. Il avait été conduit devant ce juge mardi matin, après avoir passé trois jours à Fleury-Mérogis. Ce n’est donc pas la conférence privée à laquelle il se rendait qui était spécifiquement visée, mais c’était le résultat d’une ancienne inculpation à Saverne, pour des tracts ou des courriels, qui suit son cours.
Cela montre en tout cas que les révisionnistes font l’objet d’une surveillance constante.
Tous ces efforts de répression pour entraver la diffusion du révisionnisme, pour cacher qu’il a déjà gagné la partie!
Je n’ai pas suivi l’affaire Gollnish. Je veux dire: pas suivi en détail et avec précision. Mais en gros j’ai retenu que, dans des déclarations prudentes, il avait, non pas nié l’existence des chambres philosophales, mais soutenu que les historiens devraient avoir le droit d’en discuter, ainsi que du nombre des victimes. Rien de plus donc, que la déclaration fameuse du 12/12/2005 des héroïques historiens conduits par René Rémond et le regretté Vidal-Naquet, qui ont eu l’extrême courage de rappeler des principes excellents, à la condition de ne pas les appliquer! et de continuer la répression contre ceux qui les appliquaient!
Mais même cette audace limitée n’était pas permise à Bruno Gollnish, qui avait dit exactement la même chose! Il a été finalement conduit, aux termes de multiples péripéties judiciaires, à confesser sa foi en l’ineffable chambre sur injonction de Maître Jakubowicz.
«La Vieille Taupe défendra dorénavant le droit de croire aux chambres à gaz avec la même énergie qu’elle a défendu le droit de ne pas y croire.» (bulletin n°18). Y compris, par conséquent, le droit de Bruno Gollnish d’être un nouveau témoin de la chambre.
Mais la profession de foi de Bruno Gollnish contribuerait plutôt à renforcer chez beaucoup l’incrédulité naissante, en ce que cette profession de foi pourrait encourir le soupçon d’avoir été faite sous la contrainte. Et tel pourrait bien avoir été le cas d’un certain nombre d’autres témoignages utilisés par les «historiens» hypocritiques.
Si tel était le cas, et s’il s’avérait que Bruno Gollnish n’ait pas été sincère dans sa profession de foi, il ne faut tolérer ni critiques ni reproches de quiconque n’a pas été lui-même dans une telle situation.
S’il croit vraiment aux chambres à gaz, les colonnes de la Vieille Taupe lui sont ouvertes pour développer ses arguments. Sinon, la VT le remercie et remercie Alain Jakubowicz d’avoir contribué à révéler le dernier ressort qui maintient en vie le dogme: la répression, la violence, l’intimidation.
L’affaire Gollnish a montré, et démontre sans aucun échappatoire, que la chambre à gaz ne relève plus de la connaissance historique, c’est-à-dire de l’adhésion libre à une connaissance, mais de la soumission à un diktat, c’est-à-dire relève de la politique et de la dogmatique religieuse judaïques. Et cette conclusion s’impose, que des chambres à gaz aient existé ou non, ce qui relève de la recherche, de la discussion et du débat historique libre.
Ce qui montre que les censeurs n’y croient plus eux-mêmes, sinon ils ne craindraient pas le débat.
Le rapport entre la foi, la raison et la violence, que nous rencontrons ici constitue précisément le thème central de réflexion du Pape dans sa conférence de Ratisbonne. Nous y reviendrons. En bref, les musulmans se sont fait complètement manipuler par ceux qui voulaient punir le Pape des déclarations fermes contre le sionisme chrétien (protestant prétendument évangélique) faites par les évêques de Palestine, en présence d’un représentant du Vatican, et quelques autres manifestations timides de résistance du Vatican au totalitarisme et au bellicisme USraélien. Pour sa part, la VT encourage ce timide début de réveil, qui pourrait bien annoncer à terme un retour à la théologie catholique des Pères de l’Église face au totalitarisme judaïque. À suivre.
La VT est ressuscitée à travers le bulletin n°18. Vous pouvez tous en témoigner.
«Mais pourquoi 18 allez-vous demandez? Parce que 18 signifie “vivant“, en hébreu. À l’instar des chrétiens porteurs d’un petit crucifix, beaucoup de juifs portent le signe “18“, qui se lit “Chaï“ (vivant) en pendentif autour du cou.»
Cette phrase, énonciatrice d’une coïncidence prémonitoire se trouve à la page 71 d’un livre d’Israël Adam Shamir, Notre-Dame des douleurs où se trouve reproduit un article du 21 avril 2004, intitulé “Le retour de Vanunu”.
Voici donc une introduction amusante au livre capital d’Israël Adam Shamir. Après L’Autre visage d’Israël et Pardes. Une étude de la Kabbale, publié par les éditions Al Qualam, dans ce nouveau livre, Notre-Dame des douleurs, Shamir finit de déconstruire jusqu’à la racine le paradigme juif et invite ses frères Juifs à en tirer les conséquences. La VT n’a rien à rajouter. Pour ceux qui s’intéressent à la théologie, Shamir pulvérise la nouvelle théologie soi-disant «judéo-chrétienne», mais en fait complètement judéo, et plus du tout chrétienne, de l’Église moderne, qui est une pure et simple apostasie.
Le livre de Shamir pourrait bien contribuer à convertir les évêques de l’Église de France et le Pape au catholicisme, c’est-à-dire les conduire à résister à la domination judaïque et au bellicisme USraélien, ce qui serait un bon début. Que pouvons-nous faire là-dedans? Ce sera l’objet de notre prochaine circulaire. Dans l’immédiat, il faut tout faire pour faire circuler ces livres.
L’Autre visage d’Israël (20,00 Euros), Notre-Dame des douleurs (20,00 Euros) à l’ordre de Pierre Guillaume.
En ce qui concerne Pardes. Une étude de la Kabbale, l’éditeur Al Qualam, échaudé par la lourde amende et les indemnités aux ligues de vertu auxquelles il a été condamné, ne diffuse pas dans le public. Il faut pour se procurer ce livre adhérer à l’association «Entre la plume et l’enclume». En pratique il faut envoyer 20 Euros par chèque à l’ordre de E.P.E. en indiquant qu’on adhère à l’association et qu’on désire recevoir Pardes, à Mondher Sfar, 1, rue Cassini, 75014 Paris.
Le précédent bulletin racontait ma subite et quasi miraculeuse guérison d’une phase dépressive d’une psychose bipolaire, à la découverte d’un livre de Jean Robin, La Judéomanie.Beaucoup de correspondants s’étant inquiétés de ma santé, je confirme que tout va bien et que je ne constate aucun retour de symptômes pathologiques. Ce qui confirmerait mon hypothèse que mon état cyclothymique n’était pas du à une prédisposition caractérielle ou neurologique, mais uniquement à l’excès de tensions insolubles qui résultaient de ma situation de révisionniste et d’un excès de conscience des réalités et de ma presque totale impuissance face à la montée de la guerre totalement folle qui menace.
Ce livre remarquable fait l’objet d’un boycott sans faille des médiats, mais une recherche sur Google sur Internet faisait apparaître 835 occurrences de ce mot à la suite du livre! Le blog du livre, assuré par Jean Robin, est extrêmement riche et documenté sur la judéomanie envahissante. Ce mot entrera dans le dictionnaire. Dans combien de temps? Commencez par l’utiliser vous-même systématiquement.
En cherchant un peu, on découvre que la première occurrence répertoriée du mot se trouve sur le site révisionniste aaargh: Année révisionniste 2000, p.64. Mais la VT aura d’autres révélations à faire sur ce livre… quand le temps sera venu…
De même le mot «judéothérapeute», créé p.178 du n°5 des AHR. et repris en signature du petit poème de Wilhelm Stein en Réflexions sur l’État juif et l’état des Juifs. Google relève déjà 80 occurrences à notre dernière consultation. Mais l’aaargh, qui apparaissait en bonne place lors d’une consultation précédente, a disparu! Probable effet des filtrages et censures dus à la police de la pensée.
Ce mot «judéothérapeute» est repris dans un excellent livre d’Hervé Ryssen: Psychanalyse du judaïsme. À peine née, cette discipline connaît donc des écoles diverses et je souhaite bonne chance et beaucoup de succès thérapeutique à ce jeune confrère, dont je soupçonne cependant qu’il manque de la compassion nécessaire pour ses futurs patients. Son livre n’en est pas moins très instructif et très documenté aux bonnes sources. Il peut être obtenu auprès de la VT. (26,00 Euros).
Je donnerai dans un prochain bulletin les informations révisionnistes, qui sont très abondantes, et confirment, à mon avis, que le point d’implosion de l’industrie de l’Holocauste approche. Raison de plus pour être en ordre de marche pour la dernière bataille, en étant réduit à espérer qu’une frappe USraélienne sur l’Iran ne vienne pas créer un climat d’hystérie généralisée, le déchaînement de toutes sortes de tensions explosives et l’instauration, au nom de la lutte contre le terrorisme, d’un totalitarisme policier complètement monstrueux.
Ce bulletin contient un premier texte, intitulé «Le cave se rebiffe» et signé Wilhelm Stein, révisothérapeute.
Il vise à identifier, pour les corriger, certaines des mentalités et des causes qui ont empêché les révisionnistes d’être aussi efficaces qu’ils auraient pu l’être.
Le deuxième texte, intitulé «Lettre ouverte à mon avocat» vous permettra de découvrir une partie des péripéties qui m’ont conduit devant le tribunal d’Orléans, et expliquent le silence de la Vieille Taupe, tant que je pouvais craindre une exploitation médiatique de la situation. Cette lettre, qui est l’expression de la vérité à un certain moment, donne du révisionnisme de la VT une image qui présente l’avantage de ne pas pouvoir coïncider avec les phantasmes et les amalgames à l’aide desquels nos ennemis veulent nous assimiler pour n’avoir pas à affronter les arguments révisionnistes.
Le troisième texte est une lettre d’un étudiant qui croit aux chambres à gaz. Contrairement à Bruno Gollnish semble-t-il, il y croit vraiment. Mais il fait plus que croire. Contrairement à la plupart de nos ennemis, il connaît bien, et même très bien, le dossier. Il connaît plus et mieux le dossier qu’on ne sera jamais en droit de l’exiger de quiconque. Or il est convaincu de l’existence de chambres à gaz! Et il argumente. Il m’écrit pour me détromper. Il souhaite donc débattre.
C’est par le débat que l’on peut passer de la croyance à la connaissance, et vérifier la pertinence de ses idées. Et c’est vrai pour lui comme pour moi, parce que c’est vrai pour tout le monde. En théorisant le refus du débat et de la confrontation Vidal-Naquet a cantonné le camp adverse dans l’univers de la croyance, ce qui est la négation même de l’histoire.
L’inexistence des chambres à gaz n’est pas un dogme pour la VT, qui en cette matière est laïque (bulletin n°18). Tous ceux qui acceptent de débattre sérieusement sans prendre leurs contradicteurs pour des imbéciles ou pour des monstres sont donc les bienvenus.
Le quatrième texte, c’est ma réponse, beaucoup plus longue, à cet étudiant, où j’ai été amené à expliquer ce que je crois moi-même en abordant les choses sous un angle parfois nouveau.
Dans cette réponse j’ai été conduit à utiliser le dessin d’une maquette de LA CHAMBRE A GAZ (joint au bulletin) tel qu’il avait été publié dans un journal local et que j’avais fait reproduire, pendant ma phase d’agitation maniaque, pensant que le commentaire au verso, l’encadré rouge, suffirait à provoquer une lecture critique de cette maquette. J’avais, à l’époque, l’intention de diffuser massivement ce recto-verso à la fois parfaitement orthodoxe et parfaitement révisionniste.
J’allais plus vite que la musique, parce que, d’une part je me souvenais de la demande de Faurisson: «Dessinez-moi une chambre à gaz» Voilà, c’était fait! et d’une remarque de Claude Lanzman, entendu sur France-Inter, s’opposant à toute représentation d’une chambre à gaz et «craignant le pire» dans un tel cas.
Les moyens de dénouer le nœud gordien se mettent peu à peu en place.
À chaque jour suffit sa peine.
