DEUXIÈME CHAPITRE

LA CROISSANCE DE LA POPULATION
JUIVE EN URSS

 

La Division des Juifs Polonais

La distribution de ces 2,633,000 juifs polonais entre les zones incorporées au Reich allemand et les zones attribuées à l’Union Soviétique est un aspect que nous devons éclaircir. Selon l’Universal, un statisticien allemand a calculé de façon très succincte sur la base du recensement polonais du 9 décembre 1931 la distribution géographique théorique suivante des juifs dans trois régions.[1]

Zones annexées par l'Allemagne

632.000

( 20,3 %)

Gouvernement Général de Pologne

1.269.000

( 40,8 %)


Total: Zones sous administration allemande

1.901.000

( 61,0 %)

Annexées par l'Union Soviétique

1.212.900

( 39,0 %)


Anciens juifs polonais (1931)

3.113.900

(100,0 %)


Ce recensement polonais de 1931 montre que le développement des populations juives de l’Est du pays ne différait guère de celui de la moyenne des juifs en Pologne, mais on ne sait pas si des changements se sont produits par la suite – ceci est improbable – et si le flot de l’émigration durant les années trente était semblable dans les trois régions. Nous devons donc assumer que les trois régions ont connu des développements démographiques similaires entre 1932 et 1939 en ce qui concerne la population juive.

Comme nous l’avons mentionné au premier chapitre, le nombre de juifs polonais a décru de 3,113,900 à 2,633,000 en tenant compte de plusieurs facteurs subtils, i.e. par 15.4% entre 1931 et septembre 1939. En prenant ce chiffre plus réaliste nous obtenons la répartition suivante pour les juifs des trois régions :

Zones annexées par l'Allemagne

534.000

( 20,3 %)

Gouvernement Général de Pologne

1.073.000

( 40,8 %)


Total: Zones sous administration allemande

1.607.000

( 61,0 %)

Annexées par l'Union Soviétique

1.026.000

( 39,0 %)


Anciens juifs polonais (1939)

2.633.000

(100,0 %)


Comme la défaite polonaise est apparue inévitable peu après le déclenchement des hostilités plusieurs juifs polonais ne sont pas restés sur place pour attendre l’arrivée des Allemands ; ils ont fui en masse vers les villes de l’Est qui ont été elles-même occupées et annexées par les Soviétiques dans les deux dernières semaines de septembre. Des groupes de juifs moins nombreux ont également traversé la frontière pour se réfugier en Roumanie. Mentionnant cet exode massif, le rabbin en chef de Lettonie et dirigeant de l’organisation Mizrachi et du Congrès Juif Mordecai Nurok déclarait le 28 mars 1946 lors d’une conférence de presse à New York : " On doit souligner que plusieurs centaines de milliers de juifs de Pologne et d’autres pays ont trouvé refuge en URSS. "[2]

Cette fuite de la sphère d’influence allemande fut facilitée par le fait que les Soviétiques ont à l’origine occupés le territoire compris entre les rivières de la Vistule et de Bug tel que convenu dans le pacte germano-soviétique sur le partage du territoire polonais. A cause de cette occupation, plusieurs juifs vivant dans des villes proches – Varsovie, Lodz etc…- réussirent à s’échapper de l’état polonais qui s’effondrait et à se réfugier dans la zone soviétique. Une semaine plus tard les Soviétiques se retirèrent de la zone à l’ouest de la rivière Bug en emportant avec eux tout ce qu’ils pouvaient ; [3] les réfugiés juifs, tout comme plusieurs habitants juifs de cette région accompagnèrent l’Armée Rouge dans son mouvement de retrait à l’est de la rivière Bug. La ville de Tomaszow Lubelski peut servir d’exemple pour illustrer cette évasion systématique des juifs en dehors de la zone allemande. Selon l’Encyclopaedia Judaica (Judaica) 75% des 6,000 juifs ont suivi l’Armée Rouge alors qu’elle se retirait vers la nouvelle zone de démarcation un peu plus à l’Est.[4]

Les calculs officiels allemands montrent que la zone comprise entre la Vistule et la rivière Bug comptait une population juive de 386,600 personnes au recensement polonais de 1931. Si les pertes de la population juive dans cette région sont identiques à ce qu’elles ont été dans le reste de la Pologne au cours des années trente, seuls 330,000 juifs ont pu être présents au début de l’occupation soviétique (17 septembre 1939). On ne sait pas combien de juifs ont accompagné l’armée soviétique lorsque celle-ci a quitté la région le 28 septembre de la même année, mais la fuite massive des juifs vers l’est telle qu’attestée par de nombreux témoins et l’exemple de Tomaszow Lubelski permettent de conclure que la vaste majorité des juifs vivant entre la Vistule et Bug ont accompagné celle-ci. Il est donc étrange de constater que lorsque la littérature discute du nombre de juifs qui ont pu réussir à s’échapper vers la zone soviétique cet épisode est passé sous silence presque entièrement malgré le fait que la majorité de ces juifs avaient de bonnes chances d’échapper aux troupes d’occupation allemandes.[5]

