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des juifs par les Allemands, Tome 1 : Examen des preuves
Annexe 7 - Les 39 traces criminelles relevées par Pressac
Pressac a relevé dans les archives d'Auschwitz 39 « traces criminelles » c'est-à-dire qu'à 39 reprises, il a retrouvé des indices, parfois de simples mots qui prouvent, croit-il, la conversion des divers Kremas à des fins criminelles. Certaines de ces traces, soit seules soit en association, semblaient accablantes pour les Allemands mais sans qu'aucune de ces « traces » ne compense les objections rédhibitoires des révisionnistes concernant la ventilation du gaz, la capacité de crémation, etc., objections que nous avons développées plus haut. Enfin, ainsi que nous l'avons déjà dit, de nouveaux éléments ont été récemment apportés avec l'ouverture des archives des pays de l'Est libérés du communisme. L'analyse des documents rapportés de Moscou clôt la discussion à l'avantage des révisionnistes.
1. PORTES ETANCHES AU GAZ.
On trouve dans les archives d'Auschwitz plusieurs mentions
de portes étanches au gaz pour la morgue 1 des Kremas II et III
: les historiens y voient une preuve qu'elles servaient de chambres à gaz
criminelles ;
en effet, pourquoi équiper des morgues de portes semblables ?
Un exemple : un bordereau du 6/3/1943 porte sur la commande d'une « porte
[étanche] au gaz de 100/192 [cm] pour la morgue 1 (...) identique
à la porte de la cave du Krema II d'en face ». Il s'agit donc des Kremas
II et III et du coup, nous apprenons qu'effectivement les morgues 1
de ces deux grands Kremas, dans lesquels se serait déroulé
l'essentiel de l'extermination, avaient une porte étanche au gaz et sont donc
bien, selon les historiens, des chambres à gaz homicides. Cette commande a
été confirmée dans une lettre du 31/3/1943, qui rappelle aussi une commande
antérieure de 3 autres portes étanches au gaz pour les Kremas IV et V,
semblables, dit la lettre, aux portes déjà livrées jusqu'alors
(c'est-à-dire, selon Pressac, la porte livrée pour le Krema II et une
porte déjà livrée pour le Krema IV, dans lequel il y avait en tout 4
portes semblables).
En fait, il y avait de nombreuses installations
d'épouillage dans le camp et chacune d'elles étaient équipées de
nombreuses portes étanches au gaz : rien que dans le BW5, Mattogno en
a compté 22 ; même les portes des
chambres d’épouillage à air chaud étaient équipées de portes dites
étanches au gaz. Dès lors, il faut admettre que la qualification d’« étanchéité
aux gaz » donnée à une porte ne signifie pas qu’elle était ipso
facto destinée à une chambre à gaz (criminelle ou pas). Bref, on ne
peut affirmer que les morgues 1 des Kremas II et III servaient
au gazage d'êtres humains du seul fait qu'elles étaient équipées de
portes étanches au gaz. [1]
Encore faut-il essayer d'expliquer la présence desdites portes dans
les Kremas II et III vu qu'en définitive, on n'y a installé
aucune chambre d'épouillage. En attendant la sortie du livre que
Mattogno rédige actuellement sur Auschwitz, on peut indiquer les pistes
suivantes :
Ces morgues, disent certains révisionnistes, servaient à l'occasion d'abri antiaérien (nous en avons déjà parlé et nous avons dit qu'on peut se demander si ces morgues n'avaient pas été conçues à cet effet également) et cela justifiait la pose de portes ad hoc. Argument bien faible, admettent d'autres révisionnistes.
Jadis, certains avaient émis l'idée que l'on aurait pu se servir de la morgue 1 du Krema II pour des essais de gaz de combat (autre que l'HCN) mais alors, pourquoi avoir fait de même dans les autres Kremas ? C'est invraisemblable.
De son côté, Gauss (alias Rudolf) fait des remarques intéressantes :
D'une part, rappelle-t-il après Leuchter, ces portes étaient en bois et le joint d'étanchéité était en feutre et, dès lors, c'est une pure convention de langage de les baptiser « portes étanches au gaz » car elles ne pouvaient l'être.
D'autre part, la morgue 1 (et les autres morgues) étaient destinées à accueillir les corps de typhiques et il était donc nécessaire de calfeutrer les portes pour éviter une dispersion des microbes. Cette étanchéisation était d'ailleurs dans le cas des Kremas II et III un élément indispensable de la ventilation de la morgue 1 : sans elle, le circuit n'aurait pas été fermé correctement et la ventilation aurait été imparfaite.
Enfin, ainsi que nous l'avons vu, la ZBL avait formé à l'époque des traces relevées par Pressac le projet d'implanter des installations d'épouillage par air chaud dans les Kremas II et III et il ne faudrait peut-être pas chercher ailleurs l'explication à donner à la présence de ces portes (même si, finalement, la ZBL a renoncé à son projet).
2. « FUSSBODEN BETONIEREN IM GASSKAMMER »
Le 2/3/1943, un ouvrier d'une entreprise extérieure note
(en faisant une faute d'orthographe : il écrit « Gass » pour
« Gas ») sur une fiche
de travail qu'il avait eu, entre autres travaux, à « bétonner le
sol de la chambre à gaz [du Krema IV] » (« Fussboden
betonieren im Gasskammmer ») : c'est, dit Pressac, la preuve qu'il y
avait une chambre à gaz homicide dans ce Krema et que tout le monde
était au courant. Mais il dit aussi que cet ouvrier avait, quelques jours
plus tôt, posé dans la même pièce des fenêtres étanches au gaz et en
avait « déduit avec bon sens qu'il était dans une 'chambre à gaz'
[homicide] ».
D'une part, cette chambre à gaz hypothétique pouvait tout aussi bien être
consacrée à l'épouillage ; d'autre part, cet indice est, en bonne logique,
sans valeur et renvoie au chapitre précédent sur les portes et fenêtres
étanches au gaz.
3. POMMES [DE DOUCHE]
L'inventaire établi lors de la réception des caves du Krema
III mentionne « 14 pommes [de douche] » (« Brausen »)
dans la morgue 1. Le même inventaire reprend 2 robinets et, dit Pressac, ils
figurent sur un plan (le n° 2197) ainsi que les conduites d'eau qui les
alimentent ; par contre, le plan n'indique ni douche ni canalisation ad hoc et
on n'en a pas trouvé de trace in situ (on notera qu'on avait fait dire à
Höss que des canalisations et des robinets postiches avaient été
installés). C'est donc, en conclut Pressac, que ces pommes de douche sont
factices (il pense qu'elles étaient en bois peint -ce que ne dit pas
l'inventaire- et étaient destinées à tromper les juifs à gazer).
On peut répondre :
Les Allemands avaient démonté et récupéré tout ce qu'ils avaient pu avant de faire sauter les installations (conduits, etc...). Ce fait ne facilite pas la recherche.
