AAARGH
La Révolution d’Octobre commence en novembre ! 2
11 novembre 2009
Le précédent texte, intitulé La Révolution d’Octobre se termine par l’évocation de plusieurs « miracles », parmi lesquels, évoqué en premier, la mort dans la nuit du 22 au 23 octobre, du professeur Pierre Chaunu, personnalité bien connue à Caen, tout comme le Professeur de Boüard.

Michel de Boüard avec Pierre Chaunu, autre grande figure de la recherche historique
à Caen, lors de la remise de la croix de Commandeur de la légion d’Honneur
en décembre 1983
(Photo et légende extraite de la plaquette du Musée de Normandie)
Bien évidemment cette « manière de parler » fautive est venue sous ma plume du fait de la concomitance de ce décès, avec l’ouverture, le 23 Octobre, du colloque consacré à la glorification de l’historien Michel de Boüard par l’Université de Caen, qui avait déjà donné le nom de Michel de Boüard au Grand Amphi ; cependant que la municipalité avait consacré à sa mémoire une place de la ville, et que se sont déroulées diverses cérémonies en Normandie, à Epron et ailleurs.
Face à l’irruption publique du révisionnisme, en septembre 78, ces deux historiens universitaires eurent en effet des réactions et des comportements très différents.
Mais avant d’analyser ces comportements je tiens à préciser que je ne me réjouis jamais de la mort de personne, fût-ce de mes ennemis. Je pense tout au contraire que la mort doit toujours entraîner la cessation des hostilités, sans aucune exception. Et que l’on doit se l’imposer absolument, comme un acquit de civilisation !
Cette réflexion m’était venue en 1985, lorsque j’avais été révolté et indigné par la campagne médiatique (parfaitement codée et téléguidée) qui s’était déclenchée lors de la visite d’un quelconque Président des États-Unis en compagnie du Chancelier Kohl, au cimetière militaire de Kolmeshöhe à Bitburg. Reposaient là des soldats tués au cours de la deuxième guerre mondiale, des soldats américains, des soldats allemands et des civils de la ville, rasée à 85% par les bombardements le 24 décembre 1944 et déclarée « ville morte » par les Américains... Cette visite était programmée après la visite du camp d’Auschwitz, et voulait seulement signifier que la guerre était terminée, et que le temps était peut-être venu de laisser les morts enterrer les morts.
Mais 48 de ces morts, parmi des milliers d’autres, avaient été des Waffen-SS de leur vivant ! Et cela avait suffi pour permettre de déclencher une polémique abjecte et des controverses répugnantes conformes au manichéisme obligé[1]. Au point que je m’étais dit, à l’époque que la culture catholique traditionnelle présentait au moins l’avantage d’interdire ce genre de débordement hystérique. C’est devant Dieu que les morts ont éventuellement à rendre des comptes. Ce qui impose aux vivants de ne pas se substituer au jugement de Dieu et de respecter la dépouille de l’ennemi. Il est vrai que les chrétiens n’ont pas toujours respectés leur propre doctrine religieuse, mais la comédie médiatique qui eut lieu en 1985, n’aurait tout simplement pas été possible quarante, trente, ou vingt ans plutôt, quand le christianisme était encore vivant. L’existence même de ce cimetière militaire où avaient été ensevelis ensemble les uns et les autres sans que cela ne pose de problème à quiconque, avant que ne se réveillent, en 1985, ces haines et doctrines vétérotestamentaires.
Fin d’une introduction un peu longue pour m’excuser d’avoir parlé de « miracle » à l’occasion de la mort de Pierre Chaunu, même si, dans la situation un peu particulière où je me trouve, sa disparition le jour où s’ouvrait à l’Université de Caen le premier colloque officiel consacré à un historien révisionniste, semblait bien « faire sens ». Comme on dit maintenant. Ou pouvait faire sens. Et même faisait sens, qu’on le veuille ou non ! Mais cette introduction m’aura au moins permis de dire des choses qui méritaient d’être dites, et que je n’avais jamais eu l’occasion de dire depuis 1985.
