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I. HITLER : SON PORTRAIT, SES IDEES, SON ANTISEMITISME

Ainsi que nous l'avons vu dans le tome 1, croire que les Allemands ont exterminé les juifs dans des chambres à gaz ne peut être que le fait soit d'un esprit religieux, c'est-à-dire d'une personne affirmant sa conviction par la négation des lois de la physique et de la chimie, soit d'une personne mal informée, n'ayant jamais eu l'envie ou l'occasion de se documenter sérieusement sur la question et faisant aveuglément confiance aux historiens. Et comme ces derniers n'ont pas la possibilité d'exposer une autre thèse que la thèse juive sous peine de perdre leur gagne-pain voire même, depuis peu, de connaître la prison, il apparaîtra à tous que cette confiance est mal placée. [1] Toutefois, comme l'a démontré le génocide rwandais (plus de 500.000 morts en quelques semaines, dit-on), les Allemands auraient pu exterminer trois ou quatre fois plus de juifs sur la durée de la guerre et cela, sans chambres à gaz. Le génocide des Arméniens de 1915 nous avait déjà appris tout cela. C'est donc une erreur d'associer les concepts de chambres à gaz et de génocide des juifs. On peut affirmer, sans tomber sous le coup de la loi antirévisionniste belge (qui n'impose que la croyance au génocide des juifs et pas la croyance aux chambres à gaz, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas de la loi antirévisionniste française) et sans se ridiculiser davantage que les chambres à gaz d'Auschwitz et d'ailleurs sont un mythe.

Nous allons dans ce deuxième tome nous interroger non pas sur la vraisemblance de la thèse du génocide par un autre moyen que l'emploi de chambres à gaz (Puisque la loi interdit de douter en public du génocide et puisque nous ne voulons pas mettre notre courageux éditeur en difficultés.) mais sur les différentes façons dont ce génocide aurait pu se perpétrer. (Dans sa bonté et dans un reste de sagesse, le législateur n'a pas voulu imposer telle ou telle version du génocide.) Il y a en effet deux thèses génocidaires en présence :

Pour notre part, nous avons trouvé trop d'éléments en défaveur de la thèse intentionnaliste pour l'adopter ; nous nous sommes donc ralliés à la thèse fonctionnaliste : il y a d'ailleurs eu dans l'Est européen tant d'affreux massacres de juifs qu'elle n'est pas a priori impensable. Toutefois, quelle que soit la thèse qu'on retienne, il reste qu'Hitler y joua un rôle de premier plan : il donna l'ordre du génocide et s'il ne le donna pas et même s'il ignora tout de ce génocide, il fut l'artisan de la persécution et fut (co-) responsable d'une guerre qui allait muter cette persécution en drame affreux. Il est donc indispensable de commencer par dire un mot du personnage.

Quel homme était-il ? Quelles étaient ses idées ou du moins celles auxquelles il souscrivit et qu'il illustra ? Et enfin, quel était l'état de l'Allemagne avant son arrivée au pouvoir ? [5]

1. Nationaliste romantique, chimérique et chauvin, raciste et, qui plus est, exaltant sa prétendue différence jusqu'au délire [Les racistes y verraient peut-être la marque d'un grand-père juif ?], Hitler croyait, comme tant d'autres « grands hommes », avoir été investi d'une mission quasi divine [6], celle de relever l'Allemagne, victime d'une crise morale, politique (Il y fut pour quelque chose.), économique et sociale très grave. Non seulement il voulait la relever mais il prétendait lui assurer la préséance en Europe continentale, les races prétendument supérieures (Aryens et apparentés) dominant les races supposées inférieures (surtout les Slaves). [7]