Le plan 2197 publié par Pressac est tout simplement illisible et on ne peut vérifier ce qu'il dit.
Au passage, on peut noter que la présence de robinets dans une chambre à gaz pose un problème, l'HCN étant très soluble dans l'eau. Pressac affirme d'ailleurs, mais toujours sans donner de preuve, que ces robinets furent détruits lors des premiers gazages. Mais alors, se pose la question de savoir comment on nettoyait ces caves après le gazage des 3.000 victimes.
On pouvait, dit Faurisson, désigner l'ensemble par la partie et, effectivement, on le faisait parfois : le Krema aurait donc pu être désigné par sa morgue principale. De ce fait, les douches en question auraient très bien pu être celles qui se trouvaient au rez-de-chaussée.
On note que l'inventaire en question est un tableau à deux entrées : les salles sont indiquées en ordonnées en manuscrit, les objets répertoriés sont désignés en abscisses en préimprimé (c'est le cas des pommes) ou en manuscrit (c'est le cas des portes). Ce formulaire était un formulaire passe-partout et il prouve qu'il y avait des pommes de douche habituellement dans ces locaux sanitaires et mortuaires (mais, par contre, il est vrai, pas de portes étanches au gaz mais cet aspect a été traité ci-dessus).
On ne trouve effectivement pas de pommes dans les
autres lignes consacrées aux caves du Krema III. Par contre,
aucune pomme de douche n'est mentionnée dans l'inventaire des caves du Krema
II (et pas davantage de porte étanche au gaz et pourtant il y en
avait une). De même, l'inventaire ne mentionne rien de l'équipement des
douches qui se trouvaient incontestablement au rez-de-chaussée.
On pourrait donc aussi supposer qu'au moment de la réception, ces pommes
étaient simplement stockées dans la cave en question et que le SS
chargé de l'inventaire, qui donne, par ailleurs, des preuves de son peu
d'exactitude (il ignorait, bien entendu, qu'il écrivait l'histoire !), ne
les a pas rapportées à la salle à laquelle elles étaient destinées et
qui pouvait, par exemple, être la salle de douche qui se trouvait au
rez-de-chaussée.
Ces pommes de douche (24, dit par ailleurs Pressac -en contradiction avec l'inventaire qui en donne 14 pour le III et 0 pour le II- pour une pièce de 210 m2, soit 1 pomme pour 9 m2 ou encore 1 pomme pour 125 personnes, si on gazait 3.000 personnes à la fois !) auraient été à portée de main ; un homme de 1,70 m pouvait facilement toucher le plafond et vérifier la nature exacte de ces pommes en bois peint pour le moins étranges. C'est quand même un peu gros.
L'historien Wellers, lui-même, déclarait en mai 1987 dans Zéro à Michel Folco : « Bon, et l'histoire des pommes de douche du bordereau, vous savez, ce n'est pas la preuve de quoi que ce soit ». Il devait avoir raison. Autrement plus important est le projet d'installation de 100 douches dans la morgue 2 du Krema III (et du Krema II) dont nous avons déjà parlé et donc nous reparlerons en annexe 8 et qui prouve indubitablement que ce(s) Krema(s) n'avai(en)t pas de destination criminelle.
4. DISPOSITIFS D'INTRODUCTION DU ZYKLON-B ?
Dans l'inventaire susdit pour la morgue 2 (le vestiaire) du
Krema II, on trouve encore « 4 Drahtnetzeinschiebvorrichtung »
(« 4 dispositifs d'introduction en treillis de fil de fer »
?) ; on ne trouve rien de semblable dans l'inventaire du Krema III. Le
rédacteur, dit Pressac, s'est trompé de ligne : il devait porter cette
mention sur la ligne réservée à la morgue 1 (la chambre à gaz), car ces
dispositifs étaient des colonnes grillagées reliées aux 4 ouvertures
aménagées dans le plafond et dans lesquelles on déversait le Zyklon-B ; ce
système, dit encore Pressac, permettait une bonne diffusion du gaz. Pressac
en donne un croquis qui enlève toute vraisemblance à son explication. En
fait, ce système aurait plutôt contribué à reconstituer la boîte de
Zyklon-B dans la partie inférieure de la colonne ; or, c'était l'inverse
qu'il fallait faire. Dans les blocs à désinfecter, on étalait soigneusement
les granulés de Zyklon-B sur des nattes dans toute la pièce ; dans les
chambres à gaz d'épouillage, les Allemands avaient installé des systèmes
de diffusion du gaz (système Degesch-Kreislauf dont nous avons donné
un plan plus haut), qui étaient tout à fait indiqués pour des chambres à
gaz homicides. Il est incroyable qu'ils n'y aient pas pensé quand ils ont
entrepris la conversion, dès avant leur construction, des morgues en chambres
à gaz. A défaut d'utiliser une de ces deux méthodes, il aurait encore mieux
valu lancer le contenu de la boite de Zyklon-B à la volée par l'ouverture :
ç'aurait encore été moins inefficace que l'emploi de ce « dispositif »
en fil de fer.
De toute façon, Pressac ne nous donne aucune preuve de tout cela. Alors
qu'est-ce que ce « dispositif » ? Comme le suggère le
verbe « einschieben » dérivé du mot « Schub »,
c'étaient probablement, dit Gauss, des dispositifs d'enfournement des corps
dans les fours. (On notera accessoirement que le SS chargé de
l'inventaire ne se serait donc pas nécessairement trompé de ligne comme
Pressac doit l'affirmer pour appuyer sa démonstration.) C'est possible mais
le croquis qu'en donne Pressac suggère que ce pourraient être tout
simplement des armatures pour les piliers en béton armé, armatures en
excédent et qui traînaient sur le chantier avec, sans doute, toute une
série d'autres objets dont le SS chargé de l'inventaire nous a fait grâce
et à propos desquels nous pourrions nous interroger gravement et inutilement
aujourd'hui : là, 10 seaux (de marque RH ?) ; là, 5 madriers, etc.
C'est l'occasion de parler de ces fameux quatre orifices
percés dans le toit en béton de la morgue 1 du Krema II (et du III).
Il est étonnant que Pressac ne donne pas de cliché des ruines montrant
clairement ces orifices. C'est d'autant plus étonnant qu'il publie par
ailleurs des clichés qui montrent de façon absolument nette des détails
moins évidents comme un trou circulaire de 25 cm de diamètre qui a servi au
passage d'une canalisation d'air dans le toit de la morgue 2 ou encore comme
les attaches des canalisations de la ventilation dans la morgue 1.