Pierre Chaunu était Professeur à la Sorbonne. Éditorialiste à Radio Courtoisie, proche[2] du Front National, et Protestant. Précisément parce qu’il était « de droite » et qu’il pouvait craindre la cabale s’il avait fait mine de résister aux exigences de Pierre Vidal-Naquet, il avait capitulé en rase campagne, et abandonné tout esprit critique, en consentant à souscrire la célèbre déclaration par laquelle 34 historiens renonçaient aux exigences de leur métier (Le Monde du 21 février 1979) et proclamait leur foi.
Cette déclaration invraisemblable mérite que l’on s’y arrête :
« Chacun est libre d’interpréter un phénomène comme le génocide hitlérien selon la philosophie qui est la sienne[3]. Chacun est libre[4] de la confronter ou de ne pas le confronter avec d’autres entreprises de meurtre, antérieures, contemporaines, postérieures[5]. Chacun est libre[6], à la limite d’imaginer ou de rêver que ces faits monstrueux n’ont pas eu lieu. Ils ont malheureusement eu lieu[7] et personne ne peut en nier l’existence[8] sans outrager la vérité[9]. Il ne faut pas se demander comment[10], techniquement[11], un tel meurtre de masse a été possible[12]. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu[13]. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique[14] sur ce sujet. Cette vérités, il nous appartenait de la rappeler simplement : il n’y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz[15] ».
La souscription initiale de ce monument de la pensée moderne a dû quelque peu inhiber l’évolution ultérieure, au moins publique, du Professeur Chaunu.
J’avais eu la surprise de le rencontrer dans la rue à Caen, ou je m’étais rendu, en compagnie du futur traître Michel Gandilhon©, au procès de Vincent Reynouard, et j’avais engagé la conversation avec lui, dans la rue. J’avais eu la surprise de découvrir qu’il était beaucoup plus partagé et hésitant que ses déclarations publiques ne le laissaient supposer ! Mais passons. J’ai aussi appris plus tard que des membres de sa famille seraient Juifs ou assimilés. Des gendres ou des belles-filles, je ne sais plus ; et je ne sais même pas si c’est vrai. Peu importe. Toujours est-il qu’il m’a paru surtout désireux que le conflit n’existe pas, et encore plus désireux de ne pas en être éclaboussé, que convaincu par une thèse ou l’autre ! Mais son hostilité envers ceux qui avaient contribué à poser la question qu’il ne fallait pas poser était indéniable. On allait d’ailleurs pouvoir la vérifier.

Ce jour-là la Vieille Taupe avait diffusé dans Caen plusieurs tracts, conçus pour respecter la loi, évidemment. Donc datés et signés : « Éditions La Vieille Taupe, 12 rue d’Ulm, 75005 Paris. Parmi ces tracts, un quatre pages intitulé « Le Doyen Michel de Boüard et les chambres à gaz homicides » qui comportait un article d’Henri Roques tiré de la Revue d’Histoire Révisionniste n°2, et, déjà, à titre de documents, les lettres in extenso que Roques avait citées partiellement dans son article, pour que chacun puisse vérifier qu’il n’y avait, de la part des « révisionnistes », ni manipulation, ni sollicitations.
Les trois membres du Sonderkommando de la Vieille Taupe se sont faits arrêter à la sortie du tribunal de Caen. Pour ma part j’ai refusé de Kollaborer à ma propre arrestation, c’est-à-dire de marcher. Je me suis laissé tomber sur les marches du Palais, totalement inerte et mou. Il a fallu quatre policiers pour m’embarquer (1 pour chaque membre). Bocage, qui avait pris en main la Revue d’Histoire Révisionniste à l’époque (Excellente revue, à ne pas confondre avec les Annales…) jugea (et le fit savoir) que mon comportement manquait de dignité et de fermeté. Nous n’avions décidément pas les mêmes valeurs.
Au terme d’une garde-à-vue et d’un interrogatoire illégaux[16], nous découvrîmes que les services Caennais avaient été informés de notre venue et de l’heure de départ de Paris exacte du Sonderkommando. C’est finalement très rassurant de voir qu’alors que les intellectuels nous prennent pour des cons, il est quand même des gens qui s’intéressent à nous. Toujours est-il que les policiers Caennais purent saisir dans la voiture de fonction de la Vieille Taupe des tracts qu’il n’avait pas été possible de faire distribuer comme je l’aurais souhaité, n’importe où dans la ville, par les nombreux révisionnistes et « négationnistes » présents ce jour-là à Caen. Je fus finalement inculpé à Caen, pour le tract du quatre pages qui était très officiellement diffusé à la librairie, et avait fait l’objet de plusieurs distributions publiques à Paris, sans faire l’objet de la moindre inculpation !