2. Pour mener à bien sa mission, il adopta quelques principes de conduite dont il ne se départit jamais :

3. Il avait, bien entendu, des caractéristiques propres antérieures à la révélation de sa mission :

4. Plus précisément, sur l'origine de son antisémitisme, on a plusieurs explications. Selon certains, le grand-père paternel de Hitler était juif ; le Führer l'apprit à la suite d'un chantage qu'exerça sur lui un parent. « Dès lors, la haine forcenée des Juifs devint chez Hitler un cas limite d'une situation névrotique bien connue des psychologues : la haine de soi. (...) L'identification partout et chez tous de l'élément juif va désormais devenir une sorte d'obsession, une nécessité préliminaire à l'élimination totale de cet élément corrupteur. » (Paul Giniewski). Si les arguments rassemblés sur ce quart de judaïté du Führer nous paraissent convaincants (encore que l'intéressé niât cette ascendance), la suite l'est moins. On peut d'ailleurs faire remarquer qu'Hitler était déjà férocement antisémite quand il fit faire des recherches sur sa généalogie en 1930. [13]
Le plus simple est sans doute de se référer aux explications données par l'intéressé lui-même (ou plutôt sur la plus vraisemblable de ces explications, car il en donna différentes), par exemple dans « Mein Kampf » : « [Dans ma jeunesse,] les propos défavorables tenus sur leur compte [celui des juifs] m'inspiraient une antipathie qui, parfois, allait jusqu'à l'horreur. ». A ce stade, on peut faire remarquer qu'à Vienne, dans sa jeunesse, il compta des amis juifs et bénéficia de l'aide matérielle désintéressée de plusieurs philanthropes juifs. Il n'eut apparemment qu'à se louer (et à l'époque, il le fit) de tous les juifs qu'il rencontra. D'ailleurs, selon ses proches, les mots qui le faisaient bondir dans sa jeunesse étaient « Rouge » (« Communiste ») et « Jésuite » mais sûrement pas « juif ». Plus tard, quand il commença à s'intéresser à la chose publique, Hitler se persuada que le marxisme était l'ennemi, de très loin le plus redoutable, de nos sociétés. Il se força, dit-il, à lire la presse marxiste pour mieux connaître « ceux qui fabriquaient cette collection de canailleries » qu'étaient les idées marxistes et il découvrit que « c'étaient tous sans exception, à commencer par les éditeurs, des juifs (...) Je connaissais enfin le mauvais génie de notre peuple. ». Aussi, confiait-il à un ami en 1919, « l'éloignement définitif du juif » (associé au communiste dans le concept de « judéo-communiste », concept qui, soit dit en passant, n'est pas non plus d'origine nazie) doit être l' « objectif ultime » de l'antisémitisme. [14] Voilà qui nous paraît plus convaincant que l'hypothétique haine de soi juive et propre à mieux faire comprendre la suite. 
En fait, à cette époque, la confusion entre communisme et judaïsme était universelle ; on peut citer Churchill lui-même : en 1920 (à l'époque, il était secrétaire d'Etat à la guerre et à l'aviation), constatant qu'en URSS, la plupart des leaders bolcheviques étaient des « Juifs athées », à la notable exception de Lénine (qui n'avait qu'un grand-parent juif, comme Hitler ou Heydrich), il écrivait : « De plus, l'inspiration principale et le pouvoir de direction viennent des leaders juifs ». Il relevait aussi (déjà) le fait que les juifs avaient noyauté la police politique, la sinistre Tcheka. [15]
En dehors de l'URSS, le moins qu'on puisse dire est que les juifs (ou supposés tels) [16] à la tête des communistes montant à l'assaut des Démocraties existantes ou naissantes (ou du moins à l'assaut de l' ordre établi) étaient fort bruyants et voyants : à Berlin, c'étaient Karl Liebnecht et Rosa Luxemburg ; en Hongrie, c'était Bela Kun (on relevait aussi que sur les 32 commissaires de l'éphémère République soviétique de Hongrie, 25 étaient juifs) ; en Bavière, parmi les révolutionnaires de la Räterepublik en 1919, c'étaient Kurt Eisner, Ernst Toller, Eugen Leviné, Edgar Jaffé, Gustav Landauer, Eric Mühsam.
Citons encore pour illustrer l'accusation de collusion entre judaïsme et communisme, ce grand Français et chrétien que fut le maréchal Lyautey et qui disait en 1921 : « C'est sans doute un grand mal que nous ayons gagné la guerre. Nous n'avions qu'une chance de nous redresser, de faire un bloc européen contre toutes les infiltrations judéo-bolcheviques, c'était avec l'Allemagne. »
Cette association ne s'opposait d'ailleurs nullement à l'association du judaïsme avec la ploutocratie occidentale : l'ennemi, on le sait bien, a le don d'ubiquité (on pouvait d'ailleurs citer les noms de milliardaires rouges). Hitler finit même par assimiler le judaïsme à la démocratie, au parlementarisme, à l'individualisme (touts notions pourtant étrangères au judaïsme), etc., bref à tout ce qu'il combattait. Nous sommes souvent ainsi : nous nous plaisons à noircir notre pire ennemi, fût-ce avec une mauvaise foi que nous ne cherchons même pas à cacher et jusqu'à finir par être notre propre dupe. Ce qu'il faut retenir, c'est que l'antisémitisme hitlérien naquit, semble-t-il, de la première de ces associations. En fait, cette accusation de collusion entre le judaïsme et le bolchevisme ne faisait que s'ajouter à un antisémitisme classique (pré-communiste) qui était universel et auquel Hitler succomba -inévitablement ?- par la suite ; on peut en donner des exemples à l'infini. La plupart des hommes célèbres que les peuples de la Terre se flattent d’avoir engendrés comme Cicéron, Luther, Franklin, Voltaire ou Jaurès étaient antisémites ; s’il fallait supprimer de la partie historique du Larousse les noms des antisémites virulents qui s’y trouvent, on la réduirait pratiquement aux seuls noms de lieux. Mais limitons-nous à la Belgique et à l'époque qui nous concerne :