Parmi ces juifs fuyant vers l’est se trouvait un jeune homme de 26 ans du nom de Menachem Begin; né à Brest-Litovsk en 1913, celui qui devait devenir Premier ministre d’Israël étudia à l’université de Varsovie où il dirigea le mouvement des jeunes sionistes du Betar polonais jusqu’à 1939.[6]

Lors du procès Eichmann à Jérusalem, les juifs polonais Zwi Patscher et Yakov Goldfine témoignèrent que les Allemands forcèrent des groupes de juifs à marcher en longue colonnes vers la zone d’occupation soviétique.[7] Le Judaica rapporte dans le même esprit :

Alors que la guerre éclatait en septembre, les Polonais commencèrent à piller les magasins et attaquer les juifs….les juifs furent déportés par les Allemands [septembre 1939] vers les zones sous contrôle soviétique de l’autre côté de la rivière San…Ceux qui furent déportés dans la zone soviétique vécurent une situation économique difficile. A l’été 1940 plusieurs d’entre eux furent déportés vers l’intérieur soviétique. [8]

Personne ne sait avec certitude le nombre de juifs qui ont soit fui ou été déportés vers la zone soviétique en territoire polonais et qui, moins de un an plus tard, furent déportés vers la Sibérie ou des camps de travail – en autant que ceux-ci aient survécu à ce voyage meurtrier. Mais nous savons que les villes polonaises de l’Est, où se trouvait déjà une population juive importante, durent faire face à un afflux massif de réfugiés juifs. Dans plusieurs villes de l’Est de la Pologne la population juive doubla en une seule nuit. Le Judaica fait référence à cet exode à de nombreuses reprises. Concernant Vladimir-Volynsk il écrit : " …des milliers de juifs de l’Ouest de la Pologne trouvèrent refuge dans cette ville, portant le nombre de juifs à 25,000 [1931 :10,665 ou 44%]. …A l’été 1940 plusieurs dirigeants sionistes et réfugiés furent exilés vers l’intérieur soviétique. "[9] Lutsk : "Plusieurs réfugiés qui avaient fui la zone nazie pour s’installer à Lutsk furent déportés vers l’intérieur soviétique. "[10] Pinsk : "Un nombre élevé de réfugiés juifs en provenance de l’ouest de la Pologne ont trouvé un abri à Pinsk, mais ils furent déportés vers l’intérieur soviétique en 1940. "[11] Rovno : "Plusieurs milliers de juifs en provenance de l’Ouest se sont réfugiés à Rovno… "[12]

Neuf ans après la fin de la seconde guerre soit les 22 et 23 septembre 1954 une commission d’enquête américaine de la chambre des représentants (Select Committee on Communist Agression) écouta plusieurs représentant de la communauté juive qui vinrent sous serment témoigner sur les persécutions subies par les juifs en URSS. L’un d’entre eux était Herschel Weinrauch, un ancien éditeur associé pour le journal soviétique L’étoile. Il était l’un des officiels de l’administration civile de Bialystok peu après l’occupation de la zone en 1939. Dans son témoignage Weintauch raconte comment les communistes demandèrent aux réfugiés juifs en provenance de la zone ouest à l’été 1940 de choisir entre la nationalité soviétique ou le retour forcé vers la zone d’occupation allemande.

Etant donné le traitement barbare accordé par les Soviétiques à ces réfugiés juifs en provenance de la zone ouest la plupart optèrent pour un retour. Peu après cependant, le gouvernement soviétique, considérant cette décision comme un manque de loyauté, mit en arrestation tous ceux qui avaient opté pour le retour vers la zone ouest et les déporta en Sibérie. A Bialystok seulement, entre 50 et 60,000 réfugiés juifs furent arrêtés. Au total, selon Weinrauch, les Soviétiques auraient déporté environ 1,000,000 de réfugiés en provenance de la Pologne de l’Ouest vers la Siberie.[13]

Un autre témoin, Bronislaw Teichholz, directeur de Comité International pour les Réfugiés Juifs des Camps de Concentration entre 1945 et 1952, confirma le témoignage de Weinrauch. Alors qu’il travaillait à Lvov 50,000 réfugiés juifs avaient opté pour ce retour vers l’Ouest. Ils furent tous déportés par les Soviétiques vers l’URSS qui entassèrent de 70 à 80 personnes par wagon.[14]

Un troisième témoin, Adolph Held, directeur du Comité des Travailleurs Juifs, du s’absenter de ces audiences à cause d’un cas de mortalité dans sa famille, mais son témoignage écrit fut lu devant les enquêteurs par Jacob T. Zukerman. Ce témoin confirme aussi que jusqu’à 1,000,000 de juifs ont été envoyés en Russie.[15]

Un autre témoin, Henry Edward Schultz, directeur national de la Anti-Defamation League du B’nai B’rith, place le nombre de réfugiés juifs de l’ouest de la Pologne déportés vers la Sibérie sur ordre de Staline à 600,000 ; 450,000 de ces gens ne sont jamais réaparus.[16]

Le Gouvernement Polonais en Exil lui aussi relate que les Soviétiques ont déporté 600,000 réfugiés juifs en provenance de la Pologne de l’Ouest à l’été 1940. Le statisticien juif J. Kulischer a estimé que Staline a "évacué " 530,000 juifs – 500,000 de la zone polonaise et 30,000 des pays baltes.[17] D’autres sources juives arrivent à des chiffres plus bas.