Du fond de sa prison Ernst Zündel vient de rappeler que, comme il l’avait prévu, la thèse officielle sur le 11/9 est en train de s’effondrer. C’est aussi important que les chambres à gaz. (Suite plus développée bientôt, ainsi que la copie du chèque dans la guirlande des vieilles taupes de Chard, dans un prochain bulletin)
Pierre Guillaume
À l’automne 2000 la revue La Vieille Taupe a publié son douzième et dernier numéro, au milieu des pires difficultés. Ce numéro confidentiel réservé aux amis de la Vieille Taupe consistait principalement en la traduction française du livre, paru aux Etats-Unis, de Norman G. Finkelstein, L’industrie de l’Holocauste. Cette traduction avait été effectuée bénévolement et affichée sur le Net par le site révisionniste l’aaargh. La prépublication, confidentielle et gratuite, pour l’information privée de nos amis, avait été effectuée sans l’accord de l’auteur, qui se serait refusé au moindre contact avec ces intouchables qu’étaient les révisionnistes.
Dans une préface intitulée Bis repetita? et signée El Dakhel, Inch’Allah, je rappelais quelle avait été la stratégie de la Vieille Taupe dans l’affaire Garaudy et j’exposais nos buts et nos méthodes, donc les raisons pour lesquelles la Vieille Taupe jugeait important et excellent le travail de déconstruction et d’exposition de l’industrie de l’Holocauste effectué par Norman Finkelstein. Relue six ans plus tard cette préface reste toujours d’actualité, mais au surplus, sur plusieurs points, elle s’avère avoir été prémonitoire.
Le texte de Norman Finkelstein est suivi de six petits textes, de la page 144 à la page 160, extrêmement denses, qui tous réaffirment sans la moindre ambiguïté, les positions révisionnistes de la Vieille Taupe et soulèvent des questions tout à fait fondamentales. Ces textes montrent, s’il en était besoin, que personne n’était dupe de rien. Mais ce faisant nous lancions un message: que nous n’étions nullement antisémites et que nous étions prêts et désireux d’accueillir un Juif, en cours de route, sur la bonne voie.
La prépublication de la traduction française de ce texte, sur l’aaargh et dans la revue répondait donc à une orientation et à une stratégie, avec laquelle on peut être en désaccord et que l’on peut discuter, mais qui est l’orientation de la Vieille Taupe.
Suit maintenant un échange de courriels que je vous demande de lire attentivement:
Le 27 oct. 06, à 17:26, Bocage a écrit :
Voici le message que nous recevons du révisionniste jordanien Ibrahim Alloush le 26 oct. 2006 (traduction rapide), où l'on voit que ce vigilant intellectuel ne tombe pas dans le piège où sont tombés beaucoup de révisionnistes qui, lors de la parution du livre de Finkelstein, "L'Industrie de l'Holocauste" s'étaient enthousiasmés pour ce livre sans se rendre compte que l'ouvrage, tout en critiquant les juifs, confortait, page après page, l'existence de l'"Holocauste".[…]
Le 27 oct. 06 à 21:46, Guillaume a écrit :
Vous auriez pu signaler que "L'industrie de l'holocauste" de Finkelstein constituait le n°12 et dernier de La Vieille Taupe.
Cette publication comportait une préface et une postface sans la moindre ambiguïté.
Et même des éléments prophétiques.
Personne ne s'est donc "enthousiasmé" outre mesure. Même ceux qui ont salué ce livre comme une étape sur un chemin.
Le chemin qui est justement en train de s'accomplir.
Le chemin qui était tracé et expliqué dans la préface et les postfaces.
Ces gens qui se sont enthousiasmés "sans se rendre compte" et qui seraient tombés dans un piège sont donc un phantasme.
La réalité c'est que des gens se sont rendu compte que ce livre, tout en semblant conforter l'existence de l'Holocauste (pas page après page) sapait (page après page) l'un des piliers de la religion, et l'ont traduit et publié et diffusé gratuitement pour contraindre un autre éditeur à le faire officiellement.
Et le résultat a été stratégiquement très positif.
Il reste des exemplaires de cette édition hors commerce, avec ses appendices prophétiques, pour les amis de la Vieille Taupe qui participent à la dernière bataille.
La Vieille Taupe
Merci de faire suivre à Ibrahim Alloush
Le 27 oct. 06, à 23:06, Bocage a écrit :
J'en ai pourtant connu, moi, et des palanquées, de gens qui se sont enthousiasmés pour ce livre!
Votre quant-à-moi est un peu fatigant, cher Guillaume! Et je ne vous dis pas ça méchamment, croyez-le bien.
YS
En dessous de ce message était reproduit mon propre courriel, mais tronqué:
Le 27/10/06 21:46, «Guillaume» <pguillaume1@tele2.fr> a écrit:
Vous auriez pu signaler que "L'industrie de l'holocauste" de Finkelstein constituait le n°12 et dernier de La Vieille Taupe. Cette publication comportait une préface et une postface sans la moindre ambiguïté.
Et même des éléments prophétiques. Personne ne s'est donc "enthousiasmé" outre mesure. Même ceux qui ont salué ce livre comme une étape sur un chemin.
Le 28 oct. 06 à 07; 15 Pierre Guillaume a répondu:
Quant à moi, Il me semble que le 27/10/6 21:46, Guillaume avait écrit un tout petit peu plus que ce qui est cité ci-dessus.
Est-ce que je me trompe?
Et je ne dis pas ça méchamment, croyez-le bien.
P.G.
Le 28 oct 2006 à 12;32 Bocage a écrit:
Croyez-vous que j'ai le temps de répondre point par point? Ce serait pourtant facile. Mais je n'ai pas le temps.
Maintenant: si mes informations doivent à chaque fois susciter des commentaires auxquels je devrais répondre, je ne vous les enverrai plus.
Vous n'êtes pas seul sur mes listes!!!
Amitiés quand même.
Y.
Cet échange désespérant appelle quelques commentaires.
Les «révisionnistes qui, lors de la parution du livre de Finkelstein, s’étaient enthousiasmés pour ce livre» sont manifestement d’abord ceux qui réalisent le site aaargh et ceux qui ont publié la revue La Vieille Taupe, puisque, de tous «ceux qui se sont enthousiasmés», ils sont les seuls à avoir transformé leur enthousiasme en acte, en traduisant et en prépubliant ce texte. Par opposition à Ibrahim Alloush, qui est un intellectuel vigilant, ces révisionnistes de l’aaargh et de la VT, seraient tombés dans un piège! Ce n’est déjà pas une preuve d’intelligence et de perspicacité. Mais au surplus, «sans se rendre compte que l’ouvrage, tout en critiquant les Juifs, confortait page après page l’existence de l’Holocauste». On ne saurait mieux dire que ces révisionnistes sont des imbéciles, s’ils n’ont pas même été capables de s’apercevoir, après l’avoir traduit et imprimé, que ce livre confortait «page après page» l’existence de l’Holocauste.
C’est un énorme mensonge. Je ne vais pas relire maintenant le texte pour faire le décompte des pages, mais je découvre dans la préface, page 12:
«Le fait qu’il continue à adhérer aux thèses de Raul Hilberg en ce qui concerne les faits et les événements de la deuxième guerre mondiale ne doit nullement nous empêcher de dire: «En ce qui concerne l’industrie de l’Holocauste, Finkelstein a raison», et de citer urbi et orbi les meilleurs passages de ses analyses, en laissant à nos censeurs le soin de citer, si ils l’osent, les convictions exterminationnistes orthodoxes du professeur Finkelstein, qui se borne d’ailleurs à les réaffirmer sans apporter autre chose que cette réaffirmation dénuée d’arguments»;
En dehors d’une réaffirmation liminaire du dogme, la quasi-totalité du livre consiste, page après page, en une analyse, une déconstruction et une exposition très perspicaces et approfondies de «L’industrie de l’Holocauste», dont je ne connais pas d’équivalent. L’auteur, en dépit du fait qu’il plie le genoux devant le dogme, sape l’un des piliers de la religion de l’Holocauste. Et ce sont nos ennemis qui se trouvent, non pas pris dans un piège, car ils sont trop puissants, et la VT trop petite, mais face à un dilemme, devant notre prépublication, dont ils ne parlent jamais, même pour la dénoncer. Ce n’était donc peut-être pas si mal calculé!
Autre incompréhension: Ce livre «tout en critiquant les Juifs…». Cette circonstance semble être invoquée comme légèrement atténuante et peut-être explicative de l’aveuglement des révisionnistes en question. Mais c’est faux! Absolument rien dans ce livre ne critique les Juifs en tant qu’ils seraient Juifs. Il critique impitoyablement un racket et démonte admirablement ce qu’il nomme opportunément l’industrie de l’Holocauste. Ce faisant il critique impitoyablement certains Juifs. Pas «les Juifs».
Ce n’est pas parce qu’il critiquerait «les Juifs» que ce livre nous intéresse, c’est pour la quantité formidable de vérités qu’il contient et qu’il met au jour. Et aussi parce qu’il est beaucoup plus susceptible de troubler et de commencer à faire réfléchir une victime de la religion de l’Holocauste, au contraire de certains autres textes, révisionnistement corrects, qui, les choses étant ce qu’elles sont, et le monde ce que nous savons, ne font que renforcer les préjugés symétriques, sans bénéfice réel pour la vérité historique.
Ma réponse au communiqué initial de Bocage invitait donc à discuter de ces problèmes d’orientation autour desquels il y avait manifestement beaucoup d’incompréhension. Et ma réponse était, je crois, calme et mesurée. Elle demandait que le point de vue de ces révisionnistes, accusés, soit pris en considération. Rien de plus, rien de moins. Je suis convaincu que sans cela le révisionnisme est condamné à végéter et la controverse sur les chambres à ressembler à la controverse sur le Saint suaire. La répression en plus.
La réponse est époustouflante.
Parce que si Bocage a connu des palanqués (?) d’imbéciles qui se sont enthousiasmés pour un livre qui confortait page après page la réalité de l’Holocauste, Bocage choisi mal ses relations. Ou bien Bocage a-t-il connu des palanqués (?) de révisionnistes qui ont espéré un peu trop vite que ce livre critique donnerait le signal d’une crise pratique de l’industrie de l’Holocauste. Mais le nain du lac, en quatrième de couverture du n°1 de la VT, chevauche un escargot. Et Karl Marx a écrit; «Critique de la critique critique».
De toute façon aucun progrès d’une quelconque discussion n’est possible si n’est pas tranchée au préalable la question de savoir ce que le livre de Finkelstein contient effectivement page après page. Je suggère à Bocage de demander une expertise à un critique de textes et documents professionnel.
Ou bien Bocage a-t-il connu des palanqués (?) de révisionnistes qui saluaient ce livre comme un élément positif, un bon début, un premier pas sur un chemin, la première étape d’une prise de conscience. Mais c’est ce que pensent toujours l’aaargh et la VT!
D’ailleurs Bocage a-t-il remarqué que Finkelstein est engagé dans un soutien tout à fait radical et courageux, et sans ambiguïté, envers le peuple palestinien martyr. Ce qui lui vaut une audience réelle et sincère de la part de révisionnistes arabes, et la persécution par le sionisme. Il semble même avoir mis un bémol à ses dénonciations furieuses du «négationnisme». Mais c’est là une autre histoire (expliquée p.13 de Bis repetita!).
Toujours est-il que ma question était légitime.
Mais je dois découvrir que j’ai un «quant-à-moi», et qu’il est assez fatigant!
Heureusement que cela n’est pas dit méchamment… Mais je me demande quelle serait la différence si, par impossible, cela était dit méchamment?
Toujours est-il que ma question, ma question légitime, est passée à la trappe, et c’est moi qui devient un importun un peu fatigant.
Je passe sur la réponse qui consiste pour l’essentiel à censurer ma question, et j’en viens à l’ultime réponse signée Y..
«Croyez-vous que j’ai le temps de répondre point par point?»
Certes. Mais jusqu’ici je n’ai obtenu aucune réponse, sur aucun point.
«Ce serait facile»
Certes, tout autant qu’il serait facile à Vidal-Naquet de battre Faurisson au tennis.
«Mais je n’ai pas le temps»
Certes, mais vous avez le temps, sans avoir l’air d’y toucher, de traiter de crétins qui n’ont rien compris, ceux qui ont pris la peine de traduire bénévolement Finkelstein et de mettre la traduction sur le Net, et celui qui, le premier, a imprimé (à grands risques de procès) ce texte, comme il avait publié les textes de Faurisson, ce qui, à mon sens, devrait lui mériter un minimum de considération.