Et le tribunal caennais parvint finalement à me condamner ! Il ne trouva rigoureusement rien à reprocher à l’article d’Henri Roques. Il ne trouva rien non plus donnant matière à condamnation dans les lettres signées Michel de Boüard. C’eût été un comble. Mais le tribunal parvint à me condamner pour l’encart que j’avais rédigé à la fin du tract :

Eh bien, le tribunal m’a condamné pour avoir mis des guillemets à vérité, et avoir fait suivre le mot outrageusement guillemetés des mots « prétendument établies au procès de Nuremberg » ! Ce qui constituerait selon ce tribunal une infraction à la loi Fabius-Gayssot.
Rappelons que le jugement non susceptible d’appel de ce « Tribunal » politique des vainqueurs attribuait généreusement et contre toute évidence à l’armée allemande le massacre des officiers polonais à Katyn. En écrivant cela je transgresse donc une fois de plus la loi Gayssot, et conteste une vérité pourtant établie au procès de Nuremberg[17]. Mais il faut bien le dire, sur le plan formel et juridique, le jugement du tribunal de Caen est inattaquable ! Avec mes guillemets et le mot « prétendument » je contestais bien la Vérité que la loi Gayssot avait instituée en dogme républicain. Gorbatchef, qui a reconnu la responsabilité de Staline dans le massacre de Katyn, viole aussi la loi Gayssot !
Mais je n’ai raconté toutes ces péripéties caennaises que pour indiquer le contexte de mes relations avec le Professeur Chaunu, que j’avais donc eu la surprise de rencontrer dans les environs du Palais de justice.
Car quelques jours avant avaient été remarquées par les service de Police, quelques affichettes fort bien faites émanant d’une prétendue « Agence Française de lutte contre le révisionnisme » qui détournaient en fait très exactement les affiches de l’Agence française de lutte contre le SIDA. Problème : Ces quelques affichettes étaient apparues à Caen avant l’arrivée du Sonderkommando de la Vieille Taupe. Au surplus, parmi les différents tracts, pas une affichette ne se trouvait dans ma voiture, qui avait été visitée pendant que nous nous trouvions au tribunal, puis officiellement perquisitionnée pendant la garde-à-vue. Pas moyen de me coller ces affichettes sur le dos. Elles commençaient à faire du bruit à Paris. C’est là qu’intervient l’historien Pierre Chaunu, non pour écrire l’histoire du passé, mais pour intervenir dans le présent (maintenant passé).
Ces affichettes portaient : « Info service tel :[censuré] 24h/24 Appel gratuit » en tout petit.
C’était le numéro de Chaunu, moins le préfixe. C’était une plaisanterie dans laquelle je portais une part de responsabilité. Bien que je n’aie pas été le producteur de ces affichettes, j’y avais participé un peu plus que ce que j’avais bien voulu avouer au tribunal[18], et comme en a témoigné le traître Gandilhon, lui aussi accusé, c’est bien moi qui avais eu cette idée et avais fourni le numéro. Mais c’est moi aussi qui avais fait supprimer le préfixe pour ne pas provoquer. Mon intention était simplement de laisser une trace de notre commisération envers cet « héroïque » universitaire, que je surnommais le Professeur Gras-double, et qui se vantait devant ses élèves, comme exemple de sa fermeté d’âme et de son courage, du fait qu’il ne manquait pas de cracher par terre chaque fois qu’il passait devant le lycée Carnot, pour dénoncer les excès de ce Conventionnel régicide, et plus généralement les excès de la Révolution française. Ah mais !
Mon intention initiale était simplement de lui téléphoner moi-même, en lui révélant sa présence invisible sur ces affichettes, comme étant un pilier du dispositif de lutte contre le révisionnisme. Ne contribuait-il pas à nous verrouiller l’accès à Radio Courtoisie, au FN, et à couvrir de son autorité les activités des censeurs dans ces milieux. Et n’avait-il pas multiplié des déclarations indigentes et perfides.