Le rabbin Aaron Pechenik décrivit de cette façon la déportation massive de la part des Soviétiques dans son livre Zionism and Judaism in Soviet Russia publié à New York en 1943 :

En deux jours et deux nuits [fin de juin 1940] près de un million de juifs furent embarqués dans des wagons dans des circonstances horrifiantes et déportés vers la Sibérie et l’Oural …Le terrible voyage qui s’en suivit dura de quatre à six semaines. Après être arrivés à destination les juifs durent travailler toute la journée dans les forêts et n’obtinrent seulement qu’un peu de pain et d’eau pour survivre.[18]

Le Universal rapporte que le Joint Distribution Committee – une organisation juive internationale importante ayant pour but d’aider les juifs nécessiteux – lança un programme d’assistance au début de 1942 pour 600,000 de ces juifs polonais en Asie Soviétique.[19] Mais s’il y avait 600,000 de ces réfugiés en Sibérie à l’aube de 1942, beaucoup plus ont du être envoyés là-bas étant donné les conditions horribles de cette déportation et les conditions de vie précaires dans cette zone. Concernant l’aspect inhumain de ces transports, le Joint Distribution Committee écrivait dans son Bulletin de juin 1943 : "Entre le cinquième et le tiers de ces réfugiés sont morts. Quiconque n’a pas vu les milliers de tombes, souvent des tombes d’enfants, ne peut pas comprendre. "[20] Ceci veut donc dire que le nombre de réfugiés en provenance de la Pologne de l’Ouest qui furent arrêtés par les Soviétiques et déportés vers la Sibérie pourrait se situer entre 750,000 et 900,000 ! Mais seuls 600,000 d’entre eux ont survécu à ce périple et sont parvenus à destination.

Menachen Begin était parmi ces infortunés. La police secrète soviétique l’arrêta peu après son arrivée en Pologne de l’Est et l’envoya dans un camp de concentration en Sibérie. Après le déclenchement de la guerre avec l’Allemagne (22 juin 1941) il joignit l’armée polonaise (patronnée par l’URSS) qui quitta l’Union Soviétique en 1942 et traversa l’Iran. La même année on retrouve l’ancien détenu du goulag et futur récipiendaire du Prix Nobel de la Paix en Palestine où il devint commandant en chef du groupe terroriste IRGUN.[21]

L’étendue de cette fuite des juifs devant les troupes allemandes n’est pas inhabituelle ni surprenante. La crainte qu’éprouvaient ces juifs envers l’Allemagne résultait de campagnes sionistes s’étendant sur des années ainsi que de la propagande polonaise incendiaire; ceci est certainement l’explication derrière cette panique qui s’empara des juifs polonais mais aussi de beaucoup d’autres peuples. Des événements similaires se produisirent en mai 1940 quand un million et demi et peut-être même deux millions de Belges trouvèrent refuge en France, où il souffrirent cruellement. A la mi-août 1940 il y avait encore en France un million de Belges qui attendaient de pouvoir rentrer dans leurs foyers.[22]

En considérant que jusqu’au quart de la population belge a fui dans un moment de panique, même si l’on peut difficilement accuser l’état nazi d’une hostilité viscérale envers les Belges –contrairement aux juifs- l’étendue de cette fuite des juifs polonais n’est pas surprenante. Il n’est pas superflu de mentionner que les juifs polonais, géographiquement parlant, avaient de meilleures chances de fuir vers l’est. Après tout, durant la campagne de France, les divisions de Panzer avaient coupé la route de la retraite entre la Belgique et la France en un peu plus d’une semaine.

Fautes de preuves supplémentaires, j’accepte ce chiffre de 750,000 juifs de l’Ouest qui se sont réfugiés en zone polonaise soviétique. Ce chiffre n’est certainement pas le plus élevé. La distribution de la population juive en Pologne entre les zones russes et allemandes devient ainsi :

Zones sous contôle allemand

857.000

( 32,5 %)

Zones sous contrôle soviétique

1.776.000

( 67,5 %)


Anciens juifs polonais(fin de 1939)

2.633.000

(100,0 %)


En plus de la zone soviétique polonaise, la Roumanie vit également déferler des réfugiés juifs en provenance de la Pologne. Ceci est particulièrement vrai pour les provinces roumaines de Bukovine et de Bessarabie. Comme nous le montrerons en détail au chapitre six cette route fut empruntée par au moins 100,000 réfugiés juifs. La distribution finale de la population juive en Pologne ressemble donc à ceci :

Zones sous contrôle allemand

757.000

(28,8 %)

Zones sous contrôle soviétique

1.776.000

(67,5 %)

Réfugiés en Roumanie

100.000

(3,8 %)


Anciens juifs polonais (fin de 1939)

2.633.000

(100,0 %)


Toutes ces statistiques ont été bâties à partir de sources polonaises, sionistes, ou encore de sources américaines et allemandes d’après guerre. Elles tendent à démontrer que pas plus de 757,000 juifs polonais ne sont passés sous contrôle allemand en 1939.