En fait et comme nous l'avons déjà dit, aucune des idées d'Hitler n'était originale mais, plus tard, il était inévitable qu'il cherchât à imaginer une théorie globale plus personnelle, encore que simple synthèse d'idées disparates. Bien après « Mein Kampf », Hitler tenta de préciser sa « Weltanschauung » en faisant quelques emprunts à Gobineau, Darwin, Dühring et d'autres et en les combinant : la vie n'était qu'une lutte pour l'espace vital, cette lutte constituant aussi la base de l'évolution ; en sortirait vainqueur, le peuple soucieux de la conservation de sa race et de son précieux sang et qui saurait les préserver de l'apport négatif de races et de sangs inférieurs, faute de quoi le juif, ce « maître de l'empoisonnement international et de la corruption des races », ferait alors son entrée, déracinant et corrompant tout à fait le peuple supérieur. Bien qu'Hitler se référa constamment à cette théorie, on peut toutefois penser que l'association première entre marxisme et judaïsme fut davantage à l'origine de l'antisémitisme hitlérien que le racisme, l'antisémitisme classique ou toute autre idée.
D'ailleurs, si le racisme de Hitler envers les Noirs, par exemple, (racisme qu'il partageait avec ses ennemis, notamment les Américains, dont l'armée était raciste et ségrégationniste.) était « génétique », il était d'avis que, « anthropologiquement, les juifs ne réunissent pas les caractères qui feraient d'eux une race unique » ; pour lui, ils constituaient une « race mentale » façonnée par ce que nous appelons aujourd'hui le « milieu » et qui était, de ce fait, plus homogène qu'une race fondée sur les gènes au point d'être inassimilable et qu'il ne convenait d'ailleurs pas d'assimiler car le judaïsme était un élément corrupteur. [20]
On notera enfin qu'il est pour le moins abusif d'affirmer qu'Hitler tenait les juifs pour des « sous-hommes » ; bien entendu, on trouvera bien çà et là dans ce qu'il a dit de quoi alimenter cette fable, mais, sous l'effet de l'émotion du moment, il a tout dit, y compris le contraire (sans compter que, d'une part, il évolua constamment comme tout un chacun et, d'autre part, il était souvent confus, ce qui permet de lui prêter tout ce qu'on désire lui prêter) ; il lui est même arrivé de tenir sur les juifs des propos flatteurs : il pensait, notamment, que les Allemands non juifs ne pouvaient être mis en compétition avec les juifs, car ceux-ci, plus malins, les aplatiraient (ce qui, il est vrai, pourrait peut-être constituer une pensée raciste). La vérité pourrait être qu'il ne méprisait pas les juifs mais, tout simplement, les redoutait, ce qui n'est pas la même chose. [21]

