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LE MASSACRE d'ORADOUR

UN DEMI-SIECLE DE MISE EN SCENE

 

Partie 2

INTRODUCTION

Oradour-sur-Glane est un petit village de Haute-Vienne (France). Depuis 1944, son nom reste le principal symbole de la "barbarie nazie" en France occupée. Le 10 juin 1944, des SS de la division Das Reich auraient, pour des raisons obscures, détruit le village, fusillant 200 hommes (environ) et brûlant vifs, dans l'église, plus de 440 femmes et enfants.

En janvier 1945, le gouvernement français, "soucieux de faire du village martyr un lieu de pèlerinage national" (1), décida de classer les ruines d'Oradour-sur-Glane parmi les sites historiques. Aujourd'hui encore, ces ruines, minutieusement conservées, font office de musée à ciel ouvert.

Chaque année, "plusieurs centaines de milliers de personnes" visitent ce lieu tragique (2) . A l'entrée, une pancarte leur demande d'être décemment vêtues et de garder le silence. Puis, échelonnées le long du parcours, des plaques indiquent les différents "lieux de supplice" (endroits où furent abattus les hommes par groupes de 20 à 60) et demandent aux passants un instant de recueillement. Dans toutes les bâtisses partiellement écroulées, des objets domestiques abîmés sont encore visibles (louches, casseroles rouillées, restes de lits, de machines à tricoter...) ainsi que des épaves d'automobiles, de vélos et de matériel professionnel (scies, bouteilles pour chalumeau, balances...).Très souvent, ces objets ont été placés là après le drame. Il faut en effet savoir qu'un volumineux stock d'épaves rouillées (Figure 1) se trouve à proximité de l'église, dans un endroit inaccessible aux visiteurs. C'est là que les équipes chargées de la conservation viennent chercher les reliques qu'elles disséminent ensuite dans les ruines. Il en résulte parfois d'évidentes mises en scène comme le montrent les clichés 2 à 4.

Des guides se relayent dans les ruines et plus particulièrement dans l'église où, plusieurs fois par jour en été, ils racontent aux groupes de visiteurs la tragédie du 10 juin 1944.

Plongé dans cette ambiance quasi religieuse, le touriste se contente de regarder et d'écouter, passivement, sans se poser la moindre question. Au sortir du musée, il pourra, s'il le désire, acheter une brochure souvenir parmi les différentes proposées. Celles-ci ont en commun de présenter les SS comme les assassins indiscutables des civils d'Oradour. Pourtant...

Pourtant, celui qui aura la curiosité de consulter les divers ouvrages parus sur le sujet, celui qui examinera les ruines de l'église et qui étudiera le procès que les autorités françaises intentèrent, en 1953, à 65 soldats présents, le 10 juin 1944 à Oradour (3), celui qui, enfin, aura la chance de pouvoir parler à différents rescapés du massacre, celui-là découvrira une quantité impressionnante de zones d'ombre et de contradictions dans la version officielle du drame.

Peu après le 10 juin 1944, un juge militaire allemand, Detlev Okrent, fut chargé d'enquêter sur la tragédie d'Oradour. Le 4 janvier 1945, il rendit son rapport qui n'a jamais été rendu public. En 1983, à Berlin-Est, il fut utilisé lors du procès d'un ancien SS d'Oradour, Heinz Barth. Bien plus, il n'en est pratiquement jamais question dans les livres ou articles "officiels" traitant du drame d'Oradour. En France, un dossier "Oradour" dort dans les archives de la Gendarmerie, au Blanc (Indre) mais, lorsque vous en demandez communication, on vous répond qu'il ne sera pas consultable avant l'année 2053. On comprend aussitôt que seules des consciences tourmentées ont des raisons de craindre l'ouverture des archives.

En 1974, la revue Elsa, éditée par le Mouvement régionaliste d'Alsace-Lorraine, publia un article du docteur Marcel Iffrig. S'appuyant sur les écrits d'un ancien commandant de la division Das Reich, Otto Weidinger, l'auteur affirmait qu'"Oradour-sur-Glane [était] un exemple typique de falsification historique" et livrait à ses lecteurs ce qu'il déclarait être "l'authentique version des faits"(4). Un scandale s'ensuivit au cours duquel le député communiste de la Haute-Vienne, Marcel Rigout, écrivit au Garde des Sceaux afin de stigmatiser ce qu'il considérait être:

une falsification grossière des faits et une véritable apologie de ce crime, tendant à justifier et à réhabiliter les bourreaux (5).

Quelques années plus tard parut la traduction française de la brochure d'Otto Weidinger intitulée: Tulle et Oradour, une tragédie franco-allemande (6). Dans un exposé infiniment plus détaillé que celui du docteur Iffrig, l'auteur expliquait les causes du drame et dégageait la responsabilité des SS dans la tragédie de l'église. En 1991, la diffusion et la vente de cet opuscule furent interdites par le ministère de l'Intérieur (7).

O. Weidinger n'est cependant pas le seul "révisionniste" à s'être intéressé au bourg tragique. En 1981, un publiciste allemand, Herbert Taege, publia un livre (non traduit en français) qui remettait fondamentalement en cause la version officielle du drame (8). D'après Le Figaro, cet écrit aurait "semé le doute, jusque dans les rangs des historiens" (9). En Belgique, également, un pharmacien, Pierre Moreau, a publié une brochure de vingt pages intitulée: En écoutant crier les pierres. A l'aide d'arguments relevant de la pyrotechnie et après avoir étudié les ruines de l'église, l'auteur tentait de démontrer que le sanctuaire n'avait pas été incendié mais avait explosé, l'origine de l'explosion ayant été le sommet du clocher, "là où jamais un soldat allemand ne pénétra" (p.13). Il y a deux ans, P. Moreau fut violemment attaqué par Bernard Fischbach, auteur d'un livre paru à l'occasion du cinquantenaire du drame et intitulé: Oradour l'extermination (10).

Toutes ces publications prouvent que, pour beaucoup, la version officielle du drame d'Oradour-sur-Glane n'est pas conforme à la vérité. Il est d'ailleurs à noter qu'en 1985, après avoir "passé au crible les dépositions de témoins et des tonnes de matériel d'archives allemandes", le rédacteur en chef de la très officielle revue allemande Weltbild avait estimé que "la lumière" sur cette tragédie "n'[était] pas encore faite" (11). En compagnie de l'historien Andreas Hillgruber (spécialiste de l'Allemagne nationale-socialiste), il avait demandé:

que les archives françaises soient ouvertes à une commission mixte d'historiens français et allemands [ Id.].

Cette requête n'eut aucune suite. Plus de quarante ans après les faits, ainsi, le drame d'Oradour restait entouré d'un épais brouillard que certains ne semblaient pas pressés de dissiper. Il y a sept ans, l'équipe de l'ANEC entreprit une enquête sur cette affaire. Longtemps interrompue pour des raisons diverses, celle-ci fut reprise à l'occasion du cinquantenaire de la tragédie. Le texte que nous publions ci-après constitue nos conclusions après toutes ces années de recherche.