Jusqu’à quel point ces estimés peuvent se rapprocher de la réalité ? On peut s’en rendre compte en étudiant cette information du Joint Distribution Committee qui déclare avoir été actif en Pologne dans la zone d’occupation allemande sans interruption, et d’avoir pu ainsi aider 630,000 personnes dans 400 localités en leur fournissant de la nourriture, de l’assistance médicale, des soins pour les enfants, des vêtements, etc.…[23] Il n’y avait tout simplement pas beaucoup d’autres juifs à aider que ces 630,000 là dans la zone allemande !

Mais que disent les sources allemandes concernant les juifs polonais dans leur propre zone ? Malheureusement la réponse est : Rien. Bien sûr, les Allemands parlaient de millions de juifs sur le territoire polonais, mais ce chiffre n’était pas basé sur un décompte ni non plus une étude démographique sérieuse. Ils ont simplement utilisé les résultats du recensement polonais de 1931 et ajouté quelques centaines de milliers de personnes au vu de la croissance démographique typique de la population polonaise. Dans les ghettos les juifs se firent accorder une sorte d’auto administration et les Allemands ne se souciaient pas de les compter. Comme on le verra plus loin c'est seulement plus tard, en 1942-1943 qu'un décompte plus ou moins partiel fut fait dans certaines villes

Ainsi le Krakauer Zeitung donne le chiffre de 1.4 millions de juifs dans le Gouvernement Général au milieu de 1940.[24] Mais si nous y jetons un coup d’œil nous nous rendons compte que ce chiffre correspond presque exactement au recensement polonais de 1931, avec un facteur correctif de +10%, soit une croissance démographique d’environ 1% par an. L’émigration importante d’avant guerre et la fuite massive des juifs vers la zone soviétique –un fait qui est admis par les sources sionistes – n’ont pas été pris en compte.

Après que l’ancienne Galicie polonaise, anciennement occupée par les Soviétiques, fut incorporée au Gouvernement Général (après le déclenchement de la guerre germano-soviétique) des déclarations allemandes mentionnaient le chiffre de deux millions de juifs dans le nouveau Gouvernement Général.[25]

Cette différence de 600,000 correspond précisément aux 545,000 juifs qui vivaient dans cette région en 1931, augmentés de 10%.[26] Dans ce cas aussi l’évacuation massive de la population urbaine par les Soviétiques –attestée par des sources allemandes et sionistes- n’a pas été prise en considération.

Ces estimations allemandes ne sont pas surprenantes. Pour des fins de propagande les Allemands étaient intéressés à exagérer le "danger juif " tant qu’ils le pouvaient. Nous pouvons trouver une foule d’exemples. Dans le cas de la Roumanie, les Allemands estimaient la population juive de ce pays à 1.5 ou 2 millions de personnes[27] bien que le recensement roumain n’en comptait que 750,000 et que même les chiffres sionistes les plus élevés ne dépassaient pas 900,000. La même chose peut être dite de la France qui ne comptait que 300,000 juifs selon les estimations sionistes les plus généreuses mais où les Allemands trouvaient 1.2 millions de juifs.[28]

Toutes ces estimations allemandes concernant la population juive des autres pays d’Europe –France, Roumanie, Gouvernement Général – sont le fruit d’une grossière exagération. Dans les faits la population juive n’atteignait même pas la moitié de ce chiffre.

Qu’est-il advenu de ces 757,000 juifs ? A la fin de juin 1946( !) quand le délai concernant une option de retour d’URSS des réfugiés de 1939 vers leur pays d’origine est arrivé à expiration on ne trouvait plus que 240,489 survivants juifs enregistrés en Pologne. Des centaines de milliers qui ont abouti en URSS après 1939 seulement 157,420 ont saisi cette option et sont retournés en Pologne. En d’autres mots la source de ces chiffres –le Comité Central des Juifs de Pologne, une organisation communiste- veut nous faire croire que seulement 83,069 juifs de la Pologne de l’Ouest (240,489 moins 157,420) ont survécu à l’occupation allemande.[29] Mais même si ces chiffres étaient exacts, ils ne font référence qu’aux juifs enregistrés. Mais combien de juifs ont survécu à la guerre en tant que ‘gentils’ déguisés et/ou ont fui cette zone ouest entre la fin de la guerre et juin 1946 sans jamais s’enregistrer ?

Il est possible que des centaines de milliers aient émigré pendant les quatorze mois qui se sont écoulés entre la fin de la guerre et cette date buttoir de juin 1946. Nous étudierons cet aspect dans une phase ultérieure. Même en supposant que tous les juifs polonais sous domination allemande auraient survécu à la guerre - ce qui n’est pas le cas -, peut-on imaginer un gouvernement communiste polonais clamer ceci alors que les Soviétiques accusaient les Allemands d’avoir tué tous les juifs polonais au tribunal de Nuremberg ?

Pour l’instant donc nous dirons que si 757,000 juifs polonais de la zone ouest sont tombés entre les mains des Allemands et que 83,069 ont été retrouvés "officiellement " en juin 1946, ceci donne une différence de 674,000 juifs manquants.

