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Saint Jan Karski, un nouveau saint de la Shoah

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LA VIEILLE TAUPE

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J’ai lu attentivement Le Monde quotidiennement  pendant près de trente ans. J’avais commencé en 1960, étudiant à Sciences Po et militant à Socialisme ou Barbarie, un groupuscule que je venais de découvrir grâce à Jean-François Lyotard, encore plus groupuscule que les groupuscules puisqu’il devait comporter une quarantaine de membres, qui éditaient péniblement une revue épisodique du même nom. Les analyses de S. ou B. rendaient cependant mieux compte de la réalité qu’aucune autre publication de l’époque et les numéros, en particulier les premiers, et ceux consacrés aux grèves en RDA en 1953, à l’insurrection hongroise en 1956, et à l’analyse du rôle des syndicats, peuvent être relus avec profit aujourd’hui, même si bien des choses méritent d’être nuancées et approfondies à la lumière de l’expérience. C’était l’écrasante supériorité de S. ou B. dans l’analyse, notamment des réalités de l’URSS, de la Chine, et des partis soi-disant « communistes », dans l’ambiance de l’époque, qui avait totalement dévalorisé à mes yeux Sciences Po et L’Université, où régnait une complicité entre « la droite » en ses différentes variétés, et la gauche, en ses différentes variétés, pour admettre cette imbécillité que le « communisme », celui de Moscou et des partis qui en dépendaient, représenterait une critique et un dépassement du capitalisme. Cette constatation désabusée m’avait conduit à renoncer volontairement à toute idée de carrière, alors que j’étais boursier en préparation à l’E.N.A.

Cette complicité universelle de l’establishment aboutissait à faire du capitalisme un horizon complètement indépassable puisque ce que tout le monde s’accordait à considérer comme un dépassement du capitalisme était…du capitalisme ! Simplement plus ou moins corseté par l’État dans sa version moscoutaire ou sociale-démocrate. L’analyse trotskiste, encore complètement invisible et groupusculaire au début des années soixante[1], mais que me resservira imperturbablement Lionel Jospin encore en 1973, soutenait la théorie des « bases du socialisme » présentes à l’Est, en Russie et dans les pays du glacis soviétique, et la nature « socialiste » des rapports de production. Elle montrait par là combien avait été perdue l’idée même de ce que pourraient être des rapports de production et de répartition qui ne seraient pas capitalistes, et ce que pourraient bien signifier « l’abolition du salariat ».

Ce n’est donc pas par accord idéologique ou politique que je lisais Le Monde, largement complice et victime de cette illusion constitutive de « la politique ». Mais parce que j’y trouvais des informations de qualité dans presque tous les domaines importants et une certaine tenue intellectuelle. Ses orientations étaient relativement claires et transparentes, donc aisément décryptables, et les différents points de vue de tout ce qui comptait réellement s’y exprimaient plus ou moins. Guy Debord avait défini Le Monde comme le journal officiel de tous les Pouvoirs. C’était bien vu. En ce sens il reflétait la réalité d’une société encore pluraliste avec, je le répète, une certaine objectivité et une certaine hauteur de vue. Et il présentait l’avantage de ne pas comporter les innombrables rubriques insupportables et parfaitement vides qui envahissaient l’autre presse.

Mais Le Monde n’a cessé de se dégrader. Il est devenu de plus en plus idéologique et de moins en moins fiable. J’ai pourtant longtemps continué à le lire, pour voir ce qui s’y racontait… Puis j’ai cessé de le lire tant la bouillie bien-pensante l’avait progressivement envahi.

La dégradation du « journal de référence », a connu des étapes et des paliers. Michel Legris, journaliste au Monde pendant 16 ans (de 1956 à 1972) analyse très finement les premiers symptômes dans son livre Le Monde tel qu’il est (Plon, collection Tribune libre, Paris1976). C’est un livre auquel il serait bon de se reporter aujourd’hui encore.

Diverses épurations successives ont eu lieu depuis, de plusieurs journalistes de tendances diverses, mais qui n’étaient pas entièrement soumis au « politiquement correct », et avec lesquels il était encore possible de parler.

L’étude de Pierre Péan et Philippe Cohen, La face cachée du Monde, du contre pouvoir aux abus de pouvoir (Mille et une nuit, Paris 2003) est paru bien après que j’avais cessé de le lire, mais ce livre m’a permis de comprendre un certain nombre des raisons et des causes de la dégradation que je n’avais pas été seul à ressentir.

Cela dit, il m’arrive encore de lire Le Monde. Très rarement, et en général quand quelqu’un m’a signalé un article particulier dont il me faudrait prendre connaissance pour une raison ou pour une autre. Cela me permet en général de mesurer la continuité de la dégradation de l’ensemble.

Ce vendredi 4 septembre 2009 c’est pourtant de mon propre mouvement que j’ai acheté Le Monde. Sur le présentoir du SuperU de Beaune-la-Rolande, en première page, en bandeau : « Le Monde des livres. Yan Karski, l’homme qui voulut alerter l’humanité sur la Shoah ».

Mais avant d’aller à l’article qui avait provoqué mon achat, j’en ai profité pour lire l éditorial d’un certain E. F. (pour Éric Fottorino ai-je pensé, mais sans la moindre certitude). « Sécuriser l’Afghanistan ». Je relève : « Affirmons-le d’emblée : lâcher l’Afghanistan serait une faute. Comment abdiquer devant les Talibans, qui, par leur discours et leurs actes attentatoires à la dignité humaine, bafouent la moindre liberté […] Il faudrait bien du cynisme pour juger préférable les souffrances infligées aux populations, aux femmes en particulier par les Talibans. » L’impudence du raisonnement et le prétexte purement rhétorique de la libération des femmes pour justifier la présence américaine  donne déjà la nausée et suffit à anéantir et à dénaturer les informations et les remarques raisonnables que comporte par ailleurs cet éditorial. Et quelques lignes plus bas la rituelle invocation d’Al-Qaïda et de la fable parfaitement imbécile qui voudrait que l’attentat du 11 septembre 2001, et l’effondrement des trois  tours de Manhattan ait été concocté depuis les montagnes d’Afghanistan. Personne ne peut y croire vraiment… Mais il faut plier le genou devant la version du Pouvoir. Et E. F. plie le genou. La dégringolade du Monde ne s’est pas ralentie. La propagande de guerre de l’empire USraélien s’y étale impudemment. Au fur et à mesure que se restreint la liberté et le jeu des différents pouvoirs qui s’y manifestaient naguère encore, Le Monde devient le journal officiel du Pouvoir de plus en plus totalitaire et renonce au pluralisme, en tout cas sur les sujets qui importent. Ce qui lui permet sur tout le reste de mettre en spectacle un pluralisme de façade parfaitement illusoire.

Consterné je continue à feuilleter le journal « de référence ». Page 10 du Monde des livres je tombe sur un article de Thomas Wieder sur le livre de Wolfram Wette. C’est le titre qui attire mon attention : « Pour en finir avec la légende d’une Wehrmacht “propre” ». Ainsi il existe encore des crétins pour ignorer qu’une armée ne peut pas rester « propre » dans les conditions de la guerre, telles qu’elles furent et telles qu’elles seront (et telles qu’elles sont en Irak et en Afghanistan). Il n’est nul besoin de faire des recherches « historiques » pour s’en persuader. L’idée d’armée « propre » n’a pas de sens, sauf pour la propagande de guerre des idéologues bellicistes, mais l’on voit pourtant refleurir cette idée que l’on pouvait croire dépassée et ridiculisée, en particulier pour des Juifs, du côté des thuriféraires de Tsahal. C’est l’une des spécialité d’Arno Klarsfeld… Pourquoi ce Wolfram Wette n’a-t-il pas été faire des recherches du côté de cette légende-là, ou du côté de la « propreté » des armées américaine, britannique, française ou russe ? À l’évidence depuis soixante ans la Wehrmacht a été couverte de tellement d’ordures, et avec une constance telle, qu’il est impudent d’évoquer « la légende d’une Wehrmacht propre » sans évoquer aussi la légende noire, qui existe aussi, mais qui, elle, s’étale impudemment dans les médiats. Ce Wolfram Wette serait-il seulement foutu capable de citer un exemple où la légende qu’il a identifiée d’une « Wehrmacht propre » ait atteint le public télévisionnaire ? Pour ma part je trouverai plus courageux, plus novateur, et plus utile d’étudier la légende imposée systématiquement dans les médiats d’une Wehrmacht différente et pire que toutes les autres armées, mais là Wolfram Wette découvrirait l’existence de la censure et sa carrière « d’historien » publié serait terminée.