[29]

Première section

Etude matérielle du drame de l'église

I

Visite des ruines de l'église

Des deux drames humains qui survinrent à Oradour le 10 juin 1944 (la mort des hommes fusillés par les SS dans les lieux où ils avaient été parqués et de celle de plusieurs centaines de femmes et d'enfants dans l'église), seul le second, celui des femmes, est aujourd'hui unanimement retenu. Si, par exemple, nous consultons le dictionnaire Petit Robert, nous lisons, sous le nom "Oradour-sur-Glane":

Le 10 juin 1944, les Allemands, par mesure de représailles, massacrèrent 643 personnes, dont 500 femmes et enfants, qui périrent enfermés dans l'église volontairement incendiée . (1)

La mort des hommes d'Oradour est donc tombée dans un oubli relatif, à la fois choquant et compréhensible: choquant parce que la majorité d'entre eux, à l'instar de milliers d'otages en pays occupés, ont été fusillés alors qu'ils n'étaient pas personnellement engagés dans la lutte clandestine; mais compréhensible parce que cette violence s'inscrit dans le cycle attentats-répression de la logique révolutionnaire. En revanche, le meurtre de plusieurs centaines de femmes et d'enfants enfermés dans une église apparaît, en France au moins, comme un crime spécifique qui occulte le précédent.

Dans le cadre de notre enquête, nous avons donc choisi de porter préalablement notre attention sur la tragédie de l'église.

La thèse officielle de l'incendie

"L' église a été le théâtre d'un violent incendie". Telle est la conclusion que, dès 1945, MM. Guy Pauchou (ancien sous-préfet de Rochechouart, près d'Oradour) et Pierre Masfrand (ancien conservateur des ruines d'Oradour) exposèrent dans un livre qui, aujourd'hui encore, reste l'"ouvrage officiel du Comité du Souvenir et de l'Association des Familles des Martyrs d'Oradour-sur-Glane". (2)

Les auteurs se fondaient notamment sur le témoignage d'une femme, Marguerite Rouffanche, qui est officiellement considérée comme l'unique rescapée de l'église (3 ) . Nous reviendrons plus tard sur sa déposition.

Depuis, jamais, officiellement, cette version n'a été remise en cause. En 1953, par exemple, au procès des SS de la division Das Reich, les 65 accusés furent jugés pour:

[l']incendie volontaire d'une église appartenant à une collectivité française, lequel a[vait] causé la mort de plusieurs personnes qui se trouvaient dans le lieu incendié . (4)

Lors des audiences, plusieurs témoins à charge déclarèrent avoir vu l'église brûler. Parmi eux, citons Pierre Joyeux, qui, le 10 juin 1944, se trouvait dans un hameau proche d'Oradour. A l'audience du 26 janvier 1953, il lança :

Nous ne savions pas ce qui se passait [mais] bientôt, nous vîmes l'église en flammes . (5

En 1990, un autre témoin du drame, Maurice Beaubreuil, qui était interrogé par Vincent Reynouard, prétendit avoir vu le clocher de l'église s'effondrer sous l'effet des flammes.

Certains accusés eux-mêmes confirmèrent la thèse de l'incendie. Paul Graff, par exemple (un "Malgré-nous " alsacien (6)), déclara avoir vu le clocher s'effondrer sous l'effet du feu. (7) Auparavant, il avait, selon ses propres déclarations, reçu l'ordre de porter des fagots dans l'église (Ibid., p. 18).

Cette abondance de témoignages pourra satisfaire le lecteur peu curieux. Toutefois, deux faits surprendront le chercheur impartial :

-- l'idée d'incendier une église en granit paraît saugrenue. Les auteurs d'un article paru en langue anglaise ont souligné qu'à Oradour le sanctuaire chrétien était un bâtiment en pierre ("a stone structure" (8)); or, un tel édifice ne s'enflamme pas facilement. De plus, notons que, selon les aveux unanimes des inculpés, les SS venus à Oradour ne possédaient aucun matériel incendiaire susceptible de les aider dans une telle tâche. Au procès de Bordeaux, les auteurs de l'acte d'accusation prétendirent que les SS avaient apporté dans le village martyr des "bombes incendiaires" et une "poudre" qui permettait au feu de se répandre facilement. (9) Mais ces allégations n'avaient aucun fondement. Nous reviendrons plus loin sur l'armement des SS venus dans le village martyr; toutefois, citons dès à présent Louis Hoehlinger, un "Malgré-nous" qui, en décembre 1944, avait déclaré qu'à sa connaissance ils n'avaient ni emporté de matériel incendiaire à Oradour, ni confectionné un tel armement sur place. (10) Ces propos furent confirmés par un autre inculpé, Jean-Pierre Elsaesser. Le 24 septembre 1945, celui-ci déclara qu'il n'avait pas:

eu l'occasion de constater qu'il ait été fait usage de munitions incendiaires pour mettre le feu aux immeubles à Oradour . (11)

Par conséquent, les enquêteurs auraient dû s'interroger pour savoir par quel moyen les SS avaient mis le feu à l'église. Or, et c'est ici le deuxième fait troublant :

-- depuis 1944, aucun rapport d'expertise portant sur l'église n'a été publié. Pourtant, lorsqu'une batisse est détruite par un incendie supposé d'origine criminelle, des experts sont nommés afin de mener une enquête minutieuse. Pierre Grapin écrit :

l'enquête débutera par une inspection extérieure du bâtiment brûlé, notant, d'après les destructions, l'étendue et l'intensité du feu. Dans la mesure du possible, l'inspection de l'intérieur qui suivra s'attachera à déterminer le sens de la propagation du feu, avec pour but essentiel la découverte du point initial de l'ignition qui sera dans la plupart des cas le "point le plus bas", en raison de la propension des flammes à monter. Mais l'étude des cendres et résidus doit permettre de déceler la possibilité d'un embrasement venant du haut et dû à la chute de matériaux incandescents.

Des "détecteurs de vapeur" ou d'hydrocarbures sont utilisés et les traces d'"accélérants" sont recherchées ainsi que d'éventuels moyens de mise à feu chimique [note : du type "pyrophore de Gay-Lussac" ou "pyrophore de Homberg", etc.]. Parfois le boutefeu utilisé brûle finalement moins bien que les matériaux qu'il sert à enflammer, tels certains chiffons mal imbibés de liquide inflammable. La découverte de plusieurs foyers initiaux décèle presque à coup sûr une intention criminelle.

L'examen des métaux, notamment du cuivre, dont on connaît la température de fusion (1093·C) renseignera sur l'intensité du feu en différents points.

Des échantillons au sol, dans lesquels un liquide inflammable peut s'être infiltré, seront prélevés assez profondément pour atteindre une couche non brûlée. D'autres examens de laboratoire porteront sur des fragments de bois, de métal, de tissus, de cordeau bickford, etc. [...].

[33] Les corps des victimes sont naturellement l'objet d'un examen médico-légal attentif tendant à savoir les conditions de la mort: asphyxie, intoxication, brûlure proprement dite, ou cause antérieure à l'incendie.