Ces ouvertures, par ailleurs, ne figurent sur aucun plan, ce qui est un autre
sujet d'étonnement : même si elles avaient eu une destination homicide,
elles auraient pu figurer sur un plan comme bouches d'aération. Leur
présence sur un plan était d'autant plus nécessaire que la dalle dans
laquelle elles étaient à aménager était armée dans les deux sens, avait
20 cms d'épaisseur et était supportée par une poutre maîtresse
longitudinale en béton de 40 cms de largeur, elle-même supportée par 7
piliers en béton de même largeur. Rappelons que l'ingénieur en chef de Huta,
l'entreprise qui a construit les crématoires, a nié l'existence de ces
ouvertures.
Il y a aussi à dire sur l'emplacement de ces orifices du fait de la présence
de cette poutre maîtresse en béton et des 7 piliers qui la supportaient.
Dans le cas du Krema III, les orifices, qui, bien entendu, ont dû
être aménagés lors de la fabrication de la dalle, auraient été disposés
de part et d'autre de cette poutre longitudinale ; par contre dans le cas du
II, ils auraient été disposés en ligne au centre de la dalle, apparemment
sur la poutre et ceci est impossible.
En fait, l'examen de la dalle de béton du Krema II ne laisse
apparaître que deux orifices. Commentant un cliché, dans lequel on peut voir
le plus gros de ces deux « trous », Pressac dit :
« (...) en haut, à gauche, le trou dans le plafond est supposé être l'une des ouvertures par lesquelles on introduisait le Zyklon-B, mais la position des 2 trous qui peuvent être vus aujourd'hui ne correspond pas à celle de la photo de l'US Air force du 25/8/44. La raison de cette différence à ce jour inexpliquée pourrait bien simplement être le fait que le toit s'est déplacé considérablement quand on l'a dynamité ».
Plus loin, Pressac précise :
« Selon la photo de l'aviation américaine du 24 août 44 [pour 25 août 44], les 4 points d'introduction étaient situés le long d'une ligne longitudinale sur la partie EST de la dalle. L'examen des ruines permet de vérifier la présence de deux trous à l'extrémité sud mais dans la moitié OUEST. Personne, à ce jour, ne semble s'être préoccupé de cette contradiction ni l'avoir expliquée. »
Ce début d'explication n'est pas convaincant du tout, car les photos de Pressac lui-même permettent d'affirmer que le dynamitage n'a pas soufflé le toit, qui s'est désarticulé sans se déplacer de façon importante. En fait, les « trous » auxquels Pressac fait allusion sont postérieurs à la guerre : Walendy, Leuchter, McCalden, Provan, Renk, Mattogno et d'autres en donnent des clichés qui montrent que l'armature métallique a été dénudée à ces endroits puis repoussée. Bien que le dynamitage des Kremas ait fort abîmé la dalle, il en reste encore des pans entiers sur toute la largeur de la chambre à gaz et les photos semblent indiquer que Faurisson a raison : il n'y a pas d'orifice là où il devrait y en avoir, la conséquence étant, ajoute Faurisson, « No holes, No 'Holocaust' ». [2]
Il reste, direz-vous, que les photos aériennes de l'US
Air Force, notamment celle du 25/8/1944 (voir annexe 1 et ci-après)
montrent clairement ces 4 orifices sur les deux Kremas.
Pour certains, les taches apparaissant sur les photos, correspondaient
effectivement aux cheminées de déversement du Zyklon-B et à leur ombre
projetée, mais cette thèse est insoutenable, car la partie non recouverte de
terre des cheminées, nous dit Pressac, n'avait que 10 à 15 cms de hauteur et
elle était de plus partiellement cachée par les herbes poussant sur la
butte. Pour d'autres, ces taches devaient correspondre à des arbustes,
plantés sur la butte qui coiffait la morgue 1. Mais, cette thèse est
également insoutenable : en 1988, lors du procès Zündel, un spécialiste de
la photo aérienne, Kenneth R. Wilson, avait déjà fait remarquer que ces
taches n'avaient pas de hauteur et pas de formes régulières (il avait aussi
constaté qu'elles n'apparaissaient pas sur toutes les photos !). Depuis, John
C. Ball, un géologue canadien, a confirmé que ces taches ne peuvent pas
correspondre à des ombres ; d'après Ball, la CIA, laquelle a été
seule à avoir accès à ces photos jusqu'à leur diffusion en 1979, les a
tout simplement maquillées -de façon grossière- pour faire croire à
l'existence des 4 orifices. En fait, si le 25/8/1944, les deux Kremas
sont dotés de ces taches et cela de façon très visible, par contre, seul le
Krema III en est doté les 31/5/1944 et 13/9/1944 ! La photo aérienne
de la Luftwaffe du 8/7/1944, elle, ne montre absolument aucune tache ni
sur le II ni sur le III ! Autre sujet d'étonnement : ces taches -tout le
monde peut s'en convaincre facilement, sachant que la chambre à gaz avait, à
l'extérieur, 30,50 m de long et 8 m de large- ont plusieurs mètres de long !
L'agrandissement de la photo est confondant.

Agrandissement de la photo de l'US Air Force du 25/8/1944 montrant le Krema
II et sa chambres à gaz (contours renforcés)

Agrandissement schématisé de la chambre à gaz du Krema II (Photo du
25/8/1944).
Outre les 4 taches figurant sur la photo, on y trouve les 2 trous
actuellement visibles (d'après Gauss), la poutre longitudinale et les 7
piliers en béton
Les 4 taches sur le Krema III ont 3 à 4 m de long ;
elles sont plus régulières que sur le II et pourraient donner l'impression
d'être des ombres ; malheureusement, non seulement ce ne peut être le cas
pour les raisons développées par Ball et Pressac, mais l'orientation de ces
ombres projetées éventuelles ne correspond pas à la position du soleil. Le
faussaire de la CIA aurait décidément été des plus maladroits.
Le lecteur a ici une nouvelle occasion de vérifier le peu de sérieux de
l'historiographie holocaustique. En effet, comme le remarque Pressac
lui-même, les historiens ne semblent pas dérangés le moins du monde par
cette absence flagrante des 4 ouvertures de déversement du Zyklon-B et ils
continuent à nous en parler comme si elles existaient ! Le seul à s'en
préoccuper est Pressac, chercheur sans doute honnête et qui se veut
probablement rationaliste mais qui est handicapé par son adhésion au dogme.
Dès lors, sa démarche est irrationnelle :
Comme nous l'avons vu, il croit reconnaître sur la photo de l'US Air Force, 4 ouvertures dans la partie Est : comme le lecteur peut le vérifier, c'est déjà là une chose fort contestable, mais passons.
Examinant les ruines, non seulement il ne retrouve plus que 2 « trous » (sans se demander où ont bien pu passé les deux autres orifices ; c'est pourtant une question qui vient toute seule à l'esprit), mais il les retrouve dans l'autre moitié de la dalle !
