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Errare humanum est […][1] !

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LA VIEILLE TAUPE

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Il m’a été rapporté que lors d’une soirée littéraire consacré à Céline[2] dans un café du Quartier Latin, le Professeur Faurisson avait évoqué l’erreur que j’aurais commise en lui attribuant l’invention de la mystérieuse« inconnue » qui l’aurait interviewé et dont le résultat avait été le texte : En confidence. Entretien avec l’inconnue, du 28 décembre 2007. Le texte circule sur Internet depuis plusieurs mois. La Vieille Taupe pour sa part l’a fait circuler, tant sur Internet qu’en version papier.

Ce texte fort intéressant s’inscrit dans le processus irréversible, en cours, de dédiabolisation du Professeur et de ses thèses, tant historiques que littéraires, dont il va falloir finir par discuter pour ce qu’elles sont. Ce qui ne veut pas dire nécessairement les approuver, et surtout pas les transformer en nouveau dogme…

Ce texte est maintenant édité en français, par Pierre Marteau, éditeur à Milan, 2009, 80 p. Il est disponible au prix de 10 Euros aux éditions Akribeïa (http://www.akribeia.fr/).

J’avais fait quelques commentaires de ce texte dans Bilan…(5), que l’on peut trouver sur Internet à l’adresse suivante : http://aaargh.codoh.com/fran/archVT/bullVT/bullVTsgpss5.html .

Parmi ces commentaires j’avais effectivement formulé l’hypothèse que l’inconnue pourrait bien avoir été une création littéraire du Professeur Faurisson lui-même, pour les motifs que je donne, et en particulier pour celui, extrêmement simple, que l’inconnue semblait bien, par certaines des questions qu’elle posait, avoir adoptée sur l’histoire et la petite histoire de l’Affaire, le point de vue de Faurisson.

Je m’étais trompé. Et cette « inconnue » existe bel et bien. Elle s’était fait connaître à moi pour me détromper, dès qu’elle eut reçu Bilan…(5). Car c’était une amie fidèle et particulièrement active de la VT, puisqu’elle avait même participé à plusieurs Sonderaktion. Aujourd’hui elle a décidé de rompre publiquement cet anonymat. Elle va le faire dans un livre qui est annoncé pour le 20 octobre. Il sera disponible aux éditions Akribeia au prix de 15 Euros. Son titre : Proche des Neg’. Un chapitre s’intitule précisément : « L’inconnue c’est moi ». Et ce livre contiendra beaucoup de révélations fort intéressantes, dont la plus intéressante de toute, à mon avis, et la plus significative parce qu’elle survient après d’autres, et en annonce d’autres : Pourquoi et comment devient-on révisionniste ? Alors même que l’on se croyait soi-même à cent lieues de penser pouvoir être un jour intéressé par des thèses et des controverses qui semblaient au minimum absurdes, et même monstrueuses, intolérables, et pathologiquement antisémites…

Car, et c’est cela qui est déterminant pour l’avenir, la plupart des nouvelles recrues du révisionnisme historique ne proviennent absolument pas, ni de la droite plus ou moins extrême, ni de la tradition antisémite. Ce serait même tout le contraire, à commencer par Daniel Guérin, Garaudy, et dernièrement Pierre Panet[3], et beaucoup d’autres. Car si les « révisionnistes » ne se cachent plus ! …

Cela pourrait bien changer la face du monde.

Il suffit de « Vaincre la peur » comme nous en a exhorté Benoît XVI[4] en la Pentecôte 2009.

De plus en plus de révisionnistes plus ou moins clandestins sont en train de vaincre la peur.

S’avancerait-on à grands pas vers un « outing » généralisé, qui ferait suite au « outing » restreint en cours ?

Le dernier argument des censeurs, le seul qui fonctionne vraiment s’effondrerait instantanément.

En effet, les apôtres de la censure ne répondent jamais, ou presque jamais, à un argument révisionniste. Ils se contentent d’invoquer l’« antisémitisme » qui le motiverait, ou la folie, ou la bêtise, ou la monstruosité, ou le racisme, ou la haine, et la haine, et encore la haine, ou que sais-je encore. Ils agitent la crainte d’une « menace fasciste » complètement  fantasmatique, quand ils ne se bornent pas à jouer les fouille-merde : tel « négationniste » a croisé trente ans plus tôt un tel, qui a serré la main d’un tel, qui a reçu la Francisque des mains du Maréchal Pétain. Et la meilleure preuve qu’Elles ont existé, c’est qu’un tel a écrit dans Rivarol, et que tel autre a même été royaliste[5] !

Et un troisième a été vu en train de boire un verre en compagnie de Dieudonné, sans masque anti-contagion, sans préservatif, et sans son certificat de vaccination antisida.

Enfin ce sont des militants ! Ils sont dans leur rôle.

Le véritable problème de société commence quand les « historiens », dont beaucoup ne sont pas nécessairement des imbéciles, font exactement la même chose, subjugués qu’ils sont par l’interdit majeur proclamé naguère par Saint Pierre Vidal-Naquet.

En résumé, si le comportement de l’inconnue se généralise… C’est TERMINÉ !

Mais je vais abandonner mes commentaires sur l’inconnue, puisque je ne pourrais les poursuivre sans dévoiler son identité, ce qu’elle s’est réservé de faire elle-même le 20 octobre[6].