«Maintenant si mes informations doivent à chaque fois susciter des commentaires…»
Ce ne sont pas les informations qui ont suscité mes commentaires, ce sont les commentaires me concernant qui ont suscité une mise au point de ma part, et d’abord le rappel qu’il aurait été correct de rappeler à l’intention des correspondants, que le texte et l’auteur mis en cause avaient été prépubliés par La Vieille Taupe. Cela aussi, c’était une information susceptible d’intéresser les récipiendaires des communiqués de Bocage. Au surplus, il se trouve qu’Ibrahim Alloush, l’intellectuel «vigilant» qu’on oppose aux palanqués de naïfs (pour le moins) a été conduit à s’engager dans le combat révisionniste par mon intermédiaire. Je n’avais pas peu contribué à le convaincre de s’engager dans la lutte lors d’une rencontre à Amman. Je ne suis même pas sûr que Bocage ait fait suivre mon courriel (Probablement pas le temps).
Mais le comble du comble, c’est la menace finale. Si je m’autorise à faire des commentaires (c’était le premier appelant une réponse depuis que Bocage avait daigné me mettre sur sa liste, à ma demande, après des années de boycott!), et bien je serai rayé des listes! Je n’aurai plus droit aux informations concernant le révisionnisme que détient Bocage, si je m’autorise à n’être pas une souche, utile quand on a besoin de moi, et invité à fermer sa gueule dans tous les autres cas!
Mais c’est moi l’importun, à qui, «quand même», on concède son amitié!
Conclusion provisoire.
La Vieille Taupe ne dispose pas auprès de Bocage d’un droit de rectification ni d’un droit de réponse comparable à celui que la loi bourgeoise reconnaît dans le presse bourgeoise. Bocage tient à son pouvoir de contrôler l’information. Bocage lutte contre la Vieille Taupe et ne partage pas les mêmes valeurs. Non content de ne pas mettre de T aux médiats, Bocage milite pour empêcher que d’autres le fasse. Bocage est néanmoins un médiat qui diffuse des informations révisionnistes fiables et mérite d’être soutenu. Mais il faut savoir que la Vieille Taupe n’y dispose pas de la liberté d’expression.
Quant à Y.S., au printemps 1990, n’ayant pas compris que les fichiers de la Vieille Taupe, qui ne capitalise rien, appartenaient donc à toutes et à tous, elle avait copié frauduleusement le fichier des Annales d’histoire révisionniste avant de me demander l’autorisation de l’utiliser pour lancer une nouvelle revue, qui fut excellente.
On relira pour mémoire «De la misère en milieu révisionniste» AHR n°8 p. 168, et le dernier paragraphe p. 171.
À l’époque (1990) je n’avais pas voulu faire de vagues, et j’avais donc donné mon fichier à Y.S., qui avait admirablement collaboré, sous ma direction et ma responsabilité, à la réalisation des 8 numéros des AHR.
Je me suis borné, quant à moi, à faire ce que j’ai fait depuis 16 ans, dont les 12 numéros de La Vieille Taupe, et quelques livres, dans l’indifférence, et parfois même l’hostilité de Faurisson et d’Y.S., tout en favorisant les rapprochements quand c’était possible et pas trop stérilisant.
Wilhelm Stein, révisothérapeute.
Pierre Guillaume Beaune la Rolande, le 19 novembre 2005
à
Maître Éric Delcroix
Lettre non confidentielle à mon avocat
(pouvant être communiquée au tribunal)
Maître,
C'est avec une certaine appréhension que j'ai pris connaissance du dossier judiciaire de mon affaire, parce que j'avais été amené à prendre conscience, puis à admettre, grâce à Madame de Bortoli et au Docteur Kramkimel, mais surtout grâce à ma fille, du caractère pathologique de l'état dans lequel je me trouvais au moment du déroulement des faits, et qui avait été identifié par le Docteur Foucaut à la suite de l'expertise psychiatrique demandée par la gendarmerie.
Les pièces que j'ai signées sont conformes au souvenir que j'en ai et leur lecture m'a remis en mémoire les linéaments de cette affaire.
En ce qui concerne la détention d'arme non déclarée, je me rends bien compte que "nul n'est censé ignorer la loi". Je ne peux que faire valoir les points suivants :
En ce qui concerne la carabine 22 LR, je l'ai acquise en 1969 de façon tout à fait régulière et j'en dispose depuis 35 ans. J'ai complètement ignoré que la déclaration en était devenue obligatoire en 1995. Je ne l'ai appris qu'au cours de la procédure où un gendarme m'a remis un tract à ce sujet. Ma carabine n'est ni automatique ni semi-automatique, mais la culasse doit en être manipulée manuellement entre chaque coup. J'ai donc découvert qu'elle était soumise à déclaration. Je ne peux que solliciter l'indulgence du tribunal, mais j'espère qu'il voudra bien tenir compte des circonstances particulières suivantes : Non seulement c'est moi qui ai appelé le gendarme Le Ny pour l'informer que j'avais l'intention de faire le tour de la place de Beaune crosse en l'air et pour lui remettre auparavant le chargeur, mais deux jours plus tôt je lui avais fait visiter ma maison et ses dépendances et je lui avais montré cette carabine dans mon bureau. Je n'avais donc aucune raison de ne pas la déclarer si j'avais su que c'était devenu obligatoire. Ces relations que j'ai entretenues avec la gendarmerie auparavant n'apparaissent pas dans le dossier.
Lorsque j'ai apporté ma carabine à la gendarmerie, je ne m'attendais absolument pas à être placé en garde-à-vue, d'autant plus que, dans ma tête, je manifestais une totale bonne volonté et une totale transparence. Je voulais simplement me livrer seul à une manifestation pacifiste, de désarmement volontaire et symbolique en quelque sorte, avant de remettre mon arme.
Je conçois que ce comportement puisse paraître étrange. Il me parait à moi-même aujourd'hui, injustifiable et un peu loufoque. Mais je pense que le tribunal pourra tenir compte du fait que dans cette affaire d'arme, à aucun moment, je n'ai fait preuve de la moindre agressivité ni de la moindre réticence à l'égard des gendarmes dont je ne doutais pas sur le moment que mon comportement attirerait leur sympathie et la profonde compréhension du procureur, lorsque celui-ci fut évoqué par le gendarme. J'écris cela par devoir de vérité, en étant conscient du ridicule, mais j'étais submergé par un besoin viscéral d'être compris et de désarmement général.
Quelques jours plus tôt j'avais découvert placé devant mon portail le cadavre d'un lapin, et le lendemain un autre cadavre de lapin devant la porte, côté jardin. En Guadeloupe (ma femme est guadeloupéenne) cela s'appelle un "sorcier" et c'est une menace de mort. Le fait était d'autant plus étonnant que je ne me connaissais pas d'ennemis dans la région. Mais j'avais tenu à en informer le gendarme Le Ny, au cas où je viendrais à être l'objet d'une agression ou de manifestations comme j'en avais été l'objet à Paris.
Je voulais signifier qu'en tel cas, ma défense consisterait à me livrer sans défense !
Tous ces événements se déroulaient alors que les médiats, y compris la presse locale et le lycée de Beaune, commémoraient l'Holocauste de façon quasi permanente et stigmatisaient les révisionnistes qualifiés de "négationnistes", qui nieraient tout simplement la persécution des Juifs, ou «ce qui est arrivé aux Juifs pendant la guerre».
Dans les jours qui précédaient, et dans la crainte d'être pris à partie et d'être acculé à devoir me défendre, j'avais commencé à développer une agitation cyclothymique multiforme, mais qui restait dans des limites rationnelles et légales. J'avais notamment distribué le tract-rébus ENOLA GAY visant à attirer l'attention sur le fait que l'humanité était, à mon sens, beaucoup plus menacée en fait de retour du pire, par les milliers de bombes atomiques démocratiques[1] qui existent, de par le monde, que par des chambres à gaz, qui sont, à ma connaissance, la seule arme de destruction massive à n'avoir eu, et je m'en réjouis, aucune postérité[2].
J'avais, dans le cours de cette activité multiforme, remis à une gendarmette de la brigade, en présence de ses collègues, le livre du capitaine Cenci intitulé Omar l'a tué, en disant qu'il constituait pour moi un exemple remarquable de recherche de la vérité dans le respect de la loi.
Enfin il faut noter que cinq ans auparavant j'avais diffusé à plusieurs milliers d'exemplaires des textes signés Don Quichotte de la Manche[3] dans le cadre d'une intervention contre le lynchage dont était victime un jeune couple qui avait installé une croix dans leur jardin. L'enquête que j'avais effectuée à l'époque et que j'avais adressée notamment aux maires, au curé, à l'évêque, à la gendarmerie, avait très généralement été reconnue comme honnête et véridique et avait puissamment contribué à déconstruire et calmer le mouvement d'hystérie collective que des agitateurs prétendument anti-sectes étaient parvenus à susciter à cette occasion.
Pour cet ensemble de raisons, j'étais bien connu de la gendarmerie, mais je n'étais pas défavorablement connu. Plus exactement les gendarmes, à mon avis, devaient penser de moi ce que je suggérais moi-même aux commerçants et aux personnes à qui j'avais remis le tract ENOLA GAY : si on vous interroge, vous pourrez toujours dire : Ce Monsieur, il est peut-être fou, mais il n'est pas méchant!
C'est la raison pour laquelle lorsque mon activité s'est transformée en agitation délirante sous l'influence de divers facteurs[4] et que l'impulsion m'est venue un beau matin d'organiser une manifestation solitaire mettant en spectacle le désarmement de la Vieille Taupe, j'ai téléphoné au gendarme Le Ny pour l'informer de mon intention de venir déposer mon arme après avoir fait le tour de la place crosse en l'air.
Maintenant le tribunal s'interrogera peut-être, et m'interrogera sur cet état pathologique que trois docteurs ont identifié et que j'admets complètement aujourd'hui. J'ai beaucoup de mal à en parler. Essayons.
D'abord, et c'est aussi l'avis des docteurs, je ne suis ni "fou", ni irrationnel. Je serais plutôt hyper rationnel (raisonneur mais pas raisonnable) mais justement, des liens que j'établis intellectuellement, parfois non sans perspicacité, sont vécus comme devant avoir des conséquences immédiates, d'où découlerait mon devoir impérieux d'intervenir. Le moindre acte devenant porteur de conséquences gigantesques s'impose donc à moi comme par une évidence irrésistible. En deux mots, je ne doutais pas que le sort de la guerre et de la paix pouvait dépendre de mon comportement ou de mon abstention. Et je sentais avec une certitude intime que si je surmontais mes propres inhibitions, comme par magie d'autres les surmonteraient… et… «nous fumes cinq milles en arrivant au port».
Je me rends compte maintenant que le vocabulaire religieux est le plus approprié pour comprendre cet état. Il y a comme une dimension mystique. La foi qui déplace les montagnes et l'espérance…
Je n'ai cependant pas eu d'hallucinations auditives (je n'ai pas entendu de voix) ni visuelles (je n'ai pas eu d'apparition, ni inventé les lapins) mais l'illusion de pouvoir prendre des initiatives (l'éternelle question du Que faire? ) qui se révéleraient historiques… transformait ces initiatives potentielles en injonctions impérieuses irrésistibles. En bref, je me prenais pour le Messie montant à son Golgotha, en espérant cette fois a happy end. Je me concevais non pas du tout comme un ennemi des Juifs, mais comme un facteur de paix et, oserai-je le dire, un prophète d'Israël.
Je comprends maintenant que je rêvais tout éveillé un scénario auquel il ne manquait pour qu'il se réalise que… les choses ne soient pas ce qu'elles sont et le monde ce que nous savons.
Cela n'étant pas exclusif d'une perception aiguisée et très réaliste. Mais le surinvestissement d'un détail véridique mais infime suffisait pour m'envoler dans le rêve… En la circonstance j'investissais une signification et une importance démesurée à la déclaration clairement révisionniste que je venais de découvrir, faite par l'amiral Philippe De Gaulle le 6 mars 2004 à l'émission de Thierry Ardisson, et surtout à la décision prise discrètement au Vatican de poursuivre le procès en béatification de Pie XII…
J'avais cru pouvoir imaginer, et j'avais même fait imprimer, un tract qui donnerait entière satisfaction aux exterminationistes les plus orthodoxes, et donc pourrait être massivement distribué, et qui révélerait finalement son contenu révisionniste… J'omettais seulement qu'il n'y avait personne en dehors de moi pour le distribuer, puis pour l'interpréter.
Il y eut beaucoup d'autres délires d'interprétation et notamment tout un opéra construit sur le fait qu'à cette époque le Libre Journal s'était enfin décidé à mettre un t aux médiats… et d'autres encore que je préfère ne pas ébruiter. Mais tout ça sort du dossier.