C’est là que les choses deviennent intéressantes.
Il se trouve que quand les chacals attachés aux basques de la Vieille Taupe eurent appris, par l’espionnage vétilleux dont nous étions l’objet que ce numéro était celui (partiel) de Chaunu, il firent pression sur lui pour qu’il porte plainte contre moi et la Vieille Taupe. Et Chaunu résista ! Mais il ne résista pas longtemps. Si bien que je n’exclus pas que les chacals susdits ne se soient livrés eux-mêmes à un début de harcèlement pour venir à bout de sa résistance. Finalement Chaunu menaça de porter plainte contre la Vieille Taupe, et se prétendit persécuté ! Puis je ne sais plus très bien ce qui s’est passé et ne suis pas d’humeur à faire des recherches dans mes archives (qui sont en grand désordre). Puis vint la plainte de l’Agence française de lutte contre le SIDA, pour contrefaçon cette fois, où les atroces persécutions que nous aurions fait subir au pauvre Professeur Chaunu fut une nouvelle fois évoquée. J’ai en tout cas été relaxé en première instance du délit de contrefaçon, et d’avoir « débité une œuvre contrefaite ». Et la plainte de Chaunu en est tombée à l’eau de ce fait. Mais j’ai été condamné en appel, à une amende importante[19] à mon échelle, mais très raisonnable par rapport aux 100.000 Francs réclamés par l’AFLS (Agence Française de Lutte contre le Sida).J’ai interprété qu’après avoir montré qu’il me montrait les dents, Chaunu s’était défilé. Il m’a toujours semblé plus désireux par ses déclarations antirévisionnistes de se mettre à l’abri, qu’être réellement convaincu. Au surplus c’était un spécialiste de l’histoire quantitative et de la démographie. On aurait aimé qu’il se prononce en tant que spécialiste compétent, tant sur les études démographiques de Rassinier, de Butz, de Sanning avec des arguments, qui, s’ils avaient été fondés, auraient pu faire mal aux thèses révisionnistes. Mais là : RIEN, moins que RIEN, rigoureusement RIEN.
Je persiste à douter qu’il ait jamais été l’objet d’un harcèlement téléphonique directement du fait de ces affichettes, pour la simple et bonne raison qu’assez peu ont été affichées. Elles ont certes retenu l’attention. Elles ont été reproduites dans plusieurs organes de presse, donc diffusées à des centaines de milliers d’exemplaires, mais en réduction. La ligne du numéro de téléphone, en petits caractères (très fins et de 1 mm de haut) déjà à peine lisible sur les affichettes originales, était absolument illisible sur les reproductions médiatiques. Quant aux affiches effectivement placardées, à Caen ou ailleurs, il était très malcommode de lire cette ligne, qui n’avait aucune raison d’attirer l’attention, alors que tous les autres éléments de la composition détournée étaient bien faits pour attirer et retenir l’attention, comme ils y sont d’ailleurs parvenus.
Seuls des maniaques du détail, attentifs à rechercher partout des messages subliminaux, auraient été susceptibles de remarquer l’existence même de cette ligne extrêmement discrète.
Noter le numéro ? Découvrir le préfixe ? Effectivement téléphoner à ce numéro !
Cela me paraît rigoureusement impossible, compte tenu du taux de réaction extrêmement faible, pour ne pas dire à peu près nul[20] que la Vieille Taupe à toujours rencontré pour tous ses projets et suggestions. C’est pourquoi je suis convaincu que le harcèlement invoqué en des termes peu précis et peu convaincants par l’avocat de l’AFLS à l’audience d’appel (Chaunu n’était pas présent) me paraît avoir été inexistant ou avoir été une manœuvre des chacals destinée à surmonter sa résistance. Par contre que Chaunu ait craint qu’un tel harcèlement ne survienne, qu’il ait imaginé tout ce que ces horribles révisionnistes étaient capables de lui faire subir, qu’il ait immédiatement cru que telle était l’intention que dénotait la présence de son numéro (partiel) sur l’affichette, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Et que cela lui ait apporté la preuve que les révisionnistes étaient bien des méchants, et que par conséquents ils étaient bien capables…
Croyant donc savoir ce dont les horribles révisionnistes étaient capables de faire, parce qu’il le craignait par-dessus tout, il n’eut aucun scrupule à prétendre qu’ils l’avaient fait vraiment©. Ce comportement n’est donc pas un comportement juif. C’est un comportement banalement humain, n’en déplaise aux antisémites, mais c’est un comportement qui révèle peut-être bien le secret de toute l’affaire camérale : croyant savoir ce que les horribles nazis étaient bien capables de faire, un certain nombre de personnes eurent d’autant moins scrupule à témoigner qu’ils l’avaient fait vraiment, que des témoignages de même nature se multipliaient, au point que certains finirent par croire qu’ils avaient bien vu eux-mêmes[21]…ce dont, de toute façon, il existait mille preuves incontestables. N’est-ce pas ?