N'importe qui de conséquent en déduirait que ces orifices relèvent de l'imaginaire, mais pas lui : certes, il constate de visu que ces 4 orifices n'existent pas mais comme il a décrété -sans preuve- que les 4 mystérieux « dispositifs d'introduction en treillis de fil de fer » étaient des dispositifs s'adaptant à ces orifices, il en conclut humblement qu'il y a là comme un mystère ! Un mystère : voilà bien le mot qui convient pour décrire l'impasse où le conduit le dogme !
Comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, Pressac a finalement été excommunié pour « crypto-révisionnisme » et il a été remplacé dans cette fonction de « technicien de l'Holocauste » par un architecte judéo-canadien d'origine hollandaise du nom de van Pelt ; jusqu'alors et ainsi que le lecteur a pu en juger, on avait déjà entendu et lu des choses étranges de la part des exterminationnistes et on avait même parfois atteint les limites du ridicule : van Pelt, surnommé par certains de « Pressac américain », va faire un pas de plus et dépasser franchement ces limites, qui plus est devant une cour de justice londonienne. En 1999/2000, l'historien David Irving, s'estimant diffamé par l'historienne judéo-américaine Lipstadt (qui l'avait accusé de révisionnisme, de racisme et d'antisémitisme) lui intenta un procès (que la presse continentale s'est bien gardé de couvrir) ; malgré la sympathie et l'admiration qu'on peut avoir pour Irving, on doit bien admettre que son action n'était que pure coquetterie car ce grand historien anglais est, quoi qu'il dise, révisionniste : Irving perdit d'ailleurs son procès et ce verdict n'est pas totalement inique. Toutefois, le grand vainqueur du procès ne fut pas Lipstadt mais le révisionnisme. Une grande partie des débats porta justement sur les ouvertures dans le toit du Krema II. Irving (qui refusa le concours d'avocats et d'experts, ce qui le conduisit au bord de l'épuisement) fut notamment opposé à van Pelt ; poussé dans ses derniers retranchements par Irving, van Pelt dut finalement faire l’aveu public qu’il n’y a pas d’ouvertures sur le toit du Krema II :
Irving : « Vous n'avez vu aucun trou dans le toit, n'est-ce pas, quand vous y êtes allé ? Vous n'avez trouvé aucun trou ? » (« You have not seen any holes in the roof, have you, in the – when you went there ? You have not found any holes ? »)
Van Pelt : « Non, je n'ai pas vu les trous pour les colonnes. » (« I have not seen the holes for the columns, no. »)
Irving : « Ni pour l'introduction de l'acide cyanhydrique ? » (« Nor for the introduction of the cyanide ? »)
Van Pelt : « Non. » (« No. ») [3]
Toutefois, prétendit van Pelt, il y avait eu des
trous mais après
l'arrêt des gazages en fin 1944, les Allemands avaient enlevé les équipements
de gazage, à savoir les colonnes en fil de fer et les cheminées
extérieures, puis ont rebouché les ouvertures avec du béton frais ;
enfin, après cette restauration du toit de la chambre à gaz, ils avaient
dynamité le bâtiment. ; de la sorte, conclut van Pelt, aujourd’hui, on ne
peut plus voir les trous dans les ruines du crématoire.
Reboucher des trous dans une ancienne dalle
de béton armé ! Et sans que cela puisse se voir ! Et ce van Pelt
est architecte et même professeur d'université (à l'University of
Canada à Waterloo) ! On a su par la suite par une indiscrétion
du Times de Londres que les appuis de Lipstadt avaient demandé aux
Polonais d’examiner d’urgence le toit à la recherche des fameux trous
mais, hélas pour eux, en vain : ni trou ouvert ni trou rebouché ! [4]
Mais cela n'est pas de nature à impressionner van Pelt qui rétorque alors
que ces trous ont bien existé puisque d'anciens détenus en
témoignent. Et de citer les
témoignages des anciens détenus Tauber, lequel décrivit le dispositif d’introduction
en fil de fer et Michal Kula, lequel prétendit l’avoir fabriqué.
Toutefois, d'après ces témoins, ces
colonnes grillagées avaient une hauteur de 3 mètres et étaient d'une
section de 70 x 70 centimètres
: il aurait donc fallu les introduire dans le toit par le haut puisque le
plafond n’était qu’à 2,41 m du sol et les trous dans la dalle auraient
dû être des carrés d’au moins 70 centimètres de côté, ce qui fait
qu'aujourd'hui encore, on devrait en trouver la trace. Il en faut plus pour
désarçonner un juif pieux ! Van Pelt d'affirmer alors que, si on ne trouve pas la trace des trous, c'est pour la raison qu'ils
étaient beaucoup plus petits que le prétendaient ses devanciers (dont
Pressac), ce qui explique qu’on
ne les distingue plus aujourd’hui ; en conséquence, van Pelt va alors
corriger le témoignage de Tauber et Kula et leur faire dire ce qu'ils n'ont
pas dit (ni dessiner, puisque Kula a même remis un croquis) : le haut des
colonnes qu'ils ont décrites auraient été de plus faible section que le bas
des colonnes [« Comme un entonnoir ? »
(« As a
funnel ? »)
suggère alors avec bienveillance le juge Gray qui présidait le
tribunal ; « Oui,
comme un entonnoir. » (« As a funnel, yes. », répond van
Pelt)] ! [5]
Tout cela est à rire ! Résumons-nous : il n’y a aucune preuve
matérielle, au contraire ; alors les historiens (juifs ou enjuivés) se rabattent sur des témoignages
invraisemblables de détenus juifs pieux recueillis par un juge juif et
communiste (Jan Sehn) et comme, de
plus, ces témoignages ne correspondent pas à la thèse défendue, un autre juif (van Pelt)
entreprend de les corriger en conséquence. Bref, une histoire bien juive
!
Van Pelt n'en est pas resté là : dans un livre qu'il a publié à la
suite du procès Irving vs Lipstadt, il y répète sa « certitude
morale » (« moral certainty ») que les trous du
toit du Krema II ont été rebouchés avant le dynamitage des
installations. [6]
D’autres auteurs
exterminationnistes ont tenté de justifier la thèse officielle, tels Joseph
Provan et M. Shermer ; tous, de façon aussi farfelue que ce fou de van Pelt.
Il nous faut dire aussi un mot d'une autre photo célèbre, datant du début 1943, à l'époque de la construction du Krema II : cette photo prise au sol par le service photographique du camp figure dans l'album que la Bauleitung avait constitué. Prise à l'arrière du Krema II, elle montre clairement, un peu au-dessus du sol, le toit de la chambre à gaz avant qu'il ne soit recouvert d'une couche isolante de 50 cms de terre (15 cms, dit Pressac) et plus précisément les cheminées par lesquelles le Zyklon devait être déversé. Cette photo, dont personne ne contestait l'authenticité, ne manque toutefois pas d'intriguer car elle montre 3 cheminées tout à fait terminées (on n'aperçoit plus aucune trace de coffrage autour des cheminées, ce qui ne permet pas d'affirmer qu'une quatrième cheminée était en cours de construction) alors que les historiens affirment qu'il y en avait 4 !