Maintenant les grenades. C'est, j'ai cru le comprendre, le plus grave. Paradoxalement je n'ai rien à en dire! Un grand nombre de grenades de ce type, explosées, se trouvaient rue Saint-Jacques, à l'angle de la rue Gay-Lussac, le lendemain de la nuit dite «des barricades» en mai 68, et il n'y eut aucun blessé grave. Ma librairie, La Vieille Taupe, se trouvait à une centaine de mètres, 1 rue des Fossés St Jacques. A quelque temps de mai 68 un client qui, m'a-t-il dit, faisait son service militaire, m'a apporté ces grenades en me disant qu'il s'agissait de grenades d'exercice qu'il avait "étouffées". Je les ai placées dans ma bibliothèque comme des bibelots ironiques et depuis trente-cinq ans je n'y ai plus pensé. Lorsque j'ai déménagé pour Beaune-la-Rolande, elles ont été transportées avec mes livres et déposées sur ma nouvelle bibliothèque, comme des bibelots. Je ne les ai jamais dissimulées. Je pense que Lionel Jospin les a vues quand il venait chez moi, et elles ont été vues lors des diverses perquisitions qui se sont déroulées chez moi à Paris dans le cadre de la répression du révisionnisme. Une fois, un policier les a montrées du doigt en souriant. Je n'ai tout simplement jamais pensé en 35 ans, ni à les cacher, ni à m'en débarrasser, ni à les vendre. Je n'y ai tout simplement pas pensé jusqu'à l'instant où le gendarme les a saisies dans ma bibliothèque. Et c'est avec stupeur que j'ai appris que ces grenades étaient considérées comme des armes de guerre alors que c'est précisément celles que l'on utilise dans le maintien de l'ordre quand on veut éviter de faire des morts.
J'en viens maintenant au premier volet de l'inculpation. Je suis accusé d'avoir distribué un tract de quatre pages sur le Marché de Beaune-la-Rolande. En fait j'en ai distribué UN. Mais j'avais largement fait circuler depuis quelque temps le tract ENOLA GAY et j'avais remis au maire ce tract de quatre pages. Le 18-02-2005 j'ai donné un tract à une personne avec qui j'avais eu une conversation en distribuant ENOLA GAY. En apercevant le gendarme Le Ny devant la Gendarmerie j'ai eu l'impulsion provocatrice de venir lui dire: « Regardez ce que l’on diffuse sur le marché!». Le garde-champêtre prétend m'avoir vu distribuer ce tract, mais c'est faux. J'ai distribué uniquement ENOLA GAY. Mais peu importe[5].
Ce tract comporte trois texte et un dessin. Le troisième texte et le dessin ne me sont pas reprochés. Le deuxième texte dénonce le caractère outrecuidant d'une des innombrables campagnes médiatiques de Serge Klarsfeld contre une décision judiciaire parfaitement légale, mais qui lui déplaisait. Maître Klarsfeld ne respecte que les décisions judiciaires qui lui conviennent. J'ai été longuement interrogé sur ce texte, mais il semble que l'accusation n'en parle plus.
Reste donc la première page.
Je dois dire que je suis indigné et stupéfait que le procureur ose y voir une quelconque apologie de crime de guerre, ou de crime contre l'humanité, ou une apologie de collaboration… alors que c'est un texte explicitement titré contre la guerre, et le bellicisme sioniste, qui s'élève justement contre le détournement à des fins bellicistes d'une commémoration, que je qualifie de «légitime et souhaitable» (ligne 9), et «dont le seul objectif devrait être que de pareilles abominations ne se reproduisent jamais» (ligne 30).
Je considère la déportation des Juifs comme une abomination.
Et je ne considère pas que la guerre excuserait quoi que ce soit. Je condamne absolument tous les crimes de guerre.
La troncation de ces deux passages dans l'acte d'accusation dénature substantiellement le texte signé Don Quichotte. Comment prétendre que je ferais l'apologie de quelque chose que je qualifie d'abomination !
Quant à l'apologie de collaboration… Je ne vois même pas sur quoi repose cette accusation. Je me borne à constater que ceux-là mêmes qui reprochent aux Français de n'avoir pas suffisamment résisté se gardent bien d'évoquer la collaboration des sionistes avec le Reich allemand. Où y a-t-il apologie de quoi que ce soit?
J'ai l'impression d'être coupable d'être accusé et surtout d'être coupable d'exister.
Ces accusations du procureur sont monstrueuses. Elles illustrent l'explosion d'irrationnel qui interdit de débattre raisonnablement. Peut-être la simple évocation de la collaboration des sionistes avec le Reich, si généralement ignorée, l'a-t-elle fait sortir de ses gonds, mais je donne des références en bas de page et une preuve textuelle dans la page suivante.
Non seulement je réprouve absolument tous les crimes de guerre que je considère tous comme des crimes contre l'humanité[6] mais je considère la guerre elle-même, qui les engendre inéluctablement, surtout la guerre moderne avec les armements modernes, comme le crime contre l'humanité qui les contient tous, et qui, j'en suis convaincu, menace la survie même de l'humanité.
À cet égard je suis persuadé que c'est le déchaînement paroxystique de la violence dans le cadre de la guerre qui est responsable des mesures d'une extrême brutalité prises contre les Juifs à partir de 1942. Mais tel n'était pas le sujet de ce texte qui visait à intervenir au présent (2002) contre la menace de guerre en Irak et la propagande belliciste.
C'est pourquoi je me bornais à constater l'évidence que chacun pouvait constater :
Ces mêmes personnalités sionistes fanatiques ont milité en faveur de la première guerre du Golfe (1991). Elles ont soutenu l'embargo criminel, et les bombardements, qui continuent depuis plus de dix ans à frapper le peuple irakien. Elles soutiennent aujourd'hui les projets monstrueux de Georges Bush d'occupation de l'Irak, qui peuvent déclencher une troisième guerre mondiale !
Trois ans plus tard l'Irak est occupé avec les résultats que l'on sait, et la menace d'extension de la guerre subsiste (Iran, Syrie). Je considère toujours qu'il en va de la survie de l'humanité. Mais, je ne me sens plus responsable de la survie de l'humanité (bien qu'elle continue à me préoccuper).
Ce tract, et chacun des trois textes qui le composent, avaient été rédigés avant la survenue de tout état pathologique identifiable, et en prenant soin de respecter la loi. J'entends en assumer toute la responsabilité intellectuelle.
Quant à mon délire d'interprétation et mon hyperactivité maniaque, j'ai tendance à croire qu'ils ne seraient jamais survenus si j'avais trouvé un peu plus de fous aussi raisonnables que moi.
J'ai besoin de réflexion. J'ai aussi besoin d'un immense travail de vérification de toutes mes «certitudes». Je me considère comme convalescent. Comme je l'ai fait savoir par ailleurs, je renonce au combat, et j'adopte le précepte Dubitando ad veritatem pervenimus…
Amicalement
Bien à vous. Pierre Guillaume
à
Monsieur Pierre Guillaume Le 22 mai 2006
Cher Monsieur,
Cela fait trois ans que je suis plongé dans la littérature révisionniste. Depuis octobre dernier, je corresponds et j’ai des entretiens téléphoniques avec Robert Faurisson lui-même. L’étude des travaux de Jean-Claude Pressac m’a fait avoir des doutes sur le bien fondé de la bonne nouvelle Faurissonienne. Mes échanges avec Faurisson m’ont convaincu qu’il était un négateur des chambres à gaz puisqu’il a à chaque fois esquivé les questions que je lui posais. La première fois que je l’ai appelé, c’était pour lui parler du livre de Léon Goldensohn, Les entretiens de Nuremberg (2005). Je commençai par lui dire: «dans son entretien avec Rudolf Höss, ce dernier commence par lui dire qu’il n’y avait jamais eu à Auschwitz de fabrication de savon avec de la graisse juive: cela prouve qu’il était alors capable de démentir une rumeur ou un «mythe» selon le propre terme de Raul Hilberg». Réponse de Faurisson: «Mais non!». Je poursuivais: «quand Rudolf Höss se met à parler des chambres à gaz, il est beaucoup plus clair que d’habitude: il dit que les SS se dotaient de masques à gaz et qu’ils n’ouvraient les portes qu’après qu’un long moment se soit écoulé». Faurisson se mit alors à me faire un exposé que je connaissais par cœur sur les hautes précautions que nécessite l’exécution d’un homme dans une chambre à gaz américaine. Deux révisionnistes, et pas des moindres, sont sceptiques quant à l’impossibilité d’un gazage homicide au niveau technique. Le premier c’est Arthur Robert Butz, qui dans Contexte historique et perspective d’ensemble dans la controverse sur l’Holocauste (1982) écrit:
«Je suis certain que, pendant la seconde guerre mondiale, les Alliés n’ont pas exterminé une part tant soit peu importante de la population esquimaude, et je suis convaincu qu’ils n’ont gazé aucune des communautés esquimaudes; mais vous remarquez que, dans le premier cas, je suis «certain» tandis que dans le second, je ne suis que «convaincu». La différence vient du fait que, si l’on peut prouver qu’il n’a pas existé de programme d’extermination des Esquimaux (par exemple on n’a pas noté après la guerre qu’ils aient disparu en quantité significatives) on ne peut pas montrer qu’aucun Esquimau n’a été gazé. […] On peut démontrer que les Esquimaux n’ont pas été exterminés mais il n’est pas possible de démontrer qu’aucune communauté esquimaude n’a été gazée. De la même façon, et au risque de fournir à mes adversaires l’occasion de citer mes paroles hors contexte, et de les utiliser de mauvaise foi, je peux démontrer qu’il n’a pas existé chez les Allemands de programme d’extermination physique des Juifs, mais je ne peux pas démontrer qu’aucun Juif n’a été gazé, bien que ma longue expérience du sujet est telle que je suis convaincu qu’aucun Juif n’a été gazé.»
Convaincu mais pas certain: Ce passage est donc une critique de l’argumentation Faurissonienne. Le deuxième révisionniste à être sceptique quant à l’impossibilité technique d’un gazage homicide, c’est, si j’en crois Jean-Claude Pressac dans son interview à Valérie Igounet (Histoire du négationnisme en France, Paris 2000), Carlo Mattogno.
Par la suite j’écrivais une lettre à Faurisson dans laquelle je lui demandais:«que pensez vous du document cité par Pressac parlant de “sol à bétonner dans la chambre à gaz”?». Faurisson m’appela: «Eh bien, il s’agit d’une chambre à gaz de désinfection! Des documents comme ça il en existe des milliers! «Gaskammer», «Vergasungskeller», il s’agit de chambres à gaz de désinfection! Je n’ai pas de temps à perdre avec quelqu’un qui ne connaît pas le sujet. Au revoir.» Faurisson essaya de m’abuser en toute connaissance de cause, croyant que je ne maîtrisais pas le sujet: dans ses écrits, il n’avait jamais affirmé que le terme de Vergasungskeller signifiait chambre à gaz de désinfection, mais au début, suivant l’interprétation de Butz, il avait dit qu’il s’agissait de la pièce en sous-sol où s’effectuait le mélange «gazeux» alimentant le four (alors qu’on ne voyait nulle part cette pièce dans les plans des crématoires publiés par Faurisson lui-même) puis Pressac ayant démontré l’inanité de cette interprétation dans Auschwitz, Technique and Operation of the gas chambers(1989), il affirma que d’après le témoignage du cordonnier Henryk Tauber, il pouvait s’agir d’une pièce d’entrepôt du Zyklon B. J’écrivais de nouveau une lettre à Faurisson dans laquelle je lui disais ce que je viens de vous dire en précisant que Pressac, dans Les crématoires d’Auschwitz, écrivait pour le 2 mars 1943: «Bétonnage du sol dans “chambre à gaz” du crématoire 4 par les ouvriers de la Reidel und Sohn». Je poursuivais: «Butz affirme dans sa critique de l’ouvrage de Pressac que si le terme de Vergasungskeller employé le 29 janvier 1943 par Karl Bischoff signifiait une chambre à gaz homicide, cela voudrait dire que les victimes allaient se faire gazer en marchant sur les cadavres, le document disant que la Vergasungskeller serait utilisée comme morgue. Sauf que d’après Pressac, le premier gazage homicide dans le Krema 2 eut lieu dans la nuit du 13 au 14 mars 1943! D’autre part, le 27 novembre 1942, le sous-lieutenant SS Wolter de la Zentralbauleitung rédige une note dans laquelle il désigne la cave à cadavre 1 du Krema 2 par «cave spéciale». Au sujet du document trouvé par Pressac parlant de chauffer la cave à cadavres 1 du Krema 2, il écrit: «Pressac exulte: comment irait-on chauffer une morgue qui devait par définition rester fraîche? Mais quelques temps plus tard, la Bauleitung d’Auschwitz apprend que ce chauffage ne sera pas possible» (cité de mémoire). Or la question qu’il fallait se poser est la suivante: Pourquoi a-t-on eu l’idée de chauffer cette morgue?».
