Enrique Aynat : Les « Protocoles d’Auschwitz » sont-ils une source historique digne de foi ?

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0 Introduction

0. 1 Définition, genèse et objet du travail

Ce qu’on appelle Protocoles d’Auschwitz sont des documents qui auraient été rédigés par cinq évadés des camps de concentration allemands d’Auschwitz et de Birkenau (Haute Silésie) et qui ont été diffusés dans plusieurs pays à partir du mois d’avril 1944. On y révèle, entre autres détails, que la grande majorité des juifs déportés dans ces camps ont été anéantis au moyen de chambres à gaz. Les Protocoles d’Auschwitz constituent le premier document à avoir un véritable retentissement international et à qualifier les camps de concentration d’Auschwitz et de Birkenau de « camps d’extermination ». Les Protocoles sont à l’origine de la version que nous connaissons aujourd’hui concernant les faits qui auraient eu lieu à Auschwitz et à Birkenau. La genèse du présent travail découle de la constatation que, malgré l’importance de ces documents et leur abondante utilisation par la littérature spécialisée, nul n’en a effectué une critique rigoureuse et systématique. C’est la raison pour laquelle, tout en tenant compte qu’« un témoignage n’est considéré comme historiquement vrai que lorsqu’il a été passé au crible de la critique historique » [1], nous avons entrepris ce travail afin de vérifier si les Protocoles d’Auschwitz résistent à cette critique et peuvent être acceptés comme une source historique digne de foi.

0. 2 Historique de la question

0. 2. 1 Évolution dans l’étude du sujet

Nous énumérons ci-dessous, dans l’ordre chronologique, les principaux travaux qui ont étudié les Protocoles d’Auschwitz :