Les témoins éventuels du sinistre seront systématiquement interrogés, avec toutes les réserves nécessaires ; il leur sera demandé notamment :

- - à quel endroit ils ont commencé à voir les flammes ou la fumée ;

- - où ils se trouvaient à ce moment ;

- - quelle a été la couleur de la fumée, si elle était seule ou accompagnée de flammes, et si elle a changé de couleur au cours du sinistre ;

- - quelle fut la rapidité du développement de l'incendie ;

- - s'ils ont entendu un bruit ou vu une éruption brusque de matières incandescentes laissant supposer une explosion, etc. (12)

Certes, un paragraphe intitulé : "Constatations faites dans l'église" existe dans l'ouvrage de MM. Pauchou et Masfrand (pp. 59-67), ainsi que dans un rapport des Renseignements généraux rendu le 4 juillet 1944. (13) Mais aucun de ces textes n'a été rédigé par un véritable expert. Pour rédiger leur livre, MM. Pauchou et Masfrand se sont servi de deux rapports: le premier émane de l'évêché, le second du docteur Bapt, directeur de la Santé en 1944. A chaque fois, la description des ruines de l'église est trop succincte pour être exploitée ; et s'il y est souvent question de cendres, d'ossements humains, de charniers, d'impacts de balles sur les murs, on y chercherait en vain des explications concernant l'incendie en lui-même (foyers initiaux, mode de propagation, chaleur maximale atteinte...). De même, aucun résultat d'analyse des cendres ou de pierres n'y figure. Quant à des rapports d'autopsies pratiquées sur des cadavres de femmes et d'enfants, il n'en est jamais question.

Les mêmes constatations peuvent être effectuées lorsqu'on étudie le dossier de l'instruction du procès de Bordeaux (1953). Malgré l'abondance de pièces, seules quelques lignes sont consacrées à l'état de l'église après la tragédie. Il s'agit le plus souvent de rapides descriptions émanant de visiteurs qui ne sont nullement des experts. (13a) Enfin, notons que, ni en 1944, ni en 1953 (au procès de Bordeaux) les témoins du drame n'ont été interrogés de la manière préconisée par P. Grapin.

Faut-il en conclure qu'aucune expertise de l'église n'a été réalisée depuis 1944? Certes, non. Un dossier concernant Oradour existe bel et bien mais il dort aujourd'hui dans des archives installées au Blanc, dans l'Indre. Il ne sera consultable qu'en 2053... Renferme-t-il l'expertise que nous cherchons? C'est possible, et nous reviendrons plus tard sur la question des archives cachées au public.

Devant ce vide, notre collectif a décidé de mener lui-même sa propre enquête. Or, celle-ci devait nécessairement débuter par un examen minutieux des lieux du crime.

Etat actuel de l'église

Aujourd'hui, le touriste qui se rend à Oradour croit sincèrement contempler l'église telle qu'elle était au soir du 10 juin 1944. (14) C'est une erreur. Certes, en 1945, le gouvernement français décida de conserver l'église "dans l'état où elle se trouvait après l'incendie". (15) Mais, en réalité, de multiples transformations y ont été apportées depuis, transformations qu'aucun panneau ne mentionne. Citons-en deux, les plus importantes.

Les voûtes de la nef ont aujourd'hui disparu ; elles se sont écroulées, découvrant le ciel. Or, ces dernières avaient résisté au sinistre du 10 juin 1944, bien qu'ayant été fortement ébranlées; elles ne se sont effondrées que plus tard, en octobre 1944, (16) et l'édifice est resté en l'état.

La voûte du clocher, en revanche, s'est en grande partie effondrée lors du sinistre. Plusieurs sources l'attestent. En premier lieu, citons le rapport émanant des Mouvements unis de Résistance et rédigé par un "envoyé spécial qui a[vait] pu s'introduire [34] clandestinement sur les lieux du crime". Publié tout d'abord dans une revue du Mouvement de libération nationale puis intégré dans le dossier de l'instruction du procès de Bordeaux, son auteur racontait avoir :

vu une église à l'entrée effondrée. (17

Mentionnons également l'ouvrage de P. Poitevin où il est question du bronze de la cloche fondue qui s'est "encastré dans les pierres tombées de la voûte". (18) En 1953, au procès de Bordeaux, un témoin, Hubert Desourteaux, déclara être allé à l'église le matin du dimanche, 11 juin 1944. Là, il vit "un monceau [...] de pierres". (19) Les voûtes de la nef et les murs ayant résisté, ces pierres ne pouvaient provenir que du clocher. Quarante et un ans plus tard, enfin, Aimé Renaud, autre rescapé du drame interrogé par V. Reynouard, a déclaré que, le dimanche matin 11 juin 1944, il avait vu la voûte du clocher effondrée. (20) Par conséquent, cet effondrement ne nous paraît pas susceptible d'être remis en question.

Or, le visiteur qui, aujourd'hui, pénètre dans l'église peut voir la voûte du clocher intacte. Celle-ci a été minutieusement reconstruite (figure 5) et, faute de panneau informatif, seul un oeil averti peut le discerner. Après le choc subit par l'édifice, on comprend facilement la nécessité d'une consolidation des ruines qui, cependant, n'imposait pas cette restauration. Nous verrons que le procédé n'est pas innocent.

D'autres modifications moins importantes ont également été apportées, sur lesquelles nous ne nous attarderons pas (statues déplacées, grille d'évacuation des eaux ajoutée, pente du sol modifiée, porte intérieure de la sacristie refaite, chapes de béton construites au-dessus des voûtes encore intactes...).

Dès lors, une première conclusion s'impose: une étude sérieuse de l'église telle qu'elle était au soir du 10 juin 1944 ne peut plus être réalisée sur le site même. Seuls restent, au chercheur, les clichés pris peu après la tragédie.

Naturellement, nous connaissons les limites d'une recherche menée à partir de clichés. En effet, une photographie n'est pas une image objective contrairement à l'idée admise. L'angle que le photographe choisit pour sa prise de vue lui permet de grossir certains détails et d'en cacher d'autres. De plus, un cliché peut avoir été pris "peu après" la tragédie mais suffisamment après pour que les lieux aient déjà subi quelques transformations. Dès lors, il conviendra d'être prudent au moment de conclure.

 

Etat de l'église après la tragédie

Aspect extérieur

L'église d'Oradour avait six toitures: celle du clocher, celle du choeur, celle de la nef, celle de la sacristie et celles des deux chapelles latérales. Toutes ces toitures avaient disparu après la tragédie du [35] 10 juin. Il n'en restait rien, pas même une poutre. (21)

Au sommet du clocher se trouvait une sphère en laiton creuse (figures 6 et 7) surmontée d'une croix en acier. Le visiteur peut la voir aujourd'hui à l'intérieur de l'église ou elle est exposée. Certes, il voit bien un objet détérioré (la partie supérieure de la sphère est entièrement déformée, par endroits déchirée, et la croix est tordue), mais il remarque surtout que la sphère n'a pas fondu, (22) malgré sa faible épaisseur de quelques millimètres seulement.

Outre les toitures, tous les vitraux et tous les carreaux des fenêtres visibles sur les clichés avaient disparu. (23)

Certaines photographies de P. Poitevin montrent d'importantes traces de suie sur les murs nord et est (24) (figure 8 : photo du mur est). Nous avons douté longtemps de leur authenticité. Pourtant, en juin 1996, dans une exposition sise à Oradour, la reproduction d'un cliché détenu par l'Imperial War Museum, a définitivement confirmé l'existence des traces de suie sur le mur nord du sanctuaire. (24a)

Une autre traînée de suie est également visible sur la façade sud du clocher.(25) Elle résulte très probablement de l'incendie qui ravagea une dépendance du presbytère.