Un mois après mon envoi, Faurisson ne m’ayant pas répondu, je l’appelais et il me dit: «écoutez, je suis actuellement en mauvaise santé et je n’ai de toute façon pas envie de poursuivre mes échanges avec vous.»
Ce mois-ci, j’ai appelé Faurisson en lui disant que j’avais fait une lecture qui m’avait fait basculer décisivement du côté révisionniste. Je lui mentais; je voulais en fait le démasquer. La lecture, c’était l’entretien entre Heinrich Himmler et Norbert Mazur, qui prouve selon moi que le Reichsführer n’était pas responsable des gazages mais pas que ces derniers n’ont pas eu lieu. En effet, je demandai à Faurisson des explications sur deux documents découverts par Pressac. Le premier, c’est une lettre de l’employé civil Jährling qui dans une lettre à la Testa parla de «Normalgaskammer» «mot souligné et mis entre guillemets, note Pressac, comme si existaient des “chambres à gaz normales” et d’autres“anormales”»; le deuxième c’est une lettre du serrurier-ajusteur Heinrich Messing qui, le 14 mars 1943, note que pendant la semaine, il a travaillé dans la «cave à déshabillage 2» du crématoire 2, au lieu d’indiquer qu’il s’agit de la «cave à cadavre 2». Et Faurisson me dit: «Nous autres révisionnistes sommes une maigre troupe; si parmi nous il y en a qui vont chercher la petite merde [sic] on n’en sortira jamais». Il me dit ensuite que Jean-Claude Pressac avait «capitulé» le 9 mai 1995 à la 17° chambre du tribunal correctionnel de Paris, présidée par Madame Martine Ract-Madoux, en levant les bras au ciel, déclarant qu’on lui en demandait trop, qu’il n’avait qu’une vie et qu’il était seul dans son combat, le tout accompagné de larmes aux yeux. C’est un fait que Pressac était maladroit: s’il eût parlé des documents que j’ai cités, il eût pu démasquer Faurisson. J’ai démasqué Faurisson définitivement en l’appelant aujourd’hui et en lui demandant: «j’ai lu l’interprétation que vous avez donné des «portes étanches au gaz» citées par Pressac. Mais je voudrais savoir: y avait-il des portes étanches au gaz dans les crématoires dont personne ne prétend qu’ils étaient dotés de chambres à gaz, comme à Buchenwald?». Réponse: «Je ne répondrai pas à votre question. Les chambres à gaz, c’est fini» À chaque fois que j’ai posé des questions gênantes à Faurisson, il a soit tergiversé, soit refusé de répondre. C’est un négationniste.
Pierre Vidal-Naquet fait la distinction entre deux types de négationnistes: ceux qui croient à la non-historicité des chambres à gaz et ceux qui n’y croient pas. Selon moi, ceux qui y croient son Serge Thion, vous-même, et Jean Plantin notamment. Jean Plantin avec qui j’ai eu plusieurs entretiens téléphoniques, dont un aujourd’hui, à la fin duquel il m’a dit être déboussolé et incapable de me répondre. Au début, il me conseilla la lecture d’une somme de Germar Rudolf. Je lui dis que j’avais lu la critique qu’avait faite celui-ci de l’article de Pressac, Les carences et incohérences du rapport Leuchter (1988). Jean-Claude Pressac affirmait que les traces infinitésimales de Zyklon B trouvées dans les parois des morgues des crématoires s’expliquaient par le fait que les hommes étaient moins difficiles à gazer que les poux, que le gaz allait directement dans la bouche des victimes et que la fonte des neiges avait effacé les traces d’acide cyanhydrique. À propos de ce dernier point Germar Rudolf tenta de démontrer scientifiquement que l’acide cyanhydrique résistait à la neige. Or le 26 février 1943, la Zentralbauleitung demande à la Topf l’envoi immédiat de «10 détecteurs de gaz, comme convenu» pour le Krema 2. Et pourtant, on n’a retrouvé aucune trace d’acide cyanhydrique dans les parois de la morgue du Krema 2! Preuve que Pressac avait raison d’affirmer que la fonte des neiges avait effacé les traces de Zyklon B!
Et parmi les négationnistes qui ne croient pas à ce qu’ils racontent, il y a selon moi Arthur Robert Butz, Robert Faurisson, Mark Weber, Carlo Mattogno notamment. Quand Butz affirme que le génocide des Juifs est une «sinistre plaisanterie», une «mauvaise blague», qu’il n’y a «que les imbéciles qui y croient», on pense à sa Mystification du XX° siècle! «Il y a certains documents, écrit-il, dont une bonne mystification doit faire l’économie»: on pense alors au Journal de Johann Paul Kremer «dont il ne souffle mot», écrit Pierre Vidal-Naquet, qui fait remarquer que si Kremer se trouvait face aux horreurs du typhus à Auschwitz, comme le prétend Faurisson, on ne voit pas pourquoi il mentionne des scènes d’atrocités à l’arrivée d’un convoi de Juifs hollandais!
Faurisson dit souvent que Pressac a capitulé. On pourrait dire la même chose de Butz qui déclare à la fin de Quelques réflexions sur l’ouvrage de Pressac (1992) que l’ouvrage de Pressac est «le seul type possible d’essai anti-révisionniste».
Je tiens à vous préciser quelque chose: ce n’est pas une leçon de morale que je vous fais. J’essaye juste de vous ouvrir les yeux: les thèses dites «révisionnistes» sont, comme dit Pressac, impuissantes face à la réalité historique. Cela dit je reconnais que les négationnistes ont posé de bonnes questions. S’apercevant qu’il n’y avait pas eu de programme d’extermination et que les Juifs avaient une fâcheuse tendance à exagérer, à mentir même, ils ont eux-mêmes menti en déclarant que l’extermination des Juifs était un bobard de guerre. «Un beau mensonge contient beaucoup de vrai» écrit Butz qui est un grand intellectuel autant qu’un grand clown. Il manipule son lecteur en reprenant à son compte les critiques à l’encontre des négationnistes: «il ne faut pas que l’arbre nous cache la forêt»; «les tenants de la légende renversent l’analyse historique», etc.
Dans l’attente impatiente d’une réponse téléphonez-moi! Veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments de sympathie.
Signé: Laurent Bittner
P.S.: Faurisson m’a dit que vous étiez en mauvaise santé. Si vous ne pouvez pas me répondre, ce serait gentil de m’envoyer l’adresse de Thion ou, si cela n’est pas possible, de lui envoyer cette lettre. Merci d’avance.
P.S.: Dans le cas ou Serge Thion lirait ma lettre. À la fin d’Une Allumette sur la banquise, vous citez un document fourni par Pressac d’après lequel on aurait utilisé une quantité dérisoire et selon vous invraisemblable de charbon pour procéder aux crémations. Mais vous semblez oublier que les SS ne s’embarrassaient pas de cercueils pour brûler les corps!
Dans Vérité historique ou vérité politique, vous affirmiez que sur les photos d’Auschwitz-Birkenau prises par l’US Air Force, le fait qu’il n’y ait pas de fumées crachées par les crématoires semblait vouloir dire que ceux-ci ne fonctionnaient pas. Or Pressac cite un document de la Topf und Söhne d’Erfurt d’après lequel les crémations sont «complètes et sans fumée». Vous portiez un doute sur l’extermination des Juifs en vous fiant au mensonge juif! Au fait, j’ai oublié de me présenter; j’ai 21 ans, et suis étudiant en Histoire à la fac de Toulouse le Mirail (je prends des cours par correspondance). J’intitulerai mon mémoire La Seconde guerre mondiale et ses falsificateurs dans lequel je critiquerai à la fois les négationnistes et les historiens juifs calomniateurs de l’Allemagne. Si les Juifs ont vécu la tragédie concentrationnaire durant la Seconde guerre mondiale, il ne faut pas oublier qu’en 1917, ils furent parmi les premiers au XX° siècle à avoir mis en place la systématisation du camp de concentration. Non! Hitler n’était pas le Diable et les Juifs n’étaient pas des brebis innocentes! Dans mon mémoire, je m’attarderai aussi sur la prétendue responsabilité d’Hitler dans le déclenchement de la guerre.
Bien à vous.
Il m'importe peu que vous croyiez aux Chambres à Gaz, ce qui de nos jours est assez commun. Ce qui me frappe dans votre lettre c'est la passion que vous mettez à défendre une opinion quasiment universelle, qu'il est au surplus interdit et impossible de contester publiquement. Vous me semblez vous être investi d'une mission, celle de «démasquer» Faurisson. Mission impossible au demeurant car où trouvez-vous que Faurisson se soit jamais avancé masqué le moins du monde.
Tout au plus pourriez-vous reprocher à Faurisson de ne pas vouloir se rendre à des arguments que vous-même jugez irréfragables. Mais cela est autre chose que «démasquer» et de telles situations surviennent dans toutes les controverses, même purement scientifiques.
Et celle-là n’est pas purement scientifique.
Voulez-vous dire que Faurisson croirait aux chambres philosophales mais affecterait de ne pas y croire? Ou qu'il refuse de croire, alors que vous estimez lui en avoir apporté la preuve? Mais croire ou ne pas croire sont des décisions personnelles que l'on doit [devrait] prendre librement, qu'il s'agisse de l'existence des Chambres à Gaz ou de l'existence de Dieu.
Précisément, l'excès de votre passion et votre zèle éradicateur dénotent un doute que vous vous cachez à vous-même.
Mais c'est vous qui vous avancez «masqué», de votre propre aveu, en laissant entendre faussement à Faurisson que vous avez été convaincu par les thèses révisionnistes. Si au contraire vous étiez vraiment complètement certain et convaincu de leur fausseté, vous ne vous soucieriez pas de «démasquer» qui que se soit, à plus forte raison quand une répression démentielle s'abat à l'échelle internationale sur tout ce qui bouge et que les années de prison pour crime de la pensée s'accumulent. Est-il bien décent de hurler avec les loups, de jeter sa pierre au lapidé ou d'ajouter un clou au crucifié? Ne révèle-t-on pas par cela même que l'on ne croit pas qu'il soit déjà complètement mort, ou que l'on craint qu'il ne ressuscite?
Curieusement vous écrivez que «vos échanges avec Faurisson vous ont convaincu qu'il était un négateur des chambres à gaz». Ce qui est une évidence de notoriété publique, qui ne nécessite aucun échange avec lui. Voulez-vous suggérer qu'il serait de mauvaise foi? C'est ce que vous faites un peu plus loin.
Vous l'avez entrepris avec le livre de Goldensohn, Les entretiens de Nuremberg (2005). Fort bien. Je n'ai pas lu ce livre et c'est une bonne raison pour n'en pas parler, mais je vais parler de ce que vous m'en dites. Goldensohn était un psychologue ou un psychiatre qui eut une série d'entretiens avec les accusés en marge du procès des «grands criminels de guerre». J'avais lu, il y a bien longtemps, quand j'essayais moi-même de me faire une opinion, le livre du capitaine Gilbert, autre psychologue juif attaché à la surveillance psychologique des prisonniers, et qui collaborait avec le ministère public. Il avait déjà livré ses «entretiens»[7]. À l’époque ce livre parfaitement orthodoxe avait contribué à me convaincre, à vouloir trop prouver, qu'il y avait quelque chose qui clochait dans l'histoire qu'on nous racontait. Mais n'anticipons pas!
Se révèle donc en 2005 l'existence d'un nouveau psy juif, membre de l'armée américaine, et participant de cette gigantesque opération médiatique par laquelle la guerre se continuait par d'autres moyens, en quoi consistait le tribunal de Nuremberg. Il n'avait pas suffi d'écraser l'ennemi, il fallait montrer qu'il était monstrueux et que la guerre qu'on lui avait faite était de ce fait justifiée et sanctifiée. Il fallait montrer que les vainqueurs étaient d'une nature radicalement différente du vaincu.