1968. Erich KULKA, « Five Escapes from Auschwitz », dans : They Fought Back. The Story of the Jewish Resistance in Nazi Europe, Yuri Suhl, Londres, 1968, p. 222-245.
Ce chapitre fait partie d’un ouvrage collectif destiné à mettre en relief l’importance de la résistance juive pendant la seconde guerre mondiale. Le travail de Kulka aborde en détail l’évasion d’Auschwitz des auteurs des Protocoles, la rédaction de ceux-ci et leur diffusion ultérieure. Selon Kulka, les Protocoles informèrent les Alliés sur ce qui était en train de se passer à Auschwitz et fournirent ainsi l’occasion – qui ne fut pas saisie – de réaliser une action efficace pour mettre un terme à l’extermination des juifs.
1968-1969. Erich KULKA, « Auschwitz Condoned. The Abortive Struggle Against the Final Solution », The Wiener Library Bulletin, vol. XXII, 1968-1969, p. 2-5.
Court article où l’auteur met l’accent sur la passivité du Vatican et des Alliés à propos du sort des juifs à Auschwitz, bien qu’ils connaissaient la vérité, révélée par les Protocoles, sur ce qui se passait dans ce camp de concentration. Pour Kulka, ces Protocoles sont le fruit d’une action entreprise par la résistance juive de Birkenau. Kulka se fixe comme objectif de suivre les pas des auteurs des Protocoles, « en les dépouillant de leur anonymat, de leur inexactitude et de leur aura de légende, et en établissant la vérité historique à propos d’un des plus grands et plus importants exploits de la résistance juive à Auschwitz » (p. 2).
1976. Arthur R. BUTZ, The Hoax of the Twentieth Century, Historical Review Press, Chapel Ascote, 1976. Nous avons utilisé l’édition américaine de 1993 de l’Institute for Historical Review (Newport Beach).
Ouvrage d’ensemble où sont étudiés de façon critique les aspects essentiels de la thèse officielle sur le traitement réservé aux juifs pendant la seconde guerre mondiale. L’opinion de l’auteur est que les « juifs d’Europe n’ont pas été exterminés et [qu’] il n’y a pas eu de tentative de la part des Allemands de les exterminer » (p. 239). Au chapitre III (p. 89-99), Butz expose brièvement le contenu des Protocoles et considère que ces derniers sont « un mélange de vérité, de conjectures (guess-work) et d’invention » (p. 92). Butz souligne la tardive apparition des auteurs des documents, qui restèrent dans l’anonymat jusque dans les années soixante, et conclut en affirmant que les Protocoles sont « apocryphes » (spurious) (p. 99).
1979. John S. CONWAY, « Frühe Augenzeugenberichte aus Auschwitz. Glaubwürdigkeit und Wirkungsgeschichte », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte [Munich], 27e année, n° 2, 1979, p. 260-284.
Réaction contre l’ouvrage de Butz et contre l’historien britannique David Irving. Conway fait observer que les « arguments de Butz sont trompeurs et peuvent être rejetés comme une polémique tendancieuse » (p. 266). L’article de Conway s’étend sur l’origine, le contenu et l’évolution ultérieure des Protocoles. Pour Conway, les Protocoles sont une source historique authentique et véridique : les témoignages « ont non seulement de la valeur en tant que premiers récits de témoins oculaires de situations à propos desquelles on a obtenu des faits abondants qui les confirment, mais également en tant que récits de témoins oculaires dans lesquels on ne peut déceler aucune inexactitude (keine Umgenauigkeit nachgewiesen werden konnte) grâce aux informations ultérieures auxquelles on a eu accès » (p. 273). Selon Conway, le scepticisme dont font preuve certains chercheurs à l’égard des Protocoles est dû au fait qu’ « ils écrivent avec la sérénité de la distance spatiale et temporelle et ont souvent tendance à oublier les conditions dans lesquelles ces récits ont pris naissance », et c’est la raison pour laquelle les « quasi inévitables contradictions de détail […] donnent au critique sceptique l’occasion d’exercer son talent au soupçon » (p. 283)
1979. Wilhelm STÄGLICH, Der Auschwitz Mythos. Legende oder Wirklichkeit ?, Grabert Verlag, Tübingen, 1979. Nous avons utilisé la traduction et adaptation française, Le Mythe d’Auschwitz. Étude critique, La Vieille Taupe, Paris, 1986.
Selon les termes de son auteur, cet ouvrage veut « exposer, contrôler et vérifier d’après des critères objectifs les preuves présentées en faveur de la prétendue "usine de mort d’Auschwitz" » (p. 9). Sans en effectuer une étude détaillée, Stäglich s’occupe des Protocoles (p.122-129), indiquant qu’ils renferment « tant d’inexactitudes qu’on est en droit de se demander si les auteurs de ces récits ont réellement vécu à Auschwitz ou à Birkenau » (p. 125). Les Protocoles, d’après cet auteur, ne livrent que « des éléments fragmentaires et en aucune manière une image globale » (p. 129), et c’est la raison pour laquelle ils n’apportent aucun élément de preuve. L’opinion de Stäglich est totalement négative puisqu’il conclut que les Protocoles d’Auschwitz révèlent clairement « l’historique de la légende des chambres à gaz » (p. 129).
1981. Randolph L. BRAHAM, The Politics of Genocide. The Holocaust in Hungary, Columbia University Press, New York, 1981.
Cet ouvrage volumineux contient plusieurs pages sur les Protocoles d’Auschwitz (p. 708-716) qui sont étudiés plus spécialement en rapport avec le destin des juifs hongrois, qui est le sujet du livre.
Selon Braham, les récits des cinq évadés devaient mettre un terme à tous les doutes sur ce qui était en train de se passer à Auschwitz. À la différence d’autres évasions précédentes, les auteurs des protocoles s’enfuirent non seulement afin de sauver leurs vies mais également, et surtout, dans l’intention d’« informer le monde sur ce qui était en train de se passer et d’avertir les communautés juives, en particulier la communauté hongroise, du désastre imminent » (p. 709). Néanmoins, Braham remarque que les Protocoles, malgré leur importance, furent ignorés par les dirigeants de la communauté juive hongroise.
