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LE MASSACRE d'ORADOUR

UN DEMI-SIECLE DE MISE EN SCENE

 

Partie 8

Quatrième section

Oradour-sur-Glane, village tranquille ?

 

IV

DES MAQUISARDS DANS ORADOUR

Le cas des réfugiés politiques et raciaux à Oradour

Pendant la guerre, Oradour avait accueilli de nombreux réfugiés. A ce sujet, P.Poitevin écrit:

Depuis 1940, la population [du village] avait augmenté d'un certain nombre de réfugiés, dont quelques Israélites, des Alsaciens et des petits Lorrains pour lesquels une école spéciale avait été ouverte. Ajoutons également des enfants de Sartrouville, près de Paris, de Nantes, de Montpellier et d'Avignon, évacués et placés dans des familles du bourg ou des hameaux.

Au total, 1680 cartes d'alimentation étaient distribuées chaque mois à la population . (1)

Plus précis, A.Hyvernaud déclare:

En septembre 1939, plusieurs secteurs du Bas-Rhin ont été évacués d'office. Oradour est désigné pour héberger 400 habitants de Schiltigheim, petite ville proche de Strasbourg; mais, après l'armistice de juin 1940, presque tous les évacués regagnent leur domicile. Ils ne tarderont pas à être remplacés par 63expulsés lorrains [...]. Il y avait, en outre, plusieurs réfugiés non recensés car ils ne percevaient pas d'allocations. (2)

D'après ces textes, donc, Oradour abritait des réfugiés français, en majorité des enfants.

Toutefois, notons que, selon H.Taege:

des républicains et des communistes espagnols [...] avaient trouvé refuge à Oradour après la victoire de Franco. Ils étaient au nombre de 20 à 30 et habitaient des baraques offertes par le gouvernement français.(3)

Ce fait n'étant jamais mentionné dans les livres officiels», V.Reynouard mena une petite enquête à Oradour même. Celle-ci fut fructueuse. En 1994, A.Renaud, un rescapé, lui déclara qu'effectivement un camp pour soldats espagnols réfugiés avait existé près du village en 1940. Mais, s'empressa-t-il d'ajouter, ceux qui l'habitaient étaient tous partis en 1944. Tel n'est cependant pas l'avis de M.Lamaud, guide à Oradour, qui affirma qu'en 1944 des républicains espagnols vivaient encore dans le bourg.

Le 643 e GTE à Oradour-sur-Glane

La vérité sur cette question fut découverte par MM.Reynouard et Lewkowicz aux Archives départementales de la Haute-Vienne. Là, ils apprirent un fait qui, à notre connaissance, n'a jamais été dévoilé depuis 1944. Ils apprirent qu'à Oradour le 643 e Groupement de Travailleurs Étrangers (643 e GTE) avait été implanté par les autorités françaises. (4) Ces groupements rassemblaient des étrangers (le plus souvent des réfugiés) qui étaient employés en France dans diverses activités. Certains d'entre eux vivaient avec leur famille qui habitait le village où le père travaillait. A intervalle régulier, ces personnes devaient aller signaler leur présence auprès d'organismes qui tenaient des cahiers de contrôle. En ce qui concerne Oradour, quatre de ces cahiers sont consultables aux Archives de la Haute-Vienne, chacun d'entre eux couvrant une année. Il est ainsi possible de s'informer sur la présence de ces travailleurs pour la période allant de 1941 (premier cahier) à 1944 (dernier cahier). Pour l'année 1941, il existe en outre une liste nominative comprenant les noms des travailleurs, ainsi que l'adresse éventuelle de leur femme et de leur(s) enfant(s).

La présence d'étrangers à Oradour est également confirmée par les listes nominatives des victimes du drame survenu le 10 juin. (5) En effet, on y découvre vingt-cinq noms de personnes nées hors de France, la plupart (14 exactement) étant originaires... d'Espagne (voy. Liste des étrangers en annexe). Par conséquent, 4% des victimes du drame du 10 juin étaient des étrangers. Résultat très élevé pour un petit village du Limousin. De plus, une simple étude de cette liste démontre qu'il s'agissait de réfugiés politiques arrivés en France de fraîche date. Si, par exemple, nous prenons le cas des époux Tellez (originaires d'Espagne mais vivant à Oradour en 1944), nous découvrons qu'ils eurent trois enfants, les deux premiers nés en Espagne en 1926 et 1933, le troisième né en France en 1942. Par conséquent, cette famille dut fuir son pays natal entre 1933 et 1942. Or, Franco prit le pouvoir en 1939. Voilà pourquoi les Tellez nous semblent pouvoir être classés parmi les réfugiés républicains espagnols. Il en est de même pour les époux Miozzo, originaires d'Italie. Ceux-ci eurent sept enfants, le premier né en Italie en 1925, les autres nés en France entre 1929 et 1940. Or, c'est précisément en 1925 que Mussolini (président du Conseil depuis 1922) consolida définitivement son pouvoir, entraînant une première vague d'émigration. (6) Nous pourrions également citer le cas de la famille Serrano-Robles-Pardo, dont les parents naquirent en Espagne mais dont les trois enfants naquirent en France entre 1941 et 1943; de la famille Gil-Espinoza, originaire d'Espagne, dont les deux enfants naquirent dans ce pays en 1929, mais qui vivait en France en 1944; de la famille Lorente-Pardo, dont les deux enfants naquirent égale-ment en Espagne en 1933 et 1935, mais qui vivait en France en 1944 (figures 41 et 42). (7)