Les Nouveaux Arrivants Juifs Dans l’Empire Soviétique

Nous pouvons donc résumer ainsi : 1.8 millions de juifs polonais se trouvaient dans la sphère d’influence soviétique; de ce nombre un million se trouvaient encore en Pologne de l’Est en 1941 alors qu’environ 750,000 réfugiés en provenance de l’Ouest qui avaient commis l’erreur de refuser la citoyenneté soviétique furent déportés en Sibérie, souvent de façon inhumaine. Ces déportations ont coûté la vie à au moins 150,000 et peut-être même 300,000 d’entre eux selon des sources sionistes.

En 1940, d’autres communautés juives d’importance allaient disparaître dans l’empire soviétique puisque les états baltes et une partie de la Roumanie furent annexés par celui-ci. Le dernier recensement de la population dans les pays baltes donne les chiffres suivant pour la population juive :[30]

Lituanie (1923)

155.125

Estonie (1934)

4.302

Lettonie (1935)

93.479


Pays baltes

252.906


Comme l’Institut d’Histoire Contemporaine l’a mentionné les pays baltes ont aussi connu une vague d’émigration juive avant la guerre. Dans le cas de la Lituanie le dernier recensement date de 1923 ce qui implique qu’on doit compter l’émigration des années vingt aussi. Même si nous nous basons sur un flot d’émigration beaucoup moins important qu’en Pologne, une réduction nette d’au moins 10% est un minimum, surtout qu’une plus longue période de temps s’est écoulée dans le cas de la Lituanie. L’émigration considérable et le taux de fertilité d’avant guerre font que le nombre de juifs dans cette région ne dépassait certainement pas les 225,000 et c’est ce nombre que nous ajouterons à la sphère d’influence soviétique en 1940.

Nous montrerons dans le chapitre six avec plus de détails que 225,000 juifs vivaient en Bessarabie et le nord de la Bukovine au moment de l’occupation soviétique en 1940. De plus, on trouvait 100,000 juifs polonais réfugiés en Roumanie à ce moment. Ces réfugiés étaient dispersés un peu partout au nord de ce pays : La Transylvanie du Nord, la Bukovine et le nord de la Bessarabie. Nous ne savons pas avec certitude combien de ces réfugiés juifs de septembre 1939 vivaient en Bessarabie et dans le nord de la Bukovinie au moment de l’annexion soviétique. Les sources juives maintiennent que 65,000 juifs –la plupart apparemment d’origine polonaise – ont traversé la frontière roumaine en direction des territoires nouvellement contrôlés par les Soviétiques au moment où ceux-ci ont occupé le Nord et l’est de la Roumanie.[31] De plus, il y a certains indices puissants – voir le chapitre six – que 9,000 réfugiés juifs polonais sont restés en Transylvanie quand la Roumanie dû céder ce territoire à la Hongrie en 1940. Les Soviétiques n’ont donc pas seulement ‘mis la main’ sur 225,000 juifs roumains en 1940 lorsqu’ils ont occupé cette zone mais aussi 91,000 juifs polonais réfugiés là-bas.

L’expansion territoriale de l’URSS jusqu’à juin 1941 place donc 2,317,000 nouveaux juifs au sein de l’empire de Staline :

Juifs polonais:

    Dans l’Est de la Pologne et les états baltes:

1.776.000

 

   En Roumanie

91.000


1.867.000

Juifs baltes

 

225.000

Juifs roumains

 

225.000


Nouveaux juifs pour l’URSS en 1939/1940

 

2.317.000


Avant le mois de septembre 1939 moins de 20% (3 millions) des 16 millions de juifs du monde était sous domination soviétique. La conséquence de la guerre germano-polonaise fut qu’en 1940 un tiers des juifs du monde se trouvait à l’intérieur des frontières de l’URSS. Pour les juifs non soviétiques d’Europe de l’Est –qui souffraient déjà de pertes sévères depuis une décennie à cause de l’émigration, de la chute de la natalité et de l’assimilation de certains d’entre eux – la "confiscation " soviétique de 2.3 millions de personnes d’origine juive fut un coup mortel dont ils ne devaient jamais se relever.

Le recensement soviétique du 17 décembre 1926 trouvait 2,680,181 juifs.[32] Douze ans plus tard le recensement du 17 janvier 1939 plaçait la population juive à 3,020,141, un accroissement apparent de 340,000 personnes.[33] Ce changement équivaudrait à un taux de croissance annuel de 1% ; mais cette interprétation quant à la différence observée ne tient pas compte de certains aspects importants.