Je trouve dégoûtant ce prurit irrépressible qu’on les lâches de se joindre à la meute pour la curée. Mais le principal inconvénient de ce genre d’exercice c’est que cette pierre de plus lancée contre le militarisme allemand ne sert dans les faits qu’à justifier la guerre contre le militarisme allemand. Donc à justifier, sinon à sanctifier la lutte militaire des Armées contre Hitler et « la bête immonde ». Il suffira ensuite de décréter dans les trompettes et les grosses-caisses médiatiques que l’ennemi du moment est un avatar de Hitler et de cette fameuse bête toujours renaissante pour…tout justifier, absolument tout, et en particulier la guerre et son cortège inévitable d’atrocités en tout genre. L’inconvénient de ce genre d’exercice c’est que, quelle que soit l’éventuelle qualité du travail effectué, et la thèse de l’auteur en sortirait-elle prouvée et vérifiée, socialement et pratiquement cela se retourne comme un gant, en apologie de tout militarisme qui ne soit pas allemand. Dans le monde tel qu’il est actuellement et quelles que soient les intentions de l’auteur, il participe de l’idéologie « antifasciste » et « antiallemande » et de son ambiguïté structurelle, qui est d’être au service de l’idéologie de l’empire USraélien et du Nouvel Ordre Mondial, né sur la défaite de l’Allemagne.

Une ultime précision à l’intention de ceux qui seraient tentés de voir dans ma position un plaidoyer en faveur de l’Armée allemande : ma position n’est qu’en faveur de la vérité et la Vieille Taupe soutient les objecteurs et déserteurs de la première, de la deuxième et de la troisième guerres mondiales…Les déserteurs étaient fusillés dans l’armée allemande, tout comme dans les armées « démocratiques » et « antifascistes » d’ailleurs. Il ne s’agit pas de justifier le militarisme allemand mais de comprendre qu’il est d’autres moyens que la guerre pour lutter contre. Cette remarque me donne l’occasion de relever une inconséquence fréquente, pour ne pas dire constante, dans la pensée « de droite ». Je relève de plus en plus fréquemment sous la plume d’auteur de droite la constatation que la première guerre mondiale a été une complète catastrophe, et une absurdité pour l’Europe. Fort bien. Mais pourquoi alors ne pas réhabiliter et s’inspirer de ceux qui ne voulaient pas la faire et mettaient leurs actes en conformité avec leurs idées.

Venons-en à Jan Karski qui avait motivé l’achat du journal de référence (de la dégradation de la pensée). Ce n’est pas un article mais quatre, et toute la page 3 du Monde des livres du 4 septembre 2009, à l’occasion de la sortie simultanée de deux romans, qui lui sont consacrés : Jan Karski de Yannick Haenel, (Gallimard, « L’Infini » 194 p.) et Les Sentinelles de Bruno Tessarech (Grasset, 380 p.). Deux articles de Franck Nouchi, un article de Josyane Savigneau et une interview du Professeur Claude Mouchard recueillie par Thomas Wieder (celui-là même qui passait page 10, la brosse à reluire à l’insignifiant Wolfram Wette. Comme si on attendait sans doute ses travaux pour savoir que l’armée allemande n’était décidément pas aussi « propre » qu’on l’aurait cru !?!?!? Qui l’eut cru ?).

Il ressort, tant de la publication simultanée de ces deux livres que des articles du Monde que nous sommes en train d’assister au processus de béatification d’un nouveau saint de la Shoah, « l’homme qui voulut [hélas en vain], alerter l’humanité ». L’homme qu’il aurait fallu écouter… ! L’homme dont les immenses qualités morales et humaines sont destinées, semble-t-il, à croître et embellir avec le temps qui passe. Puis quand les médiats et la littérature l’auront paré de toutes les qualités requises, on s’étonnera, (voire on culpabilisera) qu’une personnalité aussi exceptionnelle ait pu rester dans l’ombre pendant tant d’années. On ajoutera probablement que son « témoignage bouleversant », à lui seul, suffit à anéantir les thèses révisionnistes, pardon, « négationnistes ».

Mais qui l’avait laissé dans l’ombre ?

Jan Karski est pour moi une vieille connaissance. Au cours de l’un des multiples procès que j’ai subi devant la 17ème chambre du tribunal de Paris, Maitre Korman, l’avocat de la LIC(R)A après m’avoir attribué toutes les turpitudes possibles et imaginables avait ponctué son réquisitoire impitoyable en brandissant le témoignage de Jan Karski comme la preuve définitive de ma mauvaise foi et de mon refus obstiné de croire en l’évidence. Il avait conclu : – « Qu’avez-vous à répondre à cela ? »

J’avais répondu au tribunal que je connaissais bien le « témoignage » de Jan Karski, qui prétendait avoir été le témoin oculaire de l’extermination des Juifs au camp de Belzec. Mais que son témoignage ne paraissait guère crédible car il prétendait que les Allemands, à Belzec, tuaient les Juifs dans des wagons de chemin de fer, en utilisant de la chaux vive. Son témoignage avait été publié après la guerre aux États-Unis dans un livre Story of a secret State. En fait je me trompais légèrement ce jour-là devant le tribunal. Le témoignage de Jan Karski à été publié aux États-Unis dès 1944 (Houghton Miffling C°, Boston). Une édition anglaise (The Riverside Press, Cambridge) sortait dans la foulée. Une traduction française paraissait sous le titre Mon témoignage devant le monde. Histoire d’un État secret, éditions S.E.L.F. 20, place Dauphine, 356 p.,Paris 1948.

Le « témoignage oculaire » de Jan Karski n’est donc pas resté ignoré. Et enfin je découvre qu’une nouvelle édition américaine est parue en 2001(Simon Publication) et une nouvelle édition française : Édition Point de Mire, Paris 2004, avec le même titre. Mais il est vrai qu’il n’avait jamais bénéficié d’un lancement médiatique et d’une notoriété comparable, par exemple, à celui dont a bénéficié Kurt Gerstein, cet autre « témoin oculaire » de l’extermination des Juifs à Belzec, à la même époque (août - septembre 1942). Il a de plus été très souvent cité dans la littérature holocaustique et « historienne », mais certains auteurs préféraient faire l’impasse sur son témoignage (« Je ne le mentionnerais pas, même dans une note en bas de page » devait dire Raul Hilberg) ou ne le citait que très partiellement et du bout des lèvres, si bien qu’en général le grand public, même cultivé et même très holocaustiqué, n’avait pas retenu son nom jusqu’ici.

Il est important de comprendre pourquoi. Un récit, vrai ou faux d’ailleurs, fait sens. Il comporte un sens plus ou moins explicite. Il impose plus ou moins un sens et il en élimine plus ou moins d’autres. C’est pour cela que tel ou tel récit se trouve plus ou moins colporté et promu à un moment donné, plutôt qu’un autre, selon qu’il convient plus ou moins à ses promoteurs. Et il perce ou pas, selon les rapports de forces du moment

– Élémentaire mon cher Watson !

