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Annexe 4 - Extrait du journal de Kremer

Le 2/9/1942, au début de son court séjour à Auschwitz-Birkenau en tant que médecin SS, le professeur Johann-Paul Kremer note dans son journal :

« Ce matin, à 3 heures, j'ai assisté, dehors, pour la première fois à une action spéciale. Comparé à cela, l'Enfer de Dante me paraît presque comme une comédie. Ce n'est pas sans raison qu'Auschwitz est appelé le Camp de l'Anéantissement ! » [1]

Nous passerons sur les querelles de vocabulaire, par exemple la querelle entre ceux qui traduisent « Vernichtung » par « extermination » et ceux qui le traduisent par « anéantissement ». Nous passerons aussi sur les altérations de texte faites, jadis, par les historiens, altérations qui n'étaient peut-être pas innocentes : ainsi traduisaient-ils « das Lager der Vernichtung », expression quasi littéraire (Kremer n'en était pas avare.) dont l'équivalent en français est « le Camp de l'Anéantissement », par  « un camp d'extermination », expression d'allure administrative, comme le font Le Soir du 2/10/1992 ou encore Les Collections de l'histoire, octobre 1998, p. 33 sous la plume de l'historien Jean-Pierre Azéma. On notera encore qu'en aucun endroit de son journal, Kremer ne mentionne clairement qu'il y ait eu des gazages à Auschwitz, ce qui fait que son journal est l'objet d'interprétations.

Interprétation des historiens : Cette nuit-là est arrivé de France un convoi de déportés juifs. Un certain nombre ont été retenus pour le travail, mais la plupart ont aussitôt été gazés : c'est cette opération qui constitue l' « action spéciale » dont parle Kremer (il en parle à quinze reprises, le plus souvent à l'occasion de l'arrivée d'un convoi). Cette première expérience de l'extermination des juifs a horrifié Kremer, qui s'est confié à son journal.

Interprétation des révisionnistes : Cette nuit-là est arrivé de France un convoi de déportés juifs, alors que le camp et la ville d'Auschwitz étaient frappés par de terribles épidémies de typhus, dysenterie, etc. (Les déportations furent même suspendues et le camp mis en quarantaine.) L'« action spéciale » dont parle Kremer consistait à réceptionner ce convoi : ce n'était pas une mince affaire d'accueillir d'un coup en pleine nuit 1.000 à 2.000 personnes, épuisées par un long voyage et dont certaines étaient âgées ou malades. (Il y avait habituellement pour les malades des wagons sanitaires ou qualifiés de tels dans ces convois.) Il fallait notamment séparer ceux qui étaient aptes au travail et ceux qui, ne l'étant pas, devaient être réimplantés à l'Est ; dans l'immédiat, il fallait à 3 heures du matin installer tout ce monde au milieu de malades et de mourants dans une atmosphère dantesque : ainsi, le tiers des détenus immatriculés au 1/9/1942 moururent-ils dans le mois !
Les révisionnistes renvoient en outre à une lettre du 21/10/1942 de Kremer à sa gouvernante :

« Toutefois, je n'ai pas encore reçu de réponse définitive, mais je m'attends à pouvoir être de retour à Munster avant le 1er décembre et ainsi tourner définitivement le dos à cet enfer d'Auschwitz, où en plus du typhus, etc., règne aussi maintenant la typhoïde. »

Il semble donc bien que, pour le docteur Kremer, l' « enfer d'Auschwitz », c'était les épidémies qui frappaient les juifs et les SS [2] et non l'extermination des juifs par gazage. Nous aurons l'occasion dans le tome 2 de revenir sur la période au cours de laquelle Kremer a vécu à Auschwitz et nous montrerons à quel point cette thèse est justifiée.


NOTES

[1]

« Zum 1. Male draussen um 3. Uhr früh bei einer Sonderaktion zugegen. Im vergleich hierzu erscheint mir das Dante'sche Inferno fast wie eine Komödie. Umsonst wird Auschwitz nicht das Lager der Vernichtung genannt ! »

[2]

On peut citer le cas des médecins SS : le Dr Popiersch, médecin-chef d'Auschwitz, et son successeur, le Dr Schwella en sont morts ; en ont été victimes mais en ont réchappé le Pr Kremer lui-même et les Drs Schwarz, Uhlenbrock et Mengele. (R. Faurisson dans « Réponse à J-C Pressac »)



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