5. Il nous faut aussi dire un mot sur l'état de l'Allemagne au lendemain de la guerre 14-18, ce qui nous permettra de comprendre un peu mieux l'antisémitisme nazi. On a peine à s'imaginer aujourd'hui le marasme social, économique et politique dans lequel se trouvait l'Allemagne après la guerre 14-18, marasme propre à susciter un besoin d'ordre à tout prix. Ce marasme était issu en grande partie des souffrances et des frustrations dues à la guerre et à la défaite, du traité léonin et inique de Versailles (lequel, en fait, ne mit pas fin à la guerre dans l'esprit de beaucoup d'Allemands) mais aussi des tentatives de prise du pouvoir par les communistes. Certes, l'Allemagne se redressa de façon spectaculaire dans les années 20 (ce qui mit Hitler et ses semblables sous l'éteignoir) mais la crise de 1929 la replongea dans une dépression propice à tous les abandons et à toutes les capitulations en matière de démocratie, de légalité voire de simple bon sens. Estimant à tort (mais c'était dans l'air du temps) qu'il n'avait d'autre choix qu'entre le (« judéo-») communisme et le nazisme, il choisit ce dernier et s'y abandonna jusqu'à l'ivresse. [22]


NOTES

[1]

Les législations adoptées par divers pays européens et interdisant d’émettre une opinion sur la déportation des juifs sont non seulement grotesques et même du plus haut comique mais contraires au Droit et surtout au simple bon sens car, comme l’avait confirmé le 26/4/1979 la Cour Européenne des Droits de l’Homme (avant de se coucher, elle aussi, devant le Congrès Juif Européen), la liberté d’expression « vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui peuvent choquer ou inquiéter l’Etat ou une faction quelconque de la population. »

[2]

Saul Friedländer, « L'Allemagne nazie et les Juifs » (L’Autre Histoire, n° 10, février 98, p. 27)

[3]

Philippe Burrin commentant dans Le Monde du 15/12/87 le colloque international sur le nazisme de décembre 87 à la Sorbonne.

[4]

Martin Broszat, cité avec d'autres historiens aussi estimés que Hans Mommsen et Uwe Dietrich Adam par Saul Friedländer en mai 84 au congrès de Stuttgart.

[5]

Le jeune lecteur lira peut-être John Toland, « Hitler », Laffont, 1983. Il n'oubliera pas que, comme la plupart des historiens, Toland croit à l'extermination des juifs et qu'il est, dès lors, à craindre que son jugement en soit faussé.

[6]

Etait-il croyant ? Il affirma souvent un attachement indéfectible au catholicisme, tout en en critiquant et en combattant, à l'occasion, les structures et la hiérarchie. On notera qu’Hitler aurait versé jusqu’à sa mort l’ « impôt d’église » à l’église catholique (jusqu'en 1943, selon certains : voyez R. Faurisson,  « Le révisionnisme de Pie XII », p. 54.)

[7]

Nous avons lu, par exemple, qu'un « Generalsiedlungsplan » de 1942 prévoyait le déplacement en Sibérie, sur une période de 30 ans, de 31 millions de personnes « racialement indésirables » et l'établissement de 10 millions d'Allemands et d'apparentés sur les terres s'étendant de la Pologne au bassin du Dniéper. De là à dire, comme le font certains historiens, que les Allemands avaient résolu de déplacer des masses de Slaves comme certains juifs veulent le faire des Palestiniens (Et pas en 30 ans !), il y a un pas que les gens honnêtes ne feront pas.

[8]

Voyez par exemple VffG, Heft 2, August 2000, p. 223.