Toutes ces personnes semblent donc avoir fui le régime de Franco ou de Mussolini. Aujourd'hui, ainsi, il nous paraît établi qu'à Oradour vivait un nombre important de réfugiés politiques étrangers, notamment des républicains espagnols.

Des Espagnols dans les maquis

Voilà déjà un résultat très intéressant, car nous savons que les réfugiés espagnols furent très actifs dans la Résistance. Lorsque le maquis des Glières fut anéanti, les miliciens découvri-rent, parmi les cadavres, des FTP espagnols. Il en était de même parmi les prisonniers. (8) Le 19 juillet 1994, la chaîne française de télévision FR3 diffusa la quatrième partie d'une émission intitulée: 1944: la France libérée». Parmi les documents d'archives, on put voir un film d'époque montrant un défilé de guérilleros espagnols dans Toulouse libérée». (9) Quelques semaines plus tard, un autre documentaire, intitulé: L'espoir pour mémoire», fut diffusé. On put y entendre des combattants célèbres ou anonymes de la terre d'Espagne, qui [avaient] pour la plupart rejoint par la suite les mouvements de Résistance». (10) L'équipe de l'ANEC possède en outre la copie d'une brochure rédigée par Degliame-Fouche (membre du CNR) à la gloire du maquis limousin. Sur une page est publié un dessin de A.Chem qui, de façon extrêmement suggestive, représente un maquisard espagnol. (11) Tous ces documents prouvent que les Espagnols qui avaient fui le régime de Franco jouèrent un rôle important dans la Résistance.

Naturellement, certains protesteront à juste titre que ces rappels ne permettent pas d'affirmer que les étrangers réfugiés à Oradour étaient des maquisards. Nous allons donc entreprendre l'analyse comparée des listes de morts et des registres de contrôle.

Sur ces derniers, tout d'abord, on découvre les noms de MM.Félix Chorques-Navalon, Gregorio Lahoz-Latorre et Manuel Tejedor-Della dont les familles (composées d'une femme et d'un enfant au minimum) habitaient à Oradour-sur-Glane en 1941. D'après les registres de contrôle, ces hommes ont travaillé au 643 e GTE jusqu'au 10 octobre 1944, date à laquelle ils ont été libérés par arrêté préfectoral. Or, aucun Chorques-Navalon, Lahoz-Latorre ou Tejedor-Della ne figure sur les listes de morts. Où étaient donc ces familles le jour du drame? On nous répondra qu'elles étaient parties à Limoges ou ailleurs. Peut-être, mais il est à noter que, dans leur ouvrage, MM. Pauchou et Masfrand consacrent un paragraphe entier aux rescapés» qui ont eu la vie sauve parce qu'ils étaient absents d'Oradour au cours de cet après-midi-là». (12) Treize noms suivent parmi lesquels on cherchera en vain ceux de ces réfugiés. Par conséquent, et jusqu'à preuve du contraire, nous pouvons supposer qu'il s'agissait de familles dont le père était résistant et qui, avant l'arrivée des SS, eurent le temps de se cacher ou de fuir...

Mais il y a plus encore. Sur les listes des morts figurent les noms de SarahJakobowicz, (13) Emilia et Angélina Massachs, (14) Maria Tellez, (15) Philibert-Libertho, Armonia et Miquel Tellez, (16) Antonia Lorente (17) et Nuria Lorente-Pardo. (18) En 1994, nous avions, en vain, tenté de savoir où s'étaient trouvés, le 10 juin 1944:

-- les parents de S. Jakobowicz, d'Emilia et Angelina Massachs;

-- les maris de Mesdames Tellez et Lorente.