Or, Jan Karski n’était pas Juif. Il n’était pas même protestant comme Kurt Gerstein. Il était Polonais catholique. Et contrairement à Kurt Gerstein, la réalité historique de ses efforts pour persuader le monde de l’existence d’un processus d’extermination systématique des Juifs dès 1942, n’est pas discutable… (ou plutôt, tout devant être discutable, la discussion totalement libre permet de l’établir) parce que la réalité de ses efforts repose sur de multiples documents. Elle a laissé de multiples traces historiques non contestées[2]. Longue rencontre, dès 1942, avec Anthony Eden, et même rencontre de plus d’une heure à Washington avec Franklin Delano Roosevelt lui-même. Au surplus, en dehors de ses rencontres avec ces personnes représentant le Pouvoir, il avait rencontré une multitude de personnalités prestigieuses, notamment religieuses et politiques, tant à Londres qu’à Washington, dans le but de les convaincre de la réalité de la mise en œuvre d’une extermination systématique des Juifs par l’Allemagne socialiste-nationale. Ses états de service à cet égard sont infiniment plus importants et surtout avérés, que ceux qui sont attribués à Saint Gerstein ! Pourquoi donc cette différence de traitement ?

La plupart des holocausticiens, « historiens » ou militants holocaustiqués, se trouvent avoir été en général beaucoup plus soucieux de transmettre un message hostile au Pape Pie XII et à ses « silences[3] » que de vérifier selon les méthodes critiques de la connaissance. Beaucoup donc, fut-ce inconsciemment, n’étaient guère disposés à chanter les louanges et l’antériorité d’un catholique polonais dans le militantisme holocaustique. Tout au contraire il est aisé de vérifier en lisant la littérature holocaustique que beaucoup des holocausticiens insistent sur l’« antisémitisme » viscéral et meurtrier des Polonais, surtout des paysans polonais, et sur la responsabilité coupable du catholicisme. Ensuite Jan Karski, dont l’odyssée extrêmement mouvementée serait propre à alimenter les imaginations et à satisfaire les amateurs d’héroïsme romanesque, était un agent discipliné de l’Armia Krajowa, l’armée clandestine polonaise et de son Bureau de propagande. Outre son lobbying holocaustique personnel, le rapport Karski a donc été largement et officiellement diffusé par le général Sikorski, notamment au gouvernements britannique et américain, avec demande d’aide aux Juifs polonais, et demande de fourniture d’armes au ghetto de Varsovie. Le général Sikorski était le commandant en chef de l’Armée clandestine polonaise, dépendant du Gouvernement polonais en exil, qui s’était réfugié d’abord en France, replié à Angers, puis transféré à Londres. Autrement dit l’abomination (« contre-révolutionnaire » et « antisémite ») pour ceux des nombreux holocausticiens qui conservaient une tendresse spéciale pour l’Union soviétique et le socialisme international et souhaitaient mettre en relief son rôle dans la lutte contre le socialisme national…et surtout faire oublier le pacte germano-soviétique. D’ailleurs, Karski lui-même, en tant qu’officier polonais avait dû retraiter devant l’avance allemande en septembre 1939 et avait été fait prisonnier par l’Armée russe, alliée de Hitler dans le dépeçage de la Pologne. Puis il avait été livré aux Allemands par ces mêmes Russes. Il avait dû cependant retirer son uniforme d’officier et se faire passer pour un simple soldat, pour échapper au traitement spécial (Sonderbehandlung) que les Russes réservaient généralement aux officiers polonais (voir Katyn). Traitement très particulier qui jouit notamment de cette particularité de ne constituer juridiquement un crime contre l’humanité que s’il a été effectué par les vaincus de la deuxième guerre mondiale à l’encontre des Juifs.

Non ! Décidément Karski ne réunissait pas les conditions nécessaires pour que les holocausticiens chantent sans restrictions ses louanges, mais rien ne s’opposait à ce que son « témoignage » soit cité à l’appui de l’extermination des Juifs puisque tout ce qui va dans ce sens là est bon à prendre. Ce qui fut fait épisodiquement. Donc lorsque Maître Korman m’a pris à partie devant le tribunal, Jan Karski était connu par ceux qui connaissaient bien le dossier, comme le témoin oculaire de l’extermination des Juifs à Belzec.

Dans le camp révisionniste, c’est à ce titre que ce témoignage était connu. Bien que, comme les tenants de la thèse officielle (génocide-holocauste-shoah-extermination) n’en faisaient généralement pas grand cas, les révisionnistes ne lui ont pas non plus consacré beaucoup d’efforts. Son nom n’apparaît pas dans l’index de l’édition originale (1977) du livre d’Arthur R. Butz, The Hoax of the twentieth century. Son nom fait son apparition dans l’index de la traduction française publiée en Italie au titre du texte d’une conférence de 1982, incluse dans l’édition : La Mystification du vingtième siècle, 616 p., La Sfinge, Rome 2002. Dans l’édition des Écrits révisionnistes (1974 – 1998) du Professeur Faurisson, le nom de Jan Karski apparaît quatre fois. Quand à Arno Mayer, dans La solution finale dans l’histoire, 567 p., éditions La Découverte, Paris 1990, il réussit la prouesse de parler longuement dans son chapitre XII, de Belzec parmi les « sites d’extermination », avec Chelmno, Sobibor et Treblinka[4], mais sans jamais citer le « témoin  oculaire » Jan Karski. Il est vrai que les derniers mots du livre d’Arno Meyer sont : « …l’indicible souffrance physique et mentale endurée par les Juifs au cours de la nuit la plus noire qu’ait connue  l’Europe chrétienne ». Il va de soit que lorsque l’on veut finalement culpabiliser l’Europe chrétienne, et restaurer l’essentiel de l’idéologie juive, en dépit de la critique révisionniste, il n’est pas opportun de rappeler les efforts exceptionnels de Jan Karski, avec l’appui des autorités polonaises catholiques du gouvernement en exil.

Toujours est-il que lorsque j’ai répondu au tribunal, je croyais que ce personnage historique si exceptionnel était mort. Aussi c’est avec stupéfaction que je l’ai vu apparaître en chair et en os dans le film « Shoah[5] » de Claude Lanzman, et c’est avec le plus grand intérêt que j’ai écouté son témoignage et que je l’ai entendu déclarer lui-même qu’il n’avait jamais mis les pieds à Belzec ! Il est parfaitement clair. Agent du gouvernement Polonais en exil et de l’Armée clandestine, il avait, sur ordre, pris contact avec les dirigeants juifs de la résistance dans le ghetto de Varsovie, notamment un dirigeant sioniste et un dirigeant bundiste, et il avait ensuite transmis ce que ces dirigeants lui avaient demandé de transmettre. Son prétendu « témoignage oculaire » sur le camp de Belzec n’était donc qu’un argument purement rhétorique destiné à augmenter la crédibilité des récits terrifiants et pornhorrifiques qu’il était chargé de transmettre, après son exfiltration mouvementée, à Londres, à Washington, et au monde entier. Récits terrifiants auxquels lui-même ajoutait foi. Car, nous y reviendrons, il n’avait probablement pas conscience de « mentir ». Mais il avait probablement la bonne conscience désarmante de celui qui, persuadé que ces choses-là sont, en gros, la vérité, et qu’il est important de la faire connaître, rajoutent seulement qu’il on vu eux-mêmes de leurs yeux.. Il faudra donc revenir sur la genèse et l’origine, et peut-être l’explication de ces récits.