Revenons au sujet initial. Je me suis trompé. Je le reconnais. Et je suis absolument ravi de m’être trompé puisque cela prouve qu’il y a une personne de plus prête à franchir le cercle magique. Cela dit j’ai articulé à l’égard de la mémoire de Faurisson quelques critiques très bénignes que ceux que cela intéresse découvriront dans Bilan…(5). Je voudrais soulever ici un seul point. Ce n’est pas à lui, Faurisson, mais à moi, Pierre Guillaume, que Madame Rassinier a fait cadeau des 41 volumes du TMI en français. C’est donc moi qui les ai confiés à Faurisson. Sur ce point, dans En confidence. Entretien avec l’inconnue, Faurisson commet donc une erreur. Or cette erreur recoupe, comme nous allons le voir, la divergence d’orientation et de stratégie apparue ultérieurement entre Faurisson et moi, qui a abouti à une première rupture en novembre 1993, interrompue par une réconciliation à l’occasion d’un procès où j’avais tenu à affirmer ma totale solidarité contre la répression, puis à une deuxième rupture intervenue lorsqu’il est apparu que nous n’étions décidément pas sur la même longueur d’onde[7], et qu’il n’était plus possible de poursuivre une collaboration sans reconduire les mêmes malentendus qui avaient provoqué la rupture initiale de 1993.

 

Mais les circonstances m’obligent à m’interrompre jusqu’au 15 octobre au moins.

Vous n’en perdez que l’attente…

 

Pierre Guillaume



[1] Perseverare diabolicum. (Se tromper est humain, persévérer [dans l’erreur est] diabolique !)

[2] Passion littéraire que Faurisson partage avec Carla Bruni.

[3] http://www.listeantisioniste.com/archives/1464/robert-faurisson-est-un-humaniste/

[4] http://aaargh.codoh.com/fran/archVT/archVT.html

[5] La dernière en date de ces pantalonnades : http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article444. La rage impuissante des sycophantes fait plaisir à voir. Mais imaginer un instant que les révisionnistes vainquent la peur et ne se cachent plus ; qu’ils assument, comme Chomsky, la défense intransigeante de la liberté de recherche, et de la liberté de publier ses « findings ». À quoi serviraient ces « révélations » ?

C’est justement à ces crétins que je pensais dans ma digression sur le livre de Wolfram Wette, dans le précédent texte consacré à Jan Karski. Il ne peut pas exister d’« antifascisme radical » pour la raison toute simple que, dans le monde issu de la deuxième guerre mondiale, l’« antifascisme » EST l’idéologie dominante de l’époque, l’idéologie de la classe dominante, l’idéologie de Bush et d’Obama, d’Angéla Merkel et de Sarközy. Ou alors l’antifascisme radical inclurait nécessairement la défense intransigeante de la liberté d’expression de tous les êtres humains, et le refus de toute censure, parce que : « Pour guérir radicalement la censure, il faudrait la supprimer, car l’institution est mauvaise, et les institutions sont plus puissantes que les hommes. » Karl Marx, Remarques sur la récente réglementation de la censure prussienne. ( in Cahiers Spartacus, Karl Marx, Textes (1842 — 1847) Paris 1970. Autrement dit l’« antifascisme radical » et une contradiction dans les termes, une aporie, une absurdité, ou alors c’est celui de la Vieille Taupe, de Noam Chomsky et de Rosa Luxembourg. On notera que la Vieille Taupe ne réclame aucune censure contre Reflex et tutti quanti. Les temps approchent où, ayant craché tout leur venin, il ne leur restera plus qu’à se mordre la queue. Nous défendrons leur liberté de continuer à nous dénoncer, si ça leur chante ! En attendant nous conseillons à nos amis d’aller faire un tour sur leur site, où ils pourront voir de belles photos des amis.

[6] Souligné en gras : oct, qui signifie huit (8) en latin, car bien qu’il soit le dixième mois de l’année, octobre était le huitième mois du calendrier romain, dont l’année commençait en mars (les Ides de Mars, le dieu de la guerre). Les lecteurs de la série Bilan… savent que le 8, constitutif de 18 (chaï en hébreu – il est vivant) est chargé de significations pour la Vieille Taupe. Le mois a très bien commencé par la reconstitution de plusieurs liens rompus. Le 20, si Dieu le veut, sortira le livre de l’inconnue, et le 27 sera rendu par le juge Bonnal le jugement dans l’affaire Ministère Public (suivi de la meute des parties civiles) contre Dieudonné et Faurisson. Le 27 octobre est aussi l’anniversaire d’une grande manifestation contre la guerre d’Algérie où j’avais subi mon baptême du feu. Elle avait été l’occasion de ma première rencontre avec Guy Debord (voir La Vieille Taupe n°1 p. 62 à 113). C’est aussi l’anniversaire d’une photographie prise au 16, rue des Fossés St Jacques, ou j’avais obtenu (difficilement) de Faurisson qu’il accepte d’être photographié, pour célébrer cet anniversaire, à l’endroit précis où Debord s’était tenu lors de notre première longue conversation… et pour préparer l’avenir… qui approche, mais s’est fait attendre.

[7] Voir : COMMUNIQUER dans Bilan…(3) et Bulletin confidentiel n°20. De même que la première rupture avait créé les conditions qui m’ont permis de lancer, seul, la revue La Vieille Taupe, qui connu 12 numéros, la deuxième rupture a créé les conditions nécessaires au renouveau du Bulletin confidentiel (n°18, septembre 2006) qui était interrompu depuis deux ans.


        

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