Photo du Krema II
(Début 1943)

Agrandissement de la photo précédente
(contours renforcés)

Schématisation erronée de la photo précédente …
La chambre à gaz est centrée sur la 3ème fenêtre.

… et schématisation correcte de la photo précédente
La chambre à gaz est centrée sur la 2ème fenêtre.

Rabattement schématisé de la chambre à gaz du Krema II
Les 3 lignes en pointillé donnent la position des 3 objets.
L'explication que nous donnons ci-après, nous semble la
plus plausible :
Il est curieux que les Allemands aient pu conserver une photo aussi compromettante. Ceci donne à penser qu'elle ne comportait aucun indice criminel.
Le tas de terre à gauche de la cheminée de la locomotive est la cause d'une importante illusion d'optique : on a l'impression que la chambre à gaz (qui, rappelons-le, est perpendiculaire au bâtiment contenant les fours, c'est-à-dire au bâtiment qui constitue le fond de la photo) aboutit sous la troisième (double) fenêtre et ceci donne l'illusion que les 3 cheminées sont relativement bien centrées et leur donne de la vraisemblance (à ceci près qu'il n'y en a que 3 !). En fait, la chambre à gaz est axée, à quelques centimètres près, sur la deuxième (double) fenêtre et, ainsi que le montrent nos deux schématisations, cela change tout.
Il est difficile de situer les cheminées sur la dalle ; on peut toutefois déterminer avec certitude -par rabattement- qu'elles se trouvent sur les diagonales en pointillés du croquis que nous publions par ailleurs. Même sans rabattement, il est déjà évident, du moins en examinant un agrandissement, que si ces cheminées sont alignées (ce qui est la moindre des choses) sur la grande médiane, c'est-à-dire sur la poutre maîtresse (ce qui constitue une absurdité, comme nous l'avons déjà dit), on constate que :
Les 3 cheminées sont regroupées sur une moitié de la dalle (à l'avant).
Elles ne sont pas équidistantes (la distance projetée devrait diminuer de droite à gauche en raison de la perspective : c'est le contraire qu'on constate !) et ne sont peut-être pas de même hauteur.
Elles sont sans rapport avec les 4 taches apparaissant sur certaines photos de l'US Air Force (nous venons de voir qu'elles avaient été trafiquées) et pas davantage avec les 2 trous actuellement visibles (nous avons vu qu'ils dataient d'après-guerre).
En conclusion, tout cela est contraire aux affirmations des historiens, sent le bricolage, n'est pas conforme à la pratique des ingénieurs-architectes de la SS d'Auschwitz, est contraire aux lois de l'optique, bref, est tout à fait invraisemblable. L'explication la plus raisonnable est que cette photo-là, elle aussi, a été truquée : d'une part, le faussaire (sans doute polonais ou soviétique) aurait été un étourdi qui aurait pris un 4 pour un 3, d'autre part, il aurait été victime d'une illusion d'optique (à sa décharge, il faut bien dire qu'il n'aurait pas été le seul). [7] Le bien-fondé de cette thèse du trucage serait facile à vérifier puisque l'original de la photo se trouve dans l'Album de la Bauleitung en Pologne.
Il faut donc bien admettre que les chambres à gaz des grands Kremas II et III n'avaient pas d'ouvertures dans le toit et on peut dès lors se demander comment on y introduisait le Zyklon-B !
5. SALLE DE DESHABILLAGE
Dans une lettre du 6/3/1943 de Bischoff à Topf, la morgue
2 (sans mention de Krema) est désignée par « Auskleideraum »
(« salle de déshabillage ») : c'était, disent les
historiens, dans cette pièce baptisée « morgue » sur les
plans, que les condamnés se déshabillaient. Mais cet argument n'est pas
probant, car on pouvait tout aussi bien avoir pu spécialiser cette morgue en
salle de récupération des effets des morts (de mort naturelle) amenés au Krema
pour incinération. On notera d'ailleurs que cette pièce n'en restait pas
moins une morgue.
Ceci suppose une spécialisation des morgues 1 et 2 et c'est le moment d'en
dire un mot. Initialement (octobre 1941), il avait été prévu deux morgues :
l'une appelée « L[eichen]. Keller » (« cave à c[adavres] »). Cette cave ne devait être équipée que d'une installation de désaération. Plus tard, disent les historiens, elle deviendra la salle de déshabillage.
l'autre appelée « B[elüfteter]. Keller » (« cave a[érée] »). Cette cave, qui, un an plus tard et selon les historiens, aurait été transformée en chambre à gaz, devait être équipée non seulement d'une installation de « désaération » (« Entlüftung ») comme la précédente mais, en plus, d'une installation d'« aération » (« Belüftung »).
On voit bien ici, comme l'admettait Pressac dès 1989, qu'on ne peut trouver la preuve de l'existence des chambres à gaz dans l'analyse des systèmes de ventilation, puisque un an avant qu'on ne décide de transformer la B. Keller en chambre à gaz et même longtemps avant que les Allemands ne se décident à exterminer les juifs, on a avait déjà prévu de l'aérer de façon plus poussée que la L. Keller. Mais dans quel but, dira-t-on, puisque normalement on aurait dû faire le contraire c'est-à-dire plutôt soigner la ventilation de la morgue ? La réponse est simple : il ne faut pas prendre les appellations au pied de la lettre ; en fait, ces deux caves étaient toutes deux des morgues, qui (après l'ajout en février 42, de la morgue 3, initialement appelée « S, A u. W-Raüme » pour « salle d'autopsie, d'exposition et de lavage ») devaient fonctionner comme suit :
La 3 servait de « secrétariat funéraire » (réception des corps, enregistrement, autopsie, lavage et autres formalités).
La 2 (L. Keller ou cave à cadavres) devait accueillir les morts récents et ne sentant pas encore.
La 1 (B. Keller ou cave aérée et qu'on aurait mieux fait d'appeler B. L. Keller ou cave à cadavres aérée) était destinée à recevoir les corps en instance d'incinération et plus particulièrement ceux qui, étant déjà dans un état de décomposition avancée, dégageaient une odeur insupportable. Il faut se rappeler aussi que les fours n'étaient pas destinés à fonctionner en continu mais par intermittence (c'est du moins notre thèse) : pour économiser l'énergie, on ne les mettait en route que quand la cave était pleine de corps ; les Allemands qui n'avaient jamais prévu d'exterminer qui que ce soit par le gaz ou le travail et qui n'avaient pas pensé au typhus, pouvaient supposer et même espérer que cette cave ne serait pas trop vite pleine, d'où la nécessité d'une aération poussée dans au moins une des deux morgues. Ces deux caves étaient donc, toutes deux, des morgues et très vite, on abandonna l'appellation B. Keller pour L. Keller et on n'eut plus que des Leichenkeller ou caves à cadavres numérotées de 1 à 3.