[9]

L'affaire des métis français en est l'illustration. On sait qu'en 1920 l'armée française (dans laquelle se trouvaient de nombreux soldats sénégalais) occupa la Rhénanie ; quand elle s'en retira, elle laissa quelques traces dont une quarantaine de métis ; la chose n'était que très normale (Il y avait bien eu en France occupée naissance de quelque 60.000 enfants nés des amours de Françaises et de soldats allemands.) mais, de l'avis général, (Aussi bien, d'ailleurs, en France ou en Angleterre qu'en Allemagne.) cette quarantaine d'innocents métis étaient réputés nés d'une inadmissible souillure ; Hitler exigea donc et imposa contre l'avis de son entourage que ces malheureux soient expulsés ou stérilisés ! C'est tout lui !

[10]

Il y a eu incontestablement de la part des Britanniques tentative et début d'exécution de génocide sur le peuple allemand. Et en l'occurrence, point de distinguo subtil : ce fut intentionnel. On ne se souvient pas avoir lu que ce crime contre l'humanité avait été poursuivi et ses auteurs punis.

[11]

Les familiers du Führer n'étaient pas épargnés :

  • son neveu, Leo Raubal, frère de Geli Raubal (qu'Hitler aima tant) fut blessé à Stalingrad et Hitler refusa de le faire évacuer, le condamnant ainsi a priori à une mort presque certaine, encore qu'il soit revenu en 1955.

  • Hans Hitler, fils de son cousin germain, et Heinz Hitler, fils de son demi-frère Alois, furent tous deux faits prisonniers ; Heinz mourut en captivité.

[12]

F. Mora dans Rivarol, 4/10/02

[13]

Ce sont des familiers d'Hitler lui-même qui lancèrent ce bruit dans la presse anglaise après son arrivée au pouvoir. Dans les mémoires qu'il rédigea dans sa cellule à Nuremberg [« Im Angesicht des Galgens » (« Face à la potence »)], Hans Frank, juriste qui devint Gouverneur Général de Pologne, raconte qu'il fut chargé par le Führer lui-même d'une enquête à ce sujet ; Frank découvrit, dit-il, et rapporta à Hitler que sa grand-mère, une femme célibataire de 42 ans du nom de Schicklgrüber, travaillait comme servante dans une famille juive du nom de Frankenberger (ou Frankenreither) lorsqu'elle donna naissance à un fils (le père du Führer) qui fut déclaré « illégitime » à l'Etat Civil. Frank prétendit aussi avoir découvert que le père Frankenberger versa à la mère une pension de paternité pour le compte de son fils (lequel avait 19 ans) depuis la naissance du père du Führer jusqu'à sa quatorzième année [année de la majorité religieuse ou Bar-Mitsva dans le judaïsme]. Frank se référait également à une correspondance entre les Frankenberger et la grand-mère, laquelle correspondance, résume Toland (auquel nous empruntons ces détails et qui, précisons-le, est de ceux qui doutent de la réalité de cette filiation juive de Hitler), « sous-entendait de façon générale que l'enfant de la femme Schiklgrüber avait été conçu dans des circonstances qui justifiaient la pension de paternité versée par les Frankenberger. » Frank aurait terminé son rapport en déclarant avec regret que l'on ne pouvait rejeter l'éventualité que le père de Hitler fût demi-juif. Hitler contesta violemment ces conclusions en affirmant qu'il tenait de son père (mort alors qu'Hitler n'avait même pas 14 ans) et de sa grand-mère (morte 40 ans avant sa naissance) qu'elle avait fait chanter ses employeurs. C'est effectivement bien possible mais, de toute évidence, Hitler n'en savait rien du tout ; si sa grand-mère n'a pas été engrossée par un juif, il est à peu près sûr, par contre, qu'elle avait couché avec un juif et lui avait extorqué de l'argent, ce qui n'a rien de glorieux pour personne et doit même être fort déprimant pour un antisémite raciste. Toute sa vie, paraît-il, Hitler fut torturé par le doute et c'est peut-être bien cela qui est important. 
Toutefois, cette thèse est contestée par beaucoup. Outre Toland, on peut aussi citer Ian Kershaw (« Hitler 1889-1936 », Flammarion, 1999) qui n’y croit pas du tout. Pour lui, l'histoire de Frank « ne tient pas debout » car on n’a rien pu en vérifier. « Dictées à l’époque où il attendait d’être pendu, et où il se trouvait manifestement en proie à une crise psychologique, les Mémoires de Frank fourmillent d’inexactitudes et doivent être utilisées avec prudence. Pour ce qui est du prétendu grand-père juif de Hitler, ils sont dénués de valeur. » Soit dit en passant, Kershaw ne croit pas davantage à la paternité de Hitler (Durant la Grande Guerre, une Française de l'Aisne lui aurait donné un fils : Jean-Marie Loret.). Voyez aussi le livre de Rosenman et aussi l'article de François Kersaudy dans Historia, avril 98. Pour notre part, nous ne pourrions comprendre que Frank, qui était retourné au catholicisme, ait pu, « face à la potence », inventer toute cette histoire dont l'origine, il faut le rappeler car les historiens l'oublient, est à chercher dans la parenté même de Hitler.