En 1946, un académicien d’origine américaine et professeur à l’université Princeton, le Dr Frank Lorimer, publiait un ouvrage sous l’auspice de La Ligue des Nations, The Population of the Soviet Union : History and Prospects. Dans son livre celui-ci trouve des différences importantes entre les données des recensements de 1926 et 1939. Le recensement de 1926 par exemple était basé sur le concept de " narodnost " (tribu, groupe ethnique) alors que celui de 1939 utilisait la "nationalité ". La différence entre ces deux termes est telle que les variations de population observées dans les différents groupes ethniques au deuxième recensement sont complètement irréalistes.[34]

Decompte de la population Sovietique


Nationalité

1926

1939

Changements


Russes

77.791.124

99.019.929

+21.228.805

(+27,3 %)

Ukrainiens

31.194.976

28.070.404

- 3.124.572

(-10,0 %)

Russes Blancs

4.738.923

5.267.431

+528.508

(+11,2 %)

Juifs[35]

2.680.181

3.020.141

+339.960

(+12,7 %)

Allemands

1.246.540

1.423.534

+176.994

(+14,2 %)

Autres

29.376.171

33.665.747

+ 4.289.576

(+14,6 %)


Total

147.027.915

170.467.186

+23.439.271

(+15,9 %)


 

    Cette juxtaposition des deux recensements révèle trois développements :

  1. Les Russes, qui comptaient pour 53% de la population en 1926 ont fourni 90% de l’accroissement de la population en URSS entre 1926 et 1939 !
  2. Les Ukrainiens ruraux ont connu une décroissance de 10% !
  3. Les Juifs urbains se sont accru à un rythme qui dépasse celui des Russes Blancs aux familles nombreuses et qui était presque égal à celui des Allemands ruraux !

Une comparaison entre les données de 1926 et 1939 ne peut donc nous donner aucune information fiable concernant l’indice de fertilité de cette minorité. De façon à évaluer avec plus de rigueur la fertilité de chaque groupe le professeur Lorimer a examiné le ratio enfants/femmes, c’est à dire le nombre d’enfants de 0 à 4 ans par 1,000 femmes âgées de 20 à 44 ans. Pour l’année 1926 il trouvait les ratios suivants:[36]

Requis pour des remplacements permanents de population

500

Russes Européens

844

Russes

832

Ukrainiens

871

Russes Blancs

966

Juifs

509 (!)

Allemands

933

Ces indices de fertilité contrastent fortement avec les changements rapportés parmi les groupes ethniques.

Même en supposant que les collectivisations forcées à la fin des années 1920 et au début des années 1930 ont causé des pertes beaucoup plus lourdes chez les Ukrainiens que chez les autres peuples de l’Union Soviétique, les résultats du recensement de 1939 ne peuvent s’expliquer que par un changement de définition appliqué aux différents groupes ethniques. La fertilité des Russes était moins élevée que celle observée dans la partie européenne de ce pays et encore plus important les naissances chez les juifs ne leur permettaient que de maintenir leur nombre. Le professeur Lorimer note : " L’indice de fertilité le plus bas se manifeste chez les juifs, un groupe très urbanisé et instruit…Il semble que les juifs atteignent à peine le seuil de renouvellement. "[37] Ceci était donc déjà un fait en 1926 !

Il est impossible que le taux de fertilité des juifs se soit accru de façon notable dans les douze années qui ont suivi puisque l’état soviétique a mis en place un programme d’industrialisation massive qui a engendré une pénurie de logements dans les villes. De plus, les juifs ont continué d’émigrer au nord vers Leningrad, Moscou et d’autres villes d’URSS. La tendance prononcée vers des mariages mixtes entre juifs et non juifs a certainement fait descendre encore ce taux de fertilité.

Ceci n’est pas pour nier qu’il y ait eu 3 millions de juifs en URSS en 1939. Etant donné l’aspiration de plusieurs à s’assimiler, il est probable que le recensement de 1939 ne comptait pas des milliers d’entre eux. Cependant, le professeur Lorimer montre que les chiffres tels que publiés en 1926 sous-évaluaient la population juive puisque cet accroissement de 1% par an jusqu’à 1939 est impossible et que cette population de 3 millions d’individus stagnait vraisemblablement à l’approche de la guerre.

Sur les 2.7 millions de juifs comptés par le recensement de 1926 1,981,487 vivaient en Ukraine et en Russie Blanche.[38] En 1939 seuls 1,907,951 juifs étaient comptés dans ces régions.[39] Mais comme nous l’avons vu et le verront d’avantage le recensement de 1926 avait sous-estimé le nombre de juifs par 300,000 environ, soit 11%. Si cette sous-estimation était distribuée également dans les différentes régions, il est possible que l’Ukraine et la Russie Blanche comptaient réellement 2.2 millions de juifs en 1926 plutôt que les 1.98 millions publiés. Par rapport à 1939 nous aurions une réduction de 300,000 ou 25,000 par an.

En supposant que cette hypothèse de sous-estimation de 1926 soit valide, le Nord et l’Est du territoire soviétique, qui jusqu’au moment de la grande guerre ne comptaient que peu de juifs, ont donc dû recevoir plusieurs immigrants du sud (300,000 ?) et 1.1 millions de juifs devaient normalement y vivre, surtout dans des villes comme Moscou et Leningrad. Cette migration des juifs peut être démontrée à l’aide d’autres données disponibles : [40]

 

Population juive à


Année

Leningrad

Moscou

1920

25.453

28.000

1923

52.373

86.000

1926

84.505

131.000

1940

200.000

400.000 (450.000)[41]


De toute évidence entre les deux guerres mondiales un tiers des juifs soviétiques ont quitté le Sud et l’Ouest où la plupart se trouvaient au départ et ont émigré vers le Nord et l’Est du pays qui étaient moins antisémites.