Mais moi je me trouvais devant la 17° chambre correctionnelle confronté à l’autorité incontestable à l’époque du témoin Jan Karski, dont la béatification laïque est maintenant bien avancée. La page du Monde constitue le deuxième étage de la fusée de lancement, après les romans de Yannick et de Bruno. Je ne me souviens pas exactement duquel des nombreux procès il s’agissait. Mais puisque c’était devant la 17°, il ne s’agissait pas du grand procès civil, celui que j’appelle le « Verdun judiciaire » des révisionnistes, qui s’est déroulé devant les chambres civiles, et dont la procédure est beaucoup plus rigoureuse et essentiellement « écrite ». Il s’agissait nécessairement de l’un des procès que j’appelle les « procès parasites » qui ont puissamment aidé les censeurs à noyer le poisson et à obscurcir avec l’aide des médiats le sens de ce qui se passait dans le grand procès civil, le seul portait réellement sur le fond historique de l’Affaire. Je veux dire par « procès parasites » le procès « Poliakof » qui a tourné autour du document Gerstein, le procès sur la « phrase de soixante mots », ou divers autres procès que j’ai subi pour distribution de tracts divers, dont la distribution dans le Palais de Justice d’un tract en compagnie d’Alain Lebelbaum. Ces procès ont entraîné des condamnations permettant à la presse de proclamer que les révisionnistes avaient été condamnés, mais sans dire le motif réel de la condamnation, sous-entendant que les thèses révisionnistes auraient été invalidées par un tribunal, ce qui, en fait, ne fut jamais le cas[6]. Dans le cas du tract qu’Alain Lebelbaum et moi avions diffusé, le seul motif que le tribunal ait pu trouver, c’est que les diffusions de tracts sont interdite dans le Palais !

Il est important de comprendre ce qui s’est passé au cours du procès principal, le procès civil, qui dura quatre ans. La LIC(R)A avait assigné Faurisson en « dommage par falsification de l’histoire ». Comme l’avait proclamé Jean Pierre-Bloch : « Ce n’est pas un procès que nous faisons en incitation à la haine raciale, c’est un procès que nous faisons à un historien qui n’est pas sérieux ! ».

La LIC(R)A avait donc réuni ses meilleurs spécialistes et choisi la meilleure preuve dont elle croyait disposer de l’existence d’une chambre à gaz d’extermination massive. Logique. Dans l’assignation introductive d’instance elle invoquait comme « preuve », [que Faurisson aurait négligée] le « témoignage » tiré du carnet du médecin SS à Auschwitz Johan-Paul Kremer était le seul document invoqué. C’était à Auschwitz, présenté comme l’épicentre de l’extermination, que semblait donc devoir se régler la controverse entre les vrais croyants de la LICRA et les sceptiques révisionnistes. Mais quand la réponse du Professeur eut montré qu’il n’avait rien négligé du tout et que la « preuve » par Kremer se fut effondrée, la LIC(R)A soumit au tribunal toutes sortes de nouvelles « preuves », y compris le témoignage devant notaire (Maître Attal) d’un quelconque « survivant », qui fut bientôt oublié devant les réponses de Faurisson. En résumé la LIC(R)A s’avéra incapable d’apporter une seule preuve de l’existence d’une chambre à Gaz ou d’une négligence fautive du professeur. Qui fut néanmoins condamné pour la peine qu’il faisait aux Juifs et particulièrement aux organisations mémorielles, mais pas pour falsification de l’histoire (voir le texte de l’arrêt définitif et son commentaire dans J. Aitken, Épilogue judiciaire de l’affaire Faurisson, 32 p. Paris 1990, 5 Euros franco à la VT).

Certains lecteurs ne manqueront pas d’être surpris. Maître Badinter n’a t-il pas proclamé à la télévision qu’il avait « fait condamner Faurisson pour falsification de l’histoire » et n’a t-il pas gagné le procès en diffamation que lui avait intenté Faurisson ? – Certes. Mais il existe cependant une preuve et une preuve judiciaire de ce que j’avance. Le jugement qui déboute Faurisson comporte aussi :

« Tous ces documents et témoignages, pour hautement significatifs qu’ils soient, ne sont cependant pas aptes à prouver la vérité du fait diffamatoire tel qu’il a été défini ci-dessus en référence à une condamnation civile précise, obtenue en 1981 par une partie assistée par Robert Badinter contre Robert Faurisson pour être un faussaire de l’histoire.

Il convient, en conséquence de constater que le défendeur [Robert Badinter] a échoué en son offre de preuve. » (Jugement du 21 mai 2007, p. 13).

Tout cela pour rappeler cette vérité vérifiable mais tellement gênante (en ce qu’elle pourrait mettre fin à l’arrêt de la pensée qui caractérise nos sociétés) qu’on préfère très généralement l’oublier : Au cours du grand procès que la LIC(R)A et diverses associations mémorielles ont intenté à Faurisson au siècle dernier (1979 – 1983), ces associations n’ont pas été en mesure de prouver judiciairement leurs croyances, qu’elles tentent d’imposer au monde par le truchement de la loi. Et pour rappeler qu’au cours de ce procès où les associations ont envoyé leurs spécialistes et leurs avocats en Pologne et à Yad Vashem à Jérusalem, recueillir les meilleures « preuves » et les meilleurs témoignages, le « témoignage oculaire » de Jan Karski n’a pratiquement joué aucun rôle, même s’il avait été invoqué véhémentement par Maître Korman ce jour-là, au cours d’un procès parasite. Venait-il lui-même de découvrir l’existence ce « témoignage oculaire » ? L’avait-il seulement lu en entier ? Avait-il trouvé habile d’utiliser un « témoin » catholique ? Toujours est-il que, dans sa Réponse à Pierre Vidal-Naquet (96 p., La Vieille Taupe, Paris 1982, 14 Euros) si Faurisson évoque bien Jan Karski et cite plusieurs pages de son livre Mon témoignage devant le monde, ce n’est pas en réponse à une citation qu’en aurait faite les tenants du génocide-holocauste-shoah-extermination, mais pour répondre complètement à Vidal-Naquet au sujet de Gerstein, autre « témoin oculaire  » de Belzec. Faurisson cite d’ailleurs également un troisième « témoin oculaire » de Belzec (p. 43-45), Adolf Folkman, rapporté par le Docteur Stefan Szende dans un livre trop oublié, bien qu’il ait été publié en Suède, Den Siste Juden fraen Polen, Stockholm 1944, 317 p., en Suisse Der letzte Jude aus Poland, Zurich 1945, 311 p., en Grande-Bretagne, The Promise Hitler Kept[7], Londres 1945, et enfin aux États-Unis sous le même titre.

L’invocation véhémente du témoignage de Karski par Maître Korman pourrait bien avoir été la manifestation de la prise de conscience collective de la nécessité de ne pas se limiter à Auschwitz (Birkenau) mais d’étendre la controverse aux camps de l’Est, où l’horreur était…indiscutable !

Toute cette digression (qui n’en est pas vraiment une) pour rappeler et faire comprendre que celui qui semble bien sur la rampe de lancement médiatique pour se substituer au « témoin » Gerstein n’a jamais été ignoré, en particuliers par les chercheurs révisionnistes, qui n’ont jamais hésité à le citer.

Mais figurez-vous qu’un grand malheur incompréhensible est arrivé !

Tous les efforts du Gouvernement Polonais en exil, de l’Armia Krajowa, et de Jan Karski pour convaincre furent vains !

Comment cela est-il concevable ?

Élémentaire mon cher Watson. C’est l’« antisémitisme » omniprésent et universel qui explique que même Anthony Eden et Roosevelt n’ai pas voulu croire les informations qu’on leur apportait. C’est du moins l’explication obligée que l’on va nous servir sans rire, et qui ressort peu ou prou, tant des livres que des articles consacrés à Jan Karski en cette rentrée littéraire 2009. Le tout agrémenté d’un gros effort de pensée, de beaucoup d’émotion, et de réflexions toutes plus admirables et bouleversantes les une que les autres.