Par la suite se produisit un évènement imprévu de taille, lequel n'est pas l'arrivée des juifs déportés et faisant l'objet du traitement spécial c'est-à-dire destinés soit à y travailler soit à y transiter mais l'apparition d'épidémies terribles (typhus, diphtérie, malaria, etc.). En effet, les juifs ne faisaient que remplacer (momentanément) les 200.000 prisonniers soviétiques à qui on avait attribué le camp et c'était du pareil au même ; par contre, le typhus, lui, était un imprévu de taille qui obligea à revoir, sans pour autant la bouleverser, l'organisation des Kremas et à prévoir des aménagements différents ou nouveaux :
La 3 continua à servir de « secrétariat funéraire ».
La 2 servit à la récupération des effets des morts (d'où l'emploi de l'appellation de « cave de déshabillage ») et ne servit pas de morgue : si on y monta l'installation de désaération prévue, on ne la mit jamais en service car on n'y monta jamais le moteur électrique prévu et même livré (tant pour le Krema II que pour le Krema III) ; cette morgue, il faut aussi le préciser, pouvait être ventilée de façon naturelle, car elle n'était pas construite en cul-de-sac comme la morgue 1.
La 1 fut la « vraie » morgue et un équipement spécial y était d'autant plus nécessaire que les cadavres qu'on devait y amener était porteurs des germes du typhus : la ventilation fut encore améliorée par la pose de portes dites étanches au gaz, etc.
En somme, on pourrait dire, en simplifiant à l'extrême,
que cette fameuse transformation des Kremas (preuve des desseins
criminels allemands d'après les exterminationnistes) a finalement porté sur la
transformation d'une ventilation destinée à éliminer de mauvaises odeurs en
ventilation destinée à empêcher la dispersion de redoutables microbes.
Du coup, s'expliqueraient un certain nombre d'incohérences de langage : les uns,
bien au courant des nouvelles orientations, utilisaient de nouvelles
appellations ; d'autres, moins rapides ou n'ayant pas été mis au courant ou
simplement distraits, continuaient à utiliser les anciennes.
A partir d'une certaine date, ainsi qu'on l'a vu, une chambre à gaz d'épouillage fut prévue pour les Kremas II et III dans la morgue 1. A partir de quand ? Le premier des documents cités par Mattogno et qui mentionne le projet de chambre d'épouillage par air chaud date d'avril 43 mais dans une célèbre lettre du 29/1/1943 (lettre que nous allons bientôt examiner), Bischoff parle d'une « Vergasungskeller » (« Cave de gazage ») dans les caves du Krema II. A partir de cette date (sans doute, plus tôt) et pour 3 ou 4 mois au plus (période au cours de laquelle Pressac trouve encore des « traces » de chambre à gaz non pas criminelle comme il le croit mais sanitaire), la morgue 1 fut destinée à fonctionner comme chambre à gaz d'épouillage mais elle ne fonctionna pas comme telle, la ZBL ayant abandonné ce projet ; elle fonctionna uniquement comme morgue et devint la seule et unique morgue effective. Quant à la morgue 2, elle a été destinée au cours de cette période à fonctionner comme salle de douche et finalement, après l'abandon du projet, elle a dû servir au déshabillage des morts, à la récupération de l'or, etc.
6. DETECTEURS DE GAZ
Le 26/2/1943, Auschwitz confirme télégraphiquement au
constructeur des fours (Topf) une demande verbale de « 10 détecteurs
de gaz » (« 10 Gasprüfer »), apparemment pour le
Krema II (sans autre précision). C'était pour tester le système
d'aération de la chambre à gaz, dit Pressac : les travaux de construction du
Krema étaient pratiquement terminés et les Allemands voulaient
vérifier que ce système d'aération (prévu pour une morgue) pouvait
néanmoins convenir. Dans ce cas, se contentaient de répondre les
révisionnistes, pourquoi l'avoir demandé à un fabricant de fours, qui, de
toute évidence, ne pouvait pas satisfaire une demande de détecteurs d'HCN ?
Il aurait fallu le demander au fournisseur de Zyklon-B lui-même, lequel, nous
confirme Pressac, distribuait des détecteurs de gaz cyanhydrique. Auschwitz
devait d'ailleurs probablement en avoir déjà en sa possession ; les
instructions du fabricant de Zyklon-B en font mention à 6 reprises et sans
laisser le choix aux utilisateurs : on ne pouvait utiliser le Zyklon-B sans en
être équipé. Il paraissait donc probable que les 10 détecteurs en
question étaient des détecteurs de CO (oxyde de carbone) et de CO2
(anhydride carbonique) produits dans les fours eux-mêmes.
Toutefois, en mai 1993, Pressac produisit triomphalement la réponse de Topf : il s'agit d'une lettre
(une photocopie, semble-t-il) retrouvée
dans les archives soviétiques et datée du 2/3/1943, dans laquelle Topf dit
que depuis 10 jours, il a interrogé 5 firmes susceptibles de fournir les
« appareils détecteurs de résidu d'acide cyanhydrique »
demandés (« Anzeigegeräte für Blausäure-Reste »), 3
firmes ayant répondu négativement et 2 n'ayant pas encore répondu.
Les révisionnistes ont d'abord opposé divers arguments qu'ils ont finalement
abandonnés pour opter pour la thèse du faux : la réponse de Topf pourrait être authentique à ceci près qu'on y aurait remplacé
le mot « Gasprüfer » du télégramme par les mots « Anzeigeräte für Blausäure-Reste ».
Auschwitz, font-ils remarquer, avait à cette époque utilisé des tonnes de gaz cyanhydrique et, bien entendu, le camp disposait de tout l'attirail du parfait gazeur (masques à gaz, « détecteurs » de gaz sous forme de papiers réactifs avec échelle colorimétrique, etc.). [8] Il est incroyable que la Bauleitung qui s'occupait aussi bien des chambres à gaz d'épouillage que des crématoires, ait pu demander par télégramme l'envoi urgent de 10 (quantité qu'il faut justifier) « détecteurs » de gaz cyanhydrique, qui plus est, à un fabricant de fours. Qu'Auschwitz soit tombé en rupture de stock de ces papiers indicateurs (auxquels il est d'ailleurs abusif de donner l'appellation de « Gasprüfer », terme qui devrait être réservé à un appareil de mesure automatique), passe encore, mais qu'elle ait cherché à se réapprovisionner de cette façon, est incroyable.