L’Universal tient lui aussi compte de cette énorme migration hors de l’Ukraine et de la Russie Blanche vers le nord et l’est (incluant la Sibérie) dans ses calculs sur la distribution de la population juive en URSS ; l’Universal calcule qu’en 1939 seulement l’Ukraine et la Russie Blanche ont perdu 33,000 juifs au profit des régions situées à l’est et au nord.[42] La source sur laquelle se base l’Universal pour faire cette estimation n’est pas connue et en étant conservateur on peut dire que le mouvement de migration ne s’est pas accéléré. Donc si on assume que cette tendance qui existait avant 1939 s’est maintenue jusqu’au milieu de 1941 ceci représenterait un déficit migratoire pour ces deux républiques de 63,000 juifs. La population juive de ces zones soviétiques (nord et est) qui n’ont jamais été occupées par les l’armées allemandes se serait donc accrue d’un autre 63,000 juifs suite aux migrations en provenance du sud et de l’ouest.

Selon les sources sionistes, le 17 janvier 1939 2,092,951 juifs vivaient dans ces régions qui furent occupées plus tard par l’armée allemande.[43] Ces régions incluent surtout l’Ukraine et la Russie Blanche.

Dans les territoires " libres ", i.e. ceux que les Allemands n’ont jamais atteint, vivaient 927,190 juifs au moment du dernier recensement. Si nous procédons maintenant à cet ajustement concernant la migration de 63,000 juifs après janvier 1939 et avant juin 1941 alors la distribution des juifs soviétiques " de souche " ressemble à ceci :

Territoires jamais occupés par l’Allemagne

990.000

Territoires occupés par l’Allemagne à
un moment ou l’autre

2.030.000


"Anciens" juifs soviétiques en juin 1941

3.020.000


En ajoutant maintenant les juifs nouvellement passés sous contrôle soviétique, il y avait 5,337,000 juifs dans la sphère d’influence de Staline au déclenchement de la guerre :

Juifs passés sous contrôle soviétique en 1939/1940

2.317.000

Anciens juifs d’URSS

3.020.000


Juifs vivant dans la zone soviétique en 1941

5.337.000


Ces chiffres recoupent ceux de l’Universal qui dit que l’Union Soviétique comptait 5.5 millions de juifs au 22 juin 1941 suite aux annexions de territoires voisins qui s’étaient déroulées.[44] Le American Jewish Year Book (Year Book) pense même que cette estimation de 5.5 millions est " conservatrice ".[45]

Maintenant, si des sources sionistes réputées placent le nombre de juifs vivant en Union Soviétique à 5.5 millions au déclenchement de la guerre – de toute évidence un tel chiffre inclut ceux qui n’ont pas survécu aux déportations brutales de 1940 – alors elles nous fournissent une indication sur le nombre de juifs polonais qui sont tombés entre les mains des nazis. En annexant les états baltes l’URSS a acquis 225,000 juifs –au plus - et la même chose peut être dite des régions roumaines annexées où 225,000 juifs se trouvaient. Si nous ajoutons les "anciens " juifs soviétiques, soit 3.02 millions et soustrayons le tout du chiffre de 5.5 millions, le nombre résultant (deux millions) devrait correspondre avec le nombre de juifs passés sous contrôle soviétique en Pologne. Ce chiffre excède par 100,000 le chiffre auquel nous étions arrivés lors de l’analyse préliminaire ce qui montre que les estimés donnés étaient conservateurs.

Puisque pas plus de 2.75 millions de juifs ne vivaient en Pologne au début de la seconde guerre mondiale, il est impossible que plus de 750,000 juifs polonais soient tombés entre les mains des Allemands (avant 1941). Le tableau qui suit donne un récapitulatif de la situation à l’été 1941:

Pologne (août 1939)

 

2.664.000

Union Soviétique (1939)

 

3.020.000

Etats baltes (1940)

 

225.000

Bessarabie et Bukovine du Nord (1940)

 

225.000


 

Total

 

6.134.000

Déduction:

 

 

 

Juifs polonais tués au combat

31.000

 

 

Juifs polonais réfugiés au Nord de la Transylvanie

9.000

 

 

Juifs polonais sous juridiction allemande

757.000

797.000


Juifs sous domination soviétiques (1939/1940)

 

5.337.000

Déduction:

 

 

 

Pertes juives lors des déportations de 1940 en Sibérie.

 

150.000


Juifs sous domination soviétique (1940) maxim.