Mais un point ne semble jamais avoir effleuré la cervelle de ce grand universitaire : le harcèlement téléphonique, et autre, dont avaient pu avoir été victimes un certain nombre de révisionnistes ? En voila une question qu’elle est bizarre !
Un dernier point avant de quitter Pierre Chaunu et de revenir à l’autre universitaire caennais. J’ai dit à la fois que c’était bien moi qui avais fourni le numéro de téléphone de Chaunu, mais que j’ignorais qu’il habitait Caen. Je l’avais découvert par hasard en le rencontrant près du Palais de justice lors du premier procès Reynouard. Cela peut paraître contradictoire avec ce que j’ai affirmé plus haut. Mais c’est un fait dont a témoigné le traître (amnistié) Gandilhon. Je ne me souviens plus comment j’ai eu ce numéro. Mais je l’ai eu sans la moindre difficulté, soit auprès de Radio Courtoisie, soit par une connaissance universitaire, et sans le chercher, mais à un moment où Chaunu venait de faire des déclarations particulièrement indigentes, et où le projet d’affichettes était en cours d’élaboration. D’où, par une association d’idée élémentaire, l’inclusion du numéro fatidique.
J’avais bien identifié que ce numéro dénotait une résidence à l’ouest de Paris, mais cela ne m’importait absolument pas, et comme je le connaissais comme Prof à la Sorbonne et éditorialiste à Radio Courtoisie, je pensais qu’il habitait à la limite de la région parisienne, et même je ne pensais rien du tout. Ce n’était pas mon problème. J’évoque le point parce qu’il avait été soulevé par Madame le juge d’instruction Éva Joly. Eh oui ! être inculpé permet parfois de rencontrer du beau monde. Éva Joly pourra maintenant parler de moi avec son nouvel ami politique Dany Cohn-Bendit.
Ce procès aura aussi été l’occasion d’une autre rencontre improbable. Cette affaire des affichettes ne portant pas directement sur le fond historique de la controverse, où un avocat de la trempe de Maître Delcroix aurait été absolument nécessaire, il m’a paru opportun d’en profiter pour contribuer à élargir le ghetto dans lequel nous semblions avoir définitivement été enfermés. J’ai demandé au Conseil de l’Ordre des avocats de me désigner un avocat d’office ! Initiative qui, comme d’habitude a été très mal comprise. Perfidie intentionnelle ou pas, le Conseil de l’ordre a désigné un avocat sioniste militant, Maître Balan ! Qui dans cette affaire m’a parfaitement bien défendu ! et a eu la surprise de découvrir que les révisionnistes n’étaient pas nécessairement des charlots, des antisémites ou des fascistes. Il se trouvait, lui, beaucoup mieux placé que quiconque pour faire passer le message, au moins dans une petite partie de son milieu. C’était une étape importante dans le plan de Dieu.
Après avoir vidé mon sac à malice et une partie de mes souvenirs, revenons à Michel de Boüard.