Tous les autres clichés publiés ne montrent aucune trace de suie, que ce soit au niveau de la porte d'entrée principale (26) ou des ouvertures pratiquées dans les murs du clocher, (27) au niveau des ouvertures des chapelles sud (28) ou des fenêtres percées dans le mur sud de la nef (29). Egalement lorsqu'on examine les parties des murs où les toitures disparues prenaient appui, on ne perçoit aucune trace de suie, excepté sur le mur nord du transept. (30)

[36] Pénétrons maintenant à l'intérieur de l'église.

Aspect intérieur

Nous savons que la voûte du clocher s'effondra quasiment en totalité, le 10 juin 1944. On s'attendrait donc à découvrir un sol couvert de gravats sur les photographies postérieures à cette date. Or, les clichés publiés ne montrent rien de tel. Tous présentent un sol net, déjà déblayé, sur lequel ne reposent plus que des fragments des six cordons de l'oculus. (31) Ce fait est à rapprocher de la reconstruction minutieuse de la voûte du clocher : visiblement, les autorités locales désirent cacher son effondrement aux touristes.

Quoi qu'il en soit, examinons les clichés dont nous disposons. Sous le clocher, dans le coin droit, au-dessus d'un grand vase en granit, des traces d'impacts ainsi qu'une traînée de suie sont visibles. Un incendie de faible intensité a dû s'y développer. Le reste du mur où le revêtement a disparu jusqu'à une hauteur de 1m 50 environ ne montre toutefois aucune trace de suie. Dix traces de poutres disparues sont visibles à environ 2m 50 du sol. Ces poutres devaient soutenir une tribune à laquelle on accédait par un escalier. Ce dernier a, lui aussi, disparu mais des traces sont encore visibles sur les murs est et ouest (32) (figure 9).

Deux cloches, installées en 1884, se trouvaient dans l'église d'Oradour. (33)

[37] Elles ont, nous dit-on, fondu lors de l'incendie. D'après des mesures effectuées en 1994, le diamètre de base de la première cloche était égal à 1m 30 environ (soit une masse de 700 kg) et celui de la seconde à 80 cm environ (soit une masse de 300 kg). (34) De la première, il ne reste qu'une masse informe de métal (bronze) dans laquelle on distingue tout de même un fragment de la base qui n'a pas fondu. Des inscriptions et des motifs décoratifs sont encore visibles sur ce morceau préservé (figure 10).

Le battant de cette cloche, pièce en acier qui n'a pas fondu, est prisonnier, par sa base uniquement, de la masse de métal. De la seconde cloche, il ne reste rien, excepté un fragment de base qui a été préservé et sur lequel on distingue encore nettement le relief de la décoration.

Etrangement, seul le fragment de la seconde cloche est visible sur les photo-graphies publiées après le 10 juin 1944. [35] Certes, dans son ouvrage, P. Poitevin publie un cliché sous lequel on peut lire : "Le bronze de la [sic] cloche fondue et amalgamée dans les pierres de la voûte du clocher effondré". (36) Mais si cette photographie montre des pièces métalliques qui semblent effectivement provenir du clocher (notamment des éléments de liaison des poutres du beffroi), on cherche en vain la masse de bronze et le battant de la cloche principale tels qu'ils sont visibles aujourd'hui.

Portons maintenant notre attention sur la première chapelle située au sud: la chapelle Saint-Joseph. P. Poitevin, qui visita l'église peu après la tragédie, écrit que cette partie du sanctuaire "a été épargnée par le feu". (37) Les photographies d'époque donnent raison à l'auteur. L'autel en bois présent dans la chapelle est intact; (38) aujourd'hui encore, on peut le voir, seules les dorures sont écaillées (figure 11). Dans cette partie du sanctuaire, les murs sont propres, sans trace de suie. (39) Le revêtement est tout de même décollé par endroits. (40) En outre, une grosse poutre en bois, ne portant aucune trace de brûlé, est visible, au sol, devant l'autel. (40a) Malgré nos recherches, nous n'avons pu découvrir sa provenance.

La seconde chapelle sud, en revanche, n'a pas été épargnée. Contrairement à la chapelle Saint-Joseph, l'autel qui s'y trouvait était en brique, recouvert de panneaux en marbre gris-blanc. Au soir du 10 juin 1944, les panneaux avant manquaient, découvrant les briques intérieures. (41) Depuis cinquante ans, l'aspect de cet autel n'a guère changé; des briques ont cependant disparu et des morceaux de marbre, issus vraisemblablement des panneaux avant, sont posés dessus. Mais la façon rectiligne dont le marbre est brisé suggère une découpe artificielle du matériau.

D'après un cliché d'époque, le mur est de la chapelle paraît propre, sans trace de suie. (42) Toutefois, ce même cliché montre qu'un incendie de faible intensité s'est probablement développé au niveau du sol dans le coin formé par les murs est et sud. En effet, une tache blanche caractéristique apparaît sur la paroi sud. Cette tache est surmontée par une traînée de suie. Au-dessus, le plâtre a disparu, découvrant les pierres du mur. De façon surprenante, ni la voûte (que l'on distingue), ni le tour du vitrail ne portent de traces de suie. Voilà pourquoi l'incendie qui s'est développé là nous paraît avoir été de faible intensité.

[38] Enfin, remarquons que la porte de cette chapelle a été préservée et qu'elle est encore visible aujourd'hui (figure 12).

Après la tragédie, une épaisse couche de cendre recouvrait, dit-on, les dalles de cette chapelle. Sous la photographie publiée par P. Poitevin, on lit la légende suivante : "La chapelle Sainte-Anne, dont le sol est recouvert de vingt centimètres d'ossements et de cendres". La mauvaise qualité du cliché ne nous a pas permis de connaître avec certitude la nature de ces cendres. Cependant, remarquons qu'aucun os (ou fragment d'os) n'est visible. Par conséquent, si l'on en croit P. Poitevin, il faut admettre que les humérus, les radius, les cubitus ainsi que les fémurs, les tibias, les péronés, les bassins et les crânes des victimes auraient été pulvérisés. Or, aucun incendie ne peut occasionner d'aussi gros dégâts sur des squelettes humains.

Les cendres retrouvées dans la chapelle Sainte-Anne furent l'objet de bien des rumeurs. En 1953, un journaliste du Monde n'hésita pas à écrire que les secouristes en avaient retiré "un mètre" et qu'il s'agissait "de cendres humaines". (43)

Venons-en maintenant au choeur de l'église. Là se trouvait le maître-autel qui, au soir du 10 juin 1944, était partiellement détruit, sa partie supérieure gauche ayant disparu (figure 13). Si, aujourd'hui, on examine la partie inférieure gauche on constate que les dessins sculptés ont presque entièrement disparu; ils offrent l'apparence de motifs érodés ou passés au papier de verre. Lorsqu'on passe les doigts sur cette partie, on constate qu'elle tombe en poussière. Au soir de la tragédie, pourtant, cette partie était intacte et les dessins parfaitement visibles. (44) Par conséquent, on en déduit que ces dégradations eurent lieu après le drame. Ce fait paraît confirmé par P. Poitevin qui, après avoir parlé du "bas-relief intact des disciples d'Emmaüs", raconte que lors d'une visite suivante il vit le maître-autel s'effriter, "ses pierres tomb[ant] en poussière". (44a)