Nous sommes donc confronté à un véritable mystère.

Pourquoi le « témoignage » de Jan Karski, parfaitement bien connu de tous les « historiens » spécialisés, et des révisionnistes, est-il resté méconnu du grand public pendant plus de soixante ans, dédaigné par les holocausticiens spécialisés, et les médiats, et qu’il était plutôt cité et analysé par les révisionnistes ? (Bien qu’un sondage me fait découvrir que beaucoup de révisionnistes des plus compétents avaient oublié son nom tant il n’avait pas donné lieu à débats sérieux)

Pourquoi, enfin, personne n’avait-il fait grand cas de son témoignage et de son rôle de « sentinelle » bouleversant et admirable, et pourquoi n’a t-il pas été cru ?

Voici ce que l’on peut lire, page 315 de l’édition de 1948 :

« Je sais que beaucoup de gens ne me croirons pas ; ils penseront que j’exagère. Et pourtant je jure que j’ai vu ce que je décris. Je n’ai pas d’autres preuves, pas d’autres photographies, mais tout ce que je dis est vrai.[…] »

J’arrête là la citation, tant la description de ce qu’il a vu est insoutenable et bouleversante. Ceux de mes lecteurs qui auront le courage d’affronter la vérité de l’horreur absolue se procureront eux-mêmes le livre ou se référeront aux pages 43 – 45 de Réponse à Pierre Vidal-Naquet qui comporte une longue citation.

Une chose à noter cependant, contrairement à Gerstein qui, lui, a dit en 1945 qu’il y avait vu une chambre à gaz, Karski a vu à Belzec un train de 45 wagons remplis de Juifs et de chaux vive, que l’on faisait errer sur la voie, jusqu’à ce que tout le monde soit mort, puis deux jeunes juifs qui déchargeaient les wagons dans des fosses communes (hélas jamais retrouvées, bien qu’elles se trouvent nécessairement le long de la voie ferrée[8]). Il a vu aussi des corps qui se tordaient sur le sol et des policiers, le fusil fumant au poing, qui abattaient quantité d’autres juifs dans le camp lui-même. Ces victimes sont donc à rajouter à la shoah par balles du bon Père, sorti opportunément, Desbois.

On voit donc les « shoahs » se multiplier et se démultiplier. Ce qui permet de vérifier que ce ne sont pas tant les « chambres à gaz » qui constituent le dogme suprême, mais bien l’extermination, et un certain révisionnisme concernant les méthodes d’extermination (shoah par balles, shoah par l’électricité[9], shoah à la chaux vive, shoah par le travail, la faim et les mauvais traitements, shoah par camions à gaz, et enfin shoah camérale[10] par gaz d’échappement d’un moteur diesel, puis par gaz Zyklon B) peut être admis par les gardiens du temple si l’extermination reste affirmée. On constate aussi une démultiplication des lieux de l’extermination. Au moment de l’éclatement médiatique de l’affaire Faurisson (1978) et au moment de l’assignation de la LIC(R)A comme pendant tout le procès, c’est Auschwitz qui a été considéré comme l’épicentre de l’extermination. C’est donc à Auschwitz que semblait devoir se vider la controverse entre le professeur blasphémateur et ses accusateurs. Mais au fur et à mesure que les accusateurs perdaient du terrain sur Auschwitz, où l’accusation disposait des archives du camp, mais découvrait que cela pouvait se retourner contre elle, puisque le Professeur en disposait aussi, on vit se déplacer le centre de l’accusation et réapparaître justement des sites d’extermination sur lesquels l’accusation avait préféré ne pas insister parce qu’on ne possédait (à l’époque) sur ces sites que des « témoignages » invérifiables, et aucun document. Non pas que l’on doutât le moins du monde. Mais, répétons-le, Auschwitz (Birkenau) avait semblé simplement suffisant et plus adapté pour démontrer l’infamie du Professeur Polisson. Le livre déjà cité d’Arno Meyer manifeste bien cette évolution. Une lecture très attentive montre qu’il souhaiterait bien que l’on relativisa le rôle d’Auschwitz (Birkenau) pour tenir compte et prendre acte de la critique révisionniste par laquelle il a manifestement été impressionné, au profit de Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka (son chapitre 12). Ce qui lui vaut, dans la préface de P. V.-N. imposée à l’édition française de son propre livre, une sévère remontée de bretelles par l’historiocrate patenté et une concession puis un aveu, après que le préfacier ait dans les paragraphes précédents dénaturé les arguments d’Arno Meyer pour donner (et se donner) l’illusion de les avoir réfuté. Mais c’est là une autre histoire, limitons-nous aujourd’hui à la concession et à l’aveu: « Je puis comprendre le raisonnement qui est à la base de ce faux-pas. Auschwitz n’est pas un bon symbole de l’extermination pure et simple[11]. Ce symbole, il faut le chercher à Belzec ou à Treblinka, dans les centres d’assassinats collectifs étudié par Arno Meyer au chapitre XII de son livre, et sur les installations meurtrières desquels – soit dit en passant – nous avons infiniment moins de renseignements que sur celles d’Auschwitz. » (préface p.IX) ce que confirme Germaine Tillon, citée à la page suivante : « […] ceux dont on ne sait presque rien : Chelmno, Belzec, Sobibor… »

Mais le grand public est très conservateur et n’apprécie pas que l’on change ses idées reçues, c’est pourquoi Franck Nouchi a l’extrême délicatesse de ne jamais rappeler la teneur du témoignage original de Jan Karski. Ce qui importe c’est « ce que la shoah donne encore à entendre » n’est-ce pas ? Et la shoah donnera toujours quelque chose à entendre, tant que des romanciers et des journalistes seront là pour lui faire dire… n’importe quoi, en fonction de l’air du temps. D’ailleurs ce Franck Nouchi, nous donne à entendre des pensées si admirables, devant tant de souffrances, et tant d’horreurs, qu’il serait indécent de s’attacher à la discussion du détail de ce qu’à vu un témoin oculaire d’une qualité humaine si exceptionnelle. Peut-être même Franck Nouchi ne connaît-il pas les détails du « témoignage » de Jan Karski. Dans son compte-rendu, plein de pudeur et de sensibilité (admirable) du livre de Yannick Haenel, il n’en parle pas. Peut-être parce que Yannick Haenel n’en parle pas non plus ! pour se consacrer uniquement aux pensées admirables et profondes que ce témoignage admirable et bouleversant a fait naître dans son esprit (admirable et bouleversé).

De toute façon peut importe le mode opératoire de l’extermination. Chambre à gaz, trou de balle ou chaux vive, électricité, etc… Comme l’ont proclamé dans une déclaration restée célèbre la fine fleur des historiens français : « Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eut lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur le sujet […] ».

Franck Nouchi, Josyane Savigneau, le professeur Mouchard, à la suite de Yannick Haenel et de Bruno Tessarech ont donc eu bien raison de ne pas s’appesantir sur les « détails techniques » du mode opératoire pour s’attacher à l’essentiel : réfléchir sur la culpabilité de ceux qui n’ont pas voulu croire, et la culpabilité plus grande encore de ceux qui s’attachent aux  « détails », alors « qu’il ne faut pas se demander comment… ».

Tous ces témoignages ne s’accordent-ils pas sur le point central de l’extermination ?