Ces entretiens sont-ils susceptibles de changer significativement, en 2005, ce que l'on savait sur le sujet des chambres à gaz. Vous semblez le croire: «dans son entretien avec Rudolf Höss, ce dernier commence par lui dire qu'il n'y avait jamais eu à Auschwitz de fabrication de savon avec de la graisse juive: Cela prouve qu'il était capable de démentir une rumeur ou un "mythe" selon le propre terme de Raul Hilberg.» Je conviens avec vous que la réponse de Faurisson est un peu courte. Mais vos déductions sont téméraires. Pour ma part je constate que vous avez pris conscience du problème que pose la complaisance manifeste de Höss avec l'accusation, quels que soient les moyens par lesquels cette complaisance a été obtenue. Il ne peut plus opposer la moindre résistance dès lors qu'il a admis avoir exécuté 3.000.000 de Juifs dont 2.500.000 dans des chambres à gaz, et alors même qu'il avait quitté la direction du camp d'Auschvitz en novembre 1943! Les «aveux» de Höss, universellement admis comme parole d'évangile naguère encore, sont certainement pour beaucoup dans le chiffre officiel, et naguère incontestable, de 4.000.000 de victimes à Auschwitz, qui figurait sur les 19 plaques en bronze du monument. Elles ont été remplacées sous l'effet de l'activisme révisionniste de Faurisson par des plaques un peu moins manifestement mensongères.
Vous essayez donc de vous rassurer vous-même et de restaurer, au moins partiellement, la crédibilité relative qu'on peut accorder au «témoignage» de Höss en vous persuadant qu'il serait quand même autre chose que le reflet des croyances et convictions de ses interrogateurs, accusateurs, et tortionnaires. Mais bien sûr que non! Cela prouve tout simplement qu'alors que le massacre de masse en chambre à gaz était devenu un dogme irréfragable pour ses interrogateurs et ses psys américains, le savon, rumeur adventice particulièrement nauséabonde, mais qui donnait un peu trop à voir sa nature phantasmatique, ne l'était pas. Cette rumeur du savon a certes circulé, mais elle n'a jamais fait partie du dogme. Hilberg n'y croyait pas. Il a d'ailleurs suffi qu'elle soit exposée dans le n°1 des Annales d'histoire révisionnistes (printemps 1987) pour que les gardiens du temple (comme Georges Wellers) conviennent de son inanité.
À Nuremberg, il y avait concurrence et rivalités entre les différentes équipes nationales, qui comportaient toutes un grand nombre de Juifs. La fabrication de savon à partir de la graisse humaine avait été soutenue principalement par la délégation soviétique, dans un dossier particulièrement ridicule[8] qui, au surplus, n'impliquait pas Auschwitz (si mes souvenirs sont exacts). Dans sa déclaration qui semble vous rassurer sur son état et sa crédibilité générale, Höss, en fait, ne s'oppose à rien, ne dément rien. En disant qu'à Auschwitz on n'a pas fait de savon… il laisse même entendre que tel pourrait bien avoir été le cas ailleurs! Ce qui montre qu'il n'est même plus capable de déceler ou de contredire une foutaise ridicule ou qu'il tâte le terrain prudemment en se gardant bien de démentir quoi que ce soit… La remarque révèle un désir de restaurer la crédibilité de Höss mise à mal par Paul Rassinier en 1960, puis par Robert Faurisson dans le n°1 des A.H.R., Comment les Britanniques ont obtenu les aveux de Rudolph Höss, commandant du camp d'Auschwitz. Pour conclure un peu théoriquement, je dirais que le savon à la graisse juive a circulé comme rumeur diabolisante mais n'a jamais fonctionné comme mythe universel constitué.
Mais au fait, que penser d'un tribunal qui avalise de pareilles foutaises en acceptant de discuter des «travaux» totalement fallacieux d'une commission d'enquête soviétique, dont, faut-il le rappeler, les conclusions avaient force probante et n'étaient pas contestables par les accusés[9].
Vous poursuivez: «quand Rudolf Höss se met à parler des chambres à gaz, il est beaucoup plus clair que d’habitude: il dit que les SS se dotaient de masques à gaz et qu’ils n’ouvraient les portes qu’après qu’un long moment se soit écoulé».
Donc en 2005 on découvre un témoignage de Rudolf Höss «plus clair que d’habitude». Soit. D'où provient cette clarté inhabituelle? et d'où provenait l'absence de clarté habituelle. Ce témoignage vous paraît plus réaliste en particulier en ce qui concerne les contraintes physiques et toxicologiques de l'emploi du Zyklon B. Je ne vois rien de vraiment étonnant à cela. Le Zyklon B était d'usage courant à Auschwitz, dans de multiples chambres à gaz de désinfection et lors de gazages de locaux, qui entraînaient périmètre de sécurité, aération longue, masques à gaz, etc. D'après Pressac, 95% du Zyklon livré à Auschwitz servait à cet usage sanitaire. Sans être lui-même opérateur, Höss ne pouvait pas ignorer ces contraintes[10]. Le vrai sujet d'étonnement c'est justement la disparition de ces considérations élémentaires en d'autres circonstances de ses «aveux» sur les chambres homicides de masse. Mais à cette époque et sur ce sujet, les interrogations révisionnistes et une problématique matérialiste n'étaient pas de mise. Chacun s'imaginait sa chambre à gaz homicide un peu comme il l'entendait (pas d’expertise) et les accusateurs étaient préoccupés de rendement et de productivité, si l'on peut dire.
Mais vous ne semblez pas vous être interrogé sur la fiabilité qu'il faut accorder à un «témoignage» rapporté et interprété par un tiers: Goldensohn, qui lui croit dur comme fer à l'extermination massive en chambres à gaz[11]. Et ce témoignage est révélé 59 ans plus tard par des éditeurs qui croient, eux aussi, dur comme fer, mais croient encore plus à la nécessité d'anéantir les interrogations révisionnistes.
Cela dit je vous concéderai que Faurisson accorde une efficacité probatoire trop absolue à ses arguments relatifs aux hautes précautions que nécessite l'exécution d'un seul homme dans les chambres à gaz américaines et les propriétés toxiques de l'acide cyanhydrique, ses difficultés de ventilation, etc.
Car, dans ce domaine, il n'y a pas de preuve au sens mathématique du terme. Il y a des arguments, mais la décision de se rendre ou de ne pas se rendre à ces arguments reste une décision autonome.
Reconnaissons cependant à Faurisson le mérite d'avoir soulevé un vrai problème, une vraie question, dont vous-même lui êtes redevable jusque dans l'appréciation que vous portez sur le témoignage de Höss, via Goldensohn, que vous jugez plus «réaliste» que de coutume, alors qu'avant l'irruption faurissonienne les sonderbobards les moins réalistes passaient comme lettres à la poste.
Cela étant dit, je reconnais que Faurisson donne parfois l'impression que, pour lui, l'inexistence semble faire partie du concept de chambre à gaz de masse, tout comme pour d'autres l'existence faisait partie du concept lui-même. Au point qu'il a toujours été criminel et interdit d'en discuter et même de se poser des questions. C'est la preuve ontologique des théologiens.
Donc, je reconnais que si on diminue (mentalement) la quantité de Zyklon employée (parce que les animaux à sang chaud les hommes seraient plus sensibles que les insectes[12]); si on se persuade que, bien qu'inadaptée, la ventilation de la Leichenkeller 1 n'était pas nulle; si on attend un certain temps de ventilation pour ouvrir les portes, et même un temps certain; si on mettait un masque à l'ouverture des portes, si on évacue les abords, un certain temps… on peut concevoir…
Et je ne peux vous empêcher d'y croire, si vous avez envie d'y croire.
C’est-à-dire, qu'à lui seul, l'argument de «la chambre à gaz américaine» n'est pas suffisant.
Je crois que telle est l'analyse et l'opinion de Butz que vous analysez avec perspicacité et aussi celle de Mattogno.
Mais je voudrais maintenant attirer votre attention sur une question de méthode. Je vous ai adressé la reproduction d'une maquette détaillée du Kréma 2 de Birkenau qui prétend expliquer et exposer le fonctionnement de la chambre à gaz que ce crématoire est censé avoir dissimulée. Elle a été publiée dans La République du Centre le 27 janvier 2005, date du soixantième anniversaire de l'arrivée des troupes soviétiques au camp d'Auschwitz[13], qui avait été évacué la semaine précédente par les Allemands. Cette maquette et ses commentaires peuvent être considérés comme l'état présent de la doctrine officielle, seule autorisée.
Je relève la note 3: «Ensuite ils étaient enfermés, nus, dans une pièce bien chauffée et fermée hermétiquement».
Je relève la note 4: «Les gardes SS introduisaient par des trappes des billes d’un poison, le Zyklon B, qui se transformait en gaz mortel en quelques secondes (au-dessus d’une température de 27°C.).»
Je rappelle que le Zyklon B était la dénomination commerciale, la marque, d'un insecticide utilisé couramment dans le camp, composé d'acide cyanhydrique adsorbé dans des morceaux de diatomite (une pierre poreuse) ou des rondelles de carton spécial, ou des petits cubes bleus en je ne sais quoi. La capillarité du support était destinée à s'opposer à l'évaporation et à la diffusion rapide des vapeurs de HCN, ce qui permettait, dans une chambre d'épouillage, muni d'un masque à gaz, de disposer le Zyklon B sur des napperons prévus, puis de se retirer et de fermer hermétiquement les portes en laissant agir le produit pendant des heures. Si par exemple on avait versé la même quantité de HCN sous forme de liquide, la quantité de vapeur diffuse dans l'air aurait atteint immédiatement un niveau dangereux, même avec un masque à gaz (le filtre J, spécifique de l'acide cyanhydrique ne protége que peu de temps, et pour de faibles concentrations). Le support de l'acide cyanhydrique est destiné à en faciliter la manipulation. Pour tuer des hommes, il aurait été plus expédient d'utiliser la forme liquide, ou un aérosol introduit dans la ventilation haute par exemple (idée suggérée par Pressac oralement). En résumé, sous sa forme Zyklon, le HCN diffuse lentement et longuement. Il faudrait donc concevoir un moyen de retirer les granulés encore imprégnés d'HCN et qui continueraient à diffuser après que tous les occupants soient morts, avant même de songer à la ventilation, ou attendre vraiment très longtemps et avec de grandes précautions.
Faurisson avait publié dans son Mémoire en défense le document NI-9912, où était souligné le point d'ébullition du HCN: 27°, qui permettrait une diffusion beaucoup plus rapide. Au surplus, avec Pressac, nous avions trouvé des plans de chambres de désinfection chauffées (certaines, pas toutes), justement pour accélérer le processus du gazage en accélérant la diffusion du HCN, ce qui montrait a contrario que, quand elles n'étaient pas chauffées, le déroulement était vraiment très long.
Toutes ces questions ont été agitées dans tous les sens, par les révisionnistes d'abord, par Pressac ensuite, qui s'acharnait à prouver la réalité des gazages homicides, et par ceux qui s'acharnaient à réduire les révisionnistes au silence.
Pour leur part les révisionnistes soutenaient que la Leichenkeller1 du Krema2 avait été conçue comme une morgue, semi enterrée pour être plus fraîche, et utilisée comme une morgue. Un point c'est tout. Dans ce cadre, la lettre authentique de la Bauleitung envisageant le chauffage de cette pièce était complètement inexplicable. Vous avez raison de vous interroger. La question qu'il fallait se poser était bien: «Pourquoi a-t-on eu l’idée de chauffer cette morgue?»
Et la bonne réponse était que l'on n'en savait fichtrement rien et même que c'était complètement incompréhensible.
De là à voir dans un projet non réalisé une preuve de chambre à gaz homicide…!
Cela me semble révéler surtout une volonté de croire à toute épreuve. D'autant plus que, autant il y a des raisons de chauffer une chambre où l'on tue des poux pour accélérer l'évaporation et la diffusion du poison, autant dans une chambre homicide où, comme on nous prie de le croire, on aurait fait entrer 2000 personnes, on aurait par la même occasion fait entrer 2000 radiateurs organiques à 37°C., ce qui aurait suffi à assurer la température souhaitée[14].
Ce que je voudrais vous faire remarquer, c'est que le préchauffage indiqué comme un fait établi dans la maquette de 2005 ne résulte de rien d'autre que d'une agitation des neurones dans les cervelles antirévisionnistes au début des années 2000.