1981. Martin GILBERT, Auschwitz and the Allies. The Politics of Rescue, Michael Joseph and George Rainbird, s.l., 1981. Nous avons utilisé l’édition anglaise d’Arrow (Londres, 1984).
Cet ouvrage étudie les récits sur les atrocités nazies parvenus durant la guerre dans les pays alliés et la façon dont ceux-ci réagirent. Parmi ces récits, Gilbert met l’accent sur les Protocoles d’Auschwitz, auxquels il consacre une attention toute spéciale. Selon Gilbert, l’importance des Protocoles réside dans le fait qu’ils furent la source qui « transforma la connaissance qu’avaient les Alliés de la brutalité nazie » (p. 231). Après une série de rumeurs auxquelles on n’accorda généralement pas crédit, la diffusion des Protocoles permit de faire connaître au monde ce qui se passait à Auschwitz : « La réalité d’Auschwitz-Birkenau était enfin claire pour le monde extérieur [...]. Le camp qui, croyait-on jusqu’alors, était l’un des nombreux camps de travail en Haute Silésie, se révéla être le plus grand centre de tuerie d’Europe » (p. 233). Gilbert aborde en détail la genèse des Protocoles, depuis l’évasion d’Auschwitz de ses auteurs jusqu’à la rédaction des documents. Il étudie également leur diffusion ultérieure dans les pays alliés et neutres.
1984. Martin GILBERT, « The Question of Bombing Auschwitz », dans : Yad Vashem Fourth Historical Conference 1980 [Jérusalem], 1984, p. 417-473.
Dans ce travail Gilbert traite des pressions qu’exerça sans succès un organisme officiel américain, le War Refugee Board [2], pour que l’on bombarde Auschwitz sur la base des révélations contenues dans les Protocoles.
1984. Erich KULKA, « Escapes of Jewish Prisoners from Auschwitz-Birkenau and their Attempts to Stop the Mass Extermination », dans : Yad Vashem Fourth Historical Conference 1980 [Jérusalem], 1984, p. 401-415.
Dans ce travail Kulka passe en revue les évasions de juifs d’Auschwitz-Birkenau, en s’arrêtant tout particulièrement sur celles des auteurs présumés des Protocoles d’Auschwitz. Kulka observe qu’il existe néanmoins dans les Protocoles des aspects qui ne sont pas suffisamment éclaircis, comme la façon dont les documents ont été envoyés à différents pays, quand et par qui ils ont été reçus et pourquoi la réaction se produisit avec retard. Pour Kulka, les témoignages des évadés contribuèrent au sauvetage d’une partie de la communauté juive hongroise et doivent être considérés comme « l’exploit le plus remarquable de la résistance juive à Auschwitz-Birkenau » (p. 415).
1988. Arieh BEN-TOV, Facing the Holocaust in Budapest. The International Committee of the Red Cross and the Jews in Hungary, 1943-1945, Henry Dunant Institute-Martinus Nijhoff, Dordrecht, 1988.
Le livre traite des activités du Comité International de la Croix-Rouge concernant les juifs de Hongrie dans la seconde moitié de la guerre. Un passage (p. 158-166) est consacré aux Protocoles d’Auschwitz.
Selon l’opinion de Ben-Tov les Protocoles provoquèrent un « tournant » (turning point) dans les activités des gouvernements, dans les politiques et dans les institutions sociales. D’après cet auteur, les Protocoles eurent une importance décisive, surtout pour le sort des juifs hongrois. Ben-Tov soutient que ces documents furent le facteur déterminant dans la décision de l’amiral Horthy, régent de Hongrie, de cesser les déportations de juifs.
[Addition de 1998.
1989. Jean-Claude PRESSAC, Auschwitz : Technique and Operation of the Gas Chambers, The Beate Klarsfeld Foundation, New York, 1989.
Il consacre un chapitre du livre – « Critical study of the "War Refugee Board" report of November 1944 on KL Auschwitz-Birkenau » – aux Protocoles (p. 459-468). Pressac prétend que « ce témoignage primitif, assez douteux, voire tout à fait faux sur certains points, a le mérite de décrire exactement le processus de gazage dans les Krematorien de type II/III à partir de la mi-mars 1943 ». Pressac ajoute que « les contradictions [que contient ce témoignage] confirment son authenticité » (p. 464)[3].
1990. Robert ROZETT, « Auschwitz Protocols », dans : Encyclopedia of the Holocaust [New York-Londres], vol. 1, 1990, p. 121-122.
Il s’agit d’un court article sur la création et la diffusion des Protocoles. L’auteur conclut en disant qu’ « [a]vec la réception des Protocoles à l’Ouest et la dissémination des informations qu’ils renfermaient, le véritable but du camp d’extermination d’Auschwitz devint clair pour le monde libre » (p. 122).
1994. Miroslav KARNY, « The Vrba and Wetzler Report », dans : Anatomy of the Auschwitz Death Camp [Washington, etc.], 1994, p. 553-568.
L’auteur tchèque M. Karny étudie dans ce travail des questions relatives à l’un des Protocoles. Karny insiste pour attribuer un caractère collectif aux auteurs du texte : bien que les deux évadés d’Auschwitz aient été les auteurs matériels du document, « plusieurs douzaines de prisonniers d’Auschwitz qui, en prenant de grands risques, ont collecté des informations ultra-secrètes sur les crématoires du camp », ont contribué à son élaboration. Le rapport « n’aurait pu être écrit sans cette aide » (p. 554). Selon Karny, le document n’est pas remarquable en ce qu’il dévoile les massacres de juifs pratiqués par les nazis, chose qui était déjà connue dans le monde entier et avait été vérifiée à de multiples occasions. Le document est unique parce qu’il décrit « le mécanisme de l’extermination utilisée à Auschwitz-Birkenau avec des précisions implacables », parce qu’il dévoile « les méthodes des Allemands pour le massacre industrialisé » et parce qu’il explique « avec la clarté du témoin oculaire le mystère technique sur la manière dont il a été possible d’anéantir des millions de gens » (p. 554).]