Contrairement à Chaunu, homme de droite, voire d’extrême droite et Protestant, il était lui catholique, et homme de gauche. Il avait même été membre du parti communiste, qu’il avait rencontré dans la Résistance. Il ne l’avait quitté que dans les années soixante, si j’en crois toujours la même plaquette du Musée de Normandie. Lorsque la critique révisionniste est réapparue publiquement (retour du refoulé : après que l’épisode Rassinier dans les années soixante eut été maîtrisé et digéré par les rhinocéros) grâce à l’intervention tonitruante du Professeur Faurisson (ce sera son mérite éternel) Michel de Boüard a certainement craint le pire. Mais il a été un historien courageux. Il a réfléchi et il a travaillé. Cet ancien résistant, ancien déporté à Mauthausen, ce chrétien, n’a pas considéré que les moyens que l’on réprouvaient lorsqu’ils étaient employés par l’ennemi fasciste, ne devenaient 
pas plus acceptables quand ils étaient employés par les anciens camarades et les copains.
Il a d’abord été choqué par la constatation bouleversante que, face à une question impertinente, choquante certes, des historiens, des universitaires, d’anciens résistants, d’anciens déportés, pouvaient envisager de répondre par la répression et la censure, comme si ces « historiens », ces « universitaires » ces anciens « résistants » pressentaient qu’il ne serait pas possible de répondre à l’impertinent par des documents et des arguments !
Il a ressenti la déclaration des 34 évoquée ci-dessus comme un aveu d’impuissance !
Et ce fut le début d’une réflexion personnelle, dont une étape décisive fut quand il se rendit compte que lui-même avait parlé et écrit de la chambre à gaz de Mauthausen. Mais ce moment de sa réflexion personnelle est si décisif et si important que nous tenons à le citer mot à mot. C’est le moment « alchimique » du redémarage de la pensée, le moment où le Saint Esprit se manifeste, le moment où, quand il semble que l’esprit s’est oublié, que l’on croit qu’il s’est perdu, qu’on a oublié qu’il est toujours en opposition avec lui-même, qu’il est progrès intérieur© :
« Dans la monographie sur Mauthausen que j’ai donnée dans La Revue d’histoire de la Seconde Guerre mondiale en 54, à deux reprises je parle d’une chambre à gaz. Le temps de la réflexion venu je me suis dit : où ai-je acquis la conviction qu’il y avait une chambre à gaz à Mauthausen ? Ce n’est pas pendant mon séjour au camp car ni moi ni personne ne soupçonnions qu’il pouvait y en avoir, c’est donc un bagage que j’ai reçu après la guerre, c’était admis. Puis j’ai remarqué que dans mon texte, alors que j’appuie la plupart de mes affirmations par des références, il n’y en avait pas concernant les chambres à gaz…[22] »
Cette réflexion personnelle devenait ce jour-là infiniment plus qu’une réflexion personnelle. Puisque ce jour-là, cette réflexion que beaucoup avaient faite in petto, Michel de Boüard la rendait publique. Cette réflexion devenait un acte.
La suite relève de l’histoire.
Car seuls les actes relèvent de l’histoire, et non pas les idées qui restent des idées.
Or les actes de Michel de Boüard se sont multipliés et approfondis. Il suffit pour les connaître de les chercher.
« Ce qu’il y a de terrible quand on cherche la vérité, c’est qu’on la trouve ! »
La preuve : le 23 octobre 2009 s’est tenu à l’Université de Caen, pour la première fois dans l’Université française, un colloque consacré à Michel de Boüard.
C’est-à-dire un colloque consacré à un historien « révisionniste ».
Il ne reste plus qu’à attendre la publication des actes de ce colloque.
Dans tous les cas l’humanité y gagnera en conscience d’elle-même.
Car on va pouvoir voir ce que le colloque, et chacun des intervenants, aura dit.
On pourra voir aussi ce qu’il aura caché.
Le colloque, et chacun des intervenants…
Gare aux dits, aux non-dits et aux contredits.
Mais en attendant cette publication des actes du colloque, on visitera avec profit l’exposition à la mémoire de Michel de Boüard qui se tient actuellement et jusque fin décembre à l’Université de Caen.
(Téléphoner à l’Université pour connaître les jours d’ouverture et les horaires)
(À suivre)
Rédaction interrompue pour pouvoir me rendre aux cérémonies officielles de commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918, à Beaune la Rolande, où je dois rencontrer quelques amis.