Mais hélas, répétons-le, Jan Karski, dans l’ensemble, ne fut pas cru ! Non seulement par la plupart de ses interlocuteurs, mais même par certains de ses interlocuteurs juifs ! On l’écoutait poliment, eu égard à ses souffrances et à son héroïsme, mais il n’emportait pas la conviction. Et certains manifestèrent de l’hostilité. Walter Laqueur, dans Le terrifiant secret. La “solution finale” et l’information étouffée (Gallimard, collection Témoins, 290 p., Paris 1981) donne la liste impressionnante des personnalités rencontrées et l’accueil qu’elles firent à ses révélations. À Londres Zygielbojm [membre du Conseil national polonais] « l’aborda avec suspicion et réagit de façon irrationnelle (Pourquoi vous ont-ils envoyés ? Qui êtes-vous ? Vous n’êtes pas juif. Montrez-moi vos poignets… » et Schwarzbart [autre membre juif du même Conseil] « lui fit l’effet d’un politicien professionnel un peu manipulateur ». Mais c’est sa rencontre à Washington avec le juge Frankfurter qui est la plus révélatrice. « Karski raconta tout ce qu’il savait sur les Juifs, et après avoir terminé, il eut droit à quelques compliments de la part du juge qui déclara ensuite « Je ne puis vous croire ». Ciechanowski [ambassadeur du Gouvernement polonais en exil] affirma à Frankfurter que Karski tenait son mandat du Gouvernement et qu’il était absolument impossible qu’il y ait dans ses paroles autre chose que la pure vérité. Le juge répondit : « Je n’ai pas dit que ce jeune homme avait menti. J’ai dit que je ne pouvais pas le croire. Il y a une différence. »

Réactions de non Juifs cette fois : « H.G. Wells eut une attitude tout à fait hostile et Lord Selborne (le directeur administratif de la résistance clandestine) déclara que Karski faisait quelque chose d’admirable. Mais il déclara également que pendant la Première Guerre mondiale, il y avait eu des récits d’atrocité à propos des bébés belges ; […] ».

Walter Laqueur consacre à Jan Karski l’appendice V (p. 277 – 286) de son livre, dont le titre, et surtout le sous-titre (La « solution finale » et l’information étouffée), indiquent suffisamment la thèse qu’il défend. Il est particulièrement intéressant de lire ces pages. Walter Laqueur continue à croire quand il publie son livre en la vérité vraie du « témoignage oculaire » de Jan Karski de l’extermination des Juifs dans le camp de Belzec. Le film « Shoah », où Karski indique clairement que ses informations provenaient des dirigeants d’organisations juives rencontrés au ghetto de Varsovie et qu’il n’avait pas mis les pieds à Belzec, ne sortira que cinq ans plus tard, en 1985. Il est donc particulièrement intéressant et instructif de voir comment un vrai croyant, en 1980, raconte et cautionne dans un livre le récit de Karski. Nous invitons les chercheurs, les vrais, à se reporter à l’original. Bornons nous ici à citer une partie du passage rapporté le plus sérieusement du monde par Walter Laqueur. Comment Jan était-il entré en possession du « terrifiant secret ». Eh bien, c’est très simple : « Tous deux entrèrent dans le camp par une porte de côté sans éveiller l’attention. Là c’était le chaos – […] ». Suit une description très peu différente (mais légèrement améliorée) du récit original de Karski des monstruosités dont il est le « témoin oculaire » (indiscutable, jusqu’à l’aveu de 1985), et que vous pourrez lire dans Réponse à P. V.–N.. Mais comment lui et son camarade sortirent-ils de l’enfer ? Élémentaire : « Après avoir observé la scène pendant quelque temps Karski eut la nausée et commença à perdre son sang-froid. Il voulut s’échapper et marcha rapidement vers la porte la plus proche. Son compagnon qui était resté à une certaine distance de lui se rendit compte que quelque chose n’allait pas ; il s’approcha de Karski et lui cria rudement : « Suivez-moi immédiatement ! ». Ils sortirent par la porte par laquelle ils étaient entrés et personne ne les arrêta.[…] ». La suite n’est pas moins surprenante.

Ce qui est remarquable, c’est que le croyant Laqueur Walter ait lui-même tiré du récit de Karski Jan cette synthèse sans même se rendre compte que… c’était complètement idiot. En l’éditant, la maison Gallimard a cautionné de son autorité ce récit idiot. Et je ne sache pas que beaucoup de critiques (en dehors des révisionnistes qui n’avaient aucuns moyens à l’époque de faire connaître leurs critiques, ou dont l’opinion était automatiquement dévalorisée parce que suspecte des plus noirs desseins, et même, c’est horrible à dire, d’« antisémitisme ») aient relevé l’absurdité d’un pareil récit.

Qui peut croire, si l’on veut bien descendre un instant de l’état de sidération quasi mystique provoqué ab initio par l’évocation des horreurs insoutenables et des atrocités indicibles, que l’on pouvait pénétrer et sortir sans le moindre contrôle, par une porte non surveillée, ne fut-elle pas la porte principale, dans un camp « d’extermination[12] » !!! Ce qui serait intéressant et instructif ce serait justement de réfléchir au fait que l’esprit critique ait pu disparaître au point que de pareilles fariboles aient pu, dans certaines conditions être crues… et être tout simplement racontées. Mais on s’interrogera aussi sur le fait que Jan Karski n’ait pas jugé bon, pendant quarante ans, d’attirer sur lui l’attention des médiats et se soit fait oublier dans un silence discret et prudent rompu par sa prestation dans « Shoah ». Et que dire du croyant Claude Lanzman. Dans sa passion probatoire, titillée par l’irruption publique du révisionnisme en 1978, il a jugé utile de tirer Jan de sa retraite discrète, sans se rendre compte qu’il mettait Karski dans une situation plus qu’embarrassante, et que cela revenait à se tirer une balle dans le pied[13]. Enfin ce serait une grave erreur de voir dans ce « désir de croire » à tout prix, et donc cette faculté apparemment peu banale de bétonner le mensonge, une faculté juive. C’est une banale faculté humaine, très humaine, même si certains Juifs se sont trouvés en situation de pousser le bouchon un peu loin. Mais ne prétendent-ils pas incarner l’Humanité dans sa perfection. Les croyants goyim sont beaucoup plus nombreux que les croyants Juifs et contribuent puissamment à aider les dirigeants juifs à maintenir leur contrôle sur leurs ouailles.

Le fait que Karski, Polonais et catholique ait inventé pour la bonne cause sa « vision » de l’extermination des Juifs à Belzec ne prouve absolument pas que les Juifs n’ont pas été exterminés à Belzec ou ailleurs. Pas plus que l’outrageusement faux témoignage de Gerstein[14] (voir la Thèse de Nantes, par Henri Roques). ne prouve pas que les Juifs n’ont pas été exterminés. Pas plus que l’aveu par Jean-François Steiner que son propre livre sur Treblinka n’avait pas la moindre valeur historique. À l’époque où il l’avait écrit, il ajoutait foi aux rumeurs qui circulaient dans son milieu, et il avait cru de son devoir d’écrire, « puisque cela avait existé ». En fait il n’avait rien vérifié. Mais le Treblinka de Jean-François Steiner, dont les bonnes feuilles avaient été publiées dans les Temps Modernes et qui bénéficiait d’une préface de Simone de Beauvoir, a marqué durablement les esprits et la monstruosité absolue de ses inventions littéraires continue à dominer la plupart des esprits holocaustiqués…D’autant plus que très peu nombreux sont ceux de ses lecteurs qui ont été avertis du « repentir » de l’auteur qui, lui, n’a, dès l’instant, plus bénéficié de la moindre médiatisation. Même chose en ce qui concerne le « témoignage vécu » de Martin Gray, et son livre « admirable » et « bouleversant » Aux Nom de tous les miens. D’une part ce « témoin oculaire » n’avait jamais mis non plus les pieds à Treblinka, d’autre part son livre a été écrit par Max Gallo, à partir des idées qui circulaient dans l’air du temps et dans certains milieux juifs.