Autre remarque: aujourd'hui encore, le maître-autel est surélevé d'une cinquantaine de centimètres. Ce détail est compréhensible lorsqu'on sait qu'au début de la messe catholique, dite de saint Pie V, le prêtre monte à l'autel. (45) Par conséquent, des marches existaient qui permettaient notamment d'accéder au tabernacle. A Oradour, elles étaient [39] probablement de même nature que celles que l'on peut encore voir devant l'autel de la Vierge et celui de Saint-Joseph, c'est-à-dire en bois. Une géométrie particulière permettait leur encastrement dans l'autel. Un cliché d'époque montre que ces marches avaient disparu après le drame. (46)

Enfin, notons qu'à l'endroit où se trouvaient ces degrés, le sol dallé cesse subitement pour laisser place à un sol en terre battue (figure 14). Au milieu de cet îlot de terre apparaît une pierre blanche (qui n'est donc pas en granit comme les dalles) de forme approximativement ovale. De façon curieuse, la surface supérieure de cette pierre est totalement lisse et se situe au niveau exact des dalles. Ces constatations laissent penser qu'un passage menant vers des sous-sols a dû exister en cet endroit. En temps normal, celui-ci était masqué par les marches en bois. La pierre blanche faisait partie d'un système qui permettait de les retirer facilement afin d'accéder à cette entrée.

On ne manquera pas de qualifier cette hypothèse d'audacieuse. Pourtant, deux faits semblent attester l'existence de ces sous-sols:

-- le sol dallé de l'église présente par endroits des dépressions sensibles. On peut supposer que la surface du dallage a épousé les affaissements survenus dans les caves;

-- en consultant le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, au tome LXXII, une description de l'église d'Oradour-sur-Glane publiée suite à une "excursion archéologique", nous apprend que:

Par suite d'une forte différence de niveau, le chevet [partie de l'église qui se trouve derrière le ch oeur] est surélevé sur des caves qui servent de resserres. (47) (figure 15).

C'est clair : des caves se trouvent sous l'édifice religieux. Notons en outre l'indicatif présent utilisé par les auteurs de la description: "de caves qui servent". Celui-ci indique qu'à cette époque (1920-1930), les sous-sols de l'église étaient encore utilisés et, donc, qu'on pouvait y accéder. En 1994, V. Reynouard avait supposé que leur entrée se trouvait dans la sacristie, masquée par un tas de tuiles. Il fondait sa conviction [40] notamment sur les allégations de P. Poitevin qui, dans son livre publié en 1944, avait parlé de souterrains auxquels on accédait par le sous-sol de la sacristie. (48) Toutefois, des recherches complémentaires organisées sur les lieux infirment cette hypothèse.

La possibilité de l'entrée devant l'autel est d'autant plus plausible que le choeur est la partie la plus ancienne de l'édifice. Elle date du XIIe siècle, alors que les autres parties datent du XVe siècle, la sacristie étant, pour sa part, d'époque "moderne". (49) En outre, il semble que l'église d'Oradour a été construite à l'emplacement d'un ancien lieu de culte paien et, par conséquent, qu'une crypte avait préalablement existé. Celle-ci aurait plus tard été transformée en cave, (50) puis comblée à une date inconnue.

Quoi qu'il en soit, la présence de ces sous-sols n'est pratiquement jamais révélée à Oradour. En effet, si l'on excepte l'ouvrage de P. Poitevin et certains livres révisionnistes, (51) jamais, depuis 1945, leur existence n'a été mentionnée. Dans son ouvrage, F. Delage ne dit rien sur les caves. Or, cet auteur avait participé à l'"excursion archéologique" au cours de laquelle l'église d'Oradour avait été visitée; (52) il ne pouvait donc ignorer leur existence. A. Hyvernaud, quant à lui, cite l'extrait du BSAHL que nous avons donné plus haut, mais il prend soin de supprimer l'indicatif présent et d'ajouter le mot "autrefois".

Le passage devient alors :

Par suite d'une forte différence de niveau, le chevet est surélevé sur des caves qui servaient autrefois de resserres. (53)

Poursuivons cependant.

Aucune trace de suie n'est visible sur le mur est, dans lequel ont été percés quatre emplacements de vitraux. (54) Sur ce mur, le crépi est intact. En revanche, le revêtement du mur nord, dans lequel se découpe la porte permettant d'accéder à la sacristie, a presque entièrement disparu. (55) Là non plus, aucune trace de suie n'est visible. Les mêmes constatations peuvent être faites sur le mur orienté au sud (56) ainsi que sur la voûte. (57)

Au soir du 10 juin 1944, de nombreux morceaux de pierre jonchaient le sol du choeur (58) (figure 16). Ceux-ci semblent être responsables des dégâts causés au maître-autel. D'où pouvaient-ils provenir? Ni des voûtes de la nef ni de la voûte du choeur, qui ne se sont pas effondrées durant le sinistre. De la voûte du clocher? Cette hypothèse est à retenir, surtout lorsqu'on examine les restes de la statue du curé d'Ars.

Avant le jour tragique, cette statue était accrochée, par sa base, au mur nord de la nef, tout près du choeur, à 2m environ du sol. Le 10 juin 1944 au soir, toute la partie située au-dessus du bassin avait disparu, pulvérisée par une pierre qui avait laissé un impact dans le mur (59) (figure 16 bis).

Cette statue était creuse, faite en plâtre renforcé par des poils de chèvre ou de cheval. (60) Si le projectile qui a écrasé la partie supérieure était [41] tombé du plafond, il n'aurait pas laissé de trace sur le mur. Par conséquent, le projectile provenait du clocher (seule partie de l'église détruite). De plus, il possédait une vitesse suffisante pour briser la moitié haute de la statue sans renverser la moitié basse pourtant simplement posée sur une plaque horizontale fixée dans le mur par deux barres métalliques. (61)

Poursuivons cette étude en portant notre attention sur la chapelle latérale nord, la chapelle de la Vierge.

De façon certaine cette partie du sanctuaire a été préservée. Le 10 juin au soir, les dalles du sol étaient encore nettement visibles, (62) contrairement au choeur, à la nef et à la chapelle Sainte-Anne où la poussière, les cendres et les gravats recouvraient tout, donnant l'illusion d'un sol en terre battue. (63)

Un cliché publié dans l'ouvrage Ville Martyre... montre nettement, adossé au mur est de cette chapelle, l'autel en bois dédié à la Vierge: il est intact (64) (fig.17). Les fleurs en tissu posées dessus ont également été préservées (65) (figure 18). De même, on constate que le mur est, avec tous les ex-voto, n'a subi aucun dommage et ne porte aucune trace de suie.