Il était possible d'affirmer que ceux-ci n'étaient jamais venus en France. Deux ans plus tard, cependant, V. Reynouard et H. Lewkowicz découvrirent la réponse. Les registres de contrôle comportent les noms suivants:

-- Jankel Jakubowicz (juif russe);

-- Juan Mazachs-Prat;

-- Juan Telles-Dominguez;

-- Francisco Lorente-Prior.

On y apprend en outre que la femme de M.Massachs (donc la mère d'Emilia et Angelina) habitait Oradour en 1941. Nous en déduisons:

-- que toutes ces personnes étaient bien venues en France avec leur famille,

-- qu'elles habitaient Oradour en juin 1944.

Or, leurs noms ne figurent ni sur les listes des morts, ni sur les listes de rescapés. Par conséquent, où étaient-elles ce 10 juin 1944? La réponse à cette question se trouve dans les différents registres de contrôle. On y découvre que -- excepté J.Tellez -- tous ces hommes:

-- quittèrent leur poste de travail et furent portés déserteurs entre 1943 (F.Lorente-Prior) et mai 1944 (J.Jakobowicz);

-- que tous furent repris sur les listes en octobre 1944. (19)

Où étaient-ils pendant cet intervalle de temps ? Pour répondre, il suffit de consulter le livre de P.Maysounave. On y apprend que, sur les 35 maquis officiellement recensés en Haute-Vienne, 28 (soit 80%) se constituèrent entre juin 1943 et juin 1944. (20) Par conséquent, ces réfugiés disparurent au temps où les rangs de la Résistance grossissaient chaque jour et ils réapparurent une fois le territoire libéré» de l'occupant . Dès lors, aucun doute n'est permis: ces étrangers avaient, bien avant le 10 juin 1944, rejoint les rangs des maquis. Ils revinrent à la vie civile une fois les combats terminés. (21)

Les autorités françaises, d'ailleurs, le savent bien. Aussi préfèrent-elles cacher l'existence des réfugiés politiques à Oradour-sur-Glane. De même prennent-elles soin de ne pas citer les noms de certains rescapés considérés comme gênants».

Quoi qu'il en soit, la présence, à Oradour, d'opposants au fascisme (Italiens, Espagnols, juif russe) qui, de façon certaine, rejoignirent les rangs de la Résistance, porte un très grave coup à la thèse du village martyr vivant en marge du combat clandestin.

Des autochtones dans la Résistance

Lorsque V.Reynouard enquêta à Oradour, certains rescapés lui firent des révélations très surprenantes.

Ainsi en fut-il de Maurice Beaubreuil. Réfractaire au Service du Travail Obligatoire, il avait rejoint son frère, un prisonnier qui n'était pas rentré de permission et qui s'était caché à Trinsolas (Haute-Vienne). Le 9 mai 1944, tous les deux s'étaient réfugiés chez leur tante, épicière à Oradour-sur-Glane. (22) Après la guerre, M. Beaubreuil déclara:

[...] pour mettre de notre côté toutes les chances, en cas de fouille intempestive, nous avons eu l'idée de chercher une cachette où nous pourrions nous glisser. C'est ainsi que nous avons aménagé cette trappe dont nous ne savions pas qu'un jour elle nous sauverait la vie... [Id.]

Notons en passant que cette déclaration contredit l'allégation de P. Maysounave selon laquelle la cache avait été: prévue en cas de fouille ou de perquisition de l'épicerie (car les contrôleurs du ravitaillement passaient régulièrement) ».(23)

Interrogé par V.Reynouard le 8août 1990, M. Beaubreuil affirma que cette trappe avait été spécialement aménagée par son oncle et qu'elle était située sous une ancienne cuisinière à gaz. Les différentes descriptions du témoin sont claires: il ne s'agissait pas d'une cache de fortune, mais d'une cache soigneusement aménagée.

C'est étonnant. D'après l'histoire officielle, Oradour était un village paisible, un village situé à l'écart des grands itinéraires routiers et, donc, rarement traversé par les convois allemands. (24) Dès lors, l'aménagement d'une telle cache ne s'imposait nullement; bien des recoins pouvaient suffire pour se dissimuler au cas (improbable) où des Allemands auraient fait irruption dans le bourg. L'explication est donc ailleurs.

Nous avons sans doute approché la vérité quand M. Beaubreuil lui-même confia qu'il était membre d'un maquis. Bien sûr, il s'empressa d'ajouter que ce maquis était non actif» et que sa mission personnelle se bornait à rester en relation avec Limoges.