[14]

A. Guionnet a publié (et commenté) le texte intégral de cette « Lettre à Gemlich » dans Revision, n° 95, mai-juin 2002 ; cette lettre, datée du 16/9/1919 et adressée à son ami Gemlich, est le premier écrit connu de Hitler ; parlant du juif, Hitler dit : « Tout ce qui pousse l’homme à l’élévation, que ce soit la religion, le socialisme, la démocratie, n’est pour lui [le juif] qu’un moyen de parvenir à son objectif : satisfaire sa soif d’argent et de domination. » Hitler précise en outre qu'il y a deux formes d’antisémitisme :

  • l’antisémitisme émotionnel qui conduit au pogrom et qu’il rejette ;

  • l’antisémitisme de raison auquel il adhère : « L’antisémitisme de raison doit cependant conduire à une lutte légale selon un plan établi et à la suppression des privilèges du juif, en lui conférant le statut d’étranger vivant parmi nous (législation sur les étrangers). Son objectif ultime doit être l’éloignement définitif du juif en général. » Cette dernière phrase mérite d’être reproduite en allemand car elle démontre clairement qu’à cette époque du moins, Hitler ne voulait nullement exterminer les juifs mais les éloigner : « Sein letztes Ziel aber muss unverrückbar die Entfernung der Juden überhaupt sein. » Il va sans dire mais disons-le quand même que cette phrase donne l’occasion aux prêtres et autres historiens d’une malhonnêteté de plus par la traduction de « Entfernung » par « élimination totale » (comme le fait Hilberg dans son édition française) voire « extermination ».

  • A noter aussi dans ce commentaire de A. Guionnet l'idée que le judaïsme était moins bien implanté en Allemagne que dans beaucoup d'autres pays mais que la lutte contre ce danger obtint en Allemagne le succès qu'on sait du fait qu'elle constitue un élément « fédérateur » puissant.

    [15]

    Mark Weber dans The Journal of Historical Review, jan/feb 94. 
    Par ailleurs et en homme de son temps c'est-à-dire « politiquement correct », Churchill traitait les Arabes de « vauriens », les Egyptiens de « sauvages dégénérés », les Noirs africains de « nègres » et de « babouins », etc. (Rivarol, 24/6/94). Il avait, en 1906, en tant que secrétaire d'Etat à l'Intérieur, fait étudier un plan de stérilisation forcée applicable à certaines catégories de Britanniques. (Les Américains, eux, mirent un tel plan en application entre les deux guerres et même après la dernière guerre !) En 1920, il fit bombarder aux gaz des tribus afghanes et kurdes, « des tribus sans civilisation ».
    Pour compléter ce tableau, voici quelques extraits de déclarations de Churchill publiés dans Power (Ernst Zündel), n° 284 du 28 novembre 2002, p. 2-3, d'après le quotidien britannique The Guardian du 28 novembre 2002 :