En face de l'autel, adossé au mur nord, se trouve le confessionnal. Construit en bois léger (6 mm d'épaisseur), il était également intact au soir de la tragédie. (66) Aujourd'hui encore, le visiteur peut le voir et même s'y asseoir (figure 19). L'étonnante préservation d'une pièce aussi légère dans une église qui aurait été ravagée par le feu gêne les tenants de la thèse officielle. Dans leur ouvrage, MM. Pauchou et Masfrand publient une photographie montrant le confessionnal avec, au premier plan, une voiture d'enfant fortement endommagée (métal oxydé et tordu). Point n'est besoin d'être spécialiste du feu pour comprendre que cette voiture a été apportée à cet endroit intentionnellement. En effet, le contraste entre le métal qui a été soumis à une forte chaleur et le confessionnal intact est saisissant. Si vraiment, la voiture s'était trouvée là le 10 juin 1944, le [42] confessionnal n'aurait pas résisté; il aurait brûlé, au moins en partie. Cette tromperie a été imaginée afin d'émouvoir le visiteur (l'horreur de l'enfant qui a dû mourir carbonisé dans la voiture) et d'inhiber ses facultés de raisonnement. Remarquons, d'ailleurs, que cette voiture n'est plus visible sur le cliché du confessionnal publié par P. Poitevin et qu'elle réapparaît sur une photographie montrant, cette fois, plusieurs voitures d'enfant endommagées. (67)

Rappelons, enfin, que le confessionnal ne porte aucune trace de sang, d'éclat ou de balle.

Terminons cet examen de l'église par la sacristie.

A notre connaissance, aucun cliché montrant l'intérieur de cette pièce après la tragédie n'existe ou n'a été publié. Cet "oubli" renforce notre méfiance.

Aujourd'hui, le visiteur peut pénétrer dans les ruines de la sacristie par une porte extérieure. Une fois dans le local, il aperçoit, sur le mur opposé, à environ 3m du sol, une large ouverture obstruée par un panneau de bois. Il s'agit de la porte qui, avant le 10 juin 1944, donnait sur le choeur; par mesure de sécurité, les autorités d'Oradour l'ont condamnée pour éviter que, de l'église, des touristes trop curieux ne se penchent et ne chutent. Sur les murs nord, sud et est, toujours à 3m du sol, des trous régulièrement espacés sont encore visibles: traces de poutres qui ont aujourd'hui disparu.

Ce local comportait deux (peut-être trois) niveaux (fig.20). Du choeur, le prêtre franchissait la porte aujourd'hui condamnée et se retrouvait, sur un plancher, dans une pièce qui lui servait de sacristie. Un escalier lui permettait sans doute de descendre au niveau inférieur qui servait de "débarras, avec la chaudière du chauffage" (68), d'après P. Zind,

Depuis la tragédie, deux tas de tuiles plates ont été entreposés dans ce qui fut le débarras. Le plus important recouvre une partie du mur sud. De même peut-on voir dans un coin un tas de ferraille. On y remarque des éléments qui servaient à accrocher entre elles les poutres du beffroi (figures 21 et 22).

Ces dernières remarques achèvent notre étude de l'église après la tragédie. En guise de conclusion provisoire, nous pouvons affirmer que :

-- si quelques incendies de faible intensité se sont développés ici ou là au sein du sanctuaire, aucun embrasement général ne s'est développé (absence de traces de suie) qui pourrait expliquer les dégâts visibles après le 10 juin 1944;

-- des phénomènes extrêmement violents se sont produits au moins dans le clocher et peut-être, aussi, sous les toits. Ceux-ci provoquèrent l'effondrement de la voûte d'entrée.

Quelle fut la nature de ces phénomènes? Telle est la question à laquelle nous allons maintenant tenter de répondre.

Fig.22a : ci-contre.

Beffroi avec sa cloche, avant son installation dans un clocher d'église (celui de N.D. de Grâce àHonfleur).

On distingue nettement les éléments métalliques servant à lier entre elles les poutres du beffroi.


NOTES DE L'INTRODUCTION

1) Voy. Ville Martyre..., p.111: "Note d'information officielle publiée par la presse le 5 janvier 1945".

2) Voy. Le drame..., p.36.

3) Nous reviendrons plus tard sur ce procès. Toutefois, notons que seuls 21 anciens SS étaient présents; les 44 autres furent jugés par contumace (voy. l'acte d'accusation rédigé le 1er décembre 1952).

4) Voy. Elsa, deuxième trimestre 1974, p.4, article intitulé: "Oradour-sur-Glane".

5) Voy. La Montagne, 26décembre 1975, pp.1 et 7.

6 ) Auto-éditée, Aalen, sans date, 62 p.

7) Voy. le Journal officiel du 13 janvier 1991. En 1994, après que cette brochure eut fait sa réapparition, le ministère français de l'Intérieur tint à réaffirmer qu'il était "interdit de faire circuler, de distribuer et de vendre cet opuscule " (voy. La Charente libre,12 mars 1994).

8 ) Son titre est: Wo ist Kain? Enthüllungen und Dokumente zum Komplex Tulle + Oradour (Où est Ca i n? Révélations et documents sur l'affaire de Tulle+Oradour) Editions Askania, 1981. Une recension de cet ouvrage a été publiée par Pierre Zind dans le journal alsacien: Nouvelle Voix / Neue Stimme (No 62 et suivants, 1983).

9) Voy. Le Figaro, 6 janvier 1985, p. 4, article de Jean-Paul Picaper intitulé: "RFA: le drame d'Oradour refait surface".

10) Editions Ronald Hirlé, 1994. Voy. pp. 209-211.

11) Voy. Le Figaro, 6 janvier 1985, p. 4, article déjà mentionné .

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NOTES DE LA PREMIERE PARTIE, I

1 )Petit Robert, édition de 1989, vol. II (noms propres), p. 1333.

2) Voy. Vision d'épouvante..., p. 59.

3) Madame Rouffanche est morte en 1989. Sa tombe se trouve dans le cimetière d'Oradour.

4) Voy. l'acte d'accusation au procès de Bordeaux, pp. 3, 4 et 5.

5) Voy. Ouest-France, 27 janvier 1953, p. 3, col. A.

6) Sur la vie de P. Graff, voy. Le Monde, 20 janvier 1953, p. 7, col. A.

7) "LE PRESIDENT. -- Est-ce que vous n'avez pas assisté, sur le pont de la Glane, à l'effondrement du clocher ? GRAFF. -- C'est cela. LE PRESIDENT. -- Vous avez vu l'effondrement; et dans quelles circonstances s'est effondré le clocher? GRAFF. -- Par le feu." (voy. les sténotypies du procès, audience du 16 janvier 1953, p. 21). Nous pourrions de même citer le SS Hoehlinger qui, lors de l'instruction, déclara être passé devant l'église qui brûlait (voy. dossier de l'instruction du procès, liasse III, interrogatoire de Hoehlinger en date du 27 juillet 1946, 4 p., p. 3).

8) Article dont une copie a été trouvée par les auteurs dans les archives de Robert Faurisson. Aucune référence ne l'accompagnait.

9) "les SS, dans la rage de destruction, incendiaient le village d'Oradour à l'aide de bombes incendiaires" (acte d'accusation, p. 6); "ils jettent une poudre qui doit être lancée au moyen d'un vaporisateur [...]. Le feu se répand facilement" (Ibid., p. 7).

10) "Je n'ai pas connaissance qu'au départ de St-Junien notre compagnie ait été munie de matériel incendiaire. Je n'ai jamais vu confectionner des charges garnies de produits incendiaires" (voy. dossier de l'instruction, liasse I, interrogatoire de L. Hoehlinger en date du 14 décembre 1944, p. 3).

11) Voy. le dossier de l'instruction, liasse VII, interrogatoire d'Elsaesser en date du 24 septembre 1945, p.7.