 

5.187.000

Déduction:

 

 

 

Juifs polonais réfugiés en Sibérie

600.00

 

 

"Anciens" juifs soviétiques dans la partie qui n’a jamais été conquise par l’armée allemande:

990.000


 

Juifs vivant en 1940 dans la zone qui n’a jamais été conquise par l’Allemagne plus tard

 

1.590.000


Juifs de la zone russe qui seraient subséquemment passés sous contrôle allemand

 

3.597.000




NOTES

  1. Universal Jewish Encyclopedia, Vol. 8, p. 577
  2. American Jewish Year Book (AJYB), New York, 1946, Vol. 48, p. 324
  3. Fischer, Dr. Ludwig and Dr. Friedrich Gollert, Warschau unter deutsher Herrschaft, Cracovie, 1942, p. 186
  4. Encyclopaedia Judaica, Vol. 15, p. 1214
  5. La population juive de la zone située entre la Vistule et la riovière Bug c’est à dire la zone de laquelle les soviétiques se sont retirés après le 9/28/1939 comptait 386,600 juifs le 12/9/1931 selon les Bundesarchiv de Koblenz, Bestand R 153, Aktenband 287 : Die Bevolkerung des ehemaligen polnischen Staatsgebiets westlich der Grenzlinie vom 28.9.1939 nach dem Bekenntnis auf Grund der polnischen Volkszahlunhg von 1931 tout comme Die Bevolkerung des polnischen Staatsgebiets westlich der Demarkationslienie vom 2.9.1939 nach dem Bekenntnis auf Grund der polnischen Volkszahlung von 1931.
  6. International WHO’S WHO (The). London, 43 rd Edition, 1979, p. 93
  7. Rassinier, Paul Zum Fall Eichmann : Was ist Wahrheit ?, Leoni, 1963, p. 99
  8. Encyclopaedia Judaica, Vol. 11, p. 184
  9. -, Vol. 16, p. 201
  10. -, Vol 11, p. 589
  11. -,Vol 13, p. 543
  12. -,Vol 14, p. 357
  13. Agression, House of Representatives, 83 rd Congress, New York, September 22 and 23, 1954, p. 40
  14. ibid, p. 46 et 47
  15. ibid., p. 61
  16. ibid., p. 25
  17. Haganov, Gédéon, Le Communisme et Les " Juifs ", Supplément de CONTACT, Paris, mai 1951, p. 9-15 ; voir aussi Aronson, Gregor. Soviet Russia and The Jews, New York, 1949, p. 12
  18. Pechenick, Rabbi Aaron. Zionism And Judaism In Soviet-Russia, New York, p. 60
  19. Universal Jewish Encyclopedia, Vol. 6, p. 176
  20. Aronson, Soviet Russia and The Jews, p. 12
  21. Zoller, Henti. " Dunkelheit umgibt uns ", Der Spiegel, No. 20, 5/11/1981, p. 31
  22. Krakauer Zeitung, Krakau, " Noch 1 Million Belgier in Frankreich ", No. 195, 8/18-19/1940, p. 4
  23. Universal Jewish Encyclopedia, Vol. 6, p. 175
  24. Krakauer Zeitung, " Goralen in die Tucheler Heide verschoben ", No. 157, 7/5/1940, p. 5
  25. Krakauer Zeitung, Kovno (Kaunas)/Lithuania, " Die Bevölkerung des General Gouvernements ", no 42, 2/19/1942, p. 7
  26. Die Belvölkerung des polnischen Staatsgebiets westlich der Demarkationslinie vom 21.9.1939 nach dem Bekenntnis auf Grund der polnischen Volkszahlung von 1931, Bundesarchiv à Koblenz : Bestand R 153/287
  27. Krakauer Zeitung, " Kein Jude in Rumäniens Einheitspartei, ", No. 152, 6/29/1941, p. 3
  28. Kauener Zeitung, " Die jü dische Pest in Frankreich ," No. 120, 5/23/1942, p. 3
  29. Reitlinger, Final Solution, p. 498
  30. AJYB, 1940, Vol. 42, p. 602
  31. -, 1941, Vol. 43, p. 330
  32. Ruppin Arthur, The Jews in Modern World, London, 1934, p. 26 et 27
  33. AJYB, 1944, Vol. 46, p. 501
  34. Lorimer, Dr. Frank, The Population of the Soviet Union : History and Prospects, Geneve (Ligue des Nations), 1946, p. 138
  35. Le Dr Lorimer mentionne une population juive de 2,672,499 ; cet estimé est de 6,742 inférieur à ce que les sources sionistes mentionnent habituellement
  36. Lorimer, Population of the Soviet Union, p. 95 et 96
  37. ibid., p. 94 et 97
  38. AJYB, 1939, Vol. 41, p. 588
  39. Universal Jewish Encyclopedia, Vol. 10, p. 24
  40. Encyclopaedia Judaica, Vol. 11, p. 17 et Vol. 12 p. 365
  41. Kauener Zeitung, " Juden-Metropole Moskau, ", No. 130, 6/4/1943, p. 2, mentionne la même statistique pour les années 1920,1923 et 1926, mais aucune pour 1940. Par contre, ce journal dit que les statistiques les plus récement publiées donnent plus de 450,000 juifs habitant Moscou en 1937.
  42. Universal Jewish Encyclopedia, Vol. 10, p. 24
  43. Institute of Jewish Affairs. Hitler’s Ten Year War on the Jews, New York, 1943, p. 184
  44. Universal Jewish Encyclopedia, Vol. 9, p. 670
  45. AJYB, 1941, Vol. 43, p. 319

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