Ce sur quoi je voudrais attirer votre attention c'est le processus par lequel le fonctionnement de la chambre à gaz nazie s'est amélioré en 2005. Jusque-là, elle n'était pas tout à fait au point… D'année en année le fonctionnement s'améliore, par petites touches successives, et je ne doute pas qu'à ce rythme, les chambres ne soient en état de fonctionner parfaitement dans une vingtaine d'années, dans tous les musées de la Shoah où des maquettes seront installées, surtout si la contestation est interdite. Notez cependant que le chauffage de la chambre est présenté ici comme un fait établi, et qu'il serait de fait très difficile de le contester publiquement sans prendre le risque d'être accusé de «contestation de crime contre l’humanité». Bornons nous pour le moment à observer le processus par lequel une croyance, au départ purement spéculative, tend à "s'épaissir", se matérialiser, s'incarner… mentalement, jusqu'à devenir une vérité historique publiée dans la presse.
Revenons à la maquette et à l'histoire qu'elle nous raconte.
«Pour dissimuler leurs crimes, les SS apportaient les boîtes contenant le Zyklon B dans des voitures de la Croix-Rouge.»
La présence de cette "précision" est extrêmement instructive et révélatrice. De quoi? D'abord de l'état de sidération religieuse qui entoure le sujet. Car si on veut bien s'asseoir par terre et réfléchir un peu, cela n'a tout simplement aucun sens. C'est idiot. On ne voit pas pourquoi le transport du Zyklon dans des voitures de la Croix-Rouge dissimulerait quoi que se soit, d'autant plus que d'après ce que l'on raconte aux enfants des écoles en visite à Birkenau, des SS munis de masques à gaz vont l’instant suivant monter sur la Leichenkeller 1, visible depuis le camp, pour verser dans chacune des 4 trappes (supposées) le contenu d'une boite de Zyklon. Au surplus, on ne voit pas pourquoi il faudrait déplacer un véhicule pour apporter 4 boîtes de Zyklon dont des dépôts qui n'avaient rien de secret, existaient dans le camp, et d'après le sondertémoignage de Tauber, dans le sous-sol du Krema3.
Cette «précision» révèle, matérialise, explicite, tout simplement le désir qui habitait les vrais croyants en l'extermination et les premiers apôtres, de mouiller, de stigmatiser le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) à qui on ne pardonnait pas son incrédulité persistante pendant la guerre à l'égard des rumeurs d'extermination et de chambres à gaz[15].
Je ne sais pas, mais il serait intéressant de le retrouver, quelle a été la première apparition de cette intéressante précision[16] dans l’un des sondertémoignages, puis sa reprise parce que l'on trouvait que c'était bien trouvé, et que cela correspondait à ce que l'on avait envie d'entendre, puis l'assomption finale au rang de fait historique, historiquement prouvé… qu'il est interdit de contester!
Notez que pour ma part je n'oppose aucune source… Je n'y crois pas parce que c'est une connerie. Un point c'est tout. C'est une précision édifiante cousue de fil blanc, qui montre que les militants de la chambre à gaz avaient à l'époque un contentieux avec la Croix-Rouge.
Venons en à «sol à bétonner dans la chambre à gaz» et à la mention par Pressac dans sa chronologie récapitulative pour le 2 mars 1943: Bétonnage du sol dans «chambre à gaz» du crématoire IV par les ouvriers de la Riedel und Sohn.
Il s'agit à l'évidence d'une chambre projetée de désinfection parfaitement normale, au Zyklon B, destinée à désinfecter notamment les vêtements retirés aux cadavres. Cela fait plus de vingt ans que Faurisson, Pressac et moi, nous sommes penchés sur les plans de la Bauleitung concernant les Krema 4 et 5. Et Pressac s'esclaffait, tellement la séquence fonctionnelle du gazage et de la crémation aurait été aberrante s'il s'était agi d'une chambre homicide. Je ne me suis pas penché sur ces plans depuis cette époque. Mais je crois me souvenir qu'on avait même des photos de la menuiserie qui obturait hermétiquement certaines ouvertures, qui s'ouvraient depuis l'extérieur du bâtiment (voir page 426 de Auschwitz, Technique and Operation…) Ce fait est intéressant à un double titre. Premièrement parce qu'il avait été présenté à l'époque, au cours du procès, comme la preuve définitive de l'usage criminel des pièces ainsi obturées. Cela ne prouvait-il pas que les occupants étaient morts, les victimes du gazage ne pouvant évidemment pas ouvrir de l'intérieur!
Il a été difficile à l'époque de faire finalement admettre que les pauvres poux ne l'auraient pas pu, non plus.
Cela montre à quel point tout et n'importe quoi peut servir de preuve définitive lorsque l'on est décidé à croire. Mais cela montre aussi quelle a pu être l'origine de la rumeur des gazages et des sondertémoignages puisque de temps à autre depuis le Kanada, on avait pu apercevoir des SS détestés, munis de masques à gaz, monter sur une échelle ou un escabeau, pour ouvrir ces sortes d'impostes, lorsqu'il s'agissait d'aérer ces chambres, qui ne comportaient pas de système de ventilation[17], nous dit Pressac.
Puis, quand la thèse de l'extermination en chambres à gaz s'est imposée, on s'est donc persuadé qu'on les avait vus en train de verser le Zyklon sur les pauvres victimes, par ces impostes!
Sur certains plans, certaines de ces pièces comportaient un poêle, c'est-à-dire un simple renfoncement cubique en briques à l'intérieur de la pièce. Le foyer étant accessible par l'extérieur de la pièce. Il ne semble pas que ces pièces aient été dotées d'une ventilation, ni d'une porte bien extraordinaire (une simple porte en bois munie de forts loquets métalliques et d'un bourrelet d'étanchéité quelconque). Au début de Auschwitz, Technique and Operation of the Gas Chambers Pressac présente d'ailleurs les photos et les plans de toute une série de chambres d'épouillage au Stammlager et à Birkenau qui sont extrêmement sommaires et ne comportent pas de portes métalliques sophistiquées, qui ressembleraient aux portes de chambres à gaz américaines comme celles que présente Faurisson page 311 de Vérité historique ou vérité politique. La question des chambres à gaz, et Pressac, documents 23 et 24, dans son livre français.
Cela contribue encore à relativiser l'argument par la chambre à gaz américaine mais ne retire nullement à Faurisson le mérite d'avoir attiré l'attention sur le fait qu'on ne pouvait plus se contenter, comme on l'avait fait jusqu'alors, d'imaginations phantasmatiques et d'accusations émissariales pour décrire la chambre qui est au fondement de la postmodernité.
Quand un ouvrier de base d'une firme civile, Riedel und Sohn, indique sur sa fiche de travail «bétonner la chambre à gaz» pour désigner la pièce qu'il avait équipée de fermetures étanches les jours précédents, il est justement peu probable qu'il désigne ainsi une chambre à gaz homicide, inouïe, monstrueuse et criminelle, qui n'a pas encore servi. Il désigne sans crainte une chambre de désinfection comme il y en a des dizaines à Auschwitz. L'histoire que nous raconte Pressac est incohérente. Si vraiment cet ouvrier avait été l'un des premiers à percer une intention criminelle ultra secrète, il se serait au contraire bien gardé de le claironner de façon provocante et si le mot Gaskammer avait eu, à lui seul, la lourde signification que Pressac lui prête, il se serait bien gardé de l'employer. D’ailleurs comment cet ouvrier pouvait-il deviner un futur usage homicide? D'autant plus que les chambres d'épouillage étaient banales à Auschwitz, comme le montre Pressac, et c'est son principal mérite.
Venons en maintenant à Vergasungkeller. L'affaire est plus sérieuse.
Mais avant de traiter de cette preuve définitive, permettez-moi un retour en arrière dans les premières années de la décennie 80. À cette époque se déroulait le grand procès intenté à Faurisson pour «dommage» par falsification de l'histoire. À cette époque, la loi Gayssot n'existait pas. Dans l'immense masse de papiers réunis par la LICRA et autres, pour confondre le Professeur, les avocats des ligues avaient extrait notamment un document faisant état de la livraison de Zyklon B «sans avertisseur». Il faut préciser que la forme normale du Zyklon comportait l'ajout d'un gaz irritant et odorant, destiné, disait la publicité commerciale, d'une part à augmenter la sensibilité des insectes et la pénétration du poison et d'autre part à avertir de la présence d'émanations.
Du Zyklon B «sans avertisseur» ne constituait-il pas la preuve absolue de l'intention criminelle et de l'usage homicide? Effectivement! Que répondre? La cause était entendue et la danse du scalp autour du Professeur «démasqué» se déchaînait…
Mais Pressac n'en parle même plus, ni dans son livre américain, ni dans son livre français. Si Faurisson n'avait pas trouvé de nouveaux documents dans les archives, les révisionnistes n'auraient rien eu à répondre. Auraient-ils pour autant été «démasqués» ?
Il apparaissait en effet que l'avertisseur: de l'ester bromacétique, n'avait pas de réelle utilité, ni pour faciliter la pénétration dans les insectes et leurs œufs, ni pour signaler des émanations, comme le prétendait la publicité commerciale, mais qu'il avait surtout servi à justifier un brevet, et le dépôt d'une marque commerciale, pour un produit chimique primaire, le HCN, et justifier qu'on le vende plus cher. Au surplus il présentait l'inconvénient que l'odeur pouvait persister sur certains supports. Dès avant la guerre une version «sans avertisseur» était commercialisée en Allemagne et à l'étranger. L'étiquette portait alors la mention: «Attention sans avertisseur». Le document de Nuremberg NI-12110 est un mémorandum du 21 juin 1944, signé d'un Dr Heinrich. Il y est expliqué qu'il y a pénurie d'ester bromacétique, ce qui est très ennuyeux pour le brevet du Zyklon B. L'usine qui le produisait avait été bombardée.
Revenons à «Vergasungkeller». Dans une lettre du 29 janvier 1943, Bischoff utilise ce mot pour désigner un local du Krema 2 qui pourrait être utilisé comme morgue, la morgue étant rendue indisponible à cause d'un problème de décoffrage dû au gel. Un rapport de Prüfer permet d'établir que la morgue inutilisable est bien la Leichenkeller 2. Les révisionnistes, notamment Butz et Faurisson, ont recherché toutes sortes d'explications qui se sont finalement révélées toutes fausses. Pressac en a profité pour «démasquer» méchamment les révisionnistes (Technique and …p. 503) et Faurisson en a profité pour «démasquer» méchamment Pressac dans son étude très fouillée de Auschwitz, Technique and …, où un chapitre entier intitulé Vergasungkeller est consacré à cette question (Revue d'histoire révisionniste n°3, p. 100-102). La confrontation mot à mot de cette Disputatio est méthodologiquement passionnante et instructive.
Puis finalement il s'avère que Pressac avait raison: la «Vergasungkeller» désignait bien la Leichenkeller 1 du Krema 2. Mais cette pièce, semi enterrée de 210 m2, conçue comme une morgue, tout le monde en est d'accord, est désignée ainsi par Bischoff parce que le projet avait été un instant formé d'y placer une installation d'épouillage, d'abord à l'acide cyanhydrique, puis à air chaud, en récupérant les calories des fours (étuves de désinfection). Ces deux projets ont été abandonnés, de même que le projet de 100 (vraies) douches dans la Leichenkeller 2, et ces installations transférées au Zentralsauna.
Conclusion : Comme le concède d'ailleurs Pressac (p.505) «la lettre de Bischoff ne constitue pas en elle-même une preuve absolue de l’existence d’une chambre à gaz HOMICIDE[18]» dans le Krema 2.
Nous avons vu qu'elle ne constitue même pas la preuve de l'existence d'une chambre de désinfection! Elle constitue la preuve d'une chambre à gaz de désinfection virtuelle, simplement projetée. En l'état de ces projets très vite abandonnés, la Leichenkeller 1 était devenue, dans la tête des planificateurs, la «cave affectée aux gazages de désinfection», et elle pourrait être utilisée à son usage primitif de cave à cadavres (Leichenkeller) pour lequel elle avait primitivement été conçue.
On le sait maintenant grâce aux recherches effectuées dans les archives de la Bauleitung détenues à Moscou, par Carlo Mattogno et Jurgen Graff, que Pressac n'avait pas eu le temps d'exploiter sérieusement avant de publier son livre. Tout cela est expliqué en détail dans Dubitando n° 3 et 4 : Maurice Haas-Colle, La transformation des morgues des crématoires d'Auschwitz-Birkenau, et Pressac et les archives de Moscou. Mais Dubitando est une revue révisionniste confidentielle qui circule sous le manteau, et n'est pas admise à participer à un débat réservé aux «historiens» qui sont en fait devenus les prêtres d'une nouvelle religion dogmatique, détenteurs d'une mémoire sacrée et gardiens d'un sens de l'histoire.