Nous remercions le témoin pour sa révélation qui nous a permis de soulever un coin du voile. Un coin seulement. En effet, un maquis dont certains membres furent chargés d'établir des liaisons avec les villes des alentours ne saurait être qualifié de maquis non actif». De tels maquis ont, certes, existé un peu partout en France. Mais ils étaient constitués notamment de jeunes réfractaires au STO qui se cachaient loin des villes. Leur unique souci était de ne pas être découverts et leur principale mission» de se ravitailler chaque jour. Dénués de tout moyen, il ne pouvait être question pour eux d'établir des relations avec les villes avoisinantes.

En 1994, V. Reynouard apprit, par hasard, que la cache où se glissa M. Beaubreuil avait été en réalité aménagée par M. Borie. (25) Or, nous verrons plus loin que ce dernier faisait partie de la résistance communiste. Par conséquent, nous sommes aujourd'hui persuadés que M. Beaubreuil faisait partie de la Résistance active et que la cache aménagée chez sa tante servait aux maquisards, sans doute pour cacher des armes.

M. Beaubreuil n'est cependant pas le seul habitant d'Oradour à avoir eu des contacts avec la Résistance. Au cours de son enquête à Oradour, V. Reynouard apprit qu'en 1944:

-- A. Renaud était le chauffeur d'un résistant juif de Lyon, un dénommé Schmidt. Lorsque ce dernier fut capturé, A. Renaud préféra revenir à Oradour, son village d'origine, muni d'une fausse carte d'agriculteur; (26)

-- M. D... (autre rescapé) avait été placé, par des résistants, dans une ferme à Saint-Bonnet de Bellac (32 km d'Oradour). C'était un membre supplétif du maquis. Il n'avait aucune mission précise et devait uniquement se tenir prêt au cas où, dans le cadre d'une mission quelconque, la Résistance aurait eu besoin de lui. Un soir, en proie au mal du pays», il était soudainement revenu chez lui, à Oradour. Toutefois, les maquisards, qui avaient été informés de son retour, pouvaient toujours le contacter; (27)

-- Paul Doire (habitant d'Oradour) ravitaillait les maquis des environs en pain. (28)

Mieux encore:

-- M. Dupic, un des notables d'Oradour, était membre de l'Armée Secrète et servait de boîte aux lettres. (29) Précisons que son cadavre fut retrouvé non dans une grange (avec ceux des autres hommes) mais dans le jardin de sa maison. (30) Or, nous savons que les SS fusillèrent tous les résistants qu'ils découvrirent cachés dans le village...

-- M. Borie, un des cinq hommes rescapés des granges, était membre des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF). (31) D'après M. Renaud, il était uniquement chargé de la liaison entre les maquis de Chamboret et de Pelchevent, non loin d'Oradour.


Oradour-sur-Glane n'était pas un village tranquille

Ce qui surprend, c'est la continuelle affirmation selon laquelle les hommes d'Oradour étaient des maquisards non actifs»; qu'ils se contentaient d'établir des liaisons, de faire circuler des lettres, de distribuer du pain, d'attendre d'hypothétiques ordres...

Aujourd'hui, on reconnaît que, tout autour du village, des maquis actifs» s'étaient constitués (à Peyrilhac, à Cieux...) et que, là, des attentats et des meurtres étaient commis. Dans une lettre adressée à H.Taege le 11 septembre 1976, le professeur Robert Faurisson a écrit:

Même s'il n'y avait pas de maquisards à Oradour-sur-Glane, il faut reconnaître qu'Oradour-sur-Glane se trouvait à proximité de trois nids» de maquis:

a) les forêts des Monts de Blond ;

b)la forêt de Brigueuil (déjà ratissée à la fin de 1943 par 1200 Allemands) ;

c) la ville de Saint-Junien qu'on appelait alors et qu'on appelle encore aujourd'hui "la ville rouge".

Il faudrait donc croire qu'Oradour était une enclave transformant le village en havre de paix» ; une enclave où non seulement le maquis cessait d'être structuré et armé pour devenir un groupement hétéroclite d'hommes isolés uniquement soucieux d'effectuer, chacun dans son coin, des tâches administratives (traitement du courrier, ravitaillement...), mais où nulle organisation résistante ne pouvait stocker ne fût-ce qu'une caisse de cartouches. Cette thèse est évidemment insoutenable et plusieurs documents viennent l'infirmer. Citons tout d'abord une petite brochure dans laquelle un ancien FTP a écrit:

[A en croire l'histoire officielle] Les FTPF, créés en septembre 1941, et donc opérationnels dès cette date, auraient délégué [M. Borie] à Oradour sans mission précise, comme cela, pour faire beau! Le travail de M. Borie consistait très certainement à rechercher une planque pour les armes et surtout à organiser un groupe d'activistes prêts à intervenir, ce qu'ils n'hésitèrent pas à faire aux abords d'Oradour lorsqu'ils molestèrent un officier et son chauffeur avant de tuer ce dernier. (32)