 Les croyances survivent à tout, y compris aux démentis de leurs inventeurs …, quand elles ont été inventées.

Mais tout cela ne prouve absolument pas que les Juifs n’aient pas été exterminés. Là ou ailleurs. Par un moyen ou par un autre. Ce qui est parfaitement vérifiable c’est que l’on ne dispose pas de preuves opposables à des incrédules. Et sur le terrain judiciaire, choisi par les associations mémorielles, comme l’a encore constaté la 17ième chambre du tribunal de Paris en son jugement du 21 mai 2007,(bis repetita) « Il convient de constater que le défendeur [Maître Badinter] a échoué en son offre de preuve. ».

Cela étant dit, sur le plan historique, il ne fait pas de doute que Jan Karski ait rencontré des dirigeants sionistes et bundistes à l’intérieur du ghetto de Varsovie. Ils lui ont fait connaître une situation terrible dans le ghetto en septembre 1942. L’évacuation avait commencé. Les déportations systématiques vers divers camps de concentration avaient commencé. Ce qui aboutira le 19 avril 1943 à l’insurrection des irréductibles, des incontrôlés « sans papiers » et sans travail, qui étaient très nombreux. Il ne fait pas de doute que les dirigeants juifs ont fait voir à Karski la situation effectivement monstrueuse qui régnait dans le ghetto et les morts de faim et de typhus (dont les ravages commencent en juillet 41) que l’on ramassait dans les rues. On ne sait pas s’ils ont fait voir aussi les ateliers où des Juifs salariés travaillaient, et qui fonctionnaient bien, en général, pour l’effort de guerre allemand ; ni s’ils ont fait voir les théâtres, les orchestres, les cabarets, les cinémas, qui fonctionnaient aussi. Mais peu importe. À Gaza aussi des Palestiniens meurent de faim et des Palestiniens battissent des fortunes (relatives), et Gaza aussi est le siège de trafics immondes. Il n’est pas discutable que la situation était monstrueuse et sans espoir pour une partie des habitants du ghetto et que des organisations prêchaient la résistance et l’insurrection. Nous n’auront pas l’outrecuidance de le leur reprocher, comme nous n’avons pas l’outrecuidance de reprocher aux Palestiniens du ghetto de Gaza aucune des formes de leur résistance, même quand certains comportements nous semblent inappropriées, ou même susceptibles de faire le jeu de leurs oppresseurs[15].

Les dirigeants du ghetto ont transmis à Karski leur conviction intime que les Juifs qui étaient progressivement évacués du ghetto par les Allemands, qui craignaient précisément une insurrection, étaient, en fait, exterminés. Toutes sortes de rumeurs circulaient dans ce sens dans le ghetto depuis fin 1941, notamment celle d’une extermination à Chelmno. Le 26 juin 1942 Arthur Szmul Zygielbojm, représentant du Bund au Conseil national Polonais diffuse à la BBC un message concernant l’extermination des Juifs, notamment à Chelmno. La BBC reprenant un article du Daily Telegraph paru la veille, qui était une longue litanie de massacres, dresse un bilan de 700.000 Juifs massacrés[16] et lance des appels en plusieurs langues. Dès lors les rumeurs qui circulaient en Pologne occupée s’en trouvent confirmées et comme authentifiées. Le sort des Juifs deviendra un thème de la propagande de guerre à l’aide de laquelle l’ennemi, comme il se doit, est rejeté hors de l’humanité, à tel point que tout, absolument tout devient permis contre des monstres capables d’avoir commis de telles monstruosités qui dépassent l’imagination (enfin…pas tout à fait, puisque certains y croient). C’est la loi du genre.

Sur quoi reposait la croyance en l’extermination systématique des Juifs déportés de Varsovie ?

Sur des rumeurs et des « témoignages » incontrôlables, mais auxquelles les dirigeants sionistes et bundistes du ghetto croyaient. Et ils ont su faire partager leur croyance à Jan Karski. Dans la situation assiégée et catastrophique où était le ghetto, ce genre de rumeurs sont fréquentes. Elles avaient pour les Alliés l’avantage de servir leur propagande de guerre, puis, après la guerre, de marquer le vaincu d’un stigmate indélébile, et de sanctifier, jusqu’à faire oublier les atrocités commises par les vainqueurs[17]. Mais elles avaient aussi une autre fonction : les sionistes et les bundistes, les tenants de la résistance à tout prix, étaient en opposition violente non seulement avec les autorités allemandes mais aussi avec le Judenrat et la police juive, toute l’organisation officielle du ghetto, qui participait tous les jours à l’organisation des départs en bon ordre vers des destinations mystérieuses. La perspective d’une insurrection semblait suicidaire. Les militants ne disposaient pas d’une institution de contrôle et de contrainte comparable à ce qui existe dans une armée où il y a des gendarmes qui ramènent au front les récalcitrants. Le soldat sait qu’éventuellement il peut être plus dangereux de déserter que d’aller au front ! On fusille les déserteurs ! En l’absence de la moindre institution de contrainte, en dehors de la foi et de la passion, l’idée selon laquelle l’ennemi détesté ne laisse de toute façon pas d’autre alternative que l’extermination en masse constitue à la fois un puissant argument idéologique contre ceux qui voudraient finasser avec l’ennemi, et constitue un verrou psychologique susceptible de galvaniser les volontés. Dans la situation désespérante et tragique à laquelle ils devaient faire face, cette croyance leur était nécessaire[18]. Nous n’aurons pas l’outrecuidance de le leur reprocher, nous qui n’avons pas à faire face à la même situation.

Soixante ans plus tard l’entretien de cette même croyance ne sert plus les mêmes objectifs. Elle ne sert plus a galvaniser une résistance à une armée d’occupation. Elle sert à entretenir une « mémoire » manipulée au profit d’intérêts divers, et notamment ceux d’un État belliciste qui risque de conduire à la troisième (et cette fois vraisemblablement la dernière). Cette croyance contribue à galvaniser une armée d’occupation dans le cadre d’une propagande de guerre omniprésente, la propagande de guerre de l’État d’Israël et de l’empire USraélien. L’entretien de cette « mémoire » n’a plus rien à voir avec la recherche historique mais devient une véritable religion sans Dieu qui se substitue et contamine le judaïsme traditionnel. Et surtout elle présente l’inestimable avantage pour ses thuriféraires de leur permettre de persécuter tous ceux qui s’opposent à eux grâce à l’accusation magique qui permet tout :

« antisémitisme » !

La constatation de ces évidences ne prouve évidemment pas que les Juifs n’ont pas été exterminés, à Chelmo pour commencer, puis à Sobibor, Belzec, Treblinka…et aussi à Auschwitz et dans d’autres endroits qui restent à découvrir, comme Izbica Lubelska[19] par exemple.

Mais il y a un problème !

Que les « historiens » n’auront pas l’outrecuidance de soulever.

La loi Gayssot du 13 juillet 1990 a fait du Génocide-Holocauste-Shoah-Extermination un objet hors de la connaissance et de la critique historique, elle en a fait un dogme religieux au service d’une politique.

Le Monde est décidément tombé bien bas.

 

«Je pensais vraiment qu’un livre pouvait déplacer des montagnes : s’il dit la vérité, un livre transforme le monde, il ne peut pas en être autrement.»  Jan Karsk


[1] Un test auprès de onze lycéens qui venait de passer leur bac, effectué sur la plage du Pigeonnier à Royan à l’été 1961 : « Qu’évoque pour vous le non de Trotsky ? » a obtenu 10 réponses totalement négative et une réponse : « Je crois que c’était un général soviétique ». La censure totale sur Trotsky, résultant de l’orthodoxie stalinienne n’a commencé à être levée qu’au cours des années suivantes. Rappelons que la révolution russe était au programme et que Trotsky avait été le fondateur de l’Armée rouge (entre autre). La censure et le mensonge enseigné à l’école n’est pas une nouveauté.