Pierre Guillaume Nihil obstat
Wilhelm Stein
Le jeudi 11 novembre 2009, 10 h. 50
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[1] J’ai retrouvé (Google : Cimetière de Bitburg) un article de Thierry Meyssan, qui contient des informations et des réflexions utiles. Mais dans lequel, pour mieux stigmatiser Reagan, il prétend qu’il serait venu se recueillir sur les tombes de ces 48 Waffen-SS. Ce mensonge montre comme il est facile de polluer la réflexion et le jugement et de manipuler les émotions et les indignations. On sait que je ne suis pas un fan de Ronald Reagan, et que j’admire le travail de Thierry Meyssan sur le 11 septembre et ses suites en particulier. Il n’en reste pas moins qu’écrire que Ronald Reagan est venu se recueillir sur les tombes des 48 SS constitue une falsification.
[2] Sinon membre ? Je n’ai pas le temps de vérifier.
[3] Libre ? Vraiment ? De quelle liberté s’agit-il ?
[4] Encore !
[5] Évidemment. Compte tenu de la seule minuscule liberté qui va nous être retirée, le « génocide hitlérien » a gagné d’avance le concours haut la main, et sera déclaré vainqueur hors-concours !
[6] On nage en pleine liberté, une liberté sans limites.
[7] Donc chacun est libre d’être fou et schizophrène. Au surplus ces faits qui ont eu lieu, quels sont-ils ? S’agit-il du génocide, ou des gazages ? Car il pourrait y avoir eu génocide sans chambre ni gaz. Par balles par exemple, comme est en train de commencer à le prouver le bon Père [sorti] Desbois.
[8] Ça c’est vrai : rigoureusement interdit.
[9] Outrager la vérité ou outrager Vidal-Naquet Pierre ?
[10] Il ne faut pas se demander comment le Christ est mort ? ni comment il est ressuscité ! L’Église n’a jamais proclamé une exigence dogmatique comparable.
[11] Mais pourquoi ? Y aurait-il un problème ? Lequel ?
[12] Il a été possible par balles, par l’électricité, par la chaux vive, la faim, le froid, le typhus, et coetera
[13] Absolument irréfutable. On peut appeler cela une totologie.
[14] Indiscutable. La preuve c’est que ceux qui ne tiennent pas compte de cette obligation perdent ipso-facto leur qualité d’historien, ou la perdraient s’ils révélaient, ou avaient révélé, le fond de leur pensée (Helmut Diwald, Ernst Nolte, Uwe Dietrich Adam, Henri Amouroux, Jacques Baynac, Jacques Benoit-Méchin, François Duprat, Jean Plantin, René Rémond, Gàbor Tamas Rittersporn, Olga Wormser-Migot, parmi beaucoup d’autres). À la notable exception de Michel de Boüard. C’est donc bien une nouvelle ère et une Révolution qui vient de commencer !
s On lira avec profit le Discours de la méthode de Descartes.
[15] Le débat a eu lieu sous terre. Les révisionnistes l’ont emporté.
© Bénéficiaire de l’amnistie totale et absolue proclamée par nos Sages, en réunion plénière en la salle du Conseil, le 15 août 2007 (Bulletin confidentiel n°21, p.55)
[16] En matière de presse et d’édition, puisque le document est signé et assumé, en dehors de la vérification d’identité, il n’y a pas de garde à vue prévue par la loi. Si le texte est susceptible de comporter une infraction à la loi, on peut (et doit) être convoqué soit par le juge d’instruction, soit directement au tribunal. Mais ce sont là des broutilles, et en dehors de ce petit problème de droit, les policiers Caennais firent très bien leur travail, et aucun des Sonderkommando ne fut brutalisé.
[17] Vous voyez bien que les révisionnistes ont gagné ! En écrivant cela aujourd’hui je n’ai pas peur d’être inculpé ! Mais à l’époque le climat et l’hystérie étaient tels que je n’ai pas fait appel et j’ai préféré payer l’amende tout seul comme un grand.
[18] Contrairement aux témoins qui déposent sous serment, l’inculpé lui-même n’est pas tenu de dire la vérité, que le débat contradictoire a pour fonction de faire apparaître in fine.
[19] Que j’ai payée tout seul, comme un grand.
[20] Mais cela va changer, maintenant que nous avons gagné.