Un document essentiel vient confirmer ces propos. Il s'agit du témoignage écrit que M. Borie lui-même a rédigé quelques semaines seulement après le drame. On y apprend que, le matin du 10 juin 1944, l'auteur prit un repas avec Aymé Renaud qu'il comptait alors parmi ses grands camarades». (32a) Plus loin, l'ancien résistant nous apprend que, chaque jour, il était invité à la table de Maurice Beaubreuil chez la tante de ce dernier. (32b) Bien que M. Borie ne cite que deux noms, on peut en déduire qu'à Oradour des rapports de camaraderie très forts liaient les résistants entre eux. Dès lors, comment croire qu'ils aient agi chacun pour soi, sans constituer un réseau structuré?

On pourra soutenir que, dans le cadre du compartimentage inhérent à la lutte clandestine, tous ces jeunes pouvaient se dissimuler leurs activités. Une anecdote rapportée par M.Borie lui-même vient réduire à néant cette objection. Au début de son témoignage, l'auteur raconte que, le 10 juin au matin, au cours de son repas pris avec ses grands camarades» A. Renaud et Fernand Laspas, ce dernier déclara: Si vous voulez, les gars, nous allons partir au maquis tous les trois ensemble; nous allons partir avec toi, Mathis [=Mathieu Borie], toi qui es un maquisard» (Ibid., p.59, col.A). M.Borie aurait alors répondu: Il faut attendre quelques jours de plus, je vous avertirai, je n'ai pas encore reçu d'ordres». Preuve que, bien avant le jour tragique, l'ancien FTP ne cachait nullement ses activités à ses amis. Notons, en outre, que cette conversation eut lieu chez une tierce personne (M me Brandy), démontrant qu'à Oradour les maquisards ne craignaient guère les indiscrétions.

Ce document n'est cependant pas le seul qui vienne nous renforcer.

Citons maintenant les rapports mensuels que le sous-préfet G.Pauchou rédigeait à l'intention de son supérieur M. Freund-Valade. Dans son ouvrage rédigé avec P. Masfrand, G. Pauchou se garde bien d'en faire mention ; on le comprend, car ces rapports éclairent d'un jour nouveau le village retiré du monde et presque hors du temps, du village où rien ne se passait ».(33) En voici quelques extraits:

-- rapport du 23 septembre 1943: 26 août: M. Lamaud à Oradour-sur-Glane» reçoit une lettre anonyme lui ordonnant de cesser ses battages. Une lettre semblable lui est de nouveau envoyée le 10 septembre (ces lettres émanaient très certainement des mouvements révolutionnaires qui, en freinant le travail des cultivateurs, voulaient instaurer un régime de pénurie entraînant la révolte de la population contre les autorités légales);
-- rapport du 24 novembre 1943: Nuit du 4 au 5 novembre. Vol dans le débit de tabac d'Oradour-sur-Glane. [Nuit du 12 au 13novembre] Cambriolage du bureau de tabac à Oradour-sur-Glane » ;

-- rapport du 24 décembre 1943: Le 18 décembre: cambriolage d'un bureau de tabac à Oradour-sur-Glane » ;

-- rapport du 24 janvier 1944: 27 décembre 1943: Des individus armés se font remettre 55l itres d'essence au garage Paroutaud [erreur: Poutaraud] à Oradour-sur-Glane » ;

-- rapport du 26 juin 1944: [5j uin] Vol par plusieurs individus armés du camion appartenant à M. Milord, marchand de bois à Oradour-sur-Glane » ;

 

On nous répondra que de tels faits divers étaient monnaie courante dans les années 1943-1944. Peut-être. Mais pourquoi ces rapports n'ont-ils jamais été publiés? Bien évidemment, parce que leur auteur lui-même, G. Pauchou, n'aurait pu écrire dans son livre qu'Oradour était un village calme et tranquille»? (34)

Le silence des autorités ne surprend pas. Ces rapports, répétons-le, infirment la thèse qui fait d'Oradour un village hors du temps où la vie s'écoulait paisiblement, sans anicroche. Ainsi, aujourd'hui, nous sommes persuadés qu'un réseau de résistants existait dans Oradour même, un maquis composé d'activistes», qui s'occupait de bien autre chose que de messagerie, notamment de détourner du matériel, de cacher des armes et de harceler l'occupant.