12) Voy. P. Grapin, Les Incendies (P.U.F., collection Que sais-je ?, 1979, 128 p.), pp. 90-92.

13) Voy. La mémoire d'Oradour..., pp. 102-103.

13a) Par exemple Marc Freund-Valade, préfet de Limoges qui s'était rendu à Oradour le 13 juin 1944. Dans son rapport du 15 juin 1944, celui-ci écrit : "Dans l'église, en partie en ruines, se trouvaient encore des débris humains, calcinés, provenant de cadavres d'enfants (tels qu'un pied d'enfant dans une pantoufle), des ossements étant mêlés aux cendres des boiseries. Le sol était jonché de douilles portant la marque de fabrication STKAM et les murs de l'église portaient de nombreuses traces de balles à hauteur d'homme. Il est à noter que si la toiture de l'église est effondrée, le plafond qui est fait de maçonnerie est à peu près intact ainsi que les murs. Le feu n'a donc pu prendre à l'intérieur de l'église que s'il y a été mis intentionnellement" (pp. 1-2).

14) Dans son allocution prononcée le 10 juin 1994, F. Mitterrand a déclaré que "les ruines du village étaient maintenues dans l'état où elles avaient été laissées après le massacre" (Transcription de Henri Lewkowicz, p. 4).

15) Voy. Ville Martyre..., p. 111.

16) "La voûte avait résisté en apparence ; pourtant des crevasses s'apercevaient, donnant à redouter un prochain écrasement ; et, en effet, dans les derniers jours d'octobre, l'écroulement est survenu, créant dans le haut de la nef une immense ouverture" (voy. Ville Martyre..., p. 48). Ce texte est confirmé par un document que l'on peut consulter aux archives départementales de Haute-Vienne sous la cote 14 F 42. Il s'agit d'une lettre sur papier à l'en-tête du "Syndicat d'initiative de Cieux" (village non loin d'Oradour) en date du 25 août 1944. L'auteur, qui s'adressait à F. Delage, l'informait que "les voûtes paraiss[ai]ent n'avoir aucun mal". Preuve que l'effondrement fut postérieur à l'été 1944. Sur ce sujet, voy. aussi Oradour-sur-Glane, p. 51; Dans l'Enfer..., p. 59. Les auteurs de ces deux derniers ouvrages n'indiquent pas la date à laquelle les voûtes se sont effondrées.

17) Voy. Les Huns..., dernière page; texte intitulé : "Un éditorial que Philippe Henriot ne fera pas. Les Huns sont passés par là". Voy. aussi le dossier de l'instruction du procès de Bordeaux, liasse I, rapport intitulé : "Le crime d'Oradour-sur-Glane. Les Huns sont passés par là".

18) Voy. Dans l'Enfer..., p. 74. Voy. aussi L'Autre Histoire..., p. 16.

19) Voy. les sténotypies du procès de Bordeaux, audience du 22 janvier 1953, p. 16.

20 ) Depuis, un membre des équipes de secours qui vint sur les lieux du drame à partir du 13 juin 1944 a confirmé ce fait: il s'agit d'Henriette Massaloux-Dumay (Lettre de H. Massaloux- Dumay à Vincent Reynouard en date du 25 mars 1996. Un autre membre des équipes de secours, l'abbé Philippe Schneider, a écrit le 18 mars 1996 : "la voûte du clocher était, je crois, effondrée.").

21) Pour la toiture des chapelles sud, voy. Oradour-sur-Glane, photographie p. 6. Pour les autres toitures, voy. Dans l'Enfer..., sixième photographie entre les pages 48 et 49 ; voy. aussi Ville Martyre..., Pl. II entre les pages 16 et 17. Le rapport rédigé par M. Freund-Valade et daté du 15 juin 1944 semble confirmer ces constatations ; l'auteur écrit : "la toiture de l'église est effondrée" (voy. le dossier de l'instruction du procès de Bordeaux). De même peut-on lire, dans la lettre à F. Delage sur papier à l'en-tête du "Syndicat d'initiative de Cieux" : "la couverture [de l'église] est entièrement détruite".

22) La flèche n'est pas visible sur les photographies de l'église antérieures à la tragédie qui ont été publiées par P. Poitevin et F. Delage. En effet, le clocher est, à chaque fois, coupé. Toutefois, on la distingue nettement sur une photographie qui a été publiée dans la brochure intitulée : Le drame... (voy. p. 7).

23) Le vitrail du mur ouest et celui de la chapelle Saint-Joseph ne sont pas visibles. De même, les deux fenêtres percées dans le mur est de la sacristie n'apparaissent sur aucun cliché postérieur au 10 juin. Aujourd'hui, tous ces vitraux et tous ces carreaux ont disparu. Peut-être étaient-ils déjà pulvérisés le soir du 10 juin.

24) Voy. Dans l'Enfer..., sixième et huitième photographie, entre les pages 48 et 49.

24a) Exposition intitulée : "La mémoire d'Oradour" (28 juin-8 septembre 1996).

25) Voy. Oradour-sur-Glane..., photographie p. 62.

26) Voy. Dans l'Enfer..., sixième photographie entre les pages 48 et 49.

27) Pour les façades sud et est, voy. Oradour-sur-Glane..., photographie p. 6; pour la façade nord, voy. Dans l'Enfer..., sixième photographie entre les pages 48 et 49. Aucun cliché n'est publié qui montrerait le vitrail de la façade ouest.

28) Il y a deux chapelles sud. L'une possède un petit vitrail et, au ras du toit, une petite meurtrière qui devait servir à éclairer les combles, au-dessus des voûtes. Il n'existe aucun cliché montrant le petit vitrail après l'incendie. En revanche, la petite meurtrière est parfaitement visible à l'extrême droite de la photographie parue dans Oradour-sur-Glane..., p. 62. On ne distingue aucune trace de suie. L'autre chapelle possédait un grand vitrail (d'architecture gothique, le seul dans l'église, qui est romane) dont on voit la partie supérieure dans l'ouvrage Oradour-sur-Glane (photographie p. 6) et la partie inférieure dans le livre Ville Martyre (Pl. IV, entre les pages 16 et 17). Aucune trace de suie n'est visible. Cette chapelle possédait également une porte visible dans le livre susmentionné (Pl. IV, entre les pages 16 et 17). Là encore aucune trace de suie ne se détache.

29) Voy. Oradour-sur-Glane..., photographie p. 6.

30) Voy. notamment le cliché publié dans Oradour-sur-Glane..., p. 6. On y aperçoit nettement la trace du toit de la nef sur le mur est du clocher. Aucune trace de suie n'est décelable. Il en est de même sur le haut du mur des chapelles sud, là où reposait la toiture (voy. même cliché) ainsi qu'à l'extrémité supérieure des murs du choeur (tour carrée) qui supportaient également une toiture (voy. Ville Martyre..., Pl. II, entre les pages 16 et 17 ; Dans l'Enfer..., huitième photographie, entre les pages 48 et 49 ; Oradour-sur-Glane, photographie p. 6).

31) Voy., notamment, Oradour-sur-Glane..., photographie p. 54. Ce cliché est également reproduit dans Le drame..., p. 32, ainsi que dans la brochure Souviens-toi..., p. 14.

32) Pour toutes ces constatations, voy. Le drame..., p. 32 et Souviens-toi..., p. 14.