Le besoin éprouvé par la Bauleitung de vérifier l'efficacité de la ventilation de la morgue 1 n'est guère vraisemblable ; il était vraiment un peu tard pour vérifier que l'élément essentiel de la machinerie du meurtre de masse fonctionnait correctement malgré le fait qu'il était a priori inadapté à la fonction qu'on lui avait attribuée. Au point où on en était, il n'y avait plus qu'à faire un essai : introduire le Zyklon-B dans la pièce (par des ouvertures ... qui n'existaient pas !), laisser le gaz se diffuser (en patientant quelques heures !), le ventiler puis y faire entrer un détenu et l'observer au travers du mouchard de la porte. Il n'y avait vraiment pas besoin de détecteurs pour cela et, surtout, pas de 10 détecteurs, puisque nous avons vu qu'ils n'étaient en fait constitués que de languettes de papier trempées dans un réactif. Bref, la thèse des exterminationnistes ne tient pas debout.
Mattogno, dans une démonstration brillante, explique encore que dans une organisation comme la SS (qui n'était d'ailleurs que le reflet de la société allemande), les compétences de chacun étaient bien délimitées et définies et il n'était pas sans danger d'empiéter sur les compétences d'autrui. Ainsi, la Zentralbauleitung (laquelle commanda ces « Gasprüfer ») ne s'occupait que des questions de construction et de rien d'autre ; les affaires liées à l'emploi de gaz (épouillage) étaient du ressort du SS-Standortarzt (médecin en chef du camp qui relevait de l'Amstgruppe D à l'administration centrale de la SS Berlin alors que la Bauleitung relevait de l'Amstgruppe C) : aussi, quand Auschwitz avait besoin de Zyklon-B, s'adressait-il à l' Amstgruppe D ; par exemple, l'autorisation d'envoyer un camion chercher du Zyklon-B à Dessau donnée le 30/7/43 et dont nous reparlerons en Annexe 8, a été donnée par l'Amstgruppe D. Tout ce concernait le gaz (masque, ouvre-boîte, « Gasrestnachweisgeräte fur Zyklon », etc.) était commandé par le SS-Standortarzt du camp et il était impossible, en pratique (sinon en prenant le risque de devoir le payer de sa poche et d'être puni) de commander quoi que ce soit du ressort dudit SS-Standortarzt. [9]
Autre point de l'argumentation développé par Mattogno : Qui a envoyé le télégramme de commande des « Gasprüfer » ? La copie de ce télégramme porte les noms de Pollok et Kirschnek mais surtout les iniatiales de Jährling (« Jäh ») qui était, comme on l'a vu dans la discussion sur les fours crématoires, le technicien (civil) spécialisé dans les problèmes thermiques de la Zentralbauleitung et qui n'avait aucune compétence dans les problèmes d'épouillage (et donc de gazage). A cette époque, précisément, Jährling terminait la mise au point de la combustion des fours d'où cette commande de 10 Gasprüfer soit pour les 10 conduits de fumée des deux Kremas II et III soit pour les 10 cheminées des Kremas II à V. On notera d'ailleurs que Pressac ne justifie pas ce nombre de 10 Gasprüfer.
En conclusion, la lettre de Topf (dont on n'aurait qu'une photocopie) a été trafiquée, les mots « Anzeigegeräte für Blausaüre-Reste » ayant remplacé le mot « Gasprüfer » (c'est-à-dire « analyseur de fumée »).
7. CAVE DE GAZAGE
Dans une lettre célèbre adressée le 29/1/1943 à Berlin
[10] par Bischoff, le mot « Vergasungskeller » (« cave
de gazage [génocidaire] ») est employé pour désigner, disent les
historiens, la morgue 1 du Krema II.
Ce 29 janvier, explique Pressac, eut lieu une inspection du Krema II
par Bischoff, un de ses adjoints du nom de Kirschneck et Prüfer, l'ingénieur
de Topf. Kirschneck fit un compte rendu de son côté et Prüfer un rapport
d'inspection du sien : c'est ce rapport qui est en annexe de la lettre de
Bischoff, mais il est moins précis (ou, si l'on préfère, plus condensé)
que le compte rendu de Kirschnek et c'est à ce dernier qu'il est préférable
de se référer pour essayer de comprendre la lettre de Bischoff.
Ce compte rendu dit que :
en ce qui concerne le gros oeuvre du Krema II,
la partie du bâtiment comprenant la salle des fours et ses annexes est entièrement terminée ;
il en est de même pour la « morgue 1 » ;
par contre, le plafond de la « morgue 2 » n'a pas pu être encore décoffré à cause du gel ;
en ce qui concerne l'équipement,
les fours sont pratiquement prêts (on les a allumés pour les sécher et on connecte les moteurs de la soufflante des mouffles et des extracteurs de la cheminée) ;
l'ascenseur provisoire est en cours de montage ;
par contre, le matériel de la ventilation et de l'extraction d'air des « morgues » n'est même pas livré : on s'attend à le recevoir d'un jour à l'autre et il faudra 10 jours pour le monter. Rappelons une fois encore que cette ventilation était une ventilation typique de morgue c'est-à-dire d'une part, avec admission d'air frais par le haut et extraction d'air fétide par le bas, d'autre part, d'une puissance très inférieure à celle des chambres à gaz sanitaires (seulement 10 renouvellements de l'air par heure). Il n'est pas question dans cette lettre de cette anomalie (d'un point de vue exterminationniste).
Voilà pour l'annexe. La lettre proprement dite, elle, est de Bischoff, lequel résume la situation en disant :
le Krema II est terminé « à des détails mineurs près » ;
les fours sont prêts ;
à cause du gel, il n'a pas encore été possible de décoffrer le plafond de la « morgue » mais « ceci est toutefois sans conséquence, car la cave de gazage peut être utilisée à cette fin » ;
l'installation de ventilation et d'aération n'est pas encore livrée mais il espère qu'elle sera installée pour le 20 février.
En fait, Bischoff se faisait des illusions à moins qu'il
ne trompât sciemment son supérieur hiérarchique, car rien n'était prêt,
même pas les fours, et ce n'est que dans la première moitié de mars que les
fours, puis la morgue 1, puis enfin la morgue 2 purent être mis en service,
mais cela est sans importance dans notre raisonnement.
Pour les historiens, les choses sont claires (du moins, ils le disent) :
Bischoff a voulu dire que, la morgue 2 (c'est-à-dire la salle de
déshabillage [des vivants]) n'étant pas encore utilisable, on ne pourrait,
certes, pas récupérer les vêtements des condamnés mais que ce n'était pas
grave, car on allait quand même pouvoir commencer à gazer les juifs, car la
chambre à gaz (c'est-à-dire la morgue 1), elle, était prête.
Toutefois, cette version n'est pas du tout satisfaisante, car la chambre à
gaz n'était pas prête du tout puisqu'il y manquait l'installation
-indispensable et pourtant classée dans les « détails mineurs »
par Bischoff- d'aération et de désaération, laquelle, loin d'être montée,
n'était même pas livrée ! L'ascenseur -tout aussi indispensable- était
loin d'être installé également (Bischoff le commandait le jour même et en
fait, livrable dans les 7 mois et seulement livré en 1944, il ne fut même
jamais monté ! ) ; certes, on était occupé à monter un plateau provisoire
mais il était incapable de répondre à la tâche assignée à l'ascenseur
dans une hypothèse exterminationniste.