 

Deux témoignages capitaux

Les révélations d'un ancien pâtissier

Deux témoignages capitaux viennent confirmer nos conclusions. Le premier émane d'un pâtissier à la retraite, aujourd'hui âgé de quatre-vingts ans environ, Monsieur C... Pendant la guerre, ce dernier habitait Bergerac, à 120 km d'Oradour. Dans une lettre à l'une de nos correspondantes, un de ses amis écrit:

Pendant la guerre [...] [M. C...] était, bien entendu, pâtissier [à Bergerac], même si les restrictions réduisaient sans doute son activité. Il était déjà marié et son épouse [...] partage sans dissonance les souvenirs de son mari. [...] à Bergerac existe (et existait déjà depuis longtemps) une poudrerie/fabrique d'explosifs en tous genres. En 1944, elle était sous la direction du commandant (ou colonel) allemand Wiess. Il était client assidu de la pâtisserie C... et Madame C... [...] se souvient parfaitement de lui et elle le décrit comme étant un monsieur courtois et s'exprimant parfaitement en français [...]. C... était dans la Résistance», à ses moments perdus, évidemment, puisqu'il fabriquait ses gâteaux (il est vrai que, vers la fin de la guerre, les pâtissiers n'ouvraient pas tous les jours). Il m'a raconté qu'à deux ou trois reprises il avait participé, à bord d'un camion Citroën, au transport de caisses d'explosifs pour les livrer aux maquisards» d'Oradour-sur-Glane (il a été formel et précis ) . (35)

Ce texte paraît confirmer la présence, à Oradour, d'un groupe de résistants, groupe qui, de surcroît, constituait des stocks clandestins de munitions. De là à conclure que le village abritait un réseau structuré de Résistance et que celui-ci entreposait des explosifs dans l'église, il n'y a qu'un pas. Ce pas, nous le franchirons d'autant plus facilement que nous possédons un deuxième témoignage capital pour l'Histoire.

Les révélations d'un ancien pilote de la RAF

Il y a quelques mois, un policier français, Robert Chataignier, lors d'un voyage en Australie, rencontra un vieil homme qui, dans son jardin de Canberra, avait reconstitué le village d'Oradour en miniature. Len Cotton (c'est son nom) lui raconta son histoire. Durant la guerre, il avait été pilote à la Royal Air Force. Le 25 novembre 1942, son bombardier fut touché par la DCA allemande alors qu'il effectuait une mission au-dessus de Bordeaux. L'appareil s'écrasa à Confolens, non loin d'Oradour. Les six membres de l'équipage, qui avaient survécu, furent immédiatement pris en charge par les résistants de Confolens. D'après L. Cotton, lui et ses camarades furent emmenés à... Oradour-sur-Glane où ils restèrent cachés pendant trois jours. (36)

Revenu en France, R. Chataignier entreprit des démarches afin de retrouver, à Oradour, des personnes qui auraient pu se souvenir de ce pilote. Un article, en forme d'appel, parut dans le Populaire du Centre. L'histoire de L. Cotton y était résumée.

Soucieux de vérifier l'authenticité de ce récit, V. Reynouard, qui avait eu connaissance de l'article, mena une rapide enquête à Oradour. Là, un rescapé, Aymé Renaud, lui confirma le passage, vers le début de l'année 1943», de pilotes qui, après avoir eu leur avion abattu, avaient été cachés par les résistants de Confolens dans le village martyr.

Malgré la divergence d'ordre chronologique (parfaitement explicable cinquante ans après), les propos d' A. Renaud démontraient que l'ancien aviateur n'avait pas menti.

Vivement intéressé, V. Reynouard écrivit alors à L. Cotton afin de lui demander des précisions. Quelques semaines plus tard, un fax en provenance d'Australie lui parvint (reproduit en annexe pp. 403-405). L'ancien pilote déclarait notamment que,une fois arrivés à Oradour, lui et ses camarades:

-- avaient été présentés au... prêtre du village (un homme petit avec des sourcils épais) et que celui-ci les avait cachés dans... la sacristie de l'église (Introduced Abbé in church [short man bushy eyebrows]. Stayed in sacristy») ;

-- durant les trois jours qu'ils étaient restés à Oradour, ils avaient été nourris par... la fille de Madame Rouffanche qui se faisait appeler: Danielle (Fed by "Danielle" daughter Madame Rouffanche»).

Joint au téléphone par l'intermédiaire d'un ami, L. Cotton confirma:

-- que la fille de Madame Rouffanche appartenait à la Résistance sous le pseudonyme de Danielle». Elle s'occupait plus particulièrement d'un réseau d'évasion appelé: Comet Escape Line ;

-- que le prêtre d'Oradour, s'il n'appartenait pas à la Résistance, participait au réseau».