33) Voy. Chanoine Lecler, Etude sur les cloches de l'ancien diocèse de Limoges (publié en 1902), p. 166.

34) Pour les détails des calculs qui nous ont permis de parvenir à ces estimations, voy. annexe 1.

35) Voy. notamment Oradour-sur-Glane..., photographie p. 54.

36) Voy. Dans l'Enfer..., troisième photographie, entre les pages 64 et 65.

37) Voy. Dans l'Enfer..., p. 74.

38) Voy. Ville Martyre..., Pl. VII, entre les pages 16 et 17.

39) Pour le mur sud, voy. Oradour-sur-Glane, photographie p. 48; pour le mur est, voy. Ville Martyre..., Pl.VII, entre les pages 16 et 17; pour le mur ouest, voy. Vision d'épouvante..., photographie p. 63.

40) Voy. Oradour-sur-Glane..., photographie p. 48.

40a) Voy. Ville Martyre..., Pl. VII, entre les pages 16 et 17.

41) Voy. Dans l'Enfer..., quatrième photographie, entre les pages 64 et 65.

42) Voy. Oradour-sur-Glane, photographie p. 48.

43) Voy. Le Monde, 3 février 1953, p. 4, col. B.

44) Voy. notamment La mémoire d'Oradour..., cliché p. 32.

44a) Voy. Dans l'Enfer..., p. 75.

45) Voy. première partie de la messe, cinquième paragraphe : "Le prêtre monte à l'autel".

46) Voy. Ville Martyre..., Pl. VI, entre les pages 16 et 17, cliché du haut.

47) Voy. BSAHL, t. LXXII, p. 579.

48) Voy. Dans l'Enfer..., p. 49 : "[Les femmes réfugiées dans la sacristie] s'efforcent de descendre un escalier branlant pour se réfugier dans un débarras, afin d'essayer de gagner ensuite l'extérieur ou les souterrains".

49) Voy. Petite Histoire..., p. 14 : "[L'église] qui fut incendiée par les nazis en 1944 fut-elle la première [construite à Oradour]? On n'en sait rien non plus; mais la partie la plus ancienne de l'église, le choeur, est manifestement du XIIe siècle. Ce n'est que beaucoup plus tard, vers la fin du XVe siècle, après la Guerre de Cent Ans, que la nef et les chapelles latérales seront construites, donnant à l'église la forme qu'elle garde encore". Voy. également BSAHL, op. cit., le plan de l'église où l'époque des différentes parties est notée, la sacristie étant qualifiée de "moderne".

50) Voy. Petite Histoire..., p. 14 : "En Limousin, nombre de localités portent le nom d'Oradour. L'Ouradou, en langue limousine, c'est l'endroit où l'on prie. Pour certains auteurs, les oradours -- oratoires -- auraient pris la place de monuments paiens qui se trouvaient presque toujours au point de jonction des voies romaines et auraient joué un rôle funéraire".

51) Voy. notamment la recension de P. Zind. Il y est question de "souterrains, actuellement murés" (Nouvelle Voix..., No 66, p. 5, col. A).

52) Dans le tome du BSAHL déjà cité, le nom de Franck Delage est cité dans la liste des participants à l'excursion.

53) Voy. Petite Histoire..., p. 15. Naturellement, l'auteur est en droit de rédiger une telle phrase. Mais il aurait été plus honnête de citer la référence du BSAHL et de recopier l'extrait tel quel, en le faisant suivre au besoin d'explications.

54) Voy. Oradour-sur-Glane..., photographie p. 53.

55) Pour le mur sud, voy. Oradour, Tulle..., p. 1829.

56) Voy. Ville Martyre..., Pl. VI, entre les pages 16 et 17. Seule une petite partie du mur est visible, ce qui empêche son étude exhaustive.

57) Voy. Oradour-sur-Glane..., photographie p. 53.

58) Voy. Souviens-toi..., p. 14. Rappelons également la déposition de Jean-Hubert Desourteaux au procès de Bordeaux. Celui-ci avait pénétré dans l'église le lendemain du drame, vers onze heures. Il déclara avoir vu "un monceau [...] de pierres" (sténotypies du procès de Bordeaux, audience du 22 janvier 1953, p. 16).

59 ) Voy. Souviens-toi..., p. 14.

60) Constatations faites par V. Reynouard qui a examiné les restes de la statue aujourd'hui posés sur l'autel de la Vierge, dans la chapelle latérale nord de l'église.

61) On voit nettement cette plaque horizontale sur le cliché paru dans Oradour, Tulle..., p. 1829. D'après les constatations faites par V. Reynouard, la statue était simplement posée dessus.

62) Voy. Ville Martyre..., Pl. VI, entre les pages 16 et 17.

63) Voy. notamment Dans l'Enfer..., p. 74. L'auteur écrit : "La grande nef est vidée de ses chaises et de ses bancs, mais la terre battue est couverte de débris de toutes sortes".

64) Voy. Ville Martyre..., Pl. VI, entre les pages 16 et 17.

65) On peut aujourd'hui les voir dans le Mémorial d'Oradour, dans une petite salle à gauche en entrant. Un petit écriteau porte la mention suivante : "Fleurs qui étaient sur l'autel de la Vierge de l'église d'Oradour le 10 juin 44".

66) Voy. Dans l'Enfer..., deuxième photographie, entre les pages 64 et 65.

67) Voy. Vision d'épouvante..., p. 66 ; Oradour-sur-Glane..., p. 56. Une troisième photographie montrant cette voiture d'enfant est publiée dans Oradour et Tulle..., p. 1829.

68 ) Voy. Nouvelle Voix..., No 66, p. 5, col. A. Aujourd'hui encore, on peut voir, dans le coin gauche du local, un conduit de cheminée qui monte jusqu'au sommet des murs. En outre, les photographies de l'église prises avant et après le 10 juin 1944 montrent, sur le toit de la sacristie, une petite cheminée (voy., par exemple, Dans l'Enfer..., cinquième photographie, entre les pages 48 et 49). Tous ces faits confirment l'installation, dans le sous-sol de la sacristie, d'un matériel de chauffage.


Extrait de Le Massacre d'Oradour, un demi-siècle de mise en scène, par un Collectif de libres chercheurs animé par Vincent Reynouard,VHO-ANEC, Anvers, 1997, 446 p., ISBN 90-73111-21-08, © Vincent Reynouard. Distribution: VHO, BP 60, B-2600 Berchem 2, Belgique. Nous conseillons très vivement à nos lecteurs de se procurer le livre auprès de l'éditeur. Pour que les livres existent, il faut que les éditeurs puissent les vendre.

Cet ouvrage traite des circonstances dans lesquelles un massacre s'est produit dans un village non loin de Limoges en juillet 1944, alors occupé par une division de l'armée allemande en retraite. Il a été édité en 1997 par un éditeur d'Anvers. Or Anvers a la tort de se trouver en Belgique, c'est-à-dire à l'étranger, pour ne pas dire en Anti-France. Le ministre (français) de l'Intérieur (français) a donc pu INTERDIRE CE LIVRE. C'est la principale raison pour laquelle nous le publions aujourd'hui sur Internet. Quant au citoyen-ministre, il ne reste qu'à le couvrir de ce qu'il mérite.


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