Enfin, les mots « à cette fin » (« hierfür »)
s'opposent à cette version : Bischoff dit, en fait, que la « Vergasungskeller »
va provisoirement remplir les fonctions de la morgue 2, laquelle est censée
être la salle de déshabillage, mais, alors, où gazait-on ?
Mais, dit Pressac, c'est là une mauvaise lecture : la
« Vergasungskeller » devait remplacer la morgue 2 comme
morgue et non comme vestiaire, mais c'est là une fonction qui n'existait plus
dans une hypothèse exterminationniste : en effet, il n'y avait plus que le
vestiaire (la morgue 2) et la chambre à gaz (la morgue 1).
Bref, cette lettre est incompréhensible d'un point de vue
exterminationniste. On ne peut accepter l'assimilation de la « Vergasungskeller »
à la morgue 1 qu'en admettant que cette « Vergasungskeller »
n'a pas de caractère criminel et n'a pas de place dans la séquence des
opérations (sanitaires) assignées normalement au Krema, bref lui est
parallèle. La morgue 1 aurait-elle pu être une chambre à gaz d'épouillage
dont on aurait pu se servir provisoirement pour y déposer les morts (de mort
naturelle) que la morgue (la morgue 2) ne pouvait accueillir ? On sait maintenant, grâce à Mattogno, que les Allemands
conçurent effectivement à cette époque le projet d'installation d'une
installation d'épouillage dans la morgue 1. Certes, l'épouillage devait se
faire par air chaud mais on peut supposer que Bischoff a pu commettre un lapsus
calami, fort fâcheux il est vrai mais fort compréhensible, vu que les
installations d'épouillage qu'il avait construites jusque là fonctionnait au
gaz. D'ailleurs, il n'est pas à exclure qu'en janvier 43, Bischoff avait
prévu de faire fonctionner sa chambre d'épouillage au gaz ; il n'aurait
finalement opté pour l'air chaud qu'en février/mars ; dans ce cas, il n'y
aurait même pas eu de sa part de lapsus calami.
D'autres explications avaient été données par les révisionnistes mais on
ne peut que les abandonner après l'étude des documents produits par Mattogno.
CONCLUSIONS
Les autres « traces » relevées par
Pressac, que nous ne pouvons examiner faute de place, datent toutes de la
même époque (construction des Kremas) ; elles sont d'ailleurs si
nombreuses qu'on ne peut guère parler de « gaffes » ;
Pressac a sans doute raison sur un point : des modifications dans
l'aménagement des Kremas sont intervenues en cours de construction
mais les causes en sont tout simplement les nécessités prophylactiques
créées par la terrible épidémie de typhus, qui s'était déclenchée à la
mi-1942 et qui avait obligé les responsables SS à intégrer les morgues
en cours de construction des Kremas à l'action contre les épidémies.
Tout cela est parfaitement limpide.
NOTES
| [1] | Carlo Mattogno, 'Sonderbehandlung' (...) », op. cit. |
| [2] | Voyez notamment les articles de Brian Renk, « Etude de cohérence à propos des dernières preuves en date de l'existence des ouvertures d'introduction du Zyklon dans le crématoire II d'Auschwitz-Birkenau », Etudes révisionnistes, Volume 3, vers 2002, p. 140 sqq et de Carlo Mattogno, « Keine Löcher, keine Gaskammer(n) », VffG, Heft 3, September 2001, p. 284 sqq en réponse à Provan. |
| [3] |
The Journal of Historical Review, Volume 18, Number 4, July/August 1999. |
| [4] | L’Autre Histoire, n° 15, Août 2000, p. 42. |
| [5] | Van Pelt aurait peut-être pu citer Karl Schultze, l'ingénieur de la Topf qui a installé la ventilation en mars 43 ; il a déclaré aux enquêteurs soviétiques en 1946 : « Le bâtiment avait 8 mètres de large et 30 mètres de long. L’intérieur était complètement vide. La hauteur était de 2,60 mètres. Il y avait dans le plafond 4 ouvertures de 25 par 25 centimètres. » On remarquera que Schulze donne les dimensions extérieures du bâtiment et ne parle pas des colonnes en treillis métalliques et pas davantage des cheminées en béton. Comme il se trouvait sans avocat et sans documentation, on peut supposer que des chiffres aussi exacts lui ont été soufflés par ses geôliers. |
| [6] | Voyez Samuel Crowell, The Journal of Historical Review, Vol. 21, Nr 1, January/February 2002, p. 39. |
| [7] | Du fait de cette illusion d'optique, les caractéristiques des 3 cheminées -si on les place sur la grande médiane- seraient à peu près celles-ci (longueur x largeur + distance du centre de la cheminée au petit côté de la chambre à gaz) :
En centrant la chambre à gaz sur la troisième fenêtre,
on obtient des cheminées de dimensions plus identiques, mais il reste que
l'écart entre la première et la deuxième est moins grand qu'entre la
deuxième et la troisième, ce qui est contraire aux lois de l'optique. |
| [8] | Qu'est-ce qu'un « détecteur » de gaz
? Des instructions d'emploi du fabricant et de ce qu'en dit et montre Pressac
(notamment la photo d'un officier soviétique en possession d'une « boîte »),
on doit tirer la conclusion que le « détecteur » d'HCN, le
« Gasrestnachweisgerät » (« appareil de contrôle
de résidu de gaz »), n'était pas un appareil à proprement parler
mais un équipement (un « kit », dit-on aujourd'hui)
composé de languettes de papiers avec échelle colorimétrique de
référence, des « Papierstreifen » ( « bandes de
papier » ) identiques à ces languettes en papier utilisées
universellement pour mesurer le pH de l'urine et vendues dans toutes les
pharmacies par boite de 100) et (éventuellement, si le papier n'était pas
prétraité) de fioles de réactif chimique ; comme le signale encore Mattogno, cette méthode
chimique, imaginée par Pertusi et Gastaldi et améliorée par Sievert et
Hermsdorf, est la seule méthode de détection de l'HCN ; l'analyseur d'HCN
par voie physique n'existe pas. |
| [9] | Carlo Mattogno, « Die "Gasprüfer" (...) », op. cit. Sur la répartition des tâches en la matière, voyez par exemple la lettre du 10/12/43 du Dr Wirths dont nous avons parlé dans le chapitre consacré à la diffusion et à la ventilation du Zyklon-B. |
| [10] | Ceci signifie déjà qu'on ne pourrait prétendre que l'extermination des juifs à Auschwitz aurait pu être le résultat d'une initiative locale ignorée de Berlin. |
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des juifs par les Allemands, Tome 1 : Examen des preuves