Ces révélations sont capitales car elles permettent tout d'abord de comprendre pourquoi les résistants d'Oradour ont pu constituer un important dépôt clandestin de munitions sous les combles de l'église: ils bénéficiaient de la bienveillance du prêtre.

Mais surtout, elles donnent un sens à la coopération de Marguerite Rouffanche avec les milieux résistancialistes d'après-guerre. A priori, cette collaboration pouvait paraître contre nature. L' unique rescapée» de l'église avait perdu, dans la tragédie, son mari, son fils, ses deux filles et son petit-fils (âgé de sept mois). (37) Dès lors, il semblait inexplicable qu'une personne dans sa situation ait accepté de couvrir les vrais responsables du drame. L'appartenance de sa fille à un réseau permet cependant de balayer l' objection. Très probablement, la famille Rouffanche faisait cause commune avec la Résistance dont il fallait préserver la réputation même au prix d'un faux témoignage.

Lorsqu'on mesure l'importance de ces révélations, on comprend pourquoi R. Chataignier, quand il prit contact avec les autorités officielles au sujet de son ami australien, reçut des réponses dilatoires. Devant V. Reynouard, il se déclara surpris de l'absence d'intérêt que suscitait cette affaire à Oradour; il déplora même que certaines personnes aient, à mi-mots, accusé L. Cotton d'affabulation. Pour qui connaît les dessous du drame d'Oradour, la réaction des autorités ne saurait surprendre. L'ancien pilote de la RAF leur apparaît en effet comme un témoin encombrant, un témoin qui, plus de cinquante ans après les faits, confirme que le village martyr n'était pas cette paisible bourgade que l'on présente aujourd'hui, mais une bourgade qui, dès 1942, abritait un réseau structuré et actif de Résistance. Aujourd'hui, d'ailleurs, L.Cotton se déclare surpris lorsque les historiens français affirment qu'Oradour n'abritait aucun maquisard. D'après lui, au contraire, il y avait, là-bas, une grande Résistance».

Bien que cette démonstration paraisse difficilement réfutable, notre travail serait incomplet si nous omettions de répondre à certaines questions très importantes au regard de l'Histoire.
_____________________________

1 Voy. Dans l'Enfer..., p.18.

2 Voy. Petite histoire ..., p. 36.

3 Voy. Nouvelle Voix, n·64, p.4, col.B.

4 Voy. la liasse n·1081W-238: Contrôle nominatif de T.E. [Travailleurs Étrangers]; Groupe 643. Oradour-sur-Glane». Plus d'une centaine de noms y figurent.

5 Il en existe deux, publiées dans les différentes éditions du livre de MM.Pauchou et Masfrand. La première s'intitule: Liste des personnes dont les corps ont été identifiés et pour lesquelles un acte de décès a été dressé» ; et la seconde: Liste nominative des victimes du massacre d'Oradour-sur-Glane du 10juin 1944 portées officiellement disparues».

6 Voy. PaulGuichonnet, Mussolini et le Fascisme (Presses Universitaires de France, collection Que sais-je?», 1981, 127p.), p.47.

7 Notons que la famille Lorente-Pardo donne lieu à une erreur qui révèle le peu de souci de la vérité historique dont certains font preuve lorsqu'il s'agit de ternir l'honneur allemand. Dans le cimetière d'Oradour, parmi toutes les stèles commémoratives apposées depuis cinquante ans, on en trouve une que la Junta espagnole de Libération» a dédiée A [se]s Martyrs d'Oradour. Massacrés par les barbares nazis le 10juin 1944». Vingt noms y sont inscrits dont celui de FrançoisLorente, né le 10janvier 1933. Or, la sépulture de ce garçon se trouve à quelques mètres de là. Sur la pierre tombale, on apprend que celui-ci est mort non le 10juin 1944, mais plus d'un an auparavant, le 21avril 1943. Par conséquent, il ne s'agit nullement d'un martyr» massacré par les barbares nazis». Figure 42.

8 Voy. Je Suis Partout, 7avril 1944, article intitulé: La fin du maquis des Glières», p.3, col.D.

9 A ce sujet, voy. Télérama, 13juillet 1994, p.93.

10 Voy. Télérama, 24août 1994, p.113.

11 Voy. R5. Au coeur de la France, un champ de bataille secret où tombèrent dix mille Allemands (Édition COSAC, juillet 1945, 82p.), p.22.