    • « La multiplication contre nature et de plus en plus rapide des faibles d'esprit et des malades psychiatriques, à laquelle s'ajoute une diminution constante des êtres supérieurs, économes et énergiques, constitue un danger pour la nation et pour la race qu'on ne saurait surestimer... Il me semble que la source qui alimente ce courant de folie devrait être coupée et condamnée avant que ne s'écoule une nouvelle année. » (Churchill à Asquith, 1910)

    • « Je ne comprends pas la pruderie que l'on manifeste envers l'utilisation du gaz. Je suis profondément favorable à l'utilisation de gaz-poison à l'encontre de tribus barbares. » (Dans un courrier écrit lorsqu'il était président du Air Council, 1919)

    • « Je ne prétendrai pas que, si j'avais à choisir entre le communisme et le nazisme, je choisirais le communisme. » (Dans un discours à la Chambre des Communes, automne 1937)

    • « Je ne suis pas d'accord pour dire (...) qu'on a fait un grand tort aux Indiens d'Amérique ou aux noirs d'Australie (...) du fait qu'une race plus forte, une race d'un niveau plus élevé (...) s'y est introduite et s'y est installée. » (Churchill s'adressant à la Commission royale de la Palestine, 1937)

    • « On peut ne pas aimer le système d'Hitler tout en admirant les résultats qu'il a obtenus pour sa patrie. Si notre pays devait être vaincu, j'espère que nous trouverions un homme aussi admirable pour nous redonner courage et nous faire retrouver notre place au milieu des nations. » (Extrait de ses Great Contemporaries, 1937)

    • « Ce mouvement chez les juifs n'est pas nouveau. De l'époque de Spartacus-Weishaupt à celle de Karl Marx, jusqu'à Trotsky (Russie), Bela Kun (Hongrie), Rosa Luxembourg (Allemagne) et Emma Goldman (Etats-Unis) (...) cette conspiration mondiale destinée à détruire la civilisation pour reconstituer une société fondée sur la stagnation, sur la malveillance et l'envie et sur une impossible égalité n'a fait que croître. Elle a été derrière  tous les mouvements subversifs du XIXe siècle; et à présent, pour finir, cette bande de personnages extraordinaires issus de la pègre des grandes villes d'Europe et d'Amérique a empoigné le peuple russe par les cheveux pour devenir pratiquement les maîtres incontestés de cet énorme empire. » (Extrait de l'article Zionism versus Bolshevism dans l' Illustrated Sunday Herald, février 1920)

    [16]

    C'est là une chose tout à fait révoltante : pour les uns (certains antisémites) et les autres (rabbins, ...), certains êtres naîtraient juifs et le resteraient quoi qu'ils fassent.

    [17]

    Ben Elissar, « La diplomatie du IIIe Reich et les Juifs 1933-1939 », Ch. Bourgois, 1981.

    [18]

    Jan Velaers et Herman Van Goethem, « Leopold III : De Koning, het land, de oorlog », Lannoo, 1994.

    [19]

    L'Institut Jules Destrée a vivement protesté contre cette accusation d'antisémitisme, lequel antisémitisme, on le sait maintenant, est le plus grave des péchés mortels : « (...) Puis, plus tard, en pleine montée du nazisme, il [Destrée] accorda son patronage à un livre qui dénonçait les persécutions des israélites allemands par les hitlériens. (...) ». Quel que soit le sujet traité, il est vraiment difficile d'accéder à la vérité.

    [20]

    Les Noirs admis dans l’armée américaine était maintenus dans des rangs subalternes et affectés à des tâches peu ragoûtantes (ramassage des morts, nettoyage, transport d'essence, etc.). La journée finie, les soldats blancs sortaient de nos collèges et lycées réquisitionnés et transformés en casernes et s’en allaient voir les filles ; pendant ce temps, les soldats noirs restaient consignés ; les Français et Belges qui ont connu l'après-guerre se souviennent de ces pauvres bougres regardant le monde extérieur derrière les grilles de ces lycées-casernes ; mais il ne faudrait pas se décharger sur le dos des Américains car, quand le service appelait l’un de ces Noirs à sortir de la caserne, les femmes européennes rentraient en courant à la maison de craindre de se faire violer. Hitler n’était pas plus raciste que ses adversaires ; certes, il méprisait les Noirs autant qu’un Churchill ou un Roosevelt (ce racisme s’expliquait –en partie- par le ressentiment que les Allemands avaient contre les troupes de Noirs africains que la France avait envoyées occuper la Ruhr dans les années 20 et qu’ils accusaient de brutalités innombrables) ; s’il méprisait les Slaves et les juifs (race mentale) plus qu’un Churchill et un Roosevelt, par contre, il avait davantage qu’eux de la considération pour les Arabes et les jaunes.