En tout cas la documentation disponible maintenant permet de répondre à la question: «Pourquoi a-t-on eu l’idée de chauffer cette morgue?». Ce n'était pas pour tuer les Juifs, c'était pour tuer des poux. Et encore une fois, en quoi un projet non réalisé constituerait-il une «preuve», et la preuve de quoi?
«Gasdichtetür». Porte étanche au gaz! N'est-ce pas la preuve? … À tout le moins de la présence de gaz d'un côté de la porte et pas de l'autre. Eh bien même pas! En allemand, une simple porte calfeutrée pour empêcher les filets d'air de passer, pour une isolation thermique dans le cadre d'un chauffage électrique par exemple, sera dite «Gasdichtetür» parce que l'air est un gaz! C'est une porte étanche. Il est tout à fait normal qu'une morgue soit dotée d'une porte étanche pour éviter la circulation dans les abords d'air chargé de miasmes nauséabonds.
On peut maintenant comprendre le fonctionnement du Krema 2. Les cadavres, y compris ceux des soldats allemands, étaient apportés dans la Leichenkeller 2, soit par l'escalier, soit par la glissière, où ils étaient déshabillés, parfois autopsiés. D'éventuelles dents en or étaient arrachées. Puis ils étaient portés par le monte-charge à la salle des fours pour être brûlés. Quand le nombre de cadavres dépassait les capacités quotidiennes de crémation, ils étaient stockés dans la Leichenkeller1. Toute aération était interrompue pour ne pas favoriser les processus de décomposition[19]. Lorsqu'il fallait entrer, soit pour introduire, soit pour retirer des cadavres, on mettait en route la ventilation.
Reste que ces locaux sont considérablement surdimensionnés. Ce qui s'explique peut-être par le fait qu'ils avaient été conçus pour faire face pendant une situation d'épidémie, et expliquerait aussi, une fois l'épidémie jugulée, qu'il ait été envisagé un moment d'utiliser autrement ces locaux devenus inutiles si les crématoires absorbaient quotidiennement la production quotidienne de cadavres.
Notez que mes explications ne prouvent rien du tout. Ou plutôt elles prouvent une seule chose, c'est que le mot terrifiant «Gasdichtetür» ne prouve rigoureusement rien à lui seul, si on n'est pas déjà complètement convaincu.
Maintenant une anecdote. À Royan, dans les jardins du Golf Hôtel, qui avait hébergé l'état-major allemand pendant la guerre, avait été construit un Blockhaus qui devait servir d'abri en cas de bombardement. Il comportait, sous une énorme masse de béton armé, plusieurs petites salles commandées par un corridor. Chaque salle et le corridor étaient fermés par de lourdes portes métalliques, manifestement étanches, certaines munies d'œilletons, et beaucoup plus impressionnantes que la porte en bois de la Leichenkeller 1. Les enfants du quartier jouaient dedans (après la guerre). Toujours est-il que, dans les années 70, un gamin en promenade qui avait eu la curiosité de franchir la lourde porte étanche qui donnait sur la rue, et s'était avancé dans la pénombre du corridor, est ressorti tout excité en criant: «Maman, maman, viens voir les chambres à gaz!». À l'époque cela m'avait fait sourire.
J'ajoute qu'à la Coubre, à la Pointe de Grave, et au fort du Chay, qui commandaient l'estuaire de la Gironde, c'est par centaines que j'ai vu dans les Blockhaus de telles portes«Gasdichte», munies ou non d'œilletons et de ferrures de protection de ces œilletons.
Mais votre interrogation est néanmoins très intéressante, et je ne comprends pas la réaction du Professeur, telle que vous me la rapportez. Il serait instructif et révélateur de savoir si des morgues de crématoires dont personne ne prétend, ou ne prétend plus, qu'elles aient été utilisées comme chambres à gaz, pouvaient néanmoins avoir été dotées de portes étanches, à Buchenwald ou dans tous autres camps, mais aussi à Berlin, Francfort, Moscou ou New York, Johannesburg ou Pondichéry… Cela contribuerait peut-être à faire comprendre que cette porte n'est… pas une preuve.
Imaginons maintenant que nulle part dans le monde, on ne trouve de morgue équipée de portes étanches. Cela constituera-t-il enfin la preuve définitive? Eh bien, je me démasque moi-même: je ne le pense pas! Je considérerais que cela constitue un élément troublant, mais pas une preuve suffisante.
Mais alors, que faudrait-il m'apporter pour que je juge une preuve suffisante? La réponse est simple: n'importe quoi qui tienne encore debout si la critique en est libre.
Mais justement, depuis 1945, et même avant, depuis 1943, c'est-à-dire l'apparition de la chambre à gaz dans les rumeurs qui circulaient dans les camps, et dans la propagande de guerre subalterne, il n'a jamais été possible d'émettre de critiques ou de faire montre d'incrédulité sans être immédiatement suspecté de sympathie pour les socialistes-nationaux, et d'antisémitisme. Si bien qu'on été admises successivement toutes sortes de prétendues preuves qui sont maintenant abandonnées jusque par les autorités de l'histoire officielle.
A Nuremberg, le tournant du procès a été la sonderconfession de Höss, qui a brisé les reins de la défense, et les photos de la (fausse a-t-on reconnu en 1960!) chambre à gaz de Dachau (!) qui ont abasourdi les accusés. Le capitaine Gilbert le relève.
Le fait qu'on recherche des preuves encore aujourd'hui ne devrait-il pas entraîner des réflexions sur les «preuves» jusqu'ici admises? Qui ne se sont successivement imposées que par la diabolisation de la critique. À chaque étape, la critique a subi une défaite politique… pas une défaite intellectuelle ou scientifique.
Encore une incidente. Lors de je ne sais plus quel procès, dans les débuts de l'affaire, maître Korman a brandi contre moi le témoignage de Yan Karski, le «témoin» de l'extermination à Belzec. Le témoin oculaire, était-il proclamé dans son témoignage publié, et était-il universellement admis à l'époque. Qu'avais-je à répondre? Rien… Sinon que le récit, et l'emploi de chaux vive dans des wagons pour mettre à mort n'étaient pas vraisemblables. Eh bien, dans le film Shoah, du thuriféraire de Tsahal Claude Lanzmann, le témoin ci-devant oculaire Yan Karski raconte qu'il a transmis les informations à lui communiquées par un dirigeant du ghetto de Varsovie. Il n'avait jamais mis les pieds à Belzec! Cinq ans plus tard Raul Hilberg prenait officiellement ses distances avec ce «témoin» jusque là canonique[20].
Cela pour vous expliquer que je fasse preuve de scepticisme vis-à-vis de tous nouveaux témoignages, indices, traces et preuves. Ce scepticisme s'arc-boute sur l'interrogation simple: Si ce que l'on me raconte est vrai, est-il concevable que l'événement n'ait pas laissé des témoignages, des indices, des traces, des vestiges, des preuves d'une toute autre nature que ceux qu'on nous présente et qu'on nous a présentés? Est-il concevable que les faits n'aient pas été clairement établis à Nuremberg? Est-il concevable que le jugement de Nuremberg ait été aussi vague et allusif en ce qui concerne les chambres à gaz? Et que les rumeurs les plus folles et les plus contradictoires aient continué à circuler selon les publics et selon les milieux pendant des années. Est-il concevable que les Russes, qui savaient s'y prendre, n'aient obtenu aucun aveu de Liebehenschel, le successeur de Höss en novembre 43 à la tête du camp? Surtout, est-il concevable que Richard Baer, le troisième commandant d'Auschwitz, mort mystérieusement en prison en juin 1963, peu de temps avant l'ouverture du procès de Francfort, dit des gardiens d’Auschwitz, n'ait jamais admis l'existence des chambres monstrueuses, et espérait son acquittement, sait-on par sa femme?[21]
Vous évoquez aussi la remarque de Vidal-Naquet, paix à son âme, au sujet du journal de Johan Paul Kremer. Il reproche à Butz de «n’en souffler mot». Mais en quoi le journal d'un médecin SS qui note sa participation quatorze fois à une Sonderaktion constituerait-il une référence obligée alors que ce journal ne contient rigoureusement rien d'autre que ce mot, si on n'est pas déjà totalement convaincu que ce mot serait un mot codé pour gazage de masse. Ce journal ne peut constituer en lui-même la preuve primaire. C'est le raisonnement de Vidal qui plonge dans des abîmes de perplexité. Selon lui : «on ne voit pas pourquoi, si Kremer se trouvait face aux horreurs du typhus à Auschwitz, comme le prétend Faurisson, il mentionne des scènes d’atrocité à l’arrivée d’un train de Juifs hollandais». C'est tout simplement dénué de sens. Kremer est confronté aux horreurs du typhus à Auschwitz. Avant d'être une affirmation de Faurisson, c'est un fait. Il le note dans son journal. En quoi ce fait empêcherait-il qu'il mentionne des scènes d'atrocité, sans rapport avec le typhus, à l'arrivée d'un train hollandais? Je ne comprends pas.
Avant d'imaginer quelles peuvent avoir été ces atrocités, il faut noter que les autres fois, il ne note pas d'atrocités, mais d'après Vidal, nous devrions croire qu'il assiste à des gazages!… dans tous les cas!
Cela prouve une chose et une seule: Vidal interprète Kremer à la lumière du dogme. Le journal de Kremer ne peut donc être en aucun cas une preuve en lui-même. Mais il avait néanmoins été choisi par la LICA(devenue LICRA) comme principale preuve invoquée contre Faurisson dans le procès pour «falsification de l’histoire». N'en avait-elle pas de meilleures? Cela a donné en tout cas l'occasion à Faurisson de traiter exhaustivement du cas Kremer, et je vous renvoie aux pages 875-77 d' Écrits révisionnistes. T2 (1984-1989) et à l'analyse remarquable du Journal de Kremer par Jean-Gabriel Cohn-Bendit, dont je n'ai plus d'exemplaire mais qu'on trouve sur Internet.
Si par analogie on prétendait me prouver la réalité du bombardement atomique d'Hiroshima et de Nagasaki à l'aide du journal intime d'un pilote de l'armée de l'air américaine, je commencerais à avoir des doutes, tout comme si on prétendait me prouver l'existence de la Tour Eiffel par des perquisitions chez des ingénieurs soupçonnés d'avoir participé à sa construction.
Mais revenons à la maquette:
Légende 1: «Entrée des détenus». Le dessinateur a nettement amélioré l'entrée. L'escalier et l'entrée sont plus larges que ce que l'on peut voir sur les plans et dans les ruines (document 73 p. 252 et 82 p. 257, Technique and operation …). Ce n'est pas du luxe. Il va falloir faire entrer par là quelque 2000 personnes, 3000 selon le bon docteur Nyiszli, et le sondertémoin Dov Paisikovic.
Suite de la légende: «Les détenus étaient poussés dans cet escalier par d’autres prisonniers, obligés par force de faire ce “travail”, on les appelait “le Commando[22] spécial” »
Réflexion: Sur une foule de 2000 personnes, les membres du Commando très spécial ne pouvaient pousser qu'en fonction de leur nombre, et immédiatement devant eux, au risque d'entraîner bousculades, piétinements et paniques, et un désordre indescriptible dans l'étroit escalier. Trop de brutalité aurait inquiété les détenus et risqué d'éveiller leurs soupçons. On doit donc comprendre que le commando très spécial exerçait une ferme incitation, avec doigté, puisque les détenus ne devaient se douter de rien.
Légende 2: «Salle de déshabillage. Les détenus devaient se déshabiller rapidement dans cette pièce équipée de fausses douches (pour les rassurer)».
Réflexion: Il fallait donc que dans cette pièce des membres du Commando, ou des SS, ou les deux ensemble, leurs donnent l'ordre, ou les incitent, à se déshabiller. Ce qui est normal pour prendre une douche.
Mais nous, nous savons que le projet d'installer des vraies douches a été abandonné! Quant aux 14 «Drausen» de l'inventaire, il peut s'agir de pommes d'arrosage pour laver les cadavres et le sol, dans les 3 Leichenkeller, mais pas de fausses douches, comme le soutient Pressac sans preuve pour être fidèle à la vulgate, car pour rassurer 2000 personnes dans une aussi vaste pièce semi enterrée, 14 pommes de douche, ce serait dérisoire.
Je sens que je suis sur la mauvaise pen