12 Voy. Vision d'épouvante..., p.82.

13 Née en 1929, n·44 de la première liste.

14 Nées en 1933 et 1936, n·370 et 371 sur la deuxième liste.

15 Née Dominguez en 1913, n·186 de la deuxième liste.

16 Nés en 1942, 1936 et 1933, n·546 à 548 sur la deuxième liste.

17 Née Pardo en 1915, n·425 de la deuxième liste.

18 Née en 1935, n·353 de la seconde liste.

19 J.Jakobowicz fut porté dés[erteur] et rayé des contrôles» à compter du 1 er juin 1944. Il fut repris sur les contrôles le 21.10.44» et libéré par arrêté préfectoral le 25novembre 1944. F.Lorente-Prior disparut des registres en 1943 et fut repris sur les contrôles le 7octobre 1944 avant d'être libéré le 20 du même mois. J.Massachs-Prat fut rayé des contrôles le 1 er juin 1943 et repris le 16octobre 1944 avant d'être libéré le 14novembre. Juan Tellez-Dominguez fut, pour sa part, porté déserteur à compter du 22juin 1944.

20 Voy. Plus près de la vérité..., p.151.

21 En avril 1996, V.Reynouard évoqua, devant le gendre du docteur Bapt, le cas des Espagnols ayant quitté leur poste. Lorsqu'il l'interrogea sur leur activité après cette désertion, son interlocuteur lui répondit immédiatement (en substance): Il y avait de très nombreux maquis dans la région à ce moment-là».

22 Voy. l'article extrait de l'Écho du Centre, consultable aux Archives départementales dans le fonds Delage, cote 14F42.

23 Voy. Plus près de la vérité..., p.225.

24 Voy. Dans l'Enfer..., p.19: Oradour ne se trouvant pas situé sur un grand itinéraire, les convois de troupes d'opération n'y passaient pas et il était rare de voir l'agglomération traversée par des voitures allemandes».

25 Révélation faite par la soeur de M.Borie.

26 Révélation faite au cours d'un entretien avec V.Reynouard.

27 Révélations faites, en 1994, au cours d'un entretien avec V.Reynouard.

28 Révélation faite, en 1994, par M.D... à V.Reynouard.

29 Révélation faite par M.Beaubreuil et M.D... à Vincent Reynouard à quatre ans d'intervalle.

30 Voy. Oradour-sur-Glane..., pp.58 et 67.

31 Voy. Ville Martyre..., p.107. L'auteur de l'ouvrage cite le témoignage de M. Borie tel qu'il parut dans le journal Travailleur du Centre. En guise de signature, on lit: Borie Mathieu, Compagnie 2409, FTPF».

32 Voy. L'Autre Histoire..., p.14.

32a Voy. Paris-Match, M2533, 23juin 1994, le témoignage inédit de Mathieu Borie, p.59, col.A: J'arrive à Oradour [...]. On ne perd pas de temps, je casse la croûte chez Madame Brandy avec mes grands camarades Aymé Renaud et Fernand Laspas».

32b Ibid., p.61, voy le fac-similé du témoignage de M.Borie, cliché en haut à droite: on était tous à la même table tous les jours».

33 Ces rapports sont consultables aux Archives départementales de Haute-Vienne sous la cote 185 W 1/58 (à noter qu'un bon nombre est perdu).

34 Voy. Vision d'épouvante..., p.122.

35 Lettre à notre correspondante reproduite en annexe.

36 Voy. The Canberra Times, 11 janvier 1996, p. 3, article de Graham Cooke intitulé : RAF man discovers link to a hasardous past ».

37 Voy. Vision d'épouvante..., p. 51


Extrait de Le Massacre d'Oradour, un demi-siècle de mise en scène, par un Collectif de libres chercheurs animé par Vincent Reynouard,VHO-ANEC, Anvers, 1997, 446 p., ISBN 90-73111-21-08, © Vincent Reynouard. Distribution: VHO, BP 60, B-2600 Berchem 2, Belgique. Nous conseillons très vivement à nos lecteurs de se procurer le livre auprès de l'éditeur. Pour que les livres existent, il faut que les éditeurs puissent les vendre.

Cet ouvrage traite des circonstances dans lesquelles un massacre s'est produit dans un village non loin de Limoges en juillet 1944, alors occupé par une division de l'armée allemande en retraite. Il a été édité en 1997 par un éditeur d'Anvers. Or Anvers a la tort de se trouver en Belgique, c'est-à-dire à l'étranger, pour ne pas dire en Anti-France. Le ministre (français) de l'Intérieur (français) a donc pu INTERDIRE CE LIVRE. C'est la principale raison pour laquelle nous le publions aujourd'hui sur Internet. Quant au citoyen-ministre, il ne reste qu'à le couvrir de ce qu'il mérite.


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