[2] Alors que les efforts de Kurt Gerstein ne sont certains, indiscutables (indiscutés), et sans ambiguïté, qu’après 1945. Ils pouvaient donc être destinés à tenter d’éviter la « dénazification ».

[3] La parole est d’argent, mais le silence est d’or.

[4] Sur ces sites de substitution on lira sur le Blog du Professeur Faurisson :

http://robertfaurisson.blogspot.com/2009/08/aktion-reinhardt.html

[5] Chef d’œuvre, nous dit Franck Nouchi. Ou formidable navet qui témoigne de l’abaissement irrémédiable de l’Esprit à notre époque. En tout cas documentaire sur les conteurs juifs au XX° siècle.

[6] Avant la loi Fabius-Gayssot bien sûr (13 juillet 1990). Depuis cette loi, la question ne se pose même pas puisque les révisionnistes n’ont même plus le droit d’exposer leurs opinions ni leurs recherches si elles ne sont pas conformes au jugement du tribunal de Nuremberg, dit T.M.I., trois mensonges en trois lettres avait coutume de dire le Professeur Faurisson, puisque ce n’était pas un tribunal mais une institution spectaculaire du vainqueur destinée à « poursuivre les buts de guerre par d’autres moyens » ; qui jugeait rétroactivement ; qui s’était dans ses propres statuts émancipé des règles judiciaires de l’administration de la preuve ; et qui avait la possibilité de censurer préalablement les plaidoiries des avocats de la défense !

[7] La promesse qu’Hitler a tenu. On aura compris que la promesse que Hitler est censé avoir tenue est celle d’exterminer tous les Juifs européens. La preuve : Il n’y en a plus.

[8] Mais l’« antisémitisme » et la tragique insuffisance des efforts et des fonds consacrés à l’entretien de la mémoire de la Shoah n’ont pas permis que les recherches et fouilles nécessaires soient entreprises.

[9] Témoignage d’Adolf Folkman rapporté par le Dr. Stefan Szende. Également le New-York Times du 12 février 1944, p. 6

[10] De camera, chambre en latin

[11] On rapprochera cet aveu surprenant des déclarations de Van Pelt : « Le crématoire II fut le bâtiment le plus meurtrier d’Auschwitz. Dans cette unique pièce […], il est mort plus de gens que dans n’importe quel autre endroit de la planète. 500 ;000 personnes y furent assassinées. Si on voulait établir une carte des souffrances humaines, si on créait une géographie de l’atrocité, il en serait le centre absolu. In « Mr. Death. The Rise and Fall of Fred Leuchter jr » film d’Errol Morris, 1999. Van Pelt est un architecte canadien d’origine judéo-hollandaise qui est actuellement l’«expert » à la mode ; en réalité il ne fait que s’inspirer des thèses de Pressac. (Dubitando n°13, octobre 2007, p. 19). 

[12] Profitons en pour rappeler que contrairement à ce que laisse entendre une multitude d’ouvrages, cette notion de « camp d’extermination » n’apparaît dans aucun document d’époque pour la bonne raison qu’elle a été créée après la guerre par les accusateurs de l’Allemagne.

[13] Bien évidemment Karski ne pouvait pas ne pas se débarrasser de son encombrant témoignage sur Belzec avant d’entrer dans son nouveau rôle.

[14] Sur Gerstein il y a du nouveau.Mon hypothèse sur le personnage, que Vidal-Naquet avait jugée « complètement délirante » semble bien se préciser et se confirmer. Patience.

[15] Mais nous nous autorisons à leur faire part de notre point de vue.

[16] Dans ses Écrits révisionnistes, tome 3, 1990 – 1992 le Professeur Faurisson donne la traduction de l’article complet du Daily Telegraph du 25 juin 1942 qu’il rapproche d’un article du même journal du 22 mars 1916, ou l’on pourrait voir l’acte de naissance du mythe des chambres à gaz homicides camouflées en installation de douches et d’épouillage. Curieusement les articles du 22 mars 1916 et du 25 juin 1942 donnaient le même chiffre complètement imaginaire de 700.000 victimes. À notre connaissance, le mouvement du 22 mars, fondé par Dany Cohn-Bendit en 1968 n’était pas un rappel de cet anniversaire.

[17] Le nationaliste non seulement ne désapprouve pas les atrocités commises par son propre camp, mais il a une capacité remarquable pour ne même pas en entendre parler. Georges Orwel, « Notes sur le Nationalisme. » 1945. (Cité par Noam Chomsky en tête de son livre L’économie politique des Droits de l’Homme, Tome 1, La « Washington connection » et le fascisme dans le tiers-monde.

[18] Ce qui ne prouve pas qu’elle était fausse. Ainsi peut-on faire une analogie entre cette « nécessité » de croire, pour avoir le courage et la détermination d’accomplir ce que la situation, dans toutes ses dimensions, tant matérielles que psychologiques et morales, impose. Ainsi le « fanatisme » que l’on attribue aux « kamikazes » musulmans dont certains ont peut-être besoin de croire aux récompenses que le Coran promet aux fida’iyun pour accomplir leur mission. Mais contrairement aux innombrables et vaines analyses, souvent d’un racisme outrancier, auxquelles se livrent une multitude de commentateurs sur le « fanatisme musulman » et la « culture de mort de l’Islam », ce ne sont pas les croyances qui déterminent l’existence, c’est l’existence qui détermine les croyances. Et dans le cas des « kamikazes », ce n’est pas l’attente de la récompense promise par le Coran qui provoque le passage à l’acte, c’est au contraire la décision de passer à l’acte qui détermine la croyance !…quand elle existe d’ailleurs. Pour ma part j’ai rencontré le frère d’un « kamikaze ». Son frère, cet « islamiste » qui s’était sacrifié en opération suicide, était musicien, très cultivé, profondément pacifique ( !), et complètement athée ( !). Mais il ne pouvait plus supporter la situation et il préférait mourir plutôt que continuer à être témoin impuissant de l’inacceptable. Je n’ai pas demandé la nature de l’opération dans laquelle il s’était sacrifié, ni de détails. Ce que ne veulent pas comprendre les défenseurs de « l’ordre », à Varsovie comme à Gaza c’est que les « kamikazes » naissent spontanément du sol historique lorsque la situation matérielle, psychologique et morale est telle qu’il n’y a plus de vie vivable avant la mort. Bien sûr, chacun qui se trouve confronté à ces extrémités tragiques réagit en fonction de son histoire et de sa culture. Un musulman recoura à Allah’. Un Juif recoura à la certitude que les Juifs sont menacés d’extermination par les goyim, ce qui est une constante, sinon la constante la plus constante de la culture juive. Voir la Bible d’une part, mais aussi la permanence dans certains secteurs militants du judaïsme de cette conviction intemporelle. Dans La Vieille Taupe, Bulletin confidentiel n°19, je commence à étudier cette caractéristique décisive en montrant qu’un « holocauste de six millions de Juifs » en Europe avait été déploré et revendiqué bien avant la deuxième guerre mondiale et bien avant la prise du pouvoir par Hitler, par des Juifs militants anxieux de défendre la cause juive. Mais les « historiens » n’avaient pas encore été « obligé » d’avalisé cette thèse pieuse et…folle (foutaise).

[19] C’est nouveau, ça vient de sortir. Ça mûrissait depuis quelques temps dans les officines discrètes où s’élaborent les « vérités » destinées à devenir « indiscutables ».


        

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