    [21]

    Hitler ne partageait pas l'antisémitisme radical de Goebbels envers les Juifs ouest-européens ; il parlait même avec chaleur du compositeur Gustav Mahler ou du cinéaste Max Reinhardt (Max Goldmann) et concédait que dans leurs interprétations, les Juifs étaient souvent « pas mauvais ». (Journal de Goebbels le 22/12/40 selon David Irving, « Goebbels. Mastermind of the Third Reich », Focal Point Publication, London, 1996)

    [22]

    Quel est finalement le jugement moral qu'on peut porter sur cet homme peu commun que fut Hitler ? Nous voudrions, pour notre part, faire trois remarques :
    a) Il est grand temps que les juifs cessent d'imposer au monde entier leur point de vue, qui plus est par des procédés odieux. C'est là notre « Delenda Cartago ».
    b) Il est grand temps qu'on cesse de tout juger en termes de bien et de mal et que, au moins de temps en temps, on le fasse en termes de normal et d'anormal. 
    c) Il est grand temps qu'on cesse de juger (en tous cas, d'accabler) les hommes qui nous ont précédés ; en fait, juger un homme, c'est juger une époque ; Hitler n'échappe pas à cette règle et, comme l'a dit Hilberg (Le Soir, 4/3/94), il était « fils de son temps » ; quant à juger une époque, c'est là une chose stupide car elle reviendrait à nier que l'homme soit le fruit d'une évolution, laquelle, a d'ailleurs affirmé Darwin, n'est heureusement pas encore terminée.
    Nos historiens-prêtres ont particulièrement accablé Pétain et Hitler. 
    Qu'on ait jugé le maréchal Pétain il y a 60 ans, soit ; mais comment peut-on juger cet homme aujourd'hui quand on sait qu'il aurait eu, enfant, un professeur de latin qui avait fait la campagne d’Egypte avec Bonaparte ?
    Quant à Hitler, lorsqu'il rédigea le programme de son parti en 1920, l’esclavage des noirs n’avait été légalement supprimé aux USA que 55 ans auparavant ; l’armée américaine dont l’intervention fut déterminante dans la défaite de Hitler était ségrégationniste ainsi que nous venons de le voir ; les noirs américains n’obtinrent le droit de vote USA qu’en 1957 soit 12 ans après la mort du Führer ; né en 1946 dans l’Arkansas, Bill Clinton avait alors 11 ans ; enfant précoce et surdoué, il est vrai, Clinton avait déjà jeté sa gourme quand le premier noir put entrer -non sans difficulté, d’ailleurs- dans l’université de l’Etat voisin du Mississippi ; c’était en 1962, seulement 7 ans avant que le premier homme (un blanc) mette les pieds sur la lune ! On pourrait continuer dans ce registre toute la nuit et bien étonner nos jeunes lecteurs. Dans ces conditions, il devrait leur apparaître que la poursuite de la diabolisation d'Hitler (tout à fait normale et compréhensible il y a 60 ans) est une imbécillité sans nom. Plus que jamais, il leur apparaîtra que penser, c’est dire non (selon Alain), dire non à l'interdit juif, non au mensonge juif, non au bourrage de crâne juif, non à la censure juive, non à la police juive de la pensée. 
    Alors, quel jugement doit-on porter sur Hitler ? Que le jeune lecteur porte le jugement qu'il voudra. Quant à nous, après avoir acquis la certitude que les chambres à gaz étaient un bobard, nous allons chercher à en savoir plus.


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