© Vous avez dit VRAI MENT. Hommage au psychanalyste Marc Rouanet, mort à Paris le 13 mai 2009, à l’age de 69 ans, sans avoir pu assister à la victoire du « révisionnisme » qu’il aura beaucoup contribué à rendre possible, sous le pseudonyme de Pierre Pithou, d’une part, mais plus encore par le dialogue silencieux et imaginaire qui s’est instauré entre lui et la Vieille Taupe, pendant des années, jusqu’à lui faire comprendre des concepts analytiques qui lui ont été très utiles.
Ses efforts renouvelés, mais vains, (voir AHR n°2 p.10) au début de l’Affaire, pour attirer l’attention de quelques psychanalystes et de l’Association française pour le développement de la psychohistoire, sur les enjeux anthropologiques de l’Affaire, lui ont coûté sa carrière (notre Royaume n’est pas de ce monde). Il m’a aussi aidé à ne pas lâcher la rampe, et m’a été utile, même quand nous étions en désaccord total sur ce qu’il y avait lieu de faire et de ne pas faire, ce qui était le plus souvent le cas. Qu’il en soit remercié.
[21] Les psychologues devraient confirmer que ce processus n’a rien d’impossible, ni d’exceptionnel. Mais moi je ne suis pas psychologue. Je vais donc me borner à raconter l’histoire suivante que m’a racontée un abonné aux AHR (donc suspect) : C’était en 1940. Il avait été mobilisé comme officier de réserve avec le grade de capitaine. Son régiment faisait retraite et était arrivé sur les bords de la Loire. Beaucoup des officiers supérieurs étaient aussi des officiers de réserve, plus ou moins compétents, si bien que c’est lui qui a eu dans les faits la responsabilité d’organiser la traversé de la Loire. À l’endroit où ils se trouvaient, il y avait des bacs plutôt sommaires et assez légers. Or il y avait du matériel assez lourd. Aussi bien les roulantes de l’Intendance, que des camions et des canons, des munitions. Tout ce qu’emporte un régiment, qu’il fallait éviter de laisser tomber aux mains de l’ennemi qui approchait. Il parvint à assurer le transbordement complet des hommes et du matériel sur la rive gauche, sans pertes, mais dans des conditions acrobatiques, en remerciant le ciel que pendant le transbordement aucun avion allemand ne soit apparu, qui aurait pu bombarder ou mitrailler les bacs surchargés (Fin du premier acte).
Bien des années plus tard, notre homme (enfin pas vraiment puisqu’il était révisionniste) qui entre temps était devenu un honorable magistrat, prenait sa retraite. Sa carrière s’était déroulée en France métropolitaine et en Algérie. Il eut besoin de faire ce qu’on appelle une « reconstitution de carrière ». Les années de guerre permettent de grappiller quelques points de retraite. Il faut documenter ceci ou cela. Il eut l’idée de prendre contact avec l’amicale régimentaire de son ancienne unité, dont il ignorait même l’existence. Mais c’est avec satisfaction qu’il profita d’un repas organisé par cette amicale pour rencontrer certains de ses anciens camarades. Que de souvenirs ! Au cours du repas, cette fameuse traversée de la Loire fut bien sûr évoquée. D’autant plus que plusieurs des convives avaient été décorés pour ce haut fait ! Ils avaient été décorés pour avoir réalisé la traversée de la Loire « sous le feu de l’ennemi ». Bon ! On sait qu’après la défaite, pour remonter le moral d’une Armée passablement démoralisée, l’État Français fit tomber sur elle une pluie de médailles, au-delà des cas mérités (oui, car on oublie maintenant qu’elle connut cent mille morts en quelques jours). Ce n’est donc pas ça qui est remarquable. Et puis ces décorations ont très bien pu avoir été décernées bien après la guerre. Je n’en sais rien. Mon ami le magistrat ne m’en a rien dit et c’est moi qui interpole. Mais le point décisif, c’est que les convives, à ce repas de l’amicale régimentaire, racontaient avec force détails la traversée, avec l’intervention de l’aviation allemande ! Et qu’ils lui demandaient sincèrement son approbation : « Tu te rappelles ? ». Ce n’est pas qu’ils avaient l’air d’y croire. C’est qu’ils y croyaient !
© Comme Hamlet dit de l’esprit de son père : « Bien travaillé, vieille taupe ! »
[22] Ouest-France, 2 3 août 1986, p.6.