0. 2. 2 État critique de la question

Pour les auteurs mentionnés ci-dessus, à l’exception de Butz et de Stäglich, les Protocoles d’Auschwitz sont des documents authentiques qui ont été rédigés par cinq évadés d’Auschwitz-Birkenau et qui contiennent des faits véridiques. Aucun de ces auteurs n’exprime le moindre doute quant à l’authenticité et à la véracité des documents. Pour eux, les Protocoles révélèrent les massacres de juifs perpétrés à Auschwitz et ignorés jusqu’alors par les puissances alliées et neutres. L’un de ces auteurs, Erich Kulka, prétend que les Protocoles ont été le fruit d’une action délibérée de la résistance juive pour porter à la connaissance du monde ce qui se passait à Auschwitz et pour avertir la communauté juive hongroise du sort qui l’attendait. Malgré cet effort, ces auteurs doivent reconnaître l’incrédulité générale qu’ils suscitèrent et l’échec dans la réalisation des objectifs qu’ils se fixaient : les Alliés ne bombardèrent pas les chambres à gaz d’Auschwitz et les dirigeants juifs hongrois n’alertèrent même pas leur propre communauté du destin qui était censé l’attendre à Auschwitz.
Pour Butz et Stäglich, en revanche, les Protocoles d’Auschwitz ne méritent pas qu’on leur accorde crédit. Les inexactitudes, les contradictions et les absurdités qu’ils contiennent sont si nombreuses, affirment-ils, qu’ils ne peuvent être pris en considération en tant que source historique.
Ni Kulka, ni Conway, ni Braham, ni Gilbert, ni Ben-Tov [addition de 1998 : , ni Pressac, ni Rozett, ni Karny] n’ont appliqué à ces documents la méthode critique, négligeant ainsi la tâche essentielle de tout historien. En ce qui concerne Butz et Stäglich, leurs ouvrages ne traitent que brièvement des Protocoles et eux non plus n’ont pas procédé à un véritable travail de critique. Ces deux auteurs se sont bornés à mettre l’accent sur les aspects plus particulièrement absurdes ou contradictoires.
En définitive, nous sommes confrontés au fait que, jusqu’à présent, les Protocoles d’Auschwitz n’ont pas été soumis à une étude réalisée selon les méthodes de routine de la critique et de la recherche historiques. Combler cette lacune est le but que nous nous sommes fixé dans la présente étude.

0. 3 Méthode suivie dans l’élaboration du travail

Afin de vérifier si les Protocoles d’Auschwitz peuvent être considérés comme une source historique digne de foi, nous avons suivi la méthode de travail suivante.
Nous avons procédé en premier lieu à la localisation dans différentes archives des documents qui contiennent les textes des Protocoles.
En second lieu – et étant donné qu’il existe plusieurs textes et en plusieurs langues – nous nous sommes mis à les comparer afin de déterminer le meilleur texte possible (archétype).
En troisième lieu – et en prenant comme base l’archétype –, nous avons entrepris le travail proprement critique. Grâce à la critique de provenance nous avons tenté d’obtenir des réponses aux questions suivantes : qui a rédigé les textes ? quand ? où ? comment ? par quels canaux ont-ils été diffusés ? Nous avons confronté plus loin les textes entre eux et nous avons examiné leur contenu afin de déterminer ceux que l’on peut accepter comme véridiques et ceux qu’il faut rejeter comme incohérents ou absurdes et si, dans l’ensemble, ils sont véridiques et méritent qu’on y ajoute foi.
Nous avons ensuite comparé les différentes déclarations faites par deux des auteurs présumés des Protocoles afin d’établir le crédit que méritent ces auteurs présumés.
Après cela, nous avons entrepris de confronter les révélations contenues dans les Protocoles avec celles d’autres documents indépendants et contemporains.
Pour finir, nous avons exposé les conclusions auxquelles nous sommes parvenu au terme de nos recherches.


Notes

[1] Pierre SALMON, Histoire et critique, Éditions de l’Université de Bruxelles, Bruxelles, 1990, p. 49.  
[2] Office des Réfugiés de Guerre. Organisme créé en janvier 1944 par le président Roosevelt et qui avait pour but de « prévenir le plan des nazis en vue d’exterminer tous les juifs et d’autres minorités en Europe » (to forestall the plan of the Nazis to exterminate all Jews and other minorities in Europe). Voir Martin GILBERT, Auschwitz and the Allies. The Politics of Rescue, Arrow, Londres, 1984, p. 172.  
[3] [L’auteur italien Carlo MATTOGNO a répondu à Pressac dans : « Jean-Claude Pressac and the War Refugee Board Report », The Journal of Historical Review [Torrance], vol. 10, n° 4, hiver 1990-1991, p. 461-485.]

 


Source: Akribeia, n° 3, octobre 1